Le Monde Télérama Le Monde diplomatique Le Post Courrier international La Vie Boutique Le Monde Le Monde.fr - Actualité Idées Débat > Les débats de la semaine Accueil > Idées Révolution post-islamiste Point de vue | LEMONDE.FR | 12.02.11 | 16h03 o Mis à jour le 14.02.11 | 11h38 par Olivier Roy, professeur et directeur du programme méditerranéen de l'Institut universitaire européen de Florence (Italie) REUTERS/ALI JAREKJI L'opinion européenne interprète les soulèvements populaires en Afrique du Nord et en Egypte à travers une grille vieille de plus de trente ans : la révolution islamique d'Iran. Elle s'attend donc à voir les mouvements islamistes, en l'occurrence les Frères musulmans et leurs équivalents locaux, être soit à la tête du mouvement, soit en embuscade, prêt à prendre le pouvoir. Mais la discrétion et le pragmatisme des Frères musulmans étonnent et inquiètent : où sont passés les islamistes ? Mais si l'on regarde ceux qui ont lancé le mouvement, il est évident qu'il s'agit d'une génération post-islamiste. Les grands mouvements révolutionnaires des années 1970 et 1980, pour eux c'est de l'histoire ancienne, celles de leurs parents. Cette nouvelle génération ne s'intéresse pas à l'idéologie : les slogans sont tous pragmatiques et concrets ("dégage", "erhal") ; il ne font pas appel à l'islam comme leurs prédécesseurs le faisaient en Algérie à la fin des années 1980. Ils expriment avant tout un rejet des dictatures corrompues et une demande de démocratie. Cela ne veut évidemment pas dire que les manifestants sont laïcs, mais simplement qu'ils ne voient pas dans l'islam une idéologie politique à même de créer un ordre meilleur : ils sont bien dans un espace politique séculier. Et il en va de même pour les autres idéologies : ils sont nationalistes (voir les drapeaux agités) mais ne prônent pas le nationalisme. Plus originale est la mise en sourdine des théories du complot : les Etats-Unis et Israël (ou la France en Tunisie, qui a pourtant soutenu Ben Ali jusqu'au bout) ne sont pas désignés comme la cause des malheur du monde arabe. Même le pan-arabisme a disparu comme slogan, alors même que l'effet de mimétisme qui jette les Egyptiens et les Yéménites dans la rue à la suite des événements de Tunis montre qu'il y a bien une réalité politique du monde arabe. Cette génération est pluraliste, sans doute parce qu'elle est aussi plus individualiste. Les études sociologiques montrent que cette génération est plus éduquée que la précédente, vit plus dans le cadre de familles nucléaires, a moins d'enfants, mais en même temps, elle est au chômage ou bien vit dans le déclassement social. Elle est plus informée, et a souvent accès aux moyens de communications modernes qui permettent de se connecter en réseau d'individu à individu sans passer par la médiation de partis politiques (de toute façon interdits). Les jeunes savent que les régimes islamistes sont devenus des dictatures : ils ne sont fascinés ni par l'Iran ni par l'Arabie saoudite. Ceux qui manifestent en Egypte sont précisément ceux qui manifestaient en Iran contre Ahmedinejad (pour des raisons de propagande le régime de Téhéran fait semblant de soutenir le mouvement en Egypte, mais c'est un règlement de comptes avec Moubarak). Ils sont peut-être croyants, mais séparent cela de leur revendications politiques : en ce sens le mouvement est "séculier", car il sépare religion et politique. La pratique religieuse s'est individualisée. On manifeste avant tout pour la dignité, pour le "respect" : ce slogan est parti de l'Algérie à la fin des années 1990. Les valeurs dont on se réclame sont universelles. Mais la démocratie qu'on demande aujourd'hui n'est plus un produit d'importation : c'est toute la différence avec la promotion de la démocratie faite par l'administration Bush en 2003, qui n'était pas recevable car elle n'avait aucune légitimité politique et était associée à une intervention militaire. Paradoxalement l'affaiblissement des Etats-unis au Moyen-Orient, et le pragmatisme de l'administration Obama, aujourd'hui permettent à une demande autochtone de démocratie de s'exprimer en toute légitimité. Ceci dit une révolte ne fait pas une révolution. Le mouvement n'a pas de leaders, pas de partis politiques et pas d'encadrement, ce qui est cohérent avec sa nature mais pose le problème de l'institutionnalisation de la démocratie. Il est peu probable que la disparition d'une dictature entraîne automatiquement la mise en place d'une démocratie libérale, comme Washington l'espérait pour l'Irak. Il y a dans chaque pays arabe, comme ailleurs, un paysage politique d'autant plus complexe qu'il a été occulté par la dictature. Or en fait, à part les Islamistes et, très souvent, les syndicats (même affaiblis), il n'y a pas grand chose. LES ISLAMISTES N'ONT PAS DISPARU MAIS ONT CHANGÉ Nous appelons islamistes ceux qui voient dans l'islam une idéologie politique à même de résoudre tous les problèmes de la société. Les plus radicaux ont quitté la scène pour le jihad international et ne sont plus là : ils sont dans le désert avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), au Pakistan ou dans la banlieue de Londres. Ils n'ont pas de base sociale ou politique. Le jihad global est complètement déconnecté des mouvements sociaux et des luttes nationales. Bien sûr la propagande d'Al-Qaida essaie de présenter le mouvement comme l'avant-garde de toute la communauté musulmane contre l'oppression occidentale, mais cela ne marche pas. Al-Qaida recrute de jeunes jihadistes dé-territorialisés, sans base sociale, qui ont tous coupé avec leur voisinage et leur famille. Al-Qaida reste enfermé dans sa logique de "propagande par le fait" et ne s'est jamais préoccupé de construire une structure politique au sein des sociétés musulmanes. Comme de plus l'action d'Al-Qaida se déroule surtout en Occident ou vise des cibles définies comme occidentales, son impact dans les sociétés réelles est nul. Une autre illusion d'optique est de lier la réislamisation massive qu'ont semblé connaître les sociétés du monde arabe au cours des trente dernières années avec une radicalisation politique. Si les sociétés arabes sont plus visiblement islamiques qu'il y a trente ou quarante ans, comment expliquer l'absence de slogans islamiques dans les manifestations actuelles ? C'est le paradoxe de l'islamisation : elle a largement dépolitisé l'islam. La réislamisation sociale et culturelle (le port du voile, le nombre de mosquées, la multiplication des prêcheurs, des chaînes de télévision religieuses) s'est faite en dehors des militants islamistes, elle a aussi ouvert un "marché religieux" dont plus personne n'a le monopole ; elle est aussi en phase avec la nouvelle quête du religieux chez les jeunes, qui est individualiste mais aussi changeante. Bref les islamistes ont perdu le monopole de la parole religieuse dans l'espace public, qu'ils avaient dans les années 1980. D'une part les dictatures ont souvent (mais pas en Tunisie) favorisé un islam conservateur, visible mais peu politique, obsédé par le contrôle des moeurs. Le port du voile s'est banalisé. Ce conservatisme de l'Etat s'est trouvé en phase avec la mouvance dite "salafiste" qui met l'accent sur la réislamisation des individus et non sur les mouvements sociaux. Bref, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la réislamisation a entraîné une banalisation et une dépolitisation du marqueur religieux : quand tout est religieux, plus rien n'est religieux. Ce qui, vu de l'Occident, a été perçu comme une grande vague verte de réislamisation ne correspond finalement qu'à une banalisation : tout devient islamique, du fast-food à la mode féminine. Mais les formes de piété se sont aussi individualisées : on se construit sa foi, on cherche le prêcheur qui parle de la réalisation de soi, comme l'Egyptien Amr Khaled, et on ne s'intéresse plus à l'utopie de l'Etat islamique. Les "salafis" se concentrent sur la défense des signes et valeurs religieuses mais n'ont pas de programme politique : ils sont absents de la contestation où l'on ne voit pas de femmes en burqa (alors qu'il y a beaucoup de femmes parmi les manifestants, même en Egypte). Et puis d'autres courants religieux qu'on croyait en retrait, comme le soufisme, fleurissent à nouveau. Cette diversification du religieux sort aussi du cadre de l'islam, comme on le voit en Algérie ou en Iran, avec une vague de conversions au christianisme. Une autre erreur est de concevoir les dictatures comme défendant le sécularisme contre le fanatisme religieux. Les régimes autoritaires n'ont pas sécularisé les sociétés, au contraire, sauf en Tunisie, ils se sont accommodés d'une réislamisation de type néo fondamentaliste, où l'on parle de mettre en uvre la charia sans se poser la question de la nature de l'Etat. Partout les oulamas et les institutions religieuses officielles ont été domestiqués par l'Etat, tout en se repliant sur un conservatisme théologique frileux. Si bien que les clercs traditionnels, formés à Al-Azhar, ne sont plus dans le coup, ni sur la question politique, ni même sur les grands enjeux de la société. Ils n'ont rien à offrir aux nouvelles générations qui cherchent de nouveaux modèles pour vivre leur foi dans un monde plus ouvert. Mais du coup les conservateurs religieux ne sont plus du côté de la contestation populaire. UNE CLÉ DU CHANGEMENT Mohammed Badie, le guide suprême des Frères musulmans égyptiens. Mohammed Badie, le guide suprême des Frères musulmans égyptiens.AFP/- Cette évolution touche aussi les mouvements politiques islamistes, qui s'incarnent dans la mouvance des Frères musulmans et de leurs épigones, comme le parti Nahda en Tunisie. Les Frères musulmans ont bien changé. Le premier point c'est bien sûr l'expérience de l'échec, aussi bien dans l'apparent succès (la révolution islamique d'Iran), que dans la défaite (la répression partout menée contre eux). La nouvelle génération militante en a tiré les leçons, ainsi que des anciens comme Rachid Ghannouchi en Tunisie. Ils ont compris que vouloir prendre le pouvoir à la suite d'une révolution conduisait soit à la guerre civile, soit à la dictature ; dans leur lutte contre la répression ils se sont rapprochés des autres forces politiques. Bons connaisseurs de leur propre société, ils savent aussi le peu de poids de l'idéologie. Ils ont aussi tiré les leçons du modèle turc : Erdogan et le parti AK ont pu concilier démocratie, victoire électorale, développement économique, indépendance nationale et promotion de valeurs sinon islamiques, du moins "d'authenticité". Mais surtout les Frères musulmans ne sont plus porteurs d'un autre modèle économique ou social. Ils sont devenus conservateurs quant aux murs, et libéraux quant à l'économie. Et c'est sans doute l'évolution la plus notable : dans les années 1980, les islamistes (mais surtout les chi'ites) prétendaient défendre les intérêts des classes opprimées et prônaient une étatisation de l'économie, et une redistribution de la richesse. Aujourd'hui les Frères musulmans égyptiens ont approuvé la contre-réforme agraire menée par Moubarak, laquelle consiste à redonner aux propriétaires terriens le droit d'augmenter les baux et de renvoyer leurs fermiers. Si bien que les islamistes ne sont plus présents dans les mouvements sociaux qui agitent le delta du Nil, où l'on observe désormais un retour de la "gauche", c'est dire de militants syndicalistes. Mais l'embourgeoisement des islamistes est aussi un atout pour la démocratie : faute de jouer sur la carte de la révolution islamique, il les pousse à la conciliation, au compromis et à l'alliance avec d'autres forces politiques. La question aujourd'hui n'est plus de savoir si les dictatures sont le meilleur rempart contre l'islamisme ou non. Les islamistes sont devenus des acteurs du jeu démocratique. Ils vont bien sûr peser dans le sens d'un plus grand contrôle des murs, mais faute de s'appuyer sur un appareil de répression comme en Iran, ou sur une police religieuse comme en Arabie saoudite, ils vont devoir composer avec une demande de liberté qui ne s'arrête pas seulement au droit d'élire un parlement. Bref ou bien les islamistes vont s'identifier au courant salafiste et conservateur traditionnels, perdant ainsi leur prétention de penser l'islam dans la modernité, ou bien ils vont devoir faire un effort de repenser leur conception des rapports entre la religion et la politique. Les Frères musulmans seront d'autant plus une clé du changement que la génération en révolte ne cherche guère à se structurer politiquement. On reste dans la révolte de protestation, pas dans l'annonce d'un nouveau type de régime. D'autre part, les sociétés arabes restent plutôt conservatrices ; les classes moyennes qui se sont développées à la suite des libéralisations économiques veulent de la stabilité politique : elles protestent avant tout contre la nature prédatrice des dictatures, qui confine à la kleptomanie dans le régime tunisien. La comparaison entre la Tunisie et l'Egypte est éclairante. En Tunisie le clan Ben Ali avait affaibli tous ses alliés potentiels, par refus de partager non seulement le pouvoir mais surtout la richesse : la classe des hommes d'affaires a été littéralement escroquée en permanente par la famille, et l'armée a été laissée non seulement hors-jeu sur le plan politique, mais surtout en dehors de la distribution des richesses : l'armée tunisienne était pauvre ; elle a même un intérêt corporatiste à avoir un régime démocratique qui lui assurera sans doute un budget plus élevé. Par contre en Egypte le régime avait une base sociale plus large, l'armée est associée non seulement au pouvoir mais aussi à la gestion de l'économie et à ses bénéfices. La demande démocratique butera donc partout dans le monde arabe sur l'enracinement social des réseaux de clientélisme de chaque régime. Il y a ici une dimension anthropologique intéressante : la demande de démocratie est-elle capable de dépasser les réseaux complexes d'allégeances et d'appartenances à des corps sociaux intermédiaires (qu'il s'agisse de l'armée, de tribus, de clientèles politiques, etc.). Quelle est la capacité des régimes à jouer sur les allégeances traditionnelles (les Bédouins en Jordanie, les tribus au Yémen) ? Comment ces groupes sociaux peuvent-ils ou non se brancher sur cette demande de démocratie et en devenir des acteurs ? Comment la référence religieuse va se diversifier et s'adapter à des nouvelles situations ? Le processus va être long et chaotique, mais une chose est certaine : nous ne sommes plus dans l'exceptionnalisme arabo-musulman. Les événements actuels reflètent un changement en profondeur des sociétés du monde arabe. Ces changements sont en cours depuis longtemps, mais ils étaient occultés par les clichés tenaces que l'Occident accrochaient sur le Moyen-Orient. Il y a vingt ans, je publiais L'Echec de l'islam politique. Qu'il ait été lu ou non n'a pas d'importance, mais ce qui se passe aujourd'hui montre que les acteurs locaux ont tiré eux-mêmes les leçons de leur propre histoire. Nous n'en avons pas fini avec l'islam, certes, et la démocratie libérale n'est pas la "fin de l'histoire", mais il faut désormais penser l'islam dans le cadre de son autonomisation par rapport à une culture dite "arabo-musulmane" qui pas plus aujourd'hui qu'hier n'a été fermée sur elle-même. Les débats de la semaine Point de vue Bioéthique : Traduisons l'évolution du modèle familial dans le droit Point de vue Révolution post-islamiste Point de vue Oui à l'emploi à vie des enseignants de l'Education nationale Le monde édition abonnés Dans le Monde , édition du 18 février 2011 Point de vue Assez de falsifications dans l'affaire Cesare Battisti ! Abonnez-vous au Monde.fr : 6 EUR par mois + 1 mois offert Vous aussi, envoyez votre tribune Proposez votre contribution Livres [badie-livres.jpg] avec [logo_fnac_20x16.png] Dans la rubrique Idées * Repenser l'expertise psychiatrique * D'une grande crise à l'autre : quelles ruptures politiques ? * Tenons les engagements pris en faveur d'Haïti * Debout, les twittos de la Terre ! * Le "régime Dukan" est une imposture ! Les débats * Une prostituée d'origine africaine attend les clients, le 19 octobre 2007 dans une zone industrielle de Lyon. Faut-il interdire ou encadrer la prostitution ? * L'ASN veut assurer une protection renforcée des fonctions vitales d'un site atomique, qu'il convient de "sanctuariser" face à des situations extrêmes - ici, vue de la centrale de Tricastin. La France et son dilemme nucléaire * Photo du génocide arménien, prise à Alep en 1915. Génocide arménien : de l'extermination au négationnisme d'Etat * Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, à Paris, le 5 décembre 2011. France-Allemagne, couple ou rivaux ? * Accédez à tous les débats Les blogs * Blog : Digne de foi DIGNE DE FOI Les réponses du gouvernement aux demandes de... * Blog : Il y a une vie après le bac ! IL Y A UNE VIE APRÈS LE BAC ! 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Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économie en passant par le sport et la météo) sur Le Monde.fr, le site de news leader de la presse française en ligne. Le Monde Télérama Le Monde diplomatique Le Post Courrier international La Vie Boutique Le Monde Le Monde.fr - Actualité Idées Accueil > Idées Vers une nouvelle révolution énergétique ? Point de vue | IRIS | 24.10.11 | 11h31 par Entretien avec Sabine Rabourdin réalisé par l'IRIS "De tout temps, l'homme a été avide d'énergie pour satisfaire ses besoins... sans trop utiliser la sienne ! De la maîtrise du feu au paléolithique à la non-maîtrise du nucléaire à Fukushima, le rapport de l'homme à l'énergie fut toujours placé sous le signe de la domination, économique, sociale ou politique. Or, il est clair aujourd'hui que la course à la puissance énergétique est indissociable du chronomètre de la Terre et de la manière dont les hommes sauront prendre en compte ses limites." Dans son dernier ouvrage "Vers une nouvelle révolution énergétique ?" (Edition Le Cavalier Bleu), l'ingénieur en énergie Sabine Rabourdin dresse un bilan de la situation énergétique, expose les options qui nous sont aujourd'hui offertes et décrit ce qui, après le feu et la machine à vapeur, apparaît comme une troisième "révolution énergétique" à venir. Vous parlez dans votre ouvrage d'une crise de la dépendance à une trop grande quantité d'énergie. Pourquoi ? Quelles conséquences risquent d'être induites par cette crise ? Depuis deux siècles, plus précisément depuis la révolution industrielle et la course à la croissance, la société moderne occidentale s'érige en prenant appui sur les ressources énergétiques d'origine fossile : charbon, pétrole, gaz. Elle en est devenue totalement dépendante. La raréfaction de ces ressources va nécessairement induire un tremblement de terre sur ces bases. Il faut d'ailleurs en parler au présent, puisque nous sommes en train de vivre ce "tremblement de terre", la crise économique et les guerres du pétrole en sont les corolaires. Le risque principal concerne la rapidité du changement, car il faut du temps pour ériger de nouvelles bases. Devant l'urgence, c'est souvent le conflit qui prime. Néanmoins, en dehors de ces risques de conflit (pour s'approprier les dernières ressources), cette crise peut permettre l'émergence d'une nouvelle relation à l'énergie, qui pourra se révéler très positive. Après le feu et la machine à vapeur, une troisième "révolution énergétique" est selon vous nécessaire et inéluctable. Sera-t-elle dans la lignée des précédentes ou à contre-courant et sur quelles voies est-il possible de construire la transition vers cette nouvelle "révolution énergétique" ? La nouvelle relation à l'énergie sera forcément à contre-courant puisqu'elle ne pourra s'appuyer sur des ressources fossiles bon marché : en ce sens, ce sera une révolution. La société devra enfin prendre conscience de la finitude des ressources et redécouvrira la valeur de la sobriété. Ce mot peut avoir une connotation négative, qui renvoie dans l'imaginaire à l'impression de manque, c'est un malentendu. Car la sobriété désigne la capacité d'estimer ses besoins et d'y répondre en s'ajustant aux limites. C'est une nouveauté effectivement pour notre société que de se poser des limites de consommation, mais c'est aussi une perspective qui peut se révéler très stimulante. Elle permet de se ressaisir de la question des besoins et de reposer un rapport au temps et à la nature plus cohérent. Au niveau stratégique, c'est une multitude de possibilités qui redessinent un nouveau paysage social et technologique : pour un pays comme la France, je vous suggère de regarder le dernier scenario négaWatt, qui détaille les objectifs et mesures de la transition énergétique en s'appuyant prioritairement sur la sobriété et l'efficacité. D'autre part, la réponse aux besoins se fera en priorisant bien sûr les ressources non fossiles, mais également en s'appuyant sur les réseaux. Nous sommes passés dans l'ère des réseaux sur le plan des technologies de l'information et de la communication, c'est une caractéristique de notre époque. Ce doit l'être également sur le plan énergétique. Les réseaux de distribution d'énergie permettent la décentralisation et le recours aux énergies renouvelables. Pour être plus concrète, citons le "foisonnement" qui en connectant les lieux de production d'énergie sur un territoire, permet par exemple à l'éolien de prendre le relais du solaire au moment des fluctuations météorologiques. Enfin, la décentralisation devra s'appuyer sur une prise de participation des populations, en faisant des collectivités locales et des habitants les investisseurs de leurs moyens de production. C'est à cette condition qu'ils sauront mieux connaître leurs besoins et leurs limites. C'est sans doute le point le plus délicat à l'heure où les capitaux sont encore très centralisés. Vous citez Ivan Illich, selon qui la surabondance d'énergie mène à l'exploitation et accentue les inégalités au sein d'une société. Plutôt qu'un développement de l'accès à l'énergie des pays du Sud par une valorisation de leurs ressources locales, la solution résiderait selon vous dans l'imposition d'une limite à la consommation d'énergie par personne, d'un quota d'énergie acceptable, condition d'harmonisation des rapports humains. Pourquoi ? La valorisation des ressources énergétiques locales des pays du Sud est nécessaire et utile. A condition que les habitants s'approprient les retombées économiques et énergétiques de cette exploitation. Mais il faut également recourir à une limite à la consommation d'énergie par personne, si l'on veut aboutir à une redistribution égalitaire de ces ressources. Ivan Illich a travaillé à l'élaboration de ce seuil, comme aux autres seuils qu'il a définis pour d'autres domaines (santé, éducation, déplacement), et plusieurs organismes s'intéressent à cette question du quota d'énergie, notamment ceux qui travaillent sur le changement climatique, où s'impose également un seuil limite d'émissions d'équivalent CO2 qui est en corrélation avec la consommation d'énergie. Vous expliquez que les sociétés humaines s'organisent en fonction de l'énergie. Si la capacité des pays riches à relever les défis du développement durable reste à prouver après l'échec notamment de la conférence de Copenhague en 2010, peut-on penser que les pays du Sud privilégieront des modes de développement alternatifs sur les plans énergétiques et sociétaux ? L'échec de Copenhague est avant tout politique, il ne reflète pas l'intérêt des populations du Sud pour les modes de développement alternatifs, qui les concernent prioritairement. Ils sont les premiers à être touchés par les conséquences écologiques (écosystèmes, santé, changement climatique) de la consommation et par l'augmentation du coût du pétrole et des autres ressources non renouvelables. Ces populations s'intéressent donc aux alternatives, et la sobriété leur est bien plus familière qu'à nous. Mais leurs Etats ont emprunté la voie du développement économique et industriel qui est une réponse adaptée à la mondialisation économique. Le charbon risque alors en effet d'être leur solution à moyen-terme. Sauront-ils préserver ces ressources et trouver un modèle plus sobre et moins polluant ? L'un des enjeux de la "révolution énergétique se joue ici", en particulier pour la Chine et l'Inde, qui possèdent de grandes réserves de charbon. La question est d'autant plus pertinente que ce sont des pays parmi les plus en pointe des technologies vertes dans le domaine énergétique. L'Union européenne vous semble-t-elle mener une politique énergétique efficace ? L'Union européenne pourrait être encore plus ambitieuse sur sa politique énergétique ! Elle s'appuie encore trop sur les pays exportateurs d'énergies fossiles comme la Russie ou les pays du Sud de la Méditerranée, en cherchant à construire plus de gazoducs. Le projet de gazoduc Nabucco reliant l'Iran à l'Europe centrale, s'étalera sur plus de 3000 km, pour un coût de 12 à 15 milliards d'euros. Pourtant les réserves de ces pays déclineront avec l'augmentation de la demande intérieure. L'Europe s'inquiète pour sa sécurité énergétique et cherche à garantir une certaine stabilité des prix, mais elle ne mise pas autant qu'il le faudrait sur la production locale renouvelable et les mesures d'efficacité/sobriété. 20% d'efficacité énergétique en Europe d'ici 2020 équivaut à l'approvisionnement de quinze gazoducs Nabucco ! Les Etats membres gagneraient aussi à coordonner leur politique énergétique extérieure, pour stimuler le développement de technologies "vertes" par les populations locales, c'est aussi une manière d'accompagner les changements démocratiques au sud de la Méditerranée. __________________________________________________________________ Pour lire d'autres analyses, rendez-vous sur le site de l'IRIS Abonnez-vous au Monde.fr : 6 EUR par mois + 1 mois offert Vous aussi, envoyez votre tribune Proposez votre contribution Livres [badie-livres.jpg] avec [logo_fnac_20x16.png] Dans la rubrique Idées * Deux ans après, refonder Haïti * E-millésimes * Quelle politique étrangère la gauche et la droite vont-elles choisir ? * La nouvelle politique de défense des Etats-Unis * Rwanda : une vérité qui dérange en France Les débats * Une prostituée d'origine africaine attend les clients, le 19 octobre 2007 dans une zone industrielle de Lyon. 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Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économie en passant par le sport et la météo) sur Le Monde.fr, le site de news leader de la presse française en ligne. stratégies [EarthSun.gif] planétaires [EarthRoofTop_H.jpg] [vide.gif] 10 bonnes raisons de faire à nouveau la Révolution [vide.gif] [LiberteGuidantLePeuple4.jpg] [vide.gif] [Mai68-1B.jpg] [Mai68-3.jpg] [vide.gif] [ZLEA_9s_112.jpg] [Larzac2003-4R.jpg] [vide.gif] "La liberté guidant le peuple" de Delacroix, Paris en Mai 1968, et manifestants alter-mondialistes [vide.gif] Les causes de la Révolution de 1789 sont à nouveau réunies: injustices criantes et accaparement du pouvoir par une caste de privilégiés. Voici donc 10 bonnes raisons de faire à nouveau la Révolution... [vide.gif] 1 La hausse des prix de 100% - La misère en travaillant [vide.gif] Depuis le passage à l'Euro, les prix des produits de base ont doublé, au bénéfice des entreprises de la grande distribution. Mais officiellement, l'inflation pendant cette période n'a été que de 2% par an. Alors que les prix augmentent, les salaires n'ont pas augmenté depuis 20 ans, et les salariés ne bénéficient jamais de la "croissance" ni des fantastiques profits réalisées par les entreprises. Aujourd'hui, le salaire d'une majorité de salariés est à peine suffisant pour assurer la survie quotidienne. Autrefois, les seuls pauvres étaient des chômeurs. Avec le "nouvel ordre économique", il est devenu normal d'être pauvre en travaillant. 2 Deux poids et deux mesures pour les salariés et les dirigeants d'entreprises [vide.gif] L'écart entre les salaires est devenu astronomique. Par ailleurs, lorsqu'un salarié commet la moindre faute, il est licencié sans pitié. Le plus souvent, il est même licencié sans avoir commis de faute. Dans le même temps, les dirigeants qui ont ruiné leur entreprise conservent leur poste en bénéficiant même d'une augmentation de salaire de 20 ou 30% par an (parfois davantage), ou bien ils reçoivent des millions d'euros d'indemnités de départ (comme Michel Bon à France Telecom, ou Jean-Marie Messier à Vivendi Universal, parti avec 20 millions d'euros, soit 27.600 fois les indemnités de chômage du salarié de base). En 2002, le salaire moyen des PDG des grandes entreprises françaises était de 2.070.000 euros par an. Pour gagner la même somme, un salarié de base devrait travailler pendant 172 ans. (*) (*) entreprises du CAC 40, l'indice boursier des 40 plus grandes entreprises françaises Pour la liste complète des salaires des patrons du CAC 40, voir l'article sur le "capitalisme vampire" 3 Deux poids et deux mesures pour la justice [vide.gif] Selon la constitution et la déclaration des droits de l'homme de 1789, la justice est la même pour tous. La réalité est devenue bien différente. Alors qu'on accorde toujours plus de liberté aux entreprises, le citoyen ordinaire est soumis à une répression policière de plus en plus oppressante, et à des réglementations de plus en plus contraignantes. A la moindre faute de sa part, les sanctions sont impitoyables. Récemment, un automobiliste a été condamné à 2 ans de prison ferme pour un excès de vitesse qui n'a pas causé d'accident. Une mère de famille peut être condamnée à 4 mois de prison ferme si ses enfants ne sont pas allés à l'école. Et José Bové a été condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir arraché des plants de maïs transgéniques dans un champs. Dans le même temps, et dans des affaires qui ont causé des préjudices beaucoup plus graves, les élites politiques et économiques bénéficient d'une impunité systématique. Ainsi, Jean-Claude Trichet (ancien président de la Banque de France et membre du Groupe de Bilderberg) a été "totalement blanchi" à propos des malversations financières du Crédit Lyonnais. De même, Roland Dumas a échappé à une condamnation dans l'affaire d'Elf-Aquitaine, des frégates de Taiwan et de leurs commissions occultes. Et dans l'affaire du "sang contaminé", le ministre de la santé Edmond Hervé a été condamné à quelques mois de prison ferme, mais a été "dispensé de peine" par le tribunal. Etc, etc... 4 Le décalage entre les impôts élevés et l'inefficience croissante des services de l'état [vide.gif] Malgré la médiocrité des services publics, les impôts demeurent à des niveaux très élevés. En additionnant l'impôt sur le revenu, les impôts locaux, l'impôt foncier, la TVA et les taxes sur l'essence, les prélèvements de l'état représentent plus de la moitié du revenu d'un salarié moyen. Dans le même temps, la qualité de l'éducation se dégrade faute de professeurs en nombre suffisant, faute de locaux adaptés, et faute d'un matériel pédagogique moderne (ordinateurs, magnétoscopes, etc.). Pire encore est le délabrement des services de santé. Dans les hôpitaux, il devient habituel que des blessés attendent pendant 24 heures sur un brancard dans les couloirs, faute de chambres et de personnel médical. Les opérations sont réalisées "à la chaîne" et les erreurs médicales se multiplient. A cause du manque d'hygiène dans les hôpitaux, les malades ont 1 chance sur 4 d'être contaminés par des maladies nosocomiales mortelles ou fortement invalidantes, causées par des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques et qui abondent en milieu hospitalier (à cause de l'emploi abusif des antibiotiques par les médecins). 5 Le sabotage organisé des services publics pour justifier leur privatisation [vide.gif] Les gouvernements organisent le sabotage des services publics dont l'inefficience est ensuite utilisée comme prétexte pour justifier leur privatisation. Voici ce que l'on peut lire à propos de l'éducation publique dans un document de l'OCDE, l'organisation des Maîtres du Monde qui est également à l'origine de l'AMI: "Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles et aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement. Cela se fait au coup par coup, dans une école et non dans un établissement voisin, de telle sorte qu'on évite un mécontentement général de la population." (extrait du "Cahier de politique économique" n°13 de l'OCDE) 6 La corruption à tous les niveaux de l'Etat [vide.gif] Le décalage entre les impôts élevés et la médiocrité des services de l'état est causé principalement par la corruption, présente à tous les niveaux de l'administration: commune, département, région, état. Une autre cause de ce décalage est le train de vie somptuaire des ministres et des hauts fonctionnaires: luxueux appartements et voitures de fonction, déplacements en avion et en hélicoptère, voyages à l'étranger, nombreuses escortes de motards, gardes républicains mobilisés pour un protocole pompeux, repas avec les mets les plus raffinés, cocktails et réceptions dont le coût atteint couramment 100.000 euros pour une soirée... Tout ceci est une autre façon de détourner l'argent du contribuable. 7 Les subventions abusives distribuées par l'Etat aux entreprises [vide.gif] Si l'état manque d'argent pour l'éducation, la santé ou les retraites, c'est aussi à cause des subventions abusives versées à des grandes entreprises, sous prétexte qu'elles vont créer des emplois, et quelquefois sans prétexte du tout. Puis une fois les subventions empochées, l'entreprise délocalise ses usines dans un pays où la main d'oeuvre est encore moins chère, ou la fiscalité plus avantageuse. 8 La collusion entre les gouvernements et les multinationales" [vide.gif] Les gouvernements sont avant tout au service des multinationales et non de l'intérêt général. C'est à cause de cette collusion que le libéralisme est appliqué depuis 30 ans par les gouvernements de droite comme de gauche, malgré ses effets désastreux qui ne font que s'amplifier (misère croissante, envolée des prix, précarité généralisée, privatisation des biens publics, destruction de l'environnement, tiers-mondisation des pays occidentaux...). De même, les seuils autorisés pour la pollution, les mises sur le marché des médicaments, ou encore les normes pour les produits alimentaires correspondent aux souhaits des industriels et non aux nécessités de la santé publique. Il est temps d'exiger la "séparation de l'entreprise et de l'état", afin que les gouvernements soient à nouveau au service des citoyens, de leurs aspirations et de leur droit au bonheur. 9 Les accords multilatéraux négociés dans le dos des citoyens et qui vident la démocratie de son contenu [vide.gif] Depuis 10 ans, le pouvoir réel a été transféré progressivement et discrètement vers des organisations non-élues (OMC, FMI, OCDE, Commission Européenne...). Les accords multilatéraux (AMI, AGCS...) élaborés dans le secret et l'opacité par ces mêmes organisations ont vidé la démocratie de son contenu. Ces accords réduisent en effet considérablement le pouvoir et le droit des états à jouer leur rôle de régulation dans le domaine économique, social, et environnemental. 10 Le saccage de l'environnement par les entreprises, en toute impunité [vide.gif] Par la pollution, le CO2, la déforestation, la destruction des paysages sauvages et de la biodiversité, les "prédateurs" saccagent la nature en toute impunité. L'homme et l'environnement sont sacrifiés aux intérêts économiques des multinationales, et un avenir bien sombre se dessine pour les générations futures. Le point de non-retour écologique est sur le point d'être franchi. Pour les citoyens de cette planète, c'est maintenant qu'il faut agir. "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Article 35 de la constitution française de l'An 1 (24 juin 1793) [vide.gif] © syti.net, 2003 [EarthRoofTop_H.jpg] THEMES ASSOCIES [vide.gif] La fin programmée de la démocratie [icone_FinDemocratie.jpg] Nous vivons depuis dix ans un changement radical du type de régime politique dans les pays occidentaux, avec l'avènement d'un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers.Voici les raisons pour lesquelles nous pouvons dire que nous ne sommes déjà plus tout à fait en démocratie. [vide.gif] Le temps de l'action [icone_Woodstock.jpg] Le futur du monde appartient aux citoyens. Les directions prises par la société, l'économie, l'environnement ne sont pas inéluctables. Sans le savoir, les citoyens disposent de puissants moyens d'action... [vide.gif] La Triple Grève [icone_TripleGreve.jpg] Lancement de la Triple Grève pour sauver la planète et l'humanité. Un mouvement individuel, citoyen, et indépendant de toute organisation. [vide.gif] Démocratie et Révolution [icone_DeclarationUSA.jpg] Texte fondateur de la démocratie et des droits de l'homme, la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis affirme le droit au bonheur et appelle à la révolution lorsqu'un pouvoir oppresseur ne cesse d'oeuvrer contre les intérêts du peuple... [vide.gif] Les mensonges du libéralisme [icone_Liberalisme.jpg] Un démontage en règle des mensonges les plus fréquemment utilisés par la propagande néo-libérale et sa "pensée unique". [vide.gif] L'A.M.I, ennemi de la démocratie [icone_AMI.jpg] Le traité de l'AMI est un accord économique mondial négocié dans le plus grand secret depuis 1995 sous l'égide l'OCDE, et dont les conséquences constituent une menace sans précédent pour la démocratie. Des traités du même type, NAFTA et FTAA, ont déjà été acceptés par les pays du continent américain. [vide.gif] L'AGCS, vers la privatisation totale des services publics [icone_AGCS.jpg] L'AGCS est un nouvel accord mondial négocié dans le cadre l'OMC, dans le secret et l'opacité. Son but: démanteler totalement et définitivement l'ensemble des services publics, y compris la santé et l'éducation... [vide.gif] La directive sur le temps de travail [icone_DirectiveTravail.jpg] Une directive européenne fixe la durée du travail à 48 heures par semaine avec la possibilité d'aller jusqu'à 65 heures. Un pas de plus vers l'instauration d'un nouvel esclavage au service de la "compétitivité" des entreprises... [vide.gif] La directive Bolkestein [icone_Bolkestein2.jpg] Une nouvelle arme de guerre sociale élaborée par la Commission Européenne, pour "libérer" les entreprises de toute règlementation... [vide.gif] L'entreprise-vampire [icone_CapitalismeVampire.jpg] A cause de leur inefficience croissante, les grandes entreprises ne sont plus capables de créer de la valeur, mais seulement de vampiriser la richesse des autres acteurs économiques, du corps social, et des états... [vide.gif] L'idéologie des Maîtres du Monde [icone_IdeologieMdM.jpg] Les principes-clé des Maitres du Monde, et le nouvel esclavage qui en découle, tel que George Orwell l'avait annoncé dans "1984"... [vide.gif] 2 Mondes, 2 Ordres, 2 Lois [icone_Twoworlds.jpg] Le premier ordre, officiellement proclamé, s'applique au public, aux citoyens ordinaires. Le second ordre, qui régit réellement la société, s'applique aux détenteurs du pouvoir et aux organisations économiques. [vide.gif] Harcèlement policier contre la "France d'en-bas" [icone_Repression.jpg] Dans la France pré-fasciste de Sarkozy, une répression sans précédent prend pour cible le citoyen ordinaire. Au nom de la sécurité routière, et au mépris des libertés. [vide.gif] L'émergence du libéral-fascisme [icone_Fascisme.jpg] Avec Nicolas Sarkozy et les lois Perben, on assiste en France comme aux Etats-Unis à l'émergence d'une nouvelle tendance politique: le "libéral-fascisme"... [vide.gif] Restaurer la démocratie [icone_RestaurerDemocratie.jpg] Ces dernières années, la démocratie et les libertés n'ont cessé de se réduire dans les pays occidentaux, sous le double prétexte du terrorisme et de la délinquance. Il est désormais temps d'exiger la restauration de la démocratie. [vide.gif] La déclaration des Droits de l'Homme de 1793 [icone_DDH1793.jpg] De tous les textes fondateurs des Lumières, c'est celui qui va le plus loin pour garantir la liberté et la démocratie. C'est LE texte qu'il faudrait absolument reproclamer et faire appliquer aujourd'hui, en en particulier dans la France de Sarkozy. [vide.gif] La Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 [icone_DDH.jpg] Ce texte fondateur de la démocratie dans le monde est toujours révolutionnaire, tant ces droits de l'homme sont aujourd'hui bafoués dans les pays qui se disent démocratiques. [vide.gif] Etat de la planète [icone_EtatPlanete.jpg] Le point sur l'état de la planète, avec l'inventaire des dégâts causés par l'homme à l'environnement, et les premiers signes des réactions de l'écosystème. [vide.gif] Programme politique [icone_ProgrammePol.jpg] Quelques mesures au-delà des idéologies et des clivages droite-gauche pour inspirer des partis politiques en panne d'idées... [EarthRoofTop_H.jpg] [EarthAnim2.gif] [TT_Pouvoir.jpg] [BlueEye.gif] [TT_Sommaire_ON.jpg] [SytiNet_titre5.gif] [visite_invisible.php] Nouvelles / Dossiers / Révolution tranquille La Révolution tranquille a 40 ans [lesage-statue.jpg] Journaliste : Sophie-Hélène Lebeuf Repères C'était le 22 juin 1960. Pour la première fois depuis seize ans, le Québec boudait l'Union nationale pour porter au pouvoir le Parti libéral. « C'est le temps que ça change ! », affirmait le slogan électoral libéral. Le parti tiendra sa promesse, même si ses membres ignorent l'ampleur de la réforme qu'ils entreprendront. Quelques semaines seulement après l'élection, un journaliste torontois parlera de Quiet Revolution pour qualifier les changements apportés par le gouvernement de Jean Lesage. Le nom restera : Révolution tranquille. Fini la « grande noirceur » et le laisser-faire de l'époque duplessiste. Québec sépare l'État du clergé et s'investit davantage dans le fonctionnement de la société québécoise. En quelques années, des bouleversements profonds se succèdent rapidement : réforme du système d'éducation, instauration de l'assurance hospitalisation, recrutement d'une fonction publique nombreuse, mise sur pied de divers leviers économiques, nationalisation du réseau d'électricité, ouverture sur le monde... Sous la gouverne de « l'équipe du tonnerre », la société québécoise s'affirme et se donne les outils pour entrer dans la modernité. __________________________________________________________________ Pour accéder à la section que vous désirez consulter, cliquez sur l'image ou le titre correspondant. [duplessis-fleurdelyse-drapeau-timbre.jpg] Une lumière qui naît du néant ? À l'aube des années 1960, le Québec a un rattrapage à faire sur plusieurs sociétés industrielles. Le premier ministre Duplessis a une vision essentiellement agricole du Québec et il dirige un gouvernement autoritaire et conservateur qui s'appuie sur la religion. Mais de nombreux citoyens réclament du changement. [victoire-lesage-levesque-lapalme-timbre.jpg] Quelques architectes Des changements s'amorcent sous Paul Sauvé, mais c'est Jean Lesage qu'on considère comme le père de la Révolution tranquille. Il s'appuie sur une « équipe du tonnerre » : les Lévesque, Gérin-Lajoie et Laporte, sans oublier l'ancien chef libéral Georges-Émile Lapalme, dont la vision a inspiré le programme libéral. [electricite-pylone-timbre.jpg] On passe à l'action ! La Révolution tranquille, c'est évidemment la nationalisation de l'électricité. Mais le Québec connaît alors un véritable bouleversement à tous les niveaux : le gouvernement réforme l'éducation, les soins de santé et la fonction publique, développe ses relations extérieures, intervient dans l'économie pour donner un rôle accru aux Québécois, etc. [johnson-timbre.jpg] La sortie de piste des libéraux La Révolution tranquille ne fait pas que des heureux et, depuis la réélection des libéraux en 1962, le nombre de ses opposants augmente. Même au sein du PLQ, certains veulent mettre un frein aux réformes. Mais c'est l'Union nationale de Daniel Johnson qui devra résoudre le dilemme, puisqu'elle remporte le scrutin de 1966. [te$quebec-canada.jpg] Vers une autre révolution ? Quarante ans après le début d'une période qui a transformé le Québec, celui-ci doit choisir ce qu'il fera de son héritage. Si le besoin de changement fait l'unanimité, les opinions sur la direction à lui donner divergent. Souveraineté ou fédéralisme, maintien du « modèle québécois » ou interventionnisme réduit de l'État, le débat est lancé. Dernière mise à jour : 20 juin 2000