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Nous avons 1 invité en ligne| L'enfant face au miroir |
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| Écrit par Agnès Lucas et Marianne Gérard | |
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Le miroir de l'âme..."Il n'y a pas de pays sans surface réfléchissante, sans miroir, sans photo, sans plan d'eau... Les miroirs existent depuis la plus haute Antiquité." écrit René Zazzo. Il n'y a pas de pays sans croyance étonnante autour du reflet, de l'ombre, ou du double. Certaines sociétés croient que l'âme de la personne se matérialise dans son reflet : on craint alors de se faire voler si on est pris en photo. Pour d'autres, marcher sur l'ombre de quelqu'un est considéré comme une atteinte à sa personne. Dans l'Antiquité, les Grecs pensaient que regarder son propre reflet dans l'eau provoquait la mort (le mythe de Narcisse). Il n'y a pas si longtemps en Europe, à la mort de quelqu'un, on voilait tous les miroirs de la maison par crainte que son âme n'y reste prisonnière. Aujourd'hui, le reflet, l'ombre, la photo, sont des phénomènes physiques dont l'explication scientifique est indiscutable mais, malgré tout, persistent des superstitions nombreuses : casser un miroir est encore mauvais présage ! Nos doubles visuels accompagnent notre vie quotidienne. Ils fixent notre image dans le temps. Cette image matérielle, extérieure et plus ou moins déformée de nous, est ressentie comme une partie de nous-mêmes. Nous entretenons avec elle des rapports complexes. Certains restent des heures devant la glace. D'autres évitent systématiquement de se regarder. Toutes les variations de comportement existent. Il ne s'agit pas seulement de voir et de connaître ses traits physiques renvoyés par le miroir. Il s'agit avant tout de se regarder, c'est-à-dire d'accepter de se confronter à l'image de soi, à la représentation plus ou moins positive que l'on a de soi. |
La connaissance de son image est beaucoup centrée sur la connaissance de son visage, lieu privilégié de l'expression de ses émotions. L'enfant semble chercher à lier ce qu'il ressent à l'intérieur de lui (les états de bien-être ou de malaise qui sont, pour lui, des expériences connues depuis longtemps) et la façon dont cela se dit à travers son corps. Essaie-t-il de mieux connaître le langage du corps ? Tente-t-il aussi d'apprécier l'effet que ces signaux corporels provoquent sur autrui ? Toutes ces informations que l'enfant collecte sur lui-même semblent contribuer à la construction d'une image globale de son propre corps. C'est ici que le miroir joue un rôle : il aide l'enfant à explorer l'image extérieure et complète de lui-même. "Cette image totale du corps, selon bernard Golse, pédopsychiatre, s'avère structurante pour l'identité du sujet." La perception d'une image corporelle unifiée de soi précède donc le sentiment de l'unité de sa personne, exprimée au niveau du langage par l'utilisation du pronom "je".
L'image de soi
Pour l'enfant, cette perception totale de son corps soutient tout un travail mental. Il construit une représentation de lui-même comme étant une personne formant un tout uni, fini et unique. Une représentation mentale qui lui donne le sentiment continu d'exister comme une personne à part entière. Une image de lui qu'il porte à l'intérieur de lui, qui se nourrit et se modifie en fonction de ses expériences de vie et de ses relations avec les autres.
C'est par exemple la situation d'un petit enfant âgé de deux ans et demi qui souhaite mettre le couvert avec sa maman. Selon la réaction de celle-ci, l'enfant va vivre une expérience positive ou, au contraire, négative. Si elle l'encourage, lui donne la responsabilité d'une tâche, comme mettre les assiettes sur la table, l'enfant se sent compétent pour mener à bien une action, il se sent capable d'aider sa maman et cela lui fait plaisir. Par contre, s'il est renvoyé à ses jeux, de peur qu'il ne casse la vaisselle, l'enfant va se sentir frustré et dévalorisé. C'est le sentiment de confiance en lui qui est touché. Ainsi l'accumulation de petites expériences quotidiennes va contribuer à l'élaboration d'une image de soi plutôt positive ou plutôt négative.
Ce n'est pas le miroir qui crée la conscience de soi. Car elle se construit avant tout dans les relations avec les autres et fondamentalement dans la relation avec la mère, premier miroir de l'enfant. Et aussi dans toutes les actions de la vie quotidienne. On apprend à se découvrir soi-même à travers la "fonction-miroir" qu'assure autrui : "Le regard de l'autre nous est nécessaire pour avoir accès à quelque chose de nous-mêmes sinon inaccessible... La connaissance de soi passe par la reconnaissance d'autrui", explique Bernard Golse.
C'est par exemple la situation d'un petit enfant âgé de deux ans et demi qui souhaite mettre le couvert avec sa maman. Selon la réaction de celle-ci, l'enfant va vivre une expérience positive ou, au contraire, négative. Si elle l'encourage, lui donne la responsabilité d'une tâche, comme mettre les assiettes sur la table, l'enfant se sent compétent pour mener à bien une action, il se sent capable d'aider sa maman et cela lui fait plaisir. Par contre, s'il est renvoyé à ses jeux, de peur qu'il ne casse la vaisselle, l'enfant va se sentir frustré et dévalorisé. C'est le sentiment de confiance en lui qui est touché. Ainsi l'accumulation de petites expériences quotidiennes va contribuer à l'élaboration d'une image de soi plutôt positive ou plutôt négative.
Ce n'est pas le miroir qui crée la conscience de soi. Car elle se construit avant tout dans les relations avec les autres et fondamentalement dans la relation avec la mère, premier miroir de l'enfant. Et aussi dans toutes les actions de la vie quotidienne. On apprend à se découvrir soi-même à travers la "fonction-miroir" qu'assure autrui : "Le regard de l'autre nous est nécessaire pour avoir accès à quelque chose de nous-mêmes sinon inaccessible... La connaissance de soi passe par la reconnaissance d'autrui", explique Bernard Golse.


