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Les habitants du Nogentais se souviennent

Publié le dimanche 28 août 2011 à 08H51 - Vu 105 fois

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Il y a 67 ans, Marie-Thérèse Cousin travaillait à l'hôpital de Nogent le jour de la libération de la ville

Il y a 67 ans, Marie-Thérèse Cousin travaillait à l'hôpital de Nogent le jour de la libération de la ville


Nogent-sur-Seine- À l'occasion des festivités de la Libération, plusieurs personnes ont accepté de replonger dans leurs souvenirs pour nous livrer leurs précieux témoignages

Jules Tucoulat a participé à la libération de Paris
« Je suis né au Maroc. À 17 ans et trois mois, je me suis engagé dans l'armée Leclerc pour libérer la France. J'étais jeune, je voulais partir avec les copains. Mon père qui avait fait 14-18 m'a autorisé à m'engager. Ma mère, elle, pleurait. Nous sommes partis en Algérie puis en Tunisie. J'ai ensuite rejoint l'Angleterre et débarqué en France à Sainte-Mère-Église à bord d'un Liberty ship quelques jours après le Débarquement. J'ai ensuite participé à la libération de Paris, Strasbourg…
À Paris, c'était incroyable. Bien sûr au début, ça a « châtaigné » pas mal. Puis ça a été grandiose, c'était la liesse. Je n'ai jamais autant embrassé ! Je n'arrivais plus à respirer. Ça a duré deux ou trois jours. Puis on a pris la Nationale 19.
Je suis passé sur le pont en bois fabriqué par les Américains à Nogent-sur-Seine. C'était déjà libéré. Avec la 2e DB, nous sommes venus au repos dans le secteur de Pont-sur-Seine. C'est là que j'ai rencontré ma femme. Je me rappelle aussi de Bar-sur-Aube. Puis ça a été les Vosges, la Lorraine puis l'Allemagne jusqu'au nid d'aigle. Toute cette période, après le Débarquement, je l'ai vécue dans un half-track, un engin semi-chenillé. Nous étions une dizaine d'hommes tous en uniformes américains. Je n'ai jamais été blessé même si, une fois, ce n'est pas passé loin.
Quand j'ai été démobilisé, fin 1945, en décembre, je suis retourné au Maroc. Et, dès 1947, je suis venu m'installer à Pont-sur-Seine où je vis encore. »

Gérard Poulain, résistant à Soligny-les-Étangs
« C'était en 1943, j'avais tout juste 18 ans puisque je suis né en 1924. Je travaillais dans une ferme à Fontenay-le-Perreux. Je voyais les résistants qui descendaient à la rivière. Je leur ai proposé de venir se ravitailler à la ferme. Comme l'endroit n'était pas sûr, avec mon patron on les a emmenés au maquis du Vignot. Il a été attaqué le 7 mars 1944. Après, j'ai fait un parachutage près de Fontaine-Mâcon. On a rapporté les armes, les vivres, le tabac et même de l'argent, à la ferme, toujours à Fontenay-le-Perreux. On les a gardés quinze jours ou trois semaines avant de les livrer au maquis de Rigny-la-Nonneuse. C'est comme ça que je suis entré dans la Résistance. C'était difficile. Nous avions constamment peur d'être arrêtés.
D'ailleurs, le matin de la Libération, je me suis fait arrêter à Soligny-les-Étangs, au carrefour. J'étais dans les premiers à être pris ce jour-là. D'autres nous ont rejoints. À la fin, nous étions une quinzaine ou une vingtaine à être enfermés. Il y avait notamment le vétérinaire de Traînel qui était parti soigner une bête à Trancault. Lui aussi était dans la Résistance. Heureusement, les Américains sont arrivés. Les Allemands se sont enfuis. Nous nous sommes sauvés rapidement. J'ai rejoint mes parents.
Après la Libération, je me suis engagé et j'ai rejoint le 106e d'infanterie à Châlons. Je suis ensuite allé garder la frontière avec l'Allemagne en Lorraine. On gardait un pont, on contrôlait les camions… »

Marie-Thérèse Cousin a vécu l'Occupation et la Libération à Nogent-sur-Seine
« J'habitais au 10, rue Saint-Laurent. Pendant l'Occupation, les Allemands faisaient ce qu'ils voulaient. Parfois, ils fermaient les boulangeries pendant deux ou trois jours, d'autres fois c'était les boucheries. Je me souviens de nuits où ils frappaient aux volets, juste pour nous faire peur.
Le jour de la Libération, je me souviens que le pont a sauté à 15 h 15. À ce moment-là, j'étais dans la salle d'opération de l'hôpital où j'étais aide-soignante. On entendait les tirs. Un peu partout il y avait des déflagrations. Je ne sais pas si c'était des bombes ou autre chose. Comme je travaillais, je n'ai pas pu sortir. Ensuite, on a vu les Américains arriver, je crois qu'ils venaient par la route de Tremblay. Les Allemands fuyaient ou se cachaient. Assez vite, ils ont retrouvé les derniers. »
À la libération de Paris : « Je n'ai jamais autant embrassé »

Mathieu GIBET
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