Une ambitieuse application propose aux ayant droits une traçabilité des diffusions audiovisuelles de leurs œuvres dans le monde entier.
Mettre la technologie au service des artistes. Telle est l'ambition portée par quelques ayant droits belges, frustrés par les outils actuellement à leur disposition. Pour toute diffusion radio ou télé, les auteurs, compositeurs et interprètes d'une chanson perçoivent des droits d'auteur. En théorie. Car en pratique, ce système redistributif s'appuie sur les déclarations faites par les diffuseurs. Elles sont fiables pour les grands médias occidentaux, un peu moins pour les autres. Du coup, l'argent récolté chez ces petits opérateurs est redistribué, par défaut, aux artistes déclarés par les grosses. Une injustice difficilement contrable.

Shazam, un logiciel qui d'identifie un morceau en quelques secondes
Sauf à mettre à profit les dernières technologies de reconnaissance musicale. Des logiciels sont maintenant capables d'identifier n'importe quel morceau enregistré dans leur base, en simplement quelques secondes - et ceci même avec un son bien distordu. Les utilisateurs d'iPhone connaissent Shazam, mais d'autres applications de ce type sont proposées sur de nombreux téléphones portables, pour obtenir rapidement les références d'un titre qui passe à la radio ou en discothèque. Les maisons de disque, ou même le CSA, ont également recours à une telle technologie pour avoir une vision réaliste des diffusions en radio.
"Plus de transparence et de rapidité dans la gestion des droits"
"Et pourquoi pas les ayant droits ?" se sont demandés, il y a deux ans, Pascal, Dominique, Jean-Christophe, Benjamin, David et Dimitri. Leur ambition : "devenir un outil de référence, utilisable par tous les maillons de l’industrie musicale, et ce au niveau international." Et "contribuer à une organisation offrant plus de transparence et de rapidité dans la gestion de la diffusion et donc des droits, et ce à moindre coût." Afin de convaincre tous ces acteurs de l'efficacité de leur solution, ils ont lancé Kollector.com, qui n'est pour l'instant qu'un outil d'information pour les artistes.
Concrètement, vous uploadez vos morceaux, pour chacun desquels vous renseignez une fiche. Les ordinateurs vont l'encoder afin de pouvoir le reconnaitre par la suite. Kollector scanne en permanence 1 890 radios dans 56 pays et vous informe en temps réel de la diffusion de l'un de vos titres. Sur son tableau de bord, l'auteur (ou le compositeur, l'interprète, l'editeur, le producteur, etc...) peut suivre très précisément, radio par radio, pays par pays, morceau par morceau, son exposition auprès des auditeurs de l'Univers ! Des rapports avec toutes sortes de statistiques sont générés automatiquement pour l'utilisateur.
Une vidéo (en anglais) explique tout ça :
La liste de radios espionnées par leurs machines est impressionnante. Et ils annoncent qu'elle va encore s'étoffer, et intégrer bientôt les chaînes de télévision, pour dépasser à terme les 10 000 stations espionnées. Actuellement testé en version "bêta privée", le service est gratuit pour les premiers cobayes. Mais il sera évidemment payant par la suite. Rien n'en indique le prix sur le site actuel, si ce n'est que l'on pourra choisir un abonnement mensuel ou annuel.
Nous avons donc pu nous promener dans une version "demo", où une trentaine de morceaux sont "trackés" : des tubes du moment (Adèle cartonne vraiment, c'est maintenant sûr), des classiques (si les Eagles sont universels, Queen marche surtout... en Allemagne) et des morceaux plus confidentiels. Il est amusant de remarquer que le morceau "sexy boy" du groupe français Air connait de plus fortes diffusions sur les radios anglaises et belges que sur les ondes françaises.
A terme, Kollector.com pourrait, en plus d'aider à la fiabilité de la collecte des droits, être une passionnant observatoire mondial de la musique écoutée. Ce qui est souvent bien différent de la musique achetée. Ce serait aussi un bon indicateur des pratiques de programmation musicale à travers le monde. En effet, si Air passe plus outre-Manche que dans son pays d'origine, c'est bien sûr parce qu'ils y ont du succès, mais aussi que les radios y ont un goût plus prononcé pour la musique "indé".
Bonne chance, donc, à cet ambitieux projet, déjà passionnant.









Excellent, je prends note. Merci pour le relai.
Petite rectification, ce n’est pas une mesure de la musique écoutée mais de celle diffusée… ça peut être assez différent, non ?
« Mettre la technologie au service des artistes. »
Bizarre, quand je lis cette cette phrase je comprend « Mettre la technologie au service des majors ».
Excellente information pour un excellent site ! Grands bravos aux concepteurs, je suis impressionné !
« En effet, si Air passe plus outre-Manche que dans son pays d’origine, c’est bien sûr parce qu’ils y ont du succès, mais aussi que les radios y ont un goût plus prononcé pour la musique « indé ». »
Air… Label : Astralwerks … qui appartient à EMI Group
bref en quoi Air c’est de la musique « indé » ?
Et beaucoup d’autres societes offres des services similaires, notamment : Nielsen (www.nielsen-music.com) pour les radios, et TuneSat (www.tunesat.com) pour les televisions et l’internet.
Excellente idée!, justement ça aiderait les artistes créateurs qui se font flouer par les majors qui comme on le sait ne savent jamais exactement combien de fois un morceau musical tourne à la radio ou ailleurs. Une bonne question : et les radios internet aussi ? au dernier décompte il y en a plus de 50899 sur le site de shoutcast : http://www.shoutcast.com et à ce que je sache ces radios diffusent de tout, du classique, rock, western, contemporain, country et même du yodel, etc.
Ça c’est bon !, félicitations aux créateurs du logiciel, foutue de bonne idée.
Dans un monde idéal on se débarrasserait de ces compagnies nuisibles (les majors) complètement… Je connais quelques artistes qui ont endisqué par le passé une oeuvre et qui n’ont jamais vu la couleur de l’argent, le fruit de leur travail, le disque ne s’était pas vendu énormément mais il s’était vendu quand même.
Oui dont une très ancienne : Yacast ! http://www.yacast.fr/fr/index.html
C’est Pascal Négre qui va être content…
Ca existe depuis des années !
Quel est le taux de réussite ?
Le nombre de radios est ridicule !
L’artiste s’en fout complétement de ce genre de gadget !
Bref encore une idée pour les majors et pro-hadopi.
@ Refuznik : au contraire, les artistes et leurs managers avises devraient adorer « ce genre de gadget » (pour reprendre votre expression), car proportionnellement, de plus en plus de leur revenus vont provenir des droits (droits de passage radio par exemple) et de moins en moins des ventes. Or, a moins de faire une confiance aveugle aux SPRD type SACEM en France, il est dans son interet d’avoir acces a cette information.
« En effet, si Air passe plus outre-Manche que dans son pays d’origine, c’est bien sûr parce qu’ils y ont du succès, mais aussi que les radios y ont un goût plus prononcé pour la musique « indé ». »
Quelle est la « valeur » de cette mesure ?
Tant qu’elle n’est pas attestée par un organisme INDÉPENDANT elle n’a aucune valeur. Si les ayant droits ont besoin de rentrées supplémentaires, qu’est-ce qui les empêche de modifier un peu les bases de données pour mieux remplir leur tirelire, soit pour mieux « répartir » l’argent vers les copains.
Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup d’espionnage tout ça ?
- On espionne les diffuseurs des fois qu’ils mentent sur le contenu de leur travail.
- On espionne les internautes (hadopi, DPI etc…) des fois qu’ils serait des dangereux terro-pédo-nazis en puissance.
Mais qui surveillera donc les surveillants ?
idée très ingénieux ! bravo !
Je pense que les anti Hadopi ne comprennent pas bien l’objet de cette écoute. Il ne s’agit pas de faire gonfler les revenus des majors ni même d’espionner ceux qui écoutent mais de mieux définir ce qui est diffusé. En conséquence de quoi les petits pourront mieux réclamer aux collecteurs les sommes qui leurs sont dues. De même les majors ne pourrons plus surpayer des « artistes » qui sont moins diffusés que des soit disant petits.
Non il s’agit bien là d’un outils équitable pour peu qu’il soit indiscutable et/ou à défaut reconnu.
Petit détail : Shazam n’est pas du tout réservé aux utilisateurs d’iphone, on peut télécharger cette application sur tous les smartphones depuis longtemps.
Les utilisateurs d’android aussi connaissent shazam… Les iPhone n’ont pas le monopole des applications. D’ailleurs le taux de pénétration des telephones Android est maintenant supérieur a celui des iPhone.
Un article qui aurait pu dire que l’idée n’est pas nouvelle. Yacast le fait depuis des années ainsi que Tune Sat, avec lequel la Sacem serait en période de test.
Quitte à prétendre que cela permettra une répartition plus équitable, il faudrait préciser que ce sera le cas à partir du moment où les sociétés de perception utiliseront ce type de technologie car comment imaginer les artistes allant réclamer leur dû aux radios et télés aux quatre coins du monde ?
Comme le dit Xavier, ça ne reste qu’un bilan de la musique diffusée. Ce ne sera jamais équitable puisque les major vont faire en sorte que l’artiste qui leur rapporte le plus soit diffusé le plus, peu importe la qualité, le style ou le message de la chanson.
On arrivera bientôt à ce que les radios diffusent 50 % de tubes en français, 5 % d’indépendants, 30 % européen, 5 % de classique sur les radios nationales, etc … (les chiffres ne veulent rien dire bien sûr). Laissons les programmations libres puisque l’on voit que les artistes marchent parfois mieux hors des frontières ! Laissez nous le plaisir de découvrir des artistes selon les affinités des personnes qui diffusent.
@refuznik et cie: vous accuseriez la caissière d’espionner le contenu de votre caddie en sortant du magasin? Faut arrêter un peu!!! Vous vous foutez de la gueule des artistes , et particulièrement des artistes indépendants, pour qui ce type de services donne enfin espoir de récupérer un peu de ce qui leur est du: comme l’indique l’article: l’argent recolté au titre des droits d’auteurs est reparti soit nominativement (les déclarations de diffussion sont correctement faits, titre par titre) soit par repartition (les déclarations ne sont pas correctement faits ou ps du tout , genre forfait), au quel cas la Sacem et consoeurs, ne sachant pas à qui donner les fonds, suppose qu’il y plus de chances que ce soit Barbelivien qui ait été joué que l’artiste émergent pas connu du tout, donc c’est Barbelivien qui va palper. A éviter, non???
Et ça sert à ça. Et c’est bien.
Vous voulez quoi à la fin: que les artistes vous donnent tout gratos, et si’il veulent de l’argent, qu’ils ont qu’a vendre des casquettes et des pins dans les concerts (gratuit, tant qu’à faire?). Et qu’on les enterre de nuit, sans cerceuil?
Et en fin, @l’auteur: sérieusement, vous aussi hein, avec un titre comme ça qui se trouve en lien en première page du Monde.fr: « un mouchard mondial » c’est super-orienté, genre ‘on dénonce’, alors que le contenu de votre article est plutôt juste! Pas bien ça!
Merci pour tous les commentaires.
Dans le tas: ceci na rien à avoir avec Hadopi, cela ne scanne pas vos disques durs, juste les radios qui sont de toute façon supposées remettre des playlists. Kollector vous donne en fait ces infos en temps réel, et son accès est ouvert à tous dans la communauté musicale (son prix sera extrêmement démocratique, lancement…demain), ces deux points sont déjà très différents des autres systèmes de traçabilité. Le taux de reconnaissance est très, très élevé, et le nombre de radios et de pays couverts augmente tous les jours. Kollector ouvre à tous une info transparente qui passe au dessus des clivages majors-indies-sociétés de collecte de droits: nous donnons à tous la possibilité d’avoir des informations factuelles précises qui peuvent aider dans des domaines aussi divers que l’estimation des droits, le succès de la promo en radio, les régions où vos titres passent bien, etc…
Perso, je continuerai d’écouter la musique que j’aime vraiment sur les webradios, qui seront toujours à l’abri de ce genre de truc.
Je tiens à préciser que j’achète aussi de la musique, mais seulement sur les plateformes qui reversent l’argent aux artistes.
@jean, non il n’y a pas *beaucoup* de sociétés qui font ça, et quand bien même ce serait le cas…
L’exemple que vous donnez (tunsat) ne suit environ que 10% des radios suivies par kollector. Le modèle n’est pas exactement le même non plus, sur kollector ce sont vos morceaux qui sont suivis, pas ceux des autres.
Le domaine de la reconnaissance musicale est large, à chacun de trouver l’outil qui lui convient le mieux et celui-ci, comme d’autres, a certains atouts.
@Solokian, ce sont précisément les webradio qui sont suivies par ces systèmes mais rassurez-vous, pas ceux qui les écoutent.
À l’avenir, la diffusion s’effectuera sans doute de plus en plus via des flux personnalisés selon les préférences des utilisateurs (Cf. Lastfm et autres). Un tel outil de collecte ne semble pas approprié en ce cas (la seule procédure fiable serait que le diffuseur collabore, tout en respectant la vie privée de ses abonnés).
De même avec les podcasts; ce qui serait significatif, ça serait le nombre de téléchargements, pas la présence ou non dans les fichiers offerts.
Si ces modes d’écoute prennent une part croissante, la présence d’un titre dans la programmation des webradios perd beacoup de sa pertinence.
À part ça, techniquement, s’ils scrutent réellement toutes ces chaînes, ça leur en coûtera, de la bande passante. Vous y croyez ?
@pinup57 : Internet sonne le glas des vieux artistes accrochés à leurs privilèges, une autre génération arrive, et invente ses codes, ses canaux de diffusion, comment toucher un public qui ne paiera pas pour un fichier que l’on peut copier gratuitement et à l’infini.
A moins de couper Internet, vous n’arrêterez pas la sanglante révolution numérique
Excellente idée!, justement ça aiderait les artistes créateurs qui se font flouer par les majors qui comme on le sait ne savent jamais exactement combien de fois un morceau musical tourne à la radio ou ailleurs. Une bonne question : et les radios internet aussi ? au dernier décompte il y en a plus de 50899 sur le site de shoutcast : http://www.shoutcast.com et à ce que je sache ces radios diffusent de tout, du classique, rock, western, contemporain, country et même du yodel, etc.
Ça c’est bon !, félicitations aux créateurs du logiciel, foutue de bonne idée.
Dans un monde idéal on se débarrasserait de ces compagnies nuisibles (les majors) complètement… Je connais quelques artistes qui ont endisqué par le passé une oeuvre et qui n’ont jamais vu la couleur de l’argent, le fruit de leur travail, le disque ne s’était pas vendu énormément mais il s’était vendu quand même.
Ça c’est bon !, félicitations aux créateurs du logiciel, foutue de bonne idée.
Dans un monde idéal on se débarrasserait de ces compagnies nuisibles (les majors) complètement… Je connais quelques artistes qui ont endisqué par le passé une oeuvre et qui n’ont jamais vu la couleur de l’argent, le fruit de leur travail, le disque ne s’était pas vendu énormément mais il s’était vendu quand même.
Excellente idée!, justement ça aiderait les artistes créateurs qui se font flouer par les majors qui comme on le sait ne savent jamais exactement combien de fois un morceau musical tourne à la radio ou ailleurs. Une bonne question : et les radios internet aussi ? au dernier décompte il y en a plus de 50899 sur le site de shoutcast : http://www.shoutcast.com et à ce que je sache ces radios diffusent de tout, du classique, rock, western, contemporain, country et même du yodel, e
C’est vrai que toutes ces sociétés répondent à une demande croissante des éditeurs et artistes pour démêler la légitimité des ayant droits. Il faut reconnaître que ce type d’outil a le bénéfice de rendre à César ce qui est à César. Pour ma part, j’ai utilisé Kollector durant deux mois mais j’ai observé de nombreuses anomalies concernant certaines diffusions qui n’apparaissait pas à l’écran. Depuis je suis passée à mediaforest dont la technologie est beaucoup plus précise. Contrairement à Kollector ou Yacast, la technologie mediaforest est complétement numérique donc les titres apparaissent immédiatement et à laseconde . J’ai pu observer que ma musique été utilisé dans des jingles de télé d’une dizaine de secondes grâce à cet outil. Je n’aurais même pas pu reconnaitre le titre autrement alors qu’il s’agissait bien de ma musique. En plus, ils proposent de calculer les droits d’auteur en temps réel ce qui change considérablement ma manière de gérer mon budget. Dommage qu’il n’y ai encore aucun outil pour les webradios. C’est peut-être un autre débat dans lequel je ne m’aventurerai pas…