#Notes sur 'Technologie(s) et société de la connaissance ' (Atom) Notes sur 'Technologie(s) et société de la connaissance ' (RSS 1.0) Notes sur 'Technologie(s) et société de la connaissance ' (RSS 2.0) FOAF Technologie(s) et société de la connaissance Comprendre l'impact du web et des technologies de l'information sur l'économie, la mondialisation, la société, les comportements. L'économie est désormais numérique et globale. La puissance du numérique irrigue l'ensemble des secteurs d'activités. Les comportements et les structures en sont modifiés. Sites à consulter * * Le site de la communauté française des DSI Rechercher ____________________ Rechercher Catégories * Actualité * Compétences * Consommateurs * DSI * Economie mondiale * Education * Gouvernance des systèmes d'information * Industrie automobile * Industrie et acteurs * Innovation * Jeux * Les relations sur Internet * Livres * Politique * Politique de la société de l'information * Santé * Science * Sécurité de l'Internet * Télévision et media sur Internet Les notes récentes * CES 2012 : la convergence s'affirme * De l'informatique au numérique, du XXe au XXIe siècle * Véhicule électrique, an I * La France s'ouvre à l'open data * Les priorités 2012 des DSI, vues des Etats-Unis... * Automobile : Tokyo entre utopie et réalisme * La technologie broie ses leaders... Blackberry en péril * Réindustrialiser la France * Paradoxes 1 : l'économie a besoin d'un Etat fort * Salon de Francfort 2011, ambition, démesure et incertitudes... 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En dix ans, soit une fraction de seconde du temps géologique, 5 milliards de terriens ont accédé à la téléphone mobile et 2,1 milliards à l'usage d'Internet. Plus encore le développement de l'Internet mobile rapproche ces deux mondes en créant une mobiquité dont l'ampleur était encore inimaginable il y a quatre ans lors de la sortie de l'iPhone. Rien de tout ceci n'a été prévu, programmé, orchestré. S'il fallait encore se convaincre du caractère universel de cette transformation, il suffit d'observer les voyageurs d'un TGV. Chacun utilise un, voire plusieurs, objets numériques pour se distraire, regarder un film ou lire un livre numérique, pour s'informer ou travailler, pour communiquer, parfois sans trop de discrétion... Enfants, grand-parents ou professionnels, quel que soit l'âge ou le rôle social, les objets utilisés sont de format différent mais ont été intégrés de façon naturelle dans le quotidien de chacun. Le monde de l'Internet, du smartphone, ont créé une culture de la mobilité et de la collaboration sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le vieux monde construit sur la rareté de l'information, sa gestion monopolistique et son contrôle central s'effondre pour faire place à un monde polycentrique où chacun est à la fois émetteur et récepteur d'information, en tout lieu, à tout instant, avec une pluralité d'outils. S'il fallait désigner un lieu sur la planète où cette transformation se visualise de façon évidente, le Consumer Electronic Show en est le candidat par excellence... En effet, le monde du numérique se retrouve chaque année au Consumer Electronic Show dont la 44e session vient de se clore à Las Vegas. Ce qui n'était à l'origine qu'un vaste salon du son et de la télévision est devenu la manifestation globale de l'ère numérique. Avec 3100 exposants répartis sur la plus grande surface de l'histoire du CES, 17 ha, l'édition 2012 à attiré 153000 professionnels du monde entier. 20000 nouveaux produits ont été présentés et tous les dirigeants de la planète numérique s'y sont rencontrés. Mais ne sont plus présents les seuls acteurs de l'infrastructure, des produits et services numériques. Aux côtés des dirigeants de l'industrie informatique et télécommunications -Qualcomm, Microsoft, Intel, Xerox, Ericson - , des fournisseurs de services -Google, eBay, Facebook, Verizon - , se précipitent maintenant au CES les dirigeants de l'ancienne économie qui n'hésitent plus à montrer que leurs métiers de base sont revisités par le numérique. Ford est un habitué, Mercedes a emboîté le pas d'Audi, présent en 2011, Unilever,Wal-Mart, General Electric ont fait une apparition remarquée en 2012. Si sur la forme le CES affirme son rôle de manifestation mondiale phare, on peut dire que sur le fond il n'a pas apporté de surprise mais largement confirmé et amplifié les tendances. La révolution numérique continue à avancer, dans tous les continents, dans tous les usages. D'un CES à l'autre se dessinent et se complétent les vagues de transformation. En 2012, ce sont l'automobile et la santé, la gestion individuelle de l'énergie, la polyvalence des écrans, le développement de l'internet des objets qui attirent l'attention. Mais la 3D qui était le "must" de 2011 et 2010 n'a pas disparue, elle devient mature... Tout communique : les hommes et les machines. Tout est cohérent : peu importe le contenant, images, voix, données, le contenu est distribué partout sous la même forme à travers des objets choisis au gré de l'utilisateur pour leurs propriétés contextuelles. Le smartphone est l'outil de la mobilité quotidienne, la tablette et le PC allégé et mobile sont désormais accompagnés des téléviseurs connectés qui offrent un grand confort d'utilisation grâce à leur écran et permettent un partage collectif de l'experience numérique qui n'ets plus nécessairement un exercice solitaire. L'expérience de l'utilisateur, du client et du citoyen, est fabriquée, enrichie, partagée au cœur de son propre système à travers les trois axes cognitif, décisionnel, émotionnel. La continuité numérique prolonge l'expérience à travers des codes de mobilité qui sont devenus des standards. Les données, qui s'affranchissent du support grâce à la diversité des outils d'accès et surtout de la capacité à être stockée en dehors des machines dans le nuage retrouvent tout leurs sens. Le CES par son impact visuel, par la confrontation des points de vue offre un moment unique de lecture de la société numérique et de compréhension des mouvements rapides qui l'animent. Alors que le numérique tend à dissocier les facteurs de transformation, le CES permet de comprendre leur unité et leur cohérence. C'est une manifestation irremplaçable pour qui veut embrasser d'un seul regard et en un seul lieu la puissance et la diversité de la révolution numérique. Rédigé à 01:02 dans Actualité, Consommateurs, Economie mondiale, Industrie et acteurs, Innovation, Les relations sur Internet, Politique de la société de l'information, Santé, Science, Télévision et media sur Internet | Lien permanent | Commentaires (0) 24 décembre 2011 De l'informatique au numérique, du XXe au XXIe siècle Le monde des technologies de l’information est en train de vivre une révolution qui est tout sauf tranquille. Depuis des années, les techniques issues du web, historiquement reléguées à la sphère privée, grignotent le monde de l’informatique d’entreprise. Pour certains il faut s’en inquiéter, pour d’autres s’en réjouir, internet et le web sont en passe de devenir le moteur central du système d’information de l’entreprise. La "consumérisation de l'IT" est un processus de déstructuration /reconstruction d'une puissance considérable comme toutes les grandes transformations techniques de l'histoire. Mais, cette fois, elle concerne instantanément tous les habitants de la planète. Cette accélération dans le temps et dans l'espace alimente une vague de transformations sans précédent. Dans quelques années, toutes les applications, tous les services, tous les accès pourront emprunter les techniques et les modèles d’affaire inventés par le web. Dès lors l’informatique ne sera plus un élément d’infrastructure, piloté par les coûts, mais sera devenue l’essence même de l’entreprise, se confondant avec ses processus, nourrissant par un flux constant d’informations complexes tous les rouages de l’organisation. Le phénomène d'ancilarisation de l'informatique, traitée sans ménagement comme un pur centre de coûts taillable et corvéable à merci laisse exangues les budgets informatiques, mais ouvre largement le champ de l'innovation aux métiers. Car pour beaucoup de dirigeants, l'innovation, ce n'est pas de l'informatique et il est légitime de laisser s'ouvrir des centres de compétences "digitaux" en dehors de la DSI. Les métiers ont besoin de cette capacité de créativité que donne l'usage pertinent des techniques de traitement de l'information. Si la DSI, contrainte, ne peut leur donner cet oxygène, ils vont le rechercher par leurs moyens propres à travers leurs budgets de marketing, de communication, d'investissement...Cet éclatement, subi plutôt que conscient, met à mal la cohérence du système d'information et fractionne les données qui sont le capital central de l'entreprise. Il est encore possible de réconcilier les deux dimensions dans une vision unifiée, tonique et cohérente, des actifs numériques de l'entreprise démarche novatrice qui sera la signature des entreprises du XXIe siècle. Il s’agit là d’une autre aventure qui dépasse le champ de la technique et impose un changement radical dans l’attitude des dirigeants. Ils ont pu pendant des décennies déléguer la construction et le pilotage de la « mécanisation » des processus manuels historiques des entreprises, couches d’activités régaliennes, logiques transactionnelles que les ERP ont réussi à traiter efficacement non sans douleur initiale. La révolution informatique est ponctuée depuis cinquante ans de grandes phases de rupture où se mêlent innovation réelle et souvent emphase marketing. Mais le PC, les ERP, les logiciels de CAO ont changé de nature le traitement de l’information. Ces révolutions passées n’ont pas toutefois changé la nature de l’entreprise. Elles n’ont pas altéré le fonctionnement historique en silos et en pyramides, ni la segmentation des compétences. Cette fois, ce sont les dirigeants et les métiers qui sont en première ligne. Les directions du marketing ont été les premières à en mesurer la portée. Connaitre et comprendre intimement le client est devenu le ressort vital de la compétitivité. Les entreprises nées dans le monde du web pour faire de l’e-commerce pratiquent à merveille la symbiose entre leur modèle marketing et les techniques du web. Les webanalytics sont le symbole de cette cohérence intime. L’information, minute après minute, est l’actif majeur de l’entreprise qui pilote son chiffre d’affaires comme en régate. Jamais l’humanité n’aura produit, échangé, stocké autant d’informations. Le MIT estime qu’en une année nous produisons cent fois toute l’information produite depuis l’origine de l’humanité et ce chiffre croît de façon exponentielle. Ces informations sont la matière première de la décision dans tous les domaines de l’activité, que ce soit pour le consommateur final devenu son propre expert et s’appuyant sur l’avis de ses pairs, ou pour le fournisseur en entreprise étendue, partenaire en co-design de la conception et de la vente de produits complexes dont la totalité de la gestation est désormais numérique. Ce monde que l’on commence à caractériser par l’appelation Big data a généré ses nouveaux outils : appareils mobiles surpuissants, réseaux à haut débit ultra-performants, cloud computing. Un iPad est aujourd’hui aussi puissant que la machine de calcul mythique des années 85, le Cray. L’informatique du nuage est un ensemble de solutions qui associe la fourniture d’un programme applicatif et sa mise à disposition à travers internet. Il suffit à l’entreprise d’y intégrer ses propres données – organisation, produits, clients, fournisseurs – pour que l’application soit mise à la disposition de tous ceux qui en ont besoin et constamment adaptée, et ce sans investissement en capital ni délai. Poussées par la consumérisation massive de l’informatique, ces solutions sont éprouvées par des centaines de millions d’utilisateurs quotidiens et font preuve dans les usages les plus courants, comme la messagerie, d’une fiabilité sans défaut majeur. L’informatique d’entreprise s’est construite en additionnant des couches de complexité, liées aux choix d’organisation et aux évolutions techniques, qui en font souvent un écheveau coûteux à entretenir, impliquant des compétences multiples. La révolution numérique apporte une décomplexification majeure du traitement de l’information mais remet les données au cœur de la compétition économique. Or la maîtrise des données n’a pas fait l’objet des soins nécessaires. Beaucoup d’incohérences subsistent, compensées à grand frais par des usines informatiques. Aujourd’hui le marché ne propose pas encore de solution globale. Il y a des réponses partielles intéressantes et éprouvées, comme la messagerie, les outils collaboratifs, voire certains champs applicatifs comme le CRM. Mais sur le plan fonctionnel beaucoup de problèmes internes restent actuellement et transitoirement sans réponse du marché. Il sera nécessaire encore longtemps d’assembler les solutions issues du nuage et les systèmes existants pour reconstituer le système d’information unifié, assurer la cohérence des données internes et celles traitées à l’extérieur en toute sécurité. Il faut également garantir la sécurité des données et leur rapatriement en cas de défaillance du fournisseur ou de réversibilité du contrat. Le nuage n’est pas non plus un ensemble homogène. Face à un marché naissant, il faut être en mesure d’exercer des choix documentés et de les contrôler. C’est un exercice méticuleux qui implique de nombreuses compétences internes. Mais rien ne pourra ralentir la transformation en cours. Elle est radicale. Elle va alimenter une nouvelle ère de performances économiques basée sur le rapprochement fertile d’informations naguère isolée et ignorées. Non seulement les hommes échangeront les informations pertinentes pour prendre, à chaque instant, des décisions informées, et en rendre compte, mais ils le feront en compagnie de machines elles-mêmes connectées en réseau, l’internet des objets. La mise à disposition d’informations contextuelles à chaque niveau de l’organisation, comme de la société, percute le modèle classique, déjà ébréché, de la descente d’informations filtrées. Chacun a pris l’habitude d’accéder à toutes les informations dans sa vie quotidienne et attend de l’entreprise de lui fournir tous les moyens de travailler efficacement sans délai inutile. Expertisesystemssm Business_rules_example Exemple d'architecture intégrant des capteurs au système d'information de l'entreprise Source : http://rfid.net/ Aussi, la révolution de l’information ne peut plus être poussée par la seule technique. Elle rend indispensable l’implication personnelle des dirigeants pour en prendre le leadership. Il ne s’agit plus de choisir entre un Blackberry ou un iPhone, mais entre un modèle dépassé d’organisation et de gestion, et des modèles novateurs riches en promesses. C’est l’affaire des seuls leaders. Rédigé à 10:16 dans Actualité, Compétences, Economie mondiale, Gouvernance des systèmes d'information, Industrie et acteurs, Innovation, Les relations sur Internet, Politique de la société de l'information, Sécurité de l'Internet | Lien permanent | Commentaires (0) 11 décembre 2011 Véhicule électrique, an I Au moment où l’on pense à établir les bilans d’une année économique que beaucoup souhaitent rapidement oublier, il faut saluer, le 11 décembre, dans cette ambiance morose une bonne nouvelle pour l’industrie automobile, le premier anniversaire de la première voiture électrique produite en grande série et qui demeure, à ce jour,la seule : la Nissan Leaf. 2011 constitue un banc d’essai attendu qui permet de tirer des leçons précieuses de l’usage d’un véhicule électrique à grande échelle, notamment en matière d’autonomie et de fiabilité. Bien entendu l’Alliance Renault Nissan, qui est pionnière en matière de véhicule électrique, est très attentive à ces résultats. Elle vient de lancer à l'automne sous la marque Renault plusieurs véhicules, comme Fluence ZE ou Kangoo ZE, et bientôt l'intéressante Twizy. Certains visent la grande série comme le Kangoo ZE ou Zoe prévue en 2012. Les autres constructeurs, généralement sceptiques, et tous les candidats à l’achat, gestionnaires de flottes comme particuliers, regardent avec intérêt ces conclusions. Leaf 047 La production mondiale de la Nissan Leaf s’est élevée à 19000 unités ce qui pour une berline, classique dans la forme mais révolutionnaire dans le concept, est une performance très honorable d’autant plus que le périmètre géographique de vente était très limité. 10000 voitures ont été vendues aux Etats-Unis, dans seulement 30 états, et 60% en Californie. Nissan Leaf est maintenant vendue dans tous les pays, et 2012 sera évidemment pour le constructeur le véritable test de volume. Voiture de l’année au Japon et en Europe, la Nissan Leaf collectionne les trophées. Les Nissan Leaf auront parcouru en un an 56 millions de kilomètres et démontré que la distance moyenne parcourue est de moins de 16 km et pour les utilisateurs pendulaires quotidiens environ 60 km. La durée de charge moyenne est de 3 heures. L’autonomie étant le seul point faible des véhicules électriques, ces chiffres sont de nature à rassurer les constructeurs. Nissan a fêté cet anniversaire par une campagne de publicité amusante qui souligne avec talent et humour l’importance de l’événement. http://www.nissannews.com/pressrelease/3088/238/nissan-leaf-celebrates- first-birthday-singing-sockets La Nissan Leaf, qui s’est faiblement vendue en Grande-Bretagne avec 800 exemplaires, sera produite en 2013 dans l’usine britannique de Nissan à Sunderland avec une capacité de production annuelle de 50000 véhicules avec le soutien de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 420 m£ et du gouvernement britannique (20, 7 m£). Nissan, particulière soucieux de la disponibilité des stations de charge rapide, multiplie les accords avec les producteurs de ces équipements et en propose un modèle à 1800 $ aux USA. La Nissan Leaf est vendue aux Etats-Unis 35200 $ et bénéficie d’une aide fédérale de 7500 $, donc 27700 $ net soit moins de 21000 €. Par comparaison Fluence est vendue en France 21000 € après aide publique, et 82 € de location de batteries par mois. Quelle comparaison possible avec les concurrentes ? Les concurrentes de la Leaf aujourd’hui sont rares car simplement il n’y a pas de voiture électrique de cette catégorie en vente dans le monde. La Mitsubishi iMiev est une petite voiture urbaine. Elle s’était vendue dans le monde à 17000 exemplaires en octobre 2011, dont la Citroën C-zéro et la Peugeot iOn. Pour trouver une analogie il faut remonter aux débuts de l’hybride. La Toyota Prius s’est vendue la première année au Japon seulement à 17700 exemplaires et il a fallu sept ans pour atteindre les 60000 exemplaires par an. La vraie concurrence de la Leaf pourrait venir des berlines hybrides plug-in, comme la nouvelle Prius ou la Honda hybrid électrique présentée à Tokyo et annoncée pour 2012. Ce sont des voitures qui visent une autonomie en tout électrique de l’ordre de 20 à 25 km, avec le confort du recours automatique au moteur essence lorsque les batteries sont épuisées. Prius Hybrid 046 Le statut de la Chevrolet Volt est particulier. Il s’agit d’une voiture électrique dotée de batteries lui conférant 60 km d’autonomie, mais qui bénéficie d’un moteur essence d’appoint pour produire l’énergie électrique nécessaire. Les commentaires aux Etats-Unis présentent la Volt comme la conuurente directe d ela Leaf et suivent mois après mois leurs courbes de ventes respactives, et encore assez erratiques pour tirer des conséquences fiables. Le prix de la Volt est de 41 000$ US, moins une subvention fédérale américaine de 7500$ US ce qui est largement supérieur à une Leaf et très éloigné des prix habituels des Chevrolet. GM visait un niveau de ventes en 2011 de l’ordre de 10 à 12000 unités aux Etats-Unis, et 16000 dans le monde ; or les ventes devraient plutôt se situer aux USA autour de 7000 (6142 au 1^er décembre). Dans tous les cas, les chiffres s’ils marquent un réel décollage en 2011, sont très loin des ventes de voitures conventionnelles avec moteur thermique. On estime en effet que les ventes de l’année 2011 devraient atteindre 59 millions de véhicules ! Le chemin sera long à parcourir pour transformer la paysage automobile, d'autant plus qu'il est évident que les Etats ne continueront pas à subventionner massivement un produit comme le véhicule électrique quels qu'en soient les mérites. Mais un premier pas, décisif, est franchi, la réalité du marché. Photos : Salon de Genève 2011, JP Corniou Rédigé à 19:22 dans Economie mondiale, Industrie automobile, Innovation | Lien permanent | Commentaires (0) 05 décembre 2011 La France s'ouvre à l'open data Comment dit-on "open data" en français ? Voici ce qu'il nous faudra rapidement établir pour faire comprendre cette transformation majeure de la relation entre les Etats, les collectivités territoriales et les citoyens. Le "partage des données publiques" est en effet une vraie révolution. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. La démocratie y gagne, mais c'est l'économie qui devrait être la véritable bénéficiaire de cette capacité nouvelle à appuyer les décisions individuelles sur des informations qui jusqu'alors n'étaient pas disponibles ou inexploitables. Ene effet la philosophie ultime de l'open data est d'inciter les acteurs privés à exploiter ces données publiques pour proposer des services nouveaux à caractère marchand. En effet, la valeur vient non pas de l'accès à la donnée brute, mais résulte d'un process de traitement des informations, de leur rapprochement et de la mise à disposition du client de clefs de décision inédites. Le portail francais vient rejoindre un grand nombre d'initiatives mondiales et régionale, comme Bordeaux ou Rennes. C'est une initiative qu'il faut louer, mais surtout amplifier par une prise en compte par les entrepreneurs de cette nouvelle opportunité de création de service. Portail open data Rédigé à 13:13 dans Compétences, Economie mondiale, Innovation, Politique de la société de l'information | Lien permanent | Commentaires (2) 04 décembre 2011 Les priorités 2012 des DSI, vues des Etats-Unis... Alors que sur cette rive de l’Atlantique on parle beaucoup de restrictions budgétaires, comme si le budget informatique des entreprises était infiniment compressible et représentait un fardeau considérable pour les entreprises, quels sont les thèmes mis en avant sur l’autre rive de l’Atlantique ? A quelques heures de la cérémonie de remise du prix du directeur des systèmes d’information de l’année 2011, le 7 décembre, treizième édition, par 01 Business & Technologies, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’éditorial du président du magazine américain CIO, Michael Friedenberg. Voici la liste de ses priorités pour les CIOs en 2012. 10. Data becomes liquid. It will flow like water downhill, in the path of least resistance. Data management must be pervasive and protective. 9. Consumerization of IT explodes. Far beyond device management and bring-your-own-technology, businesses will feel the force of social, mobile, cloud, UI design and gamification. Emerging players such as Box.net, Dropbox, Jive and ServiceNow will be surprisingly relevant. 8. UI becomes UE. The comsumerization of IT will also quickly shift attention from the user interface to user engagement. You’ll be measured on how well employees and customers engage with your solutions. 7. E-commerce doubles down on social and mobile. Following the arc of user behavior, social and mobile commerce will expand to make up 20 percent to 30 percent of your overall e-commerce transactions. 6. Virtualization goes viral. Server and storage virtualization? Done. Now the focus moves to desktop, data and mobile virtualization—while addressing security needs, of course. 5. Operationalize cloud. Moving from hype to adoption, cloud conversations now center on implementing, managing and securing solutions. 4. Befriend or battle the CFO and CMO. Given economic pressures and the movement toward automated marketing, you’ll spend more time with these peers. Do you want to compete for cash or collaborate? Your choice. 3. Internal and external growth intensifies. One focuses on transforming internal business processes while the other looks to IT to improve customer engagement and increase revenue. Do you and your team have the skills to drive both? 2. The global economy looms larger. Whether the malaise lingers or disperses, you’ll be forced to rethink and re-examine everything in light of the mega-trends of mobile, social, cloud, big data and consumerization. Freedom and flexibility are the watchwords here. 1. CIO relevance is tested again. CIOs in every industry must master these 10 trends and help your business benefit from them. Move decisively to secure the influence and power you’ve rightfully gained in the past decade. Jump in and add value. Pour le secteur public américain, les priorités identifiées par l’Association des CIO des états, créée en 1969, une année avant le CIGREF, the National Association of State Chief Information Officers (NASCIO) recoupent largement les précédentes en mettant toutefois plus l’accent sur les infrastructures. 1. Consolidation / Optimization: centralizing, consolidating services, operations, resources, infrastructure, data centers, communications and marketing "enterprise" thinking, identifying and dealing with barriers 2. Budget and Cost Control: managing budget reduction, strategies for savings, reducing or avoiding costs, dealing with inadequate funding and budget constraints 3. Governance: improving IT governance, data governance, partnering, inter-jurisdictional collaboration, industry advisory boards, legislative oversight - achieving proper balance, agencies participating as members of a "state enterprise" 4. Health Care: the Affordable Care Act, health information and insurance exchanges, health enterprise architecture, assessment, partnering, implementation, technology solutions, Medicaid Systems (planning, retiring, implementing, purchasing) 5. Cloud Computing: scalable and elastic IT-enabled capabilities provided "as a service" using internet technologies; governance, service management, service catalogs, platform, infrastructure, security, privacy, data ownership, vendor management, indemnification, service portfolio management 6. Security: risk assessment, governance, budget and resource requirements; security frameworks, data protection, training and awareness, insider threats, third party security practices as outsourcing increases; determining what constitutes "due care" or "reasonable" 7. Broadband and Connectivity: strengthening statewide connectivity, public safety wireless network/interoperability, implementing Broadband Technology Opportunities Program (BTOP) grant 8. Shared Services: business models, sharing resources, services, infrastructure, independent of organizational structure, service portfolio management, marketing and communications related to organizational transformation 9. Portal: maturing state portal, e-government, single view of the customer/citizen, emphasis on citizen interactive self-service, accessibility 10. Mobile Services/Mobility: devices, applications, workforce, security, policy issues, support, ownership, communications, wireless infrastructure Ces listes font émerger beaucoup de points communs entre les centres d’intérêt des deux communautés, DSI des entreprises ou du secteur public. Il est clair que l’informatique du nuage s’impose comme thème fédérateur. Dans le monde de l’IT, concentration, virtualisation, optimisation des infrastructures et des services sont au cœur de la performance économique mais aussi de la flexibilité du service, opéré par des services partagés efficaces. L'optimisation technique et économique passe par l'exploitation pertinente des potentiels du nuage. Cet optimisme tranche avec le réel scepticisme qui demeure en France, peut-être devant le manque de maturité des offres européennes actuelles et le flou de leur modèle économique mais aussi juridique. Que ce soit pour le consommateur ou le citoyen l’accès libre et facile à tous les services informationnels est devenu une évidence. Tout doit être pensé pour faciliter la vie de l’utilisateur externe. Ceci est d’autant plus nécessaire que la consumérisation de l’IT donne au client l’accès, par les réseaux sociaux, aux avis multiples des pairs. Il ne s’agit plus d’informer les clients ou les citoyens mais d’obtenir leur engagement. Le web est devenu un « medium chaud », qui séduit, convainc, force à l’adhésion. Ceci est aussi crucial pour les équipes internes qui doivent retrouver dans leur entreprise ce dont ils bénéficient à l’extérieur… La mulitplication des outils mobiles d'accès à l'information renforce le besoin de disponibilité, de fiabilité de la distribution de l'information. Le domaine de la santé est mis en évidence dans le secteur public, les Etats-unis ayant pris conscience que seule une rupture technologique permettra de faire avancer leur système de soins, à la fois très coûteux et inéquitable. Notons que pour le secteur public, la dimension sécurité joue un rôle majeur, comme le développement de la qualité des infrastructures, ce qui laisse penser que les réductions budgétaires ont pu avoir dans ces domaines des résultats néfastes. Les contraintes budgétaires restent bien présentes : la rationalisation des dépenses est toujours une figure imposée. Mais globalement ressortent de ces préoccupations un souci d’investissement dans l’avenir, un avenir informé où consommateurs, collaborateurs, citoyens partagent des flux d’information continus pour prendre, en fonction du contexte, les meilleures décisions. Applications et infrastructures se fondent dans un environnement virtuel de traitement de l’information puissant, fiable, efficace dans lequel chacun peut puiser à sa guise selon ses besoins pour agir. Au moins autant que les thèmes mis en évidence dans ces deux listes complémentaires, il est intéressant de mentionner les sujets qui n’y apparaissent plus : ERP, desktop, réseau, développement, et plus curieusement compétences… Tout se passe comme si le temps des questionnements sur les infrastructures techniques et applicatives classiques était révolu. Cela doit fonctionner ! L’énergie informatique est largement disponible avec le niveau de qualité et de coût attendu, même s’il faut continuer à faire des efforts de maîtrise et rationalisation des coûts et de qualité de service. Le manque de compétences ne semble plus un obstacle. Le DSI doit donc consacrer beaucoup plus de temps encore à intégrer dans sa stratégie les vecteurs de transformation de son entreprise et de son organisation pour coller aux besoins des métiers et des clients et exploiter la masse considérable d’informations générée par l’activité économique et par les réseaux sociaux. Ce qui est vrai de l’autre côté de l’Atlantique ne peut être inutile de ce côté-ci… Il y a une constante : dans tous les cas, le DSI est soumis à la pression du résultat pour démontrer sa pertinence… http://www.cio.com/article/695458/Top_Ten_Tech_Predictions_for_2012 Et pour les irréductibles, ici sont listées tous les sites se prêtant à l’exercice de prédictions… http://www.enterprisecioforum.com/en/blogs/jdodge/my-top-six-top-10039- it-and-technology-p Rédigé à 22:04 dans Actualité, Compétences, Consommateurs, DSI, Gouvernance des systèmes d'information, Innovation | Lien permanent | Commentaires (0) 03 décembre 2011 Automobile : Tokyo entre utopie et réalisme Le salon automobile de Tokyo n’est ni fastueux ni spectaculaire comme ses homologues européens, américains et maintenant chinois. Il ne cherche pas non plus à être exhaustif. Mais c’est le seul salon à être totalement centré sur les seules technologies automobiles et sur des exercices de style parfois extrêmes et insolites. Aussi, chaque édition apporte une vision futuriste de l’industrie automobile qui permet de réfléchir à son évolution possible, voire même probable. L’éventail des motorisations, hybrides et électriques, ne fait que confirmer une tendance observée de salon en salon depuis 2008, alors que le marché, même au Japon n’est pas spontanément acquis à ces solutions. La pile à combustible est toujours présente chez Honda. Et, les voitures deviennent des écrans, intérieurs et extérieurs, pour communiquer entre conducteurs ou servir de support publicitaire comme chez Toyota avec l’interactive Fun V-ii ( ii pour « internet interactive »). Toyota-Fun-Vii Dans ce pays meurtri il n’y a que quelques mois par un triple drame – tremblement de terre, tsunami et accident nucléaire – la foi en l’avenir est intacte. Le Tokyo Motor Show 2011, qui se tient du 2 au 11 décembre, consacre, à l’instar des salons concurrents, un espace dédié aux systèmes de mobilité du futur, Smart Mobility City 2011, vision où l’automobile s’intègre dans un système cohérent de transport connectés en réseaux par des flux d’informations. La convergence des points de vue à travers la planète, consacrée notamment lors de Shanghai Expo 2010 « Better city, better life », confère à ce modèle de plus en plus de légitimité et de robustesse. Les constructeurs s’y rallient progressivement même s’ils considèrent que les évolutions seront lentes et que les solutions alternatives au moteur thermique classique, optimisé, resteront longtemps encore minoritaires. Tous les véhicules essence classiques font l’objet d’un travail aérodynamique et de recherches sur les moteurs pour alléger considérablement la consommation. C’est la cas de la Mazda 6Néanmoins tous proposent des solutions qui allient à la fois un groupe motopropulseur électrique, des capacités de connexion très enrichies et une taille compatible avec la circulation urbaine congestionnée. C’est le cas de la Nissan Pico 3 concept, de la Honda Micro Commuter Concept qui s’apparentent à la Renault Twizzy. Les constructeurs tentent également de séduire sur des schémas classiques de voiture plaisir en proposant un grand nombre de concepts de petits véhicules sportifs électriques, tels le coupé Honda EV-STER, à l’issue commerciale incertaine… Car_photo_476614_25 Tms2011_nissan_pivo_3-2_960 Le Japon a inventé la motorisation hybride et reste le pays où cette technologie rencontre le plus de succès. Il est naturel que tous les constructeurs, suivant les pas du pionnier Toyota, dévelopent leur expertise en matière de blocs moteurs hybrides essence. Toyota avait vendu début 2011 plus de trois millions de véhicules hybrides dans le monde, dont un million aux Etats-Unis et un million au Japon. Conformément à son plan de marche, Toyota a présenté une version de sa technologie phare initiée il a maintenant 14 ans sur Prius, HSD Hybrid Synergy Drive, adaptée au segment C. Cette petite Prius, appelée Aqua, est une voiture plus courte et plus sportive que sa grande sœur Prius et destinée à une clientèle jeune. Elle émet 76 g de CO2 par km avec sa motorisation combinée de 100 ch. Les ingénieurs de Toyota ont adapté le bloc de la Prius pour l’alléger et le rendre compatible avec les contraintes d’un chassis plus petit comme celui de l’Aqua ou de la Yaris. La Prius hybride est commercialisée dès janvier 2012 en version définitive avec désormais 23 km d’autonomie et donc une émission de CO2 ramenée à 49 g/km. La IQ électrique semble désormais prête pour une commercialisation prochaine. Car_photo_477937_7 Honda compte sur ce segment sur son avance avec la Jazz hybride (au Japon Fit) déjà lancée sur le marché. Néanmoins le marché japonais ne réussit pas très bien aux modèles hybrides de Honda. Le coupé CR-Z et l’Insight y subissent en 2011 de graves revers : -73% pour le coupé sorti en 2010 et 1500 ventes par mois, contre 8000 en 2010, pour la berline, alors que la Prius se vend dix fois plus. Honde fidèle à son engagement envers l’hydrogène présente une nouvelle berline FCV-R (Fuel Cell Vehicle – Reality & Revolution) annoncée pour… 2015. Le salon de Tokyo démontre une fois encore qu’entre le rêve des designers et la réalité de la rue il a un pas immense à franchir. Dans le contexte déprimé des économies occidentales, l’automobile n’est pas dans la situation d’effondrement de 2009, mais l’enthousiasme n’est pas là et le réalisme des acheteurs confrontés à des budgets restreints les cantonne à des choix éprouvés et prudents. NB : les photos n'ont pas été prises sur place, hélas, mais empruntées notamment au très fiable site "blog auto". Rédigé à 14:05 dans Actualité, Consommateurs, Economie mondiale, Industrie automobile, Science | Lien permanent | Commentaires (0) 29 novembre 2011 La technologie broie ses leaders... Blackberry en péril Article publié avec Stéphane Dubreuil, directeur télécomms et media de Sia conseil, par Les Echos le cercle le 28 novembre 2011 28/11/2011 | Stephane Dubreuil et Jean-Pierre Corniou | Mobilité | Lu 1254 fois | 2 commentaires Blackberry en péril, ou la fin d’une star... Le monde des technologies de l’information est un monde cruel. Plus exactement, il subit les mêmes affres que le monde des affaires en général mais à un rythme effréné. Les succès y sont plus rapides, mais plus fragiles que dans les autres secteurs. ÉCRIT PAR Stephane Dubreuil Stephane Dubreuil Jean-Pierre Corniou Les exemples abondent. Après les difficultés de Motorola et Nokia, la dernière tragédie en date pourrait être la disparition de RIM, la firme canadienne créatrice du Blackberry. Après s’être hissé au 4e niveau mondial de la téléphonie mobile au premier trimestre 2010, RIM est en effet entré dans une spirale, souvent mortifère, de pertes de part de marché, d’effondrement des marges, de réduction d’emploi, d’hésitations techniques, avec le choix d’un nouveau système d’exploitation, QNX, d’échecs commerciaux avec sa tablette PlayBook qui n’a pas convaincu le marché, et enfin de pannes de réseau à répétition… La conséquence est la chute du titre passé en quelques mois de 70$ à 20$. Pourquoi cette descente aux enfers et jusqu’où ? Est-on en train de voir se répéter la triste aventure de Palm ? Avec le lancement en 2001 de son produit phare, le Blackberry avec téléphone cellulaire, la firme de Waterloo, Research in Motion, fondée en 1984, sortait de l’anonymat. Société technologique elle avait trouvé le moyen de porter le modèle du pager très prisé en Amérique du Nord dans le monde de la téléphonie mobile professionnelle. En permettant de recevoir en continu leurs courriers électroniques, de façon fiable et sécurisée grâce à un protocole et un réseau propriétaires, elle offrait aux cadres dirigeants un outil unique leur permettant, pour la première fois, d’accéder de façon efficace à l’ère de l’information en mobilité. Le succès fut immédiat dans les comités exécutifs du monde entier et le Blackberry devint rapidement le symbole de l’efficacité managériale. Son impact fut tel sur l’organisation du travail qu’il fut rapidement la bête noire des syndicats allant jusqu’à réclamer des primes aux utilisateurs pour travail dominical et nocturne dans certains pays. Néanmoins, ce succès ne tenait qu’à une fonctionnalité majeure certes parfaitement maîtrisée- le courrier électronique sécurisé facile à recevoir et à émettre grâce à un clavier commode- . L’apparition de l’iPhone d’Apple en 2007 allait brutalement changer la donne pour RIM car l’iPhone apportait de nombreuses fonctionnalités grâce à une nouvelle interface tactile, à la multiplicité des applications disponibles, un large écran et surtout un accès facile et lisible à l’univers du web. Le développement d’Android, grâce à Samsung et HTC étend encore la palette de choix. Le Blackberry n’est plus intouchable, il se banalise, devient même un téléphone pour adolescents au gré des diversifications… La magie est rompue. En cette fin 2011, RIM est passé de 19 % du marché des smartphones à 12%. Plus grave, on estime que la moitié des utilisateurs de Blackberry sont prêts à changer pour un iPhone. Le monde professionnel pré-carré de RIM à l’origine, est en train d’être attaqué de toute part. Pis, l’émergence prochaine d’Appstore à destination des entreprises permettant de manière simple de faire des applications verticales pour les salariés pourrait sonner le glas d’une star mondiale qui n’a pas vu venir la « consummérisation » des produits Entreprise. Aujourd’hui, RIM est en panne d’inspiration. Son équation gagnante – le courrier électronique – ne convainc plus assez pour faire oublier les faiblesses des autres performances. Le clavier n’est plus un argument majeur de vente car la logique tactile s’est finalement imposée par sa simplicité (et son prix de revient !), en dehors de quelques irréductibles. RIM qui avait révolutionné le monde de l’Entreprise n’a pas anticipé les mutations de son marché. Ainsi, elle ne n’anticipera pas le passage d’une logique hardware au software avec l’émergence des Appstore, véritables boutiques de contenu, devenues le nerf de la guerre dans le mobile avec sa horde de développeurs et son écosystème de partage des revenus. Il faut donc faire sa place dans une offre pléthorique après avoir été leader. Cette position est inconfortable et généralement sans grand espoir. Vendre ? Mais à qui ? L’opération Microsoft/Nokia à grand risque n’a pas encore convaincu. Le rachat de Palm par HP est un naufrage, HP ayant abandonné webOS sans même combattre. Le rachat de Motorola par Google pose de nombreuses questions. On voit mal quel acteur pourrait racheter aujourd’hui RIM : un opérateur, qui serait vite sanctionné par ses autres fournisseurs, un acteur chinois, la Chine cherchant plutôt à imposer ses propres standards ? Cette aventure, qui n’est certes pas finie, démontre à quel point la concurrence mondiale sur le marché gigantesque de la téléphonie et du haut débit mobile laisse peu de place à la dilution et au relâchement. Les nouveaux leaders du mobile maitrisent, tous sans exception, le triptyque : Terminal, Système, Applications ce qui explique les derniers rapprochements entre géants de l’industrie. La promesse de valeur de Blackberry s’est terriblement appauvrie en quelques années en maitrisant mal le tactile, avec un OS dépassé et une nouvelle version retardée depuis de nombreux mois et un Appstore faible face à la concurrence. La belle s’est endormie… Blackberry est à la croisée des chemins et le sursaut doit être rapide face à la déferlante d’Apple, Google et consorts pour maintenir son leadership. Plusieurs pistes s’ouvrent à elle pour sortir de cette spirale infernale : investir dans l’innovation et reprendre la main, se recentrer sur le monde l’Entreprise et abandonner une coûteuse diversification dans le grand public, développer un écosystème d’applications dédiées aux entreprises et aux salariés avec des partenaires verticaux (de type SAP, Oracle, IBM,…), faire une alliance avec un partenaire de poids dans le monde… Toutes les options sont ouvertes mais RIM n’est pas dans les meilleures dispositions pour négocier et ne peut se fourvoyer à nouveau au risque que la présentation des résultats du 15 décembre aux actionnaires ne se transforme en un plan d’urgence et ne se réitère à nouveau le syndrome Palm. Stephane Dubreuil et Jean-Pierre Corniou Pour information complémentaire, article publié le 2 décembre par L'informaticien RIM dans la tourmente passe une provision de 485 millions de dollars par Charlie Braume, le 02 décembre 2011 16:20 Le constructeur canadien des BlackBerry et Playbook a du mal à se remettre de la panne d'octobre et de la mévente de sa tablette PlayBook. RIM dans la tourmente. On était déjà un peu au courant après la panne réseau géante du début octobre. Les difficultés techniques se traduisent maintenant par un avertissement sur les résultats financiers du 3ème trimestre. Chiffre d'affaires comme bénéfices qui devraient être annoncés officiellement le 15 décembre seront inférieurs aux niveaux attendus. Le CA n'atteindra pas la fourchette des 5,3 à 5,6 milliards de dollars prévus initialement. Outre la panne réseau et les largesses que RIM avait dû consentir à ses clients en leur offrant des applications gratuites, le contructeur canadien doit faire face à la mévente de sa tablette Playbook (seulement 700000 ventes d'avril à octobre, environ 300000 sur le seul 3ème trimestre) et croule sous les stocks, ce qui l'oblige à d'importantes promotions et à provisionner une énorme charge de dépréciation (485 millions de dollars US). RIM "dédié" au PlayBook Mais RIM garde espoir et se recentre sur les tablettes, l'OS qui équipe le Playbook étant la base de son nouveau système BBX (lire à ce sujet l'article dans L'Informaticien n°97). « Research in Motion est dédié au PlayBook et croit que le marché des tablettes en est encore à ses début, déclare Mike Lazaridis. Malgré un bon nombre de facteurs qui ont mené à la révision à la baisse de la valeur des stocks au troisième trimestre, nous croyons que le PlayBook est une tablette attrayante pour les consommateurs qui a aussi des attraits de sécurité et de gestion pour les entreprises.» Le quatrième trimestre devrait également être inférieur aux attentes en chiffre d'affaires comme en rentabilité. Rédigé à 00:06 dans Consommateurs, Economie mondiale, Industrie et acteurs, Innovation, Sécurité de l'Internet | Lien permanent | Commentaires (1) 18 novembre 2011 Réindustrialiser la France Le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France vient de publier son livre blanc qui apporte une contribution significative à la réflexion sur la relance du développement de la science et de l'innovation en France. Si, hélas, il ne s'agit pas du premier rapport sur ce thème, il présente une vision synthétique qui constitue une stimulante plate-forme de débat et surtout d'action. Il est vain de penser qu'il sera possible de redresser rapidement les comptes, le déficit abyssal de notre commerce extérieur, moins commenté que la dette publique, démontrant la gravité de la dégradation de notre performance économique à l'extérieur. Néanmoins, nous sommes dans une époque où la réactivité des systèmes autorise de nouvelles audaces et une capacité rapide à trouver place sur les marchés. Il faut donc non seulement s'inscrire dans le temps long de la science, mais aussi dans le temps court de l'innovation. http://www.cnisf.org/upload/pdf/cp_sortie_livre_blanc_2011.pdf Rédigé à 10:37 dans Compétences, Consommateurs, Economie mondiale, Industrie et acteurs, Innovation, Politique, Politique de la société de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) 15 novembre 2011 Paradoxes 1 : l'économie a besoin d'un Etat fort Les périodes troublées sont anxiogènes. Mais elles obligent à reconsidérer, au-delà de la volatilité du quotidien, ce qui fait vraiment problème et identifier de nouvelles pistes de solutions. Bombardés depuis des mois par une actualité intense, et sombre, il apparait urgent et indispensable de reconstruire des repères pour dégager de ce vaste sentiment d’échec et de gâchis des motifs de confiance. Car c’est la confiance qui est au cœur de la civilisation. Penser que tout problème peut trouver une solution entre gens compétents et bien intentionnés rassure. A l’inverse, voir s’effondrer les uns après les autres les convictions, les institutions, les réputations, les dirigeants, dans un jeu de massacre sans fin, accroît le malaise et l’anxiété. Nous avons tout à tour encensé l'Etat centralisateur, puis la décentralisation, l'économie sociale de marché, plus la déréglementation, l'espace économique régional - "le marché commun"-, puis l'ouverture totale à la concurrence libre et non faussée, l'euro comme vecteur de discipline économique et politique, puis admis que le projet avait été mal conduit... Toutes ces convictions assénées avec une vigueur assassine tuant le débat conduisent aujourd'hui à un grand vide idéologique. IL n'y a pas de plan B conceptuel. Je me jette dans le débat avec cette série des "Paradoxes" qui sont un moyen d'illustrer le caractère vain de toute pensée schématique et arrogante dans un monde complexe où l'analyse systémique, seule, peut nous aider à sortir de l'ornière de la pensée unique. Tentative ambitieuse, sans aucun doute... Au lecteur de contribuer à corriger et enrichir les éléments de débat que je livre en patûre. Qu'il en soit remercié ! La décomposition de l’Etat est un signal inquiétant qui ne peut être une bonne nouvelle que pour les anarchistes. Anarchie veut dire au sens strict du terme « pas de pouvoir », donc pas de règles, pas d’autorité pour les faire respecter. C’est le renard libre dans le poulailler libre. Curieusement, les anarchistes du XXIe siècle se recrutent aussi bien dans les rangs du Tea Party que dans les banlieues pauvres de Londres ou Paris, parmi les adeptes du crime organisé ou les mafias russes et chinoises, et même à moindre échelle dans la perversion morale parmi les thuriféraires de la fraude fiscale… Rejeter l’Etat, ses contraintes, ses lois est devenu un sport chic où se sont retrouvés, au moins jusqu’à l’automne 2008 cols blancs bien pensants et truands accomplis. La déflagration qu’a représentée la crise des subprimes, escroquerie banale transformée en ingénierie financière de pointe a jeté un discrédit sur ces pratiques marginales douteuses mais que la faiblesse des contrôles avait rendu délicieusement abordables. L’arrivée du chevalier blanc étatique pour sauver le système économique que ces pyromanes avaient fait exploser n’a pas suffi, au delà des déclarations pieuses sur la réforme du capitalisme, à restaurer le crédit moral de l’Etat au moment où son crédit financier était tombé au plus bas. De fait plus personne n’a plus confiance en rien, ni dans le marché suspect, ni dans l’Etat impuissant, ni dans la classe politique prise comme le lapin affolé dans les phares en flagrant délit d’incompétence « systémique »… Nous sommes entrés dans une logique d’individualisation extrême dès lors qu’il s’agit de plaisir immédiat, et d’une demande de services infinie de la part de la collectivité dès lors qu’il s’agit d’être protégé dans ses biens et sa personne contre les risques. On s’offusque du caractère agressif des photographies montrant un poumon de fumeur sur les paquets de cigarettes mais on trouve normal de dépenser des milliards pour les soins générés par le cancer du tabac. Les modèles habituels – keynésianisme contre libéralisme – sont en panne pour expliquer le dérèglement des instruments classiques l’intervention publique. Il faut constater que dans un monde numérique, global et sans frontière, les armes du taux de change, de la fiscalité douanière et du budget sont singulièrement émoussées. La scène internationale offre un spectacle inédit. Un pays comme la Belgique se passe totalement de gouvernement, celui en place expédiant les affaires courantes, alors que le Japon a épuisé six premiers ministres en cinq ans et s’offre une dette publique de 228% du PIB… Les Etats-Unis se révèlent incapables de gérer la cohabitation entre un président démocrate dont l’élan réformateur a été cassé et un parti républicain dévoré par la gangrène du nihilisme libertarien. La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande sont au bord de l’asphyxie financière et leurs peuples se révoltent. Le peuple islandais refuse tout simplement de payer les dettes de ses ex-gouvernants alchimistes de la finance. Les « indignés » se recrutent désormais dans le monde entier, même devant Wall Street. Les exemples se multiplient et si la révolution arabe a été perçue comme une réaction saine contre des années d’oppression de dirigeants affairistes, il n’est pas acquis que leur reconstruction démocratique soit un long fleuve tranquille… La crise financière, la crise économique, la crise des pouvoirs alimentent une onde puissante de désespérance et de doute sur notre avenir collectif, ce qui ouvre la voie aux plus manœuvriers pour tirer parti de cette situation de déliquescence générale. La démocratie s’accommode mal de ces grandes périodes d’absence de repères et de dilution de la confiance. C’est un système qui paraît trop complexe et trop fragile pour régler des problèmes inattendus et multi-facettes et qui ouvre la voie à toutes les tentations de déni de démocratie au nom de la vitesse et de l’efficacité. Alors, laisser la place aux talibans, aux totalitarismes et aux mafias dans un monde parcouru par des bandes errantes, comme dans les pires récits de science-fiction n’est pas vraiment un choix confortable… Pour faire cesser ce dérapage incontrôlé, il faut se retourner vers les valeurs sûres. Or l’Etat, même, au sens propre, démonétisé, demeure un bon candidat. Les banquiers l’ont compris, mais les peuples, échaudés, doutent de son efficacité. Aussi faut-il qu’il retrouve une légitimité. Il n’est pas inutile d’essayer de comprendre comment nous en sommes arrivés là, notamment en France. L’Etat républicain, héritier de l’ancien régime, ne s’y est jamais vraiment départi de son rôle tutélaire sur la plupart des aspects de la vie économique et sociale. Bien entendu, cette ébauche de réflexion, dans le cadre de ce support, ne peut rester que limitée. Il faut lire et relire les bons livres sur le sujet. Ils abondent*. La naissance de l’Etat moderne Si l’organisation du désordre au profit d’un chef puissant, le système autocratique fondé sur la violence « privée », est une vielle création du génie humain, l’Etat moderne n’est pas une création ancienne. Il est le produit de l’entreprise humaine de civilisation qui s’inscrit dans un mouvement lent de maturation qui a forgé en Europe à partir du XIVe siècle sa structuration intellectuelle. L’Etat moderne s’est fondé autour de deux conquêtes majeures : le monopole de l’usage de la force légitime et le monopole de la collecte de l’impôt. Ces deux fonctions régaliennes - la gestion de l’ordre intérieur et la protection de la souveraineté nationale, le financement par l’impôt de ces dépenses- constituent le socle dur des responsabilités historiques de l’Etat. L’absence de limites naturelles à l’action publique Au fil du temps, l’Etat s’est vu attribuer de nouvelles responsabilités croissantes, qui ont trouvé dans le « welfare state » de l’après Seconde guerre mondiale une nouvelle légitimité. A la notion classique de sécurité publique s’est adjoint le concept de « sécurité sociale », englobant une série de missions de protection tout au long de la vie contre les risques, vieillissement, santé, chômage, dépendance. Cette assurance collective contre les pertes de revenus dues aux risques de la vie a substitué un mécanisme de mutualisation obligatoire à l’assurance individuelle facultative. La liste des risques s’est constamment alourdie, la multiplication des textes et des organes chargés de les faire respecter a érigé un système complexe et coûteux impliquant une augmentation des effectifs publics et donc des coûts. Il a fallu pour financer cet ensemble de mesures d’actions augmenter les impôts, et quand cela ne suffisait pas parier sur l’avenir et une hypothétique croissance future en endettant la collectivité. Ce mécanisme a acquis sa légitimité dans le suffrage universel, qui faute d’explication pertinente de la part des dirigeants, a cautionné le fait récurrent que le « bien être présent » soit financé par un prélèvement croissant sur le revenu des ménages et des entreprises et anticipe, par la dette, sur leurs revenus futurs. Ce choix s’appuie sur l’abandon par les citoyens de leur capacité à décider par eux-mêmes des modalités techniques et financières de la satisfaction d’une grande partie de leurs besoins. Au fond, l’Etat, et les collectivités locales à qui il a concédé une partie de ses responsabilités par le mécanisme dit de « décentralisation » agit comme opérateur des citoyens par délégation tacite pour faire à leur place ce qu’ils ne seraient pas capables de faire eux-mêmes, soit par « inconscience », préférence pour le présent, ou incapacité financière. Une grande partie des dépenses dites publiques au profit des personnes pourrait en effet faire l’objet d’un financement non obligatoire par les intéressés eux-mêmes dans un cadre volontaire et mutualisé. Or il a été « admis », dans la pacte social, que le système public était supérieur car fondé sur la solidarité obligatoire. On voit mal pourquoi des entreprises, des citoyens seraient à ce point dénué du sens de l’intérêt général pour ne pas participer librement au financement d’actions collectives. Ce qui était compréhensible dans un monde dépourvu d’informations et peu éduqué devient tout à fait contestable au XXIe siècle. En effet il n’existe pas de lien ni légal ni légitime entre le montant de l’impôt payé par les entreprises et les ménages et le niveau de service qu’ils peuvent en retirer au nom de la solidarité nationale qui mutualise les recettes. Ce mécanisme fondamental qui s’exprime dans la progressivité d’une (faible) partie de l’impôt est le ciment du pacte social qui relie les citoyens. Lorsque la charge de la dette devient un des premiers postes budgétaires, et représente 55% de la masse salariale de l’Etat, le lien entre cotisation et service devient impalpable… et explosif. La légitimité du prélèvement obligatoire – impôt, cotisations sociale, amende- est toujours sujette à débat, d’autant plus que la complexification du système en rend les finalités illisibles. Or l’Etat apparaît trop éloigné pour résoudre les petits problèmes et trop petit pour résoudre les grands problèmes. Ceux-ci se multiplient : réchauffement climatique, gestion des ressources rares, protection contre les radiations, gestion des mouvements de population transfrontaliers, épidémie, régulation du commerce international, lutte contre la corruption et la criminalité organisée… Dans un monde désormais ouvert, les risques systémiques se multiplient et rendent nécessaire la mise en place de structures inter-étatiques ou supra-nationales pour les gérer. La démonstration de cette indispensable coopération internationale à pas variable en est faite tous les jours, aussi bien à travers la crise de l’euro que du soutien aux révolutions arabes. Mais des dossiers complexes comme celui du réchauffement climatique patinent. L’Etat est confronté comme toute organisation qui dépend pour sa pérennité d’un financement externe à des choix cruciaux sur l’étendue de ses missions et sur le rapport entre les résultats atteints et les ressources engagées. Ce débat est le pivot central du système démocratique. Que faire ? A quel coût ? Pour qui ? L’Etat virtuel Si ces questions ne sont pas nouvelles, la révolution numérique remet en cause directement le mode d’organisation de l’Etat sur le territoire. Il faut analyser de façon fine les missions qui impliquent, pour être remplies, une présence physique et celles qui peuvent être menées à bien sans contact direct à travers des systèmes numériques. Concrètement, l’interrogation des élus, des responsables publics et des citoyens doit se développer sur deux plans distincts : - Quelles missions doit conduire l’Etat dans le contexte général du système socio-technique de ce début de XXIe siècle ? C’est le volet stratégique « faire les bonnes choses ». - Comment accomplir ces missions de façon efficiente et transparente ? C’est le volet opérationnel « bien faire les choses ». Si les missions de l’Etat se sont considérablement alourdies en Europe depuis le milieu du XXe siècle, les outils pour les accomplir ont peu évolué. La mécanique même de l’action publique s’incarne dans une administration qui met en œuvre des textes législatifs, agrégés au fil du temps sans cohérence ni logique opératoire, au risque de double emplois, de complexité inutile, de contradictions voire même d’impossibilités techniques. Il y a, par paresse et par routine, assimilation trop fréquente entre service public et administration publique, entre diminution du nombre de fonctionnaires et libéralisme, et, inversement entre accroissement du nombre de fonctionnaires et service du public. Le choc des points de vue s’inspire mécaniquement d’idéologies sommaires qui ne sont pas analysées de façon rigoureuse par la recherche indépendante. Ce débat historique ne résiste pas à l’évolution technologique. L’Etat doit accomplir sa mutation fondamentale en renonçant à être une industrie de main-d’oeuvre pour devenir, à l’instar de ce que doivent également réussir les entreprises, une industrie de cerveaux d’œuvre. Tous les secteurs doivent reconsidérer leur organisation au regard des objectifs visés à partir d’une mesure objective de la performance, sans tabou. Dès lors qu’une mission est jugée nécessaire, elle doit faire l’objet d’un programme clair de définition des moyens techniques pour la remplir et d’évaluation des performances opérationnelles. La RGPP – révision générale des politiques publiques – et la LOLF – loi d’orientation des lois de finances- ont commencé à mettent de l’ordre dans le fonctionnement de l’Etat en soumettant la mise en œuvre des moyens à la définition d’objectifs clairs, ce qui est à la fois urgent et banal. Cet effort déjà mené à bien dans de nombreux pays comme le Canada ne doit pas se limiter à une rationalisation apparente. Il doit conduire à une révision globale et sérieuse des missions et de la manière de les réaliser accompagnée par la mise en place de plans de changement s’inscrivant sur le long terme. Ceci implique des choix dans le portefeuille des missions publiques, certaines n’étant plus impératives dans le monde actuel. Faut-il encore au XXIe siècle une radio et une télévision publiques ? Pourquoi faire ? Un ministère en charge des anciens combattants ? La liste est infinie et la questionner ne doit pas être tabou. Ce qui était vrai dans la contexte socio-technique de 1945 date du programme du Conseil National de la Résistance, qui demeure une référence sacrée de l’action publique, ne l’est plus automatiquement au XXIe siècle. Le statut des personnels ni leur mérite ne sont pas en cause, mais au moment où l’allocation des dépenses publiques se heurte à la limite technique du niveau des prélèvements obligatoires, il ne faut pas faire preuve d’inconstance. On objectera à cette recherche de rationalité son caractère comptable, caractéristique apparemment méprisable, sa dimension technocratique, également source de vindicte, ou élitiste. Remettre en cause l’identification « naturelle » entre service public et statut public des personnels est évidemment un sujet de friction permanente au nom de l’indépendance que confère ce statut. Mais la défense souvent virulente d’intérêts catégoriels suffit à dissoudre dans l’opinion le dogme que le statut public suffit à garantir l’intérêt général. Il s’agit simplement d’appliquer à la vie publique ce que chaque citoyen s’applique à lui-même : faire des choix sous contrainte. Ce n’est certes pas agréable, mais c’est indispensable. Reprenons le vieil adage : gouverner c’est choisir, et choisir, c’est renoncer. Faute de choisir, on s’endette au risque de perdre toute manœuvrabilité, et ultimement, de s’enfoncer dans la pauvreté et la perte d’indépendance. Prenons un exemple simple pour illustrer cette thèse. En Suède, les parents ont le choix entre plusieurs réseaux scolaires, publics ou privés, en fonction du projet éducatif proposé par ces réseaux. Le gouvernement finance de façon parfaitement neutre les choix individuels des parents. Cette logique met en concurrence les établissements scolaires sur leur projet, et non pas sur leur statut administratif ou idéologique. L’Etat est neutre par rapport au choix des parents, mais définit des critères techniques précis de validation de l’offre pédagogique. L’Etat exerce ses prérogatives sur sa vision de l’éducation et donc sur ce qu’il attend de la compétence de la société. C’est une mission forte. On peut très bien imaginer que l’Etat lance des appels d’offres pour développer des programmes culturels sur les chaînes de télévision et sur internet sans privilégier ni un support, ni un outil particulier, et sans en être propriétaire. Réinventer le contrôle Un Etat fort implique un contrôle efficace. La transparence publique n’est pas une concession des dirigeants au peuple qu’ils représentent, mais une ardente obligation. Rien ne doit être passé sous silence dans l’affectation des ressources et la qualité des emplois. Ceci passe naturellement pas la mise à disposition de toutes les données publiques (open data), mais aussi par la mise en capacité des citoyens de participer effectivement aux décisions sans déléguer à leurs représentants. L'initiative conjointe des Echos et de l'Institut Montaigne de chiffrer de façon scientifique les propositions des candidats aux élections présidentielles est à cet égard très positive. En déblayant le prolème sempiternel de la véracité des chiffres, il sera possible de se consacrer à l'essentiel, l'adapttation des solutions aux problèmes. La démocratie représentative est une construction qui date du transport hippomobile. Techniquement parlant, sauf à Appenzell, on a considéré qu’il fallait déléguer à des représentants permanents le soin de prendre des décisions publiques. Mais la syndic de copropriété s’est vite transformé en propriétaire de l’immeuble, laissant aux seuls et authentiques propriétaires, les citoyens, le statut de locataires précaires de la démocratie. Si le XXe siècle a connu une inflation des missions de l’Etat et des moyens en personnel qui y ont été consacrés, le XXIe devrait grâce à la technologie permettre une meilleure sélectivité des missions et un plus grand contrôle de leur exécution à travers les outils les mieux appropriés. La pénétration du monde politique par les outils et de la philosophie de l'internet est une grande promesse mais aussi un grand chantier du XXIe siècle. Il est grand temps de l'engager avec force pour jetter les bases d'un nouveau système démocratique. Rédigé à 11:21 dans Actualité, Economie mondiale, Innovation, Politique, Politique de la société de l'information | Lien permanent | Commentaires (3) 19 septembre 2011 Salon de Francfort 2011, ambition, démesure et incertitudes... Les salons restent un haut lieu d’observation du marché mondial de l’automobile. Le Salon de Francfort, qui se tient en alternance avec celui de Paris tous les deux ans, est traditionnellement une démonstration de puissance de l’industrie automobile allemande. Celui de 2011, en dépit de la persistance de l’incertitude économique, n’échappe pas à la règle. 900 exposants, 1,2 million de visiteurs attendus, plus de 80 nouveautés dont la moitié issue de l’industrie allemande, des stands gigantesques dont ceux d’Audi et de BMW qui cette année contiennent une piste d’essai, autant de données qui démontrent que l’industrie allemande entend fermement manifester sa volonté d‘exercer le leadership mondial sur une industrie mondiale en recomposition. Une industrie puissante au plan mondial Les réactions du marché donnent à cette ambition une réelle légitimité. Les concurrents des constructeurs allemands ne sont pas en grande forme. L’industrie américaine poursuit sa convalescence, mais son marché national reste atone. Les constructeurs français souffrent de manque d’empreinte internationale même si PSA développe sa pénétration du marché chinois et s’implante en Inde alors que la marque Renault, absente des Etats-Unis et de Chine, tarde à bénéficier de la réelle internationalisation de son partenaire Nissan. Les constructeurs japonais ont souffert en 2011 du tsunami qui a désorganisé la production, bouleversé la logistique des sous-traitants et déprimé le marché japonais. Même l’industrie automobile chinoise connaît quelques ratés par excès d’ambition et manque de maturité. Ses champions ne tiennent pas les performances annoncées, ni les volumes… Que ce soit Geely ou BYD, les promesses tardent à se concrétiser. Dans ce contexte les trois constructeurs allemands premium n’ont guère de complexes à afficher une splendide performance. Un temps fragilsée par le manque de véhicules peu gourmands, l’industrie a démontré sa capacité d’adaptation en développant, à côté de ses traditionnels modèles de luxe, synthèse de puissance et de technologie, des modèles plus frugaux sans perdre leur attractivité sportive. En 2010, la construction automobile a représenté 16,6% des exportations allemandes et dégagé un excédent commercial de 90 milliards € alors que la France enregistrait un déficit de 3,4 milliard. Rappelons que l'excédent automobile était encore de 8,2 milliards en 2005! L'industrie allemande est une référence mondiale en matière d'innovation et de qualité et réussit parfaitement bien sur le premier marché mondial, la Chine. Capteur de tendance, un salon comme celui de Francfort illustre bien la difficulté pour les constructeurs à satisfaire une demande mondiale très contrastée et à engager une transformation de leur offre. Entre les citadins excédés par les embouteillages et la pollution, qu’ils habitent dans les grandes villes occidentales ou dans les métropoles des pays émergents, les classes moyennes de ces mêmes pays qui attendent de l’automobile validation statutaire des leur nouvelle position sociale, les consommateurs mondiaux soucieux du coût de possession de leur véhicule et tenté par le low cost, les conducteurs inquiets de leur contribution au réchauffement climatique, et les amoureux de belles mécaniques performantes, les gammes proposées font un grand écart que le marketing a de la peine à englober dans une vision cohérente. Ce grand écart est un défi pour les constructeurs qui ont appris à produire en grande série et peinent à imaginer avec le poids de leurs installations industrielles des ruptures réelles dans la conception des véhicules. Plus encore, avant tout marqués par leur expérience industrielle et la contrainte des volumes, ils n’ont pas réussi à offrir de façon convaincante des services qui permettraient un usage plus rationnel du véhicule individuel, ce qui implique une forme de mutualisation de l’usage qui a un impact négatif sur les volumes de production et bouleverse le modèle de commercialisation. Dans ce réseau de contraintes, l'industrie qui alimente un éco-système complexe ne peut qu'évoluer lentement. Aussi, si les signaux de changement abondent depuis 2008, la réalité des marcéhs est toute autre. Rappelons que sur les 2,3 millions de voitures vendues en France en 2010 seuls 10000 étaient des véhcules à motorisation alternative... Le salon de Francfort, même s'il offre un vaste espace aux véhocules électriques attire et séduit par la déclisons des valeurs traditionnelles de l'industrie : motorisations puissantes, gabarits imposants, technologie surabondante, carrosseries classiques tricorps... et consommations toujours élévées même si des efforts réels font aujourd'hui effet. Improbable modération Il est paradoxal qu’au moment où tous les pays du monde prennent des mesures strictes sur la sécurité routière et donc concrètement ramènent les vitesses maximales en dessous de 130 km/h les constructeurs allemands leaders produisent des véhicules conçus pour rouler à 250 km/h. Ce surdimensionnement technique dont chacun reconnaît qu’il n’a plus de sens ni en terme d’usage légal ni en terme de progrès utile empêche une réflexion sérieuse sur les changements d’architecture des véhicules. Cette démesure constitue une immense source de gaspillage de R&D au détriment de la transformation de l’offre pour s’adapter aux réalités mondiales du transport. Or si l’industrie aéronautique, qui n’opère que dans un cadre professionnel très réglementé, a sagement renoncé au supersonique, l’industrie automobile met un point d’honneur à produire pour M. Tout le monde des véhicules dont ils n’auront jamais l’usage. Il est évident que l’industrie allemande qui jouit d’une supériorité réelle sur ce créneau ne prendra pas d’initiative pour illustrer un changement inéluctable de paradigme. Chaque marque premium exhibe ses muscles. Ainsi Audi a montré sa nouvelle S8 dotée d’un nouveau V8 de 4,0 litres Twin-Turbo produisant 512 chevaux pour accomplir le 0-100 km/h en 4,2 secondes et être en mesure de dépasser 300 km/h. Aussi les véhicules classiques rivalisent de puissance et d’équipements sophistiqués. Les berlines allemandes abondent dans la surenchère technologique : système de détection de pré-collision, régulateur de vitesse adaptatif, caméra infrarouge anti-somnolence, système de vision nocturne, systèmes d'éclairage intelligent, détecteur d’angle mort, détecteur de changement de ligne, qui sont autant d'objets qui préparent une marche vers l'automatisation de la conduite, pas que propose de franchir Audi avec son concept A2. Toutefois la pression de la réglementation européenne les pousse à réagir, la réduction de consommation étant aujourd’hui au programme de tous les constructeurs avec une diversité d’approches. : réduction de cylindrée, généralisation des moteurs essence ou diesel turbocompressés, hybridation plus ou moins poussée, électrification, mais désormais dotée d'un prolongateur d'autoonomie qui semble être le fait marquant de ce salon. Beaucoup de promesses électriques Aussi face au scepticisme du marché face aux motorisations alternatives, les constructeurs redoublent de créativité et de persuasion... dans les stands. Les motorisations hybrides se décline largement sur toutes les gammes à Francfort, ce qui confirme l’intérêt des constructeurs et équipementiers pour cette solution pragmatique, en continuité avec la culture automobile dominante qui impose une garantie d’autonomie qui s’exprime également dans les solutions d’extension d’autonomie pour les véhicules électriques. Mais cette présence de solutions alternatives encore souvent expérimentales aux côtés de modèles aux moteurs conventionnels optimisés démontre un certain manque de conviction quant à l’urgence d’une relève effective. Toyota, de loin leader de la motorisation hybride, montre sa Prius + qui est un monospace spacieux et sa Prius plug-in, qui affiche une autonomie modeste de 10 km. L’Ampera d’Opel affiche 60 km d’autonomie en électrique et bien entendu sa solution d’extension d’autonomie. A l’instar de Toyota, Peugeot décline sa gamme hybride diesel sur la 3008 et la 508, dont la version RXH propose une chaîne de motorisation similaire à celle de la 3008 où le 2.0 l HDI de 163cv sur les roues avant travaille en série avec un moteur électrique de 37cv sur les roues arrières. La Citroën DS5 sera également livrée en 2012 en hybride. Photo-3-508-sw-business-2010-10347246dptwd_1511 Toyota embarque sur sa prestigieuse berline haut de gamme Lexus GS450h une série d’innovations qui affinent la chaîne hybride de la marque en améliorant les rendements avec une consommation de plus en faible, 6,3 l/100 et 145 g de CO2/ 100 km annoncés pour un V6 essence de 3,5 l couplé au moteur électrique totalisant 343 chevaux. Comme désormais dans chaque salon, les véhicules électriques abondent. Il y en aurait plus d’une centaine à Francfort. Néanmoins, la plupart sont encore des concepts, les dates de sortie restant hypothétiques. Renault qui a construit une gamme de quatre véhicules prévoit de l’enrichir d’un nouveau véhciule mi- Scenic, mi-Kangoo, électrique, la Frendzy, présenté sous forme de concept car. Le succès du véhicule électrique se fera s’il gagne la bataille de l’autonomie, concrète ou psychologique. Christian Estrosi, maire de Nice ambassadeur du service d’autopartage lancé dans sa ville et qui comprend désormais 90 véhicules électriques, n’hésite pas à servir de pilote d’essai pour la Peugeot Ion en ralliant Nice à Auron et retour sans recharge, soit un record de 165 km d’autonomie pour ce véhicule donné pour 130 km. BMW, Audi, VW préparent chacun leur voiture électrique avec une certaine prudence et envisagent de les doter d'un prolongateur d'autonomie, solution rassurante à l'instar de l'Opel Ampera . Le concept i3 de petite citadine électrique BMW de 170 cv préfigure un modèle de série probable pour 2013. Elle est d’une conception originale, en plastique et fibre de carbone sur une base aluminium, pouvant être équipée d’un prolongateur d’autonomie de deux cylindres essence. Daimler présente pour 2014 une Classe B électrique avec prolongateur d’autonomie de trois cylindres essence conçu avec Renault. La I8 sera une sportive animée par un trois cylindres turbo de 233 cv complété par un puissant moteur électrique de 131 cv. La Up ! de VW, une micro-citadine est aussi destinée à recevoir une traction électrique. Audi qui communique depuis quelques salons sur sa ligne de véhicules électrique e-tron, présente l’A2 concept électrique. La Smart Forvision sera une électrique pure équipée par Renault. Il faut ausis noter la multiplication de véhicules électriques légers (VEL) à deux, trois ou quatre roues qui explorent des besoins de niche mais également peuvent faire naître une demande nouvelle de "déplacement doux". Un des enjeux majeurs sera la logistique urbaine où les véhicules légers, aux côtés de véhicules plus lourds, peuvent jouer un rôle déterminant, comme l'explorent la Poste ou des transporteurs innovants comme Deret, qui s'est équipé d'une flotte de cinquante camions électriques. Curiosité sans lendemain, effet marketing ou annonce prémonitoire, Total a frappé l’imagination en proposant un concept de tricycle… électrique avec une carrosserie plastique produite à partir de betteraves. Il paraît en effet curieux pour un grand pétrolier de faire cette incursion remarquée dans le monde du véhicule électrique. Néanmoins, malgré les annonces de découvertes de nouveaux gisements, comme au Brésil, le réservoir pétrolier de la planète s’épuise chaque jour, la combustion de cette ressource dans un véhicule n'en est pas le meilleur usage, les échéances, plus ou moins lointaines étant inéluctables. Le carburant bon marché à la pompe restera un souvenir comme l’a annoncé Christian de Margerie, président de Total. Mais l'automobile si elle est un objet utilitaire et un objet de désir, reste fondamentalement une industrie mondiale puissante dont les évolutions ont des conséquences multiples sur l'économie, l'emploi, la qualité de vie. Plus que jamais, l'innovation technologique ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur les usages et la responsabilité sociale. Arton2362-ac901 Véhicule proposé par Total Rédigé à 01:05 dans Economie mondiale, Industrie automobile, Innovation, Politique, Science | Lien permanent | Commentaires (0) Plus anciennes » Quantcast