Accueil du site > Revue > Idées du monde > Les Indignés et la démocratie des mouvements sociaux Les Indignés et la démocratie des mouvements sociaux Mots-clés : démocratie | altermondialisme | indignés | Espagne Pourquoi les Indignés espagnols n’ont-ils pas de programme ? Selon le sociologue Eduardo Romanos, les analyses de ce mouvement social en termes de parti politique passent à côté de leur objet. Il viserait avant tout l’amplification des pratiques altermondialistes de démocratie délibérative. * Les Indignés et la démocratie des mouvements sociaux (PDF - 248.5 ko) Cet article se propose de situer le mouvement connu comme 15M [15 mai 2011 ou mouvement des Indignés] dans le débat sur le rôle des mouvements sociaux comme agents de démocratisation (dans le sens d’avancée et de perfectionnement de la démocratie). Notre propos est d’intégrer à la discussion ouverte dans ce dossier les résultats des recherches qui, depuis le champ des mouvements sociaux, ont analysé les pratiques de démocratie délibérative au sein du mouvement pour une justice globale apparu à la fin du XXe siècle. En nous concentrant sur ce qui s’est produit à Madrid, nous nous demanderons de quelle manière le mouvement 15M se relie à ces pratiques. le sentiment d’appartenir a une communauté d’ « indignés ») et qui sont en rapport de conflit avec ceux qui, à leur avis, sont les responsables du problème social qu’ils dénoncent dans leurs protestations [1]. occupé présente des traits nouveaux. Pour ce qui est du cas espagnol, et bien que acampadasol et les campements d’autres villes, villages et quartiers aient été levés, les indignés y reviennent de façon récurrente et y pratiquent un nouveau modèle de démocratie qu’ils essaient de perfectionner jour après jour, non sans de considérables efforts. « Prendre la place » n’est pas une occupation parmi d’autres, mais, répétons-le, un acte qui situe au centre de l’espace public l’expérimentation par le biais d’un processus participatif et délibératif de prise de décisions. En ce sens, le 15M a favorisé le transfert des pratiques délibératives depuis des enceintes plus ou moins limitées (par exemple, les campements, forums sociaux ou centres autogérés) vers les places, et c’est là que semble résider une différence importante. Eduardo Romanos, « Les Indignés et la démocratie des mouvements sociaux », La Vie des idées, 18 novembre 2011. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Les-Indignes-et-la-democratie-des.html [14] 12. Le baromètre de juin 2011 du Centro de Investigaciones Sociológicas (enquête de terrain réalisée entre le 2 et le 9 juin) révélait que parmi ceux qui avaient suivi les événements du 15M, 70,3% avaient une opinion « très favorable » ou « plutôt favorable » dudit mouvement, contre 12,7% qui avaient une opinion « très négative » ou « plutôt négative ». Les études menées par Metroscopia recueillent une perception similaire, qui décroît légèrement avec le temps : au début du mois de juin, 66,2% des personnes interrogées déclaraient avoir « plutôt de la sympathie » pour le mouvement, à la fin du même mois elles étaient 64,3% et en octobre 54% (ceux qui pensent que les motifs de protestation des indignés sont fondés étaient 81,1%, 78,6% et 73%, début juin, fin juin et octobre, respectivement) indignés