Face au silence complice des médias occidentaux

Lettre ouverte de Gideon Levy au chef d’état-major israélien

Gideon Levy est un journaliste israélien du journal Ha’aretz
vendredi 17 décembre 2004.
 

Au chef d’état-major. Pour information.

par Gideon Lévy in Ha’Aretz (quotidien israélien) du vendredi 3 décembre 2004 [traduit de hébreu par Michel Ghys]

L’armée israélienne a tué 613 enfants et adolescents palestiniens au cours de cette Intifada, une partie d’entre eux sans aucun besoin de confirmer leur mort. Trois exemples tout récents dans la casbah de Naplouse, notamment deux amis tués par la même balle.

Pourquoi gaspiller des munitions ? Il y a quelques jours, un soldat de l’armée israélienne a tiré sur deux adolescents dans la casbah de Naplouse. Juste une balle, toute seule. La balle a pénétré dans le corps d’un des garçons, est ressortie, a pénétré dans le corps du deuxième, les tuant tous les deux. Deux adolescents qui se trouvaient là, bras dessus bras dessous, dans la rue qui descend vers le marché, face au soldat qui a tiré. 15 ans. Deux oiseaux d’un seul coup.

L’assassin des enfants n’a néanmoins pas accompli de confirmation de la mort après que les deux victimes sont tombées, baignant dans leur sang, et c’est peut-être pour cela que personne chez nous ne s’est ému de ce meurtre effroyable. Mais dans deux autres maisons de la casbah de Naplouse, on a pleuré, cette semaine, la mort d’enfants. Amar Banaat était le seul fils de sa mère, né après 15 ans de stérilité ; Montasser Hadada était devenu orphelin de père il y a seulement trois mois. Dans la maison des Hadada, on se tait ; dans la maison des Banaat, on pousse des cris. Sur le mur, à côté de la photo des deux enfants, il y a aussi la photo de leur grand ami à tous les deux, Hani Kandil, qui a été tué au même endroit dans la casbah, quelques mois avant eux. Sur le mur, trois photos d’enfants tués. Pas loin de là, dans la casbah, on pleure encore un enfant tué, la poitrine ouverte d’un énorme trou. C’est la maison de Khaled Osta, mort à neuf ans. Seul le petit Mouataz Amoudi, 3 ans, a eu de la chance : la balle lui a seulement labouré la jambe alors que son père le portait dans ses bras au milieu de la nuit, fuyant après avoir reçu des soldats l’ordre d’évacuer la maison. Mouataz est seulement attaché dans sa poussette d’enfant. Naplouse pleure ses enfants. La réponse du porte-parole de l’armée israélienne dans chacun des cas mortels, il faut la lire trois fois : deux fois pour tenter de comprendre et une fois pour essayer d’y croire. Après ça, tous ceux qui, chez nous, y compris le chef d’état-major, se sont tant émus de l’affaire de la confirmation de la mort de la fillette Iman Alhamas dans le camp de réfugiés de Rafah, pourront le faire 613 fois : une fois pour chacun des 613 enfants et jeunes gens de moins de 17 ans (1) (d’après les chiffres de l’association palestinienne de droits de l’homme « PHRMG ») qui ont été tués pendant cette Intifada par des tirs de soldats de l’armée israélienne. Ceux qui pensaient qu’il s’agissait de faits exceptionnels feraient bien de savoir que le meurtre d’enfants est une affaire de routine, sans commissions d’enquête et sans le moindre intérêt du public. Naplouse seul a déjà enterré 29 enfants, dont deux samedi, il y a deux semaines. Quatre barrages impromptus sur la route de Naplouse. Un ou deux kilomètres seulement les séparent les uns des autres et à côté de chacun, s’allonge une file infernale de voitures. On roule deux minutes puis on est collé pour encore une heure ou deux. Impossible de comprendre pourquoi. Barrages de «  vexation » ? « Y a peut-être une alerte », marmonne le soldat qui contrôle encore une ambulance dans laquelle gémit, étendue sur la civière, une femme sur le point d’accoucher, qui contrôle bien lentement, un pansement après l’autre : rien de brûle. Le conducteur de l’ambulance dit que cela fait déjà une semaine qu’Israël assiège ainsi sa ville avec ces barrages impromptus et bondés, sans compter les barrages fixes de Hawara et de Beit Iba. Au barrage de Hawara, les civils doivent courir d’un côté à l’autre de l’appareil radioscopique afin que leur bagage ne s’écrase pas par terre. Un peu d’exercice, qu’est-ce que ça fait ?

Des corneilles crient parmi les crevasses de la roche à laquelle sont collées les maisons à appartements du quartier de Ras Al Ayin. Une maison contiguë à une grotte, dans un quartier d’habitation presque au centre de la ville. Il y a six semaines, dans la nuit du 20 septembre, les membres de la famille Amoudi se sont réveillés, dans la meilleure tradition, au bruit de violentes explosions. Après s’être ressaisis, ils ont entendu les soldats appelant, avec des haut-parleurs, les habitants à évacuer les maisons. Cela aussi, c’est la routine. Les soldats étaient déployés dans la rue et sur la falaise qui surplombe les grottes.

Bader Amoudi, 28 ans, s’est précipité vers le lit de son petit garçon. Mouataz dormait profondément et Bader l’a pris et s’est hâté d’aller vers la porte d’entrée, avec dans les bras son fils endormi. La mère et l’épouse de Bader s’attardaient un peu, à cacher les bijoux et l’or, par peur du pillage par les soldats. Bader a ouvert la porte, il a eu le temps de descendre une ou deux marches et tout de suite le feu s’est abattu sur eux. Une balle a déchiré la jambe du petit garçon et a blessé la main de son père. Le père a laissé son fils dans les escaliers et, terrorisé, s’est précipité à l’intérieur où étaient son épouse et sa mère. D’après eux, il s’est encore écoulé une longue heure avant que l’ambulance palestinienne soit autorisée à évacuer vers l’hôpital de Rafidia le petit garçon qui perdait son sang. Mouataz est introduit dans la pièce. Soigné, doux, les joues rouges, assis dans sa poussette. Le lendemain du jour où le soldat a tiré dans sa jambe et l’a brisée, on l’a emmené se faire soigner dans un hôpital en Israël (Hadassah Ein Kerem). Après l’opération, on a assuré à ses parents qu’il pourrait remarcher tout seul. En attendant, il a des difficultés à marcher avec le trotteur. A sa cuisse, toute menue, la cicatrice est grande et vilaine.

Le porte-parole de l’armée israélienne : « A la date du 20.09, au cours de l’arrestation de trois personnes importantes qui étaient recherchées, les forces de l’armée israélienne ont bouclé la maison des personnes recherchées et ont appelé les gens à sortir. Après que les gens sont sortis de la maison, un personnage suspect a été identifié alors qu’il tentait de fuir par une sortie arrière qui s’ouvre dans la direction de la falaise. Du fait de son comportement suspect, les forces ont ouvert le feu en direction de la partie basse de son corps, conformément aux consignes d’ouverture du feu. Par ces tirs, le fils du suspect a été blessé. Il n’avait pas été vu par les soldats au moment des tirs, à cause de l’angle sous lequel il se tenait. Le petit

enfant a été soigné sur place et, dans la soirée, il a été transféré en coordination

avec l’armée israélienne vers un hôpital en Israël, dans un état non grave. »

Une maison au cour de la casbah, à côté de ce qu’on ne sait s’il s’agit d’une ruelle ou d’une grotte obscure. C’est ici qu’habitait la famille Osta. Jemal, le père, 43 ans, travaille au Croissant Rouge, comme garde et même comme infirmier à l’occasion. A la fin de l’été, le 17 août, Jemal a été appelé à la casbah avec son ambulance, pour évacuer un blessé dans une des ruelles. Il est arrivé rapidement, il a sorti le brancard, mais les soldats l’ont chassé de là sous la menace de leurs armes, « Du balais, hors d’ici ». Pendant près d’un quart d’heure, il s’est tenu là avec le brancard, les soldats ne le laissant pas descendre la ruelle, jusqu’à ce qu’il apprenne par le central que le blessé avait entre temps été évacué par un autre chemin et qu’il devait revenir à la base. Il ne se doutait pas que le blessé à l’agonie était son fils aîné.

Au mur, la photo d’un enfant aux cheveux clairs et aux yeux bleus. C’est Khaled Osta, neuf ans quand il est mort. La raie sur le côté, le regard tendre. Voilà sa dernière photo, au camp d’été du Croissant Rouge, quelques jours avant sa mort : un enfant portant des lunettes boit du yaourt. Quand son père est retourné à la centrale du Croissant Rouge, son frère lui a téléphoné pour lui faire savoir que Khaled était blessé, mais seulement légèrement. Après le refus par les soldats d’autoriser l’évacuation par l’ambulance du père, un des voisins a pris dans ses bras Khaled, qui perdait son sang, et a commencé à courir sur deux kilomètres de ruelles de la casbah, jusqu’à ce qu’il arrive à une route, loin des soldats, où l’attendait une autre ambulance.

Encore une photo : Khaled mort, un trou énorme, d’une dimension inhabituelle, ouvert du côté gauche de sa poitrine. C’est le trou d’entrée de la balle, de la grenade ou de l’éclat. Qu’est-ce qui a ouvert un trou pareil dans le corps de cet enfant ? Le père soulève le divan et tire d’une cachette un sac noir en nylon dans lequel il garde une grenade à gaz qui se trouvait à côté de Khaled blessé : « Balle de 40 mm spéciale. Série 03-03. Tir par lanceur M203 uniquement », est-il écrit en hébreu sur la grenade argentée. Il est douteux que ce soit ça qui ait tué Khaled ; mais c’est l’étui de la grenade qui a été tirée et il se trouvait près de Khaled et depuis lors, son père le garde à l’intérieur du sofa. Sur la photo, les yeux bleus de Khaled sont fermés.

Pourquoi a-t-on tiré sur lui ? C’était l’heure de midi, se rappelle la voisine Wafa Halawi, et dehors, dans la ruelle, une vingtaine d’enfants jouaient ensemble. Halawi a vu depuis la fenêtre grillagée de sa maison qui ouvre sur la ruelle, les enfants occupés à jouer. Elle a aperçu des soldats approchant par l’ouest dans une jeep et elle s’est empressée de crier aux enfants de rentrer à la maison. Elle dit avoir vu deux soldats sortir de la jeep et lancer des gaz lacrymogènes et des grenades détonantes vers le groupe d’enfants. Khaled mangeait un sandwich que sa mère lui avait préparé
-  on en voit les restes sur la photo de sa mort. Les soldats se tenaient dans la rue, en haut, et les enfants en bas dans la ruelle. La possibilité que les enfants lancent des pierres sur les soldats du bas vers le haut, dans une pente aussi raide - la rue se trouve beaucoup plus haut que la ruelle - ne parait pas plausible.

La voisine, voyant qu’il lui manquait deux enfants, un fils et une fille, s’est précipitée dans la ruelle, à leur recherche. Elle a vu des taches de sang menant à la maison, toute proche, de la famille Osta. La voisine a suivi les traces de sang jusqu’au moment où elle a vu Khaled baignant dans son sang devant chez lui. L’enfant était encore parvenu à parcourir les 20 mètres qui séparaient l’endroit où il avait été blessé de sa maison à l’entrée de laquelle il s’était effondré. La voisine a appelé les gens de la maison. La mère et la sour de Khaled se sont précipitées dehors pour découvrir l’horreur. A ce moment-là, son père se trouvait dans la rue, en haut, où il était empêché d’approcher.

Vingt jours après avoir perdu son fils, raconte Jemal, il a vu un soldat israélien tomber d’un toit en asbeste pendant une opération de l’armée israélienne dans le proche quartier Yasmina, dans la casbah. Le soldat était tombé sans que ses camarades s’en aperçoivent et Jemal s’est précipité vers lui en appelant à l’aide les soldats. Sur le mur de la ruelle où son fils est tombé, il est écrit maintenant en lettres rouges : « Ici est tombé le martyr Khaled Osta », et sa photo, celle d’un enfant de neuf ans avec un trou dans la poitrine, est collée au mur.

Le porte-parole de l’armée israélienne : « L’enquête menée dans l’armée israélienne sur les circonstances de la mort de Khaled Osta montre qu’il a été tué entre 15h et 15h30. A cette heure-là, aucun tir des forces de l’armée israélienne n’avait lieu, excepté le tir d’une balle isolée en direction de Mafar Sader, âgé de 19 ans, qui lançait des briques vers les forces de l’armée israélienne. Il n’y a pas de certitude que l’enfant ait été blessé à proximité de sa maison, il se peut qu’il l’ait été en un endroit éloigné et qu’il soit arrivé là où il se trouvait par un chemin ou un autre, après avoir été touché. L’enquête du Croissant Rouge rapporte que l’enfant était mort au moment de leur arrivée sur place. En résumé, après qu’une large enquête a été menée, on ne sait pas clairement par l’effet de quoi l’enfant a été touché. »

Une tente de deuil à l’entrée de la casbah. Amar Banaat avait quatre ans lorsque son père est mort de maladie. Depuis lors, c’est sa mère, Sabah, qui l’a élevé seule. Elle avait attendu 15 ans avant d’accoucher de son seul fils et son Amar a vécu 15 ans avant d’être tué. Sabah a encore une fille, Safaa, 13 ans.

Le samedi 20 novembre, il y a environ deux semaines, Amar était sorti dans la rue. Il était six heures et demie du soir et sa mère lui avait donné cinq shekels pour acheter des sucreries. Amar a filé à l’épicerie de son grand ami, Montasser Hadada. Du même âge et fréquentant la même classe, ils étaient amis et récemment, ils ont partagé le même destin. Il y a environ trois mois, le père de Montasser est mort dans un accident de la route et depuis lors, ils étaient tous les deux orphelins de père. Chaque jour, après l’école, Montasser se hâtait de rejoindre l’épicerie de la famille pour y remplacer sa mère et remplir la place de son père décédé. C’est ici qu’Amar est venu acheter une gaufre.

« Si seulement la mère du soldat qui l’a tué pouvait perdre son fils ! », dit Sabah, la mère, très emportée, assoiffée de vengeance. La dernière photo d’Amar, seul sur une photo de studio prise cinq jours avant sa mort, à la fête passée, se trouve maintenant dans une vitrine, sous la photo de son père. Montasser a été touché le premier et la balle, la même balle, a aussi pénétré dans le corps d’Amar. Voilà leur photo parue dans le journal : un tiroir au dessus de l’autre à la morgue de Rafidia, Amar en dessous de Montasser. L’armée israélienne a fait savoir, le lendemain, que les deux adolescents étaient armés. Ici on rit amèrement : Amar, le maigrichon de 15 ans, armé ? Et où est l’arme maintenant ? A nouveau, Sabah marmonne : « Je voudrais voir le soldat, lui arracher les yeux. C’était mon unique fils. Toute ma vie, j’ai amassé de l’argent pour pouvoir l’élever. Que Dieu tue aussi Sharon et aussi tous ses soldats. Sharon-l’âne et ses soldats. Je reste seule à la maison. »

On raconte qu’après que le soldat a tiré sur les deux jeunes garçons, il est sorti de la jeep, s’est approché des corps puis s’est retiré. « Des jeeps protégées, des chars protégés et de notre côté, un enfant qui lance une pierre : quel dommage peut-il faire ? », crie l’oncle, un habitant du proche camp de réfugiés de Askar, qui a aidé à élever Amar. « Cinq minutes plus tôt, il était encore à la maison », crie la mère, « il n’avait même pas encore digéré son repas du soir ». « Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes des gens qui veulent vivre libres et dans l’honneur. », dit l’oncle, un peu plus paisiblement. « Les enfants voient leurs amis tués sous leurs yeux. Qu’ils nous laissent, qu’ils sortent de nos terres. Tous les jours ils viennent ici, chaque jour à six heures et demie. Pour quoi faire ? Que Sharon prenne ses soldats et qu’il se retire. »

Sabah : « Où nos enfants joueront-ils ? Où ? Si seulement Sharon ressentait notre souffrance. Chaque nuit, chaque nuit ils tirent. Qu’est-ce que c’est pour un Etat ? Où est la justice ? De quel droit viennent-ils jusqu’à nos maisons ? De quel droit tuent-ils nos enfants ? Ça suffit ! ». Des photos des enfants sont au mur : deux photos d’Amar, le fils de la maison, une de Montasser et une de Kandil. Les photos de studio d’Amar sont comme un rêve, loin du quartier Kisriya dans la casbah : l’une avec un fond de neige et l’autre avec un fond de gratte-ciel étincelants. Le porte-parole de l’armée israélienne : « Pendant l’activité des forces de l’armée israélienne à Naplouse, le 20.11, des tirs ont visé les forces de l’armée israélienne, des charges explosives et des cocktails Molotov ont été lancés. Les forces ont identifié un Palestinien armé, ont ouvert le feu par un tir concentré dans sa direction, l’homme armé et son frère, tous deux activistes du Fatah recherchés, ont été blessés par ce tir. De même, un homme armé a été identifié à l’est de la casbah, les forces ont ouvert le feu en tirant une balle isolée et ciblée et ont identifié un coup au but qui, selon toute apparence, a tué l’homme armé.

« Après enquête auprès des forces à propos du cas où un autre jeune Palestinien a ensuite été tué, et d’après les données de l’administration de coordination et de liaison sur le lieu où il a été blessé et le temps de son admission à l’hôpital, il apparaît qu’au moment dont il est question, on a ouvert le feu contre les forces de l’armée israélienne dans la partie Est de la casbah, lors de deux incidents : dans l’un c’était avec une kalachnikov, dans l’autre avec un revolver. Les forces n’ont absolument pas répliqué parce qu’elles n’ont pas identifié la source des tirs. On ne peut donc pas relier la mort de ce dernier Palestinien à l’activité de l’armée israélienne dans la zone. »

On descend les escaliers de la maison, on marche dans la ruelle en pente, on entre dans la pénombre. Le portillon en fer, c’est l’entrée de l’épicerie de Montasser et la porte métallique est celle de sa maison. Pour arriver à l’intérieur de la maison, il faut se courber et passer par d’anciennes grottes, grimper un escalier pentu avant de retrouver plus d’espace dans le salon aux murs humides. C’est aussi la chambre à coucher de la maison : lit double et salon dans la même pièce. C’est ici que vivait Montasser et c’est en bas, dans la ruelle, qu’il est mort avec son ami Amar.

Une charrette en bois stationne à l’endroit de leur mort, à l’entrée du souk, à quelques dizaines de mètres de l’entrée de l’épicerie. Le frère de Montasser, Maher, 20 ans, a été un témoin visuel de la scène : il a vu un groupe d’une dizaine d’enfants et d’adolescents attroupés dans la ruelle et parmi eux, Amar et son frère qui sortaient de l’épicerie. Il a vu surgir les soldats et a pris la direction de l’épicerie. Il dit qu’il n’y a eu ni tirs ni jets de pierres contre les soldats. Tout à coup, il a entendu un coup de feu, un seul et unique. Amar est mort sur le coup et Montasser, son frère, est mort alors qu’on l’emmenait d’urgence à l’hôpital. Tous les deux saignaient de la bouche.

-  (1) - 323 enfants de moins de 14 ans, dit la version anglaise de cet article. Ha’Aretz présente aussi un site en anglais.


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