<FILE-date="2008/01/08/19">
<article-nb="2008/01/08/19-1">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  L&#38;#39;crivain Franois Nourissier, g de 80 ans, a quitt l&#38;#39;Acadmie Goncourt &#38;#34;pour raisons de sant&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">      L 'crivain Franois Nourissier, g de 80 ans, a dmissionn de
    l'Acadmie Goncourt "pour raisons de sant" . Auteur de nombreux
    romans, souvent autobiographiques, depuis L'Eau grise en 1951, il tait
    membre de l'institution depuis 1977 et l'a prside de 1996  2002.
 
    Son successeur au sein du jury Goncourt sera dsign dans les prochains
    mois et une rforme des statuts de l'Acadmie "prvoyant un passage
    automatique  l'honorariat (permettant de conserver le titre aprs
    avoir cess d'exercer la fonction)  partir d'un certain ge" va par
    ailleurs tre engage, a prcis l'institution dans son communiqu.
 
 
    L'Acadmie Goncourt, prside depuis 2002 par Edmonde Charles-Roux, a
    galement modifi son rglement intrieur mardi, lors de son djeuner
    de rentre. Dornavant, seul le vote des membres du jury prsents sera
    pris en considration lors du vote pour le prix Goncourt. Un dbat sur
    la composition du jury avait surgi lors de l'attribution du dernier
    Goncourt au 14^e tour de scrutin en novembre : Gilles Leroy avait
    dcroch le prix par quatre voix seulement, alors que le jury compte
    dix membres.
 
<article-nb="2008/01/08/19-2">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  Le ministre de la culture et du tourisme de l&#38;#39;mirat voque l&#38;#39;volution du projet de muse que livrera la France.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">      L e projet du Louvre  Abu Dhabi franchit une nouvelle tape. Aprs la
    signature d'un accord, le 6 mars 2007, entre la France et les Emirats
    arabes unis, les deux parties ont paraph, lundi 7 janvier, en prsence
    de la ministre de la culture Christine Albanel, le document tablissant
    le lourd cahier des charges de cette coopration.
 
 
    Oprateur franais du projet, France Musums s'engage  fournir, sur
    vingt ans, et pour la somme de 160 millions d'euros (l'ensemble du
    contrat rapportera 1 milliard aux muses franais), pas moins de 327
    prestations : conception du muse, formation des quipes locales,
    conseil en achat d'oeuvres, livraison d'expositions, etc.
 
    Outre les 24 000 mtres carrs du "Louvre des sables", dessin par
    l'architecte Jean Nouvel, verront le jour trois autres muses - un
    Guggenheim d'art contemporain, un muse maritime, un muse national -,
    un centre de spectacles, dix-neuf pavillons spcialiss et un district
    touristique. Le Louvre et le Guggenheim doivent ouvrir en 2013. Or, sur
    l'le de Saadiyat qui abritera l'ensemble, la seule construction
    entame est le pont qui la reliera  la capitale.
 
    Nicolas Sarkozy sera dans le pays, mardi 15 janvier, au terme d'une
    visite de trois jours dans le golfe. Le ministre de la culture et du
    tourisme d'Abu Dhabi, cheikh Sultan Bin Tahnoun Al-Nahyan, analyse le
    projet franais.
 
    Que reprsente pour vous ce Muse du Louvre ?
    Comme l'ensemble des tablissements qui vont tre crs, il est au
    service d'une vision qui est d'abord ducative. Nous voulons que notre
    peuple s'instruise, qu'une part toujours plus grande de la population
    accde aux tudes suprieures. Or la culture tient une place centrale
    dans le processus ducatif. On peut mme dire qu'elle en est le socle.
    Ensuite, nous n'allons pas le cacher, nous attendons d'autres bnfices
    en termes de rayonnement rgional et de retombes touristiques.
 
    De quel projet artistique rvez-vous ? D'un muse international ou d'un
    tablissement qui reflte la particularit d'Abu Dhabi ?
 
    Les contours exacts sont encore en discussion, mais le projet vise les
    standards internationaux les plus levs. C'est pourquoi nous avons
    fait appel ici au Louvre, ailleurs au Guggenheim.
 
    Le Louvre sera un muse global. Il couvrira diffrentes priodes de
    l'histoire des arts, diffrentes rgions. L'art islamique y trouvera sa
    place, c'est certain, mais nous n'avons pas voulu lui ddier un muse
    spcifique. Notre choix a t plutt de donner, dans chacun des
    tablissements, une place aux artistes arabes qui seront encore plus
    prsents dans le muse national, le cinquime, dont nous venons de
    confier la ralisation  l'architecte britannique Norman Foster.
 
    Comment jugez-vous la vive polmique suscite en France par le projet
    du Louvre ?
 
    Je n'ai jamais t inquiet. Le dbat tait ncessaire et il valait
    mieux que toutes les questions soient mises sur la table le plus tt
    possible afin que l'on puisse lever les difficults et travailler
    sereinement.
 
    L'ampleur de notre proposition tait indite. Cela ne pouvait pas
    laisser indiffrent. Mais j'ai le sentiment qu'aujourd'hui le courant
    nous est largement favorable. J'observe que la France nous propose mme
    de profiter du savoir-faire de la Cit de la musique ( La Villette, 
    Paris) pour collaborer  la conception du Centre des arts vivants.
    C'est une trs bonne nouvelle et une possibilit que nous allons
    tudier.
 
    L'inquitude, en France, tait aussi artistique. L'art se veut parfois
    provocateur. Sera-t-il possible de tout montrer au Louvre d'Abu Dhabi ?
 
    Notre approche est simple : les oeuvres doivent rpondre  la demande
    du public, j'oserais mme dire  la demande du march. Nous avons une
    histoire, une culture. Tout ne peut se faire trop brutalement. Mais
    pour moi, il n'y a pas de tabou.
 
    Pas mme la reprsentation de la nudit ?
 
    Je crois avoir t assez clair. Mon critre est pragmatique. Nous
    voulons attirer le maximum de visiteurs dans nos muses. Nous tiendrons
    compte de nos contraintes culturelles. Mais, peu  peu, le march
    triomphera.
 
<article-nb="2008/01/08/19-3">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Dsigne comme capitale europenne de la culture, la cit anglaise ouvre les festivits.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">      C ivisme ? Got du dfi ? Il faut bien cela  Phil Redmond, directeur
    artistique de Liverpool 2008, capitale europenne de la culture, pour
    oser barrer le bateau ivre des festivits sur la houleuse rivire
    Mersey, jouet de vents contraires. "Cela revient un peu  organiser un
    mariage avec de terribles disputes familiales pour savoir qui sigera 
    la table principale." A l'couter, sa mission consiste  grer
    l'ingrable et de naviguer entre diles locaux, ministres londoniens et
    financiers de la City. Scouser (natif de Liverpool) corps et me, son
    solide bon sens l'immunise, il est vrai, contre toute drive
    schizophrne dans la cit des Beatles qui a toujours entretenu un
    rapport passionnel avec les arts.
 
 
    Crateur de deux clbres feuilletons tlviss, Brookside et
    Hollyoaks, ayant pour cadre le grand port du Nord-Ouest anglais, Phil
    Redmond a remplac au pied lev un Australien limog il y a un mois
    pour ses ruineuses ides fantasques. Par ailleurs, le directeur gnral
    de la Liverpool Culture Company, charge de l'organisation des
    festivits, a t rcemment licenci pour incomptence.
 
    Passion, pouvoir, argent, alliances : tout est runi pour qu'une crise
    clate dans cette mtropole de 439 000 mes apparue, en 1207, sous le
    rgne de Jean sans Terre.
 
    Pourtant, les regrets et les frustrations de Phil Redmond s'estompent :
    du 11 au 13 janvier, aura lieu une crmonie grandiose,  l'image de
    l'emblme municipale : un noir cormoran serrant un brin de varech,
    signe d'un destin mtamorphos.
 
    Un mga show en plein air, gratuit, pilot depuis le toit de Saint
    Georges Hall, mlant grues, conteneurs et effets spciaux doit donner
    le coup d'envoi de la manifestation. Le lendemain, les artistes du cru,
    mens par Ringo Starr, le batteur des Beatles, le plus discret des
    "quatre garons dans le vent", le Royal Liverpool Philharmonic, Echo
    and the Bunnymen et Wombats se produisent lors de l'inauguration de la
    Liverpool Arena, une salle de concert de 10 000 places.
 
    Pour sa part, le spectacle Liverpool The Musical retrace l'itinraire
    de cette cit inhabituelle et clectique, qui resplendissait jusqu'en
    1939 sur le commerce, les arts et les lettres, comme Venise au XV^e
    sicle. Elle en a gard une rputation de pch et de trafic, en
    particulier d'esclaves, que la grande figure de Gladstone, le puritain
    premier ministre de Victoria, natif de Liverpool, n'a pas permis de
    racheter.
 
    AIDE D'URGENCE DE L'ETAT
    Riche, confus, contradictoire, bariol, remuant, bigarr, le programme
    de Liverpool 2008 mle la culture populaire locale scouse, en
    particulier musicale, et l'appartenance mondiale. Paul McCartney donne
    un concert vnement au stade mythique d'Anfield, l'antre du Liverpool
    FC. Le chef d'orchestre Simon Rattle conduit l'Orchestre philharmonique
    de Berlin tandis que le Ballet national chinois interprte une nouvelle
    chorgraphie signe Akram Khan.
 
    Ct arts plastiques, une exposition d'art arabe et une rtrospective
    Gustav Klimt sont les points forts du festival.
 
    La programmation est galement axe sur la ville, son prsent et son
    pass. La comdie musicale consacre  l'htel Adelphi, construit avant
    1914, raconte la grandeur et la dcadence de ce monument de l'ancienne
    socit triomphante et des ftes donnes pour le dpart et l'arrive
    des paquebots transatlantiques de la Cunard.
 
    Un hommage est galement rendu aux communauts ethniques, antillaise,
    indienne, chinoise, italienne et polonaise, qui font de Liverpool un
    tendard de la socit multiculturelle britannique.
 
    En 2003,  la surprise gnrale, Liverpool avait battu Newcastle, la
    favorite au titre de capitale europenne de la culture pour 2008.
    L'Europe entendait ainsi soutenir la renaissance d'une ville qui
    revenait de loin. En quasi-faillite dans les annes 1980, sinistre par
    la crise industrielle, le chmage, le hooliganisme, le chef-lieu du
    Merseyside, longtemps abonn au malheur, connat aujourd'hui une
    deuxime jeunesse (Le Monde du 5 janvier).
 
    Reste que l'imbroglio de Liverpool 2008 montre que le Marseille anglais
    n'a pas perdu ses mauvaises habitudes. Avec un dficit de 20 millions
    de livres, le festival a plomb les finances municipales. Liverpool a
    t contrainte  mendier une aide d'urgence de l'Etat. Les relations
    entre la mairie, contrle par les libraux-dmocrates (centristes), et
    le gouvernement travailliste sont au plus bas. L'htel de ville a
    accus l'quipe Brown de sacrifier Liverpool sur l'autel des Jeux
    olympiques de Londres, en 2012.
 
    La rsorption du trou financier pourrait entraner des coupes claires
    dans les budgets de l'aide sociale, du logement ou de l'ducation,
    redoutent les associations. Car malgr le miracle, Liverpool reste une
    ville pauvre, au taux de chmage suprieur  la moyenne nationale o le
    bon grain flirte avec l'ivraie.
 
    Beaucoup critiquent galement le caractre litiste d'une programmation
    ciblant davantage les classes suprieures du Cheshire voisin que les
    familles modestes du centre-ville. Le Yellow Submarine risque-t-il de
    prendre une nouvelle fois l'eau ?
 
<article-nb="2008/01/08/19-4">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4">  L&#38;#39;Egypte, qui ne l&#38;#39;avait pas entendu chanter depuis trente ans, a accueilli Charles Aznavour pour deux concerts, au Caire et  Alexandrie, les 4 et 6 janvier.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4">      A prs Nicolas Sarkozy, le grand Charles... L'Egypte, qui ne l'avait
    pas entendu chanter depuis trente ans, a accueilli Charles Aznavour
    pour deux concerts, au Caire et  Alexandrie, les 4 et 6 janvier. Un
    accueil en fanfare, avec ballet de Mercedes et montagne de
    qualificatifs. Dans un dossier spcial, Al Ahram Hebdo a salu "le
    pharaon de la chanson franaise", venu sur les bords du Nil "de la mme
    manire que Bonaparte, sur son cheval blanc". Aznavour a jou le jeu de
    bonne grce. Les Armniens ne sont-ils pas des Orientaux ? Et
    n'avait-il pas lui-mme incit Bruno Coquatrix  organiser le fameux
    concert d'Oum Kalsoum  l'Olympia en novembre 1967 ? Il n'en fallait
    pas davantage pour qu'on lui attribue une passion pour la musique
    gyptienne et ses monuments dfunts : Abdel Halim Hafez, Mohamed Abdel
    Wahab...
 
 
    Avant Aznavour, Le Caire accueillait Dany Brillant et, pour la
    troisime fois en quelques annes, Enrico Macias. L'initiative de ces
    concerts revient  un Alexandrin, Ahmed Youssef, correspondant du
    journal Al Ahram  Paris. Cet amoureux de la France est devenu un
    ardent dfenseur de la langue de Molire, avec l'appui du ministre de
    la culture, Farouk Hosni, qui compte sur la France pour se faire lire
    cette anne  la tte de l'Unesco.
 
    Au Caire, Charles Aznavour a tenu une confrence de presse et got aux
    charmes d'un djeuner champtre, face  la pyramide de Dahchour. A
    Alexandrie, il a visit la grande Bibliothque, dn avec le
    gouverneur, assist  une messe de Nol orthodoxe  la cathdrale
    armnienne... Les Egyptiens ont admir la gentillesse et la patience de
    cet octognaire, envelopp d'une charpe rouge, qui s'est prt sans
    sourciller  d'innombrables salamalecs et sances photo. On
    s'inquitait un peu pour lui. Mais, aussitt le rideau lev, dans son
    costume de scne noir, il subjuguait l'auditoire par sa voix, son
    nergie, ses pas de danse... jusqu' Emmenez-moi, le feu d'artifice
    final.
 
    Les places se sont arraches. Si l'opra du Caire donnait l'impression
    d'une runion mondaine, l'ambiance tait plus chaleureuse et familiale
     Alexandrie. Ds les premires notes d'un air connu, les
    applaudissements fusaient. Comme il en a l'habitude, Aznavour a offert
    son deuxime concert  des oeuvres caritatives et une transmission
    gratuite tait organise en direct, sur grand cran, dans l'auditorium
    de la Bibliothque. Avec ses musiciens, Aznavour a "gratt les fonds de
    tiroir", proposant de nouvelles orchestrations. Les spectateurs, ravis,
    ont eu droit aux grands classiques comme Paris au mois d'aot ou Que
    c'est triste Venise. Mais,  l'impossible, nul n'est tenu : au Caire,
    le chanteur a prfr interrompre La Mamma, ne se souvenant plus bien
    des paroles. Les connaisseurs ont eu droit quand mme  des nouveauts,
    dont le magnifique J'abdiquerai, qu'il ne faut pas prendre au mot : 
    83 ans, le grand Charles est loin d'avoir dclar forfait.
 
