<FILE-date="2008/01/08/19">
<article-nb="2008/01/08/19-1">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3238,1-0,0-1">  Cette danse  la mode est aussi l&#38;#39;enjeu d&#38;#39;une bataille commerciale pour la proprit de l&#38;#39;appellation.
<filname="PROF-0,2-3238,1-0,0-1">      O n mime un coup de peigne, un geste de main appliquant du gel. Avec
    une rapidit dconcertante, les bras se plient, se dplient,
    s'enroulent autour de la tte... Certains comparent les "electro
    dancers" - ou danseurs de Tecktonik -  des hros de mangas, d'autres 
    ces hommes-caoutchouc des cirques, d'autres encore  des pantins
    dsarticuls.
 
 
    Depuis un an, les cheveux coiffs en crte, arborant des vtements
    moulants et "flashy", ils colonisent les discothques - le Metropolis,
    le Redlight et le Mixclub  Paris, le 4 Sans  Bordeaux, le Titan 
    Lyon ou La Bote  Brest. Et ils n'hsitent plus  investir les cours
    de rcration et les centres-villes, de la place de l'Opra  Lille 
    celle de Massna  Nice, en passant par le quartier de Chtelet dans la
    capitale.
 
    Ags de 12  20 ans, ils sont en gnral de sexe masculin, mme si les
    filles sont de plus en plus nombreuses. Nelson, 14 ans, a dcouvert le
    mouvement Tecktonik cet t. "Je danse partout : chez moi,  l'cole, 
    Paris..., dit-il. Mais pas en banlieue, o j'habite : les plus gs,
    encore adeptes du hip-hop, n'aimeraient pas !"
 
    Aprs les gothiques, les heavy metal, les rappeurs, une nouvelle tribu
    ado serait-elle en train de s'imposer ? "En s'appropriant un espace
    musical inoccup - la musique lectro -, ces jeunes se dmarquent de
    leurs ans et inventent une forme de sociabilit. Reste  savoir s'il
    s'agit d'une mode ou d'un mouvement de fond", analyse Michel Fize,
    sociologue de l'adolescence, auteur de L'Adolescent est une personne
    (d. Seuil).
 
    Ce courant est en phase avec la culture adolescente : les jeunes
    danseurs se regroupent par quipes, "teams", et s'affrontent dans des
    concours de danse spontans, les "battles". "Une faon d'appartenir 
    un groupe pour se rassurer et d'en sortir pour se valoriser, ce qui est
    typique de cet ge de la vie", observe Michel Fize.
 
    Ce mouvement reflte aussi le brouillage des sexes observable dans la
    socit : les "electro dancers" par exemple, n'hsitent pas  se
    maquiller et  porter du rose. "Aujourd'hui, les filles rejettent les
    codes virils. Les hommes s'adaptent pour leur plaire", relve Daniel
    Welzer-Lang, sociologue spcialiste du comportement masculin, auteur
    d'Utopies conjugales (d. Payot).
 
    La danse lectro, ou Tecktonik, se diffuse depuis un an grce aux sites
    de partage de vido YouTube et Dailymotion. La vido de Jey Jey, 19
    ans, qui s'est film dansant dans son garage en novembre 2006, a t
    visionne prs de 5,5 millions de fois ! Face  l'essor du mouvement,
    certains se frottent les mains. Car Tecktonik est le nom d'une marque
    dpose : celle des soires organises par Cyril Blanc et Alexandre
    Barouzdin, au Metropolis,  Rungis (Val-de-Marne), depuis 2000.
 
    "Notre ambition, explique Cyril Blanc, directeur artistique du lieu,
    tait de crer un nouveau type de soires, en mlangeant des sons
    lectro du Nord (le Jumpstyle de Belgique, le Hardstyle de Hollande), 
    d'autres, l'lectro minimale, la Tekhouse. Des clubbers des pays
    limitrophes venaient. Les Franais ont commenc  les imiter. Peu 
    peu, la danse Tecktonik est ne."
 
    Interdiction, donc, aux autres discothques d'organiser une soire
    Tecktonik sans leur permission, puis de se passer de leurs DJ
    officiels. Les organisateurs ont par ailleurs cr un logo (un aigle),
    une ligne de vtements, lanc des cours de danse et mis en vente une
    compilation Tecktonik. Et, l encore, gare ! "Nous avons vendu nos
    droits  EMI. Or, Universal vient de sortir un DVD, Gnration Mondotek
    dont Jey Jey est un des danseurs vedettes, avec la volont de faire
    apparatre Mondotek, un clip  la mode, comme un sous-produit de
    Tecktonik : nous allons faire un procs  Universal", martle Cyril
    Blanc.
 
    Une guerre commerciale semble donc dclare. Jey Jey s'en offusque :
    "La musique de Mondotek passe en boucle sur les radios jeunes et fait
    de l'ombre  Tecktonik." Comme lui, les adolescents les plus en vue du
    mouvement s'insurgent. "Les gens du Metropolis sont des businessmen
    trentenaires, qui rcuprent la vague lectro des ados sous leur nom de
    marque. Ce courant est apparu simultanment dans plusieurs botes
    parisiennes, pas exclusivement chez eux", tempte DJ Fozzie Bear,
    lycen de 19 ans, crateur de Dancegeneration, premier blog consacr au
    mouvement en 2006.
 
    Claire Rousier, directrice du dveloppement de la culture
    chorgraphique au Centre national de la danse, s'en amuse : "Du rock 
    la lambada, les danses rcentes comportent toutes un volant
    commercial." En attendant, la danse lectro continue de faire des
    mules : en Suisse, au Maroc et mme au Canada.
      __________________________________________________________________
 
    Site officiel de Tecktonik et agenda des soires : www.tck01.fr.
    Cours de Tecktonik : Vit'Halles, 48, rue Rambuteau, 75003 Paris. Tl. :
    01-42-77-21-71. Dimanche de 17 heures  18 h 30. 10 euros.
    DVD Mondotek : Gnration Mondotek, d. Mercury, 17 euros.
    Blog de Dancegeneration, avec de nombreuses vidos :
    http://dancegeneration.skyrock.com.
 
 
<article-nb="2008/01/08/19-2">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3238,1-0,0-2">  Expertises, publications de tests et recours devant la justice sont utiliss pour rpondre  une demande croissante.
<filname="PROF-0,2-3238,1-0,0-2">      A ssistance individuelle, dfense des intrts collectifs et
    interpellation des pouvoirs publics : les associations de consommateurs
    sont aujourd'hui confrontes  des missions de plus en plus varies. La
    Direction gnrale de la concurrence de la consommation et de la
    rpression des fraudes (DGCCRF) a cherch  savoir si ces associations
    disposent de moyens efficaces et suffisants pour y rpondre.
 
 
    Le recours  l'expertise est de plus en plus souvent ncessaire,
    notamment pour contrer l'action des lobbyistes des groupes industriels
     Bruxelles. Par ailleurs, les associations ont souvent cr des
    magazines consumristes. Ceux-ci sont rputs pour leur srieux,
    notamment dans la ralisation des tests comparatifs. Mais leurs
    conseils ne sont pas toujours suivis. Car, selon Alexandre Mallard,
    sociologue au laboratoire Usages, crativit, ergonomie de France
    Tlcom recherche et dveloppement, et auteur d'une enqute sur la
    presse de consommation, ils apparaissent "tristes, asctiques, voire
    rabat-joie, et ne donnant pas vraiment envie d'acheter".
 
    L'ACTION EN JUSTICE
 
    Leur discours critique se heurte  la concurrence des rubriques "conso"
    de la presse gnraliste et des revues spcialises axes sur la
    jouissance que procure l'acquisition d'un nouvel objet. Ainsi, la revue
    britannique Which ?, l'quivalent britannique de Que choisir ?
    recommande carrment de "s'en tenir strictement  sa liste de courses,
    de porter des bouchons d'oreille pour rsister  la musique enjleuse,
    de prendre un panier plutt qu'un Caddie, de laisser  la maison les
    enfants qui poussent  l'achat, et de se munir d'un bton pour attraper
    les produits moins chers, en haut des linaires".
 
    L'action en justice est une autre arme utilise par les associations de
    consommateurs. Certes, elles n'ont pas obtenu la mise en place en
    France des "class actions" (ou actions de groupe), recours judiciaire
    collectif, le projet de loi ayant t abandonn en fvrier 2007.
 
    Mais elles ont su tirer parti de l'article L.421-1 du code de la
    consommation qui leur donne le droit de se porter partie civile. En
    obtenant la suppression de nombreuses clauses abusives, elles ont
    acquis un pouvoir prventif et dissuasif. Ainsi, dans l'action de
    l'UFC-Que choisir contre Unilever France et la MAAF, qui remboursait 40
    euros  ses adhrents lorsqu'ils achetaient de la margarine Pro-Activ,
    le juge, qui ne s'est pas prononc sur le fond, a certes considr que
    la synergie entre les deux campagnes (celle d'un fabricant et d'un
    assureur) n'tait pas illgale (TGI de Paris, arrt du 5 novembre
    2007), mais il a jug inopportune la publication de la dcision dans la
    presse. L'offre de la compagnie d'assurances a pris fin au bout d'un
    an.
 
    En Belgique, l'association Test-Achats a adopt un systme original
    d'avantages ngocis en matire d'assurances. Les assureurs, qui
    rpondent aux critres du cahier des charges tabli par l'association
    et qui s'engagent  offrir un tarif rduit aux adhrents de celle-ci,
    sont labliss et recommands par Test-Achats. Une telle politique
    ncessite des moyens importants, notamment en matire d'expertise. La
    situation de Test-Achats avec 350 000 adhrents pour 10,5 millions
    d'habitants (soit un Belge sur 35) est plus forte que celle des
    associations franaises, divises et en partie subventionnes par
    l'Etat.
 
    Un signe qui ne trompe pas : depuis 1995, la consommation en France ne
    dispose plus d'un ministre  part entire. Elle a t successivement
    rattache aux secrtariats d'Etat aux PME, commerce, artisanat et
    professions librales, puis au tourisme !
 
