<FILE-date="2008/01/08/19">
<article-nb="2008/01/08/19-1">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1">  Aprs les dmissions  de Pierre Jeantet et de Bruno Patino, le directeur du quotidien veut viter  la nomination d&#38;#39;un administrateur judiciaire.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-1">      E ric Fottorino, directeur du journal Le Monde et membre du directoire
    du groupe, a demand  Alain Minc, prsident du conseil de
    surveillance, d'tre nomm prsident du directoire. Cette annonce,
    faite lundi 7 janvier devant les salaris du quotidien lors de la
    prsentation des voeux, intervient aprs la confirmation, vendredi 4,
    de la dmission de Pierre Jeantet, prsident du directoire, et de Bruno
    Patino, numro 2 du groupe.
 
 
    "Je ne serai pas le directeur qui laissera enterrer Le Monde de
    Beuve-Mry", a indiqu Eric Fottorino, rappelant qu'il a choisi de
    reprendre sa dmission par "attachement  notre indpendance,  notre
    aventure singulire de journalistes (...) au moment o de toutes parts
    la presse devient la proprit de puissances conomiques et
    financires".
 
    Durant le week-end, Eric Fottorino a pris contact avec les actionnaires
    externes du groupe pour leur expliquer le sens de sa dmarche et leur
    rappeler qu'il n'entendait pas "codiriger" le journal avec les socits
    de personnels. "Je ne serai pas l'otage des socits de personnels, pas
    plus que je ne serai l'otage d'autres actionnaires."
 
    Pour Eric Fottorino, la priorit est aujourd'hui d'viter l'arrive
    d'un administrateur judiciaire au journal aprs l'ventuelle saisine du
    tribunal de commerce. "Juridiquement, seule la prsence d'un prsident
    du directoire peut empcher" cette nomination, rappelle Eric Fottorino.
    "Un administrateur judiciaire, c'est la garantie que nous tous ici,
    journalistes, personnels, perdrons la main sur notre destine."
 
    "MESSAGE CLAIR"
 
    Face  cette ventualit, le directeur du Monde a tenu  placer les
    membres du conseil de surveillance, et leur prsident, face  leurs
    responsabilits. "Je ne suis pas sr qu'il sera donn une suite
    favorable  ma demande. Mais alors, chacun dans ce conseil devra
    prendre ses responsabilits. Cela voudrait dire que le directeur du
    Monde, membre du directoire, serait rcus au profit d'un
    administrateur judiciaire. Ce serait  mes yeux un acte d'agression
    contre nous (...)"
 
    Le directeur du Monde a galement souhait envoyer un autre "message
    clair"  Alain Minc en refusant "une recapitalisation htive" du groupe
    qui, selon lui " aboutirait  dnaturer l'identit mme du Monde".
 
    Cette recapitalisation a t voque pour la premire fois le 14
    dcembre 2007 par Pierre Jeantet lors d'un djeuner organis par
    l'Association des journalistes mdias. "La lecture de nos bilans plaide
    pour une recapitalisation (...) le plus vite serait le mieux", mais
    "nous ne sommes pas dans une situation qui l'exige", avait soulign M.
    Jeantet. Le schma d'une recapitalisation n'avait alors jamais t
    voqu en interne. Lors d'une runion d'information, organise lundi,
    la Socit des rdacteurs du Monde (SRM) a indiqu qu'elle avait t
    contacte par Lagardre et Prisa, actionnaires de Monde SA, en vue
    d'une recapitalisation. Selon le montage prsent, les deux groupes
    apporteraient 75 millions d'euros pour racheter la totalit des ORA du
    groupe. Une opration qui aboutirait  une recomposition des quilibres
    capitalistiques internes. "Nous sommes farouchement attachs 
    l'indpendance", a affirm Jean-Michel Dumay, prsident de la SRM, qui
    estime par ailleurs que "la situation conomique ne ncessite pas de
    recapitalisation",
 
    La vente des Journaux du Midi vient de rapporter 90 millions d'euros,
    ce qui va permettre au groupe de rduire son endettement brut. Celui-ci
    passera de 74  29 millions d'euros (hors ORA, obligations
    remboursables en actions). L'autre moiti sera alloue  la trsorerie,
     la relance de certains titres et au financement du plan de
    redressement.
 
    La situation conomique reste difficile. Fin novembre 2007, le groupe
    affichait un rsultat oprationnel en retard de 5,6 millions d'euros
    par rapport  son budget. Eric Fottorino a indiqu que s'il tait
    "suivi" par le conseil de surveillance, il "mettrai (t) en oeuvre sans
    tarder et de faon irrversible le plan d'conomies indispensable au
    redressement du journal et du groupe". Ce plan devait initialement tre
    prsent le 19 dcembre.
 
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<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2">  Fort de son succs le magazine se dveloppe et change de formule.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-2">      P sychologies Magazine lance une nouvelle formule en janvier. Le
    mensuel se veut "plus rythm, plus complet, plus accessible", en
    restant fidle  sa raison d'tre : "aider chacun de nos lecteurs 
    mieux vivre sa vie", explique Jean-Louis Servan-Schreiber, prsident du
    groupe Psychologies. "Cette nouvelle formule a ncessit un an et demi
    de travail avec la cration de nouvelles rubriques comme "vivre
    ensemble"", souligne Laurence Folla, rdactrice en chef.
 
 
    Cr en 1970 et rachet en 1997 par Perla et Jean-Louis
    Servan-Schreiber, qui a dirig une dizaine de journaux (L'Expansion,
    L'Express...), Psychologies a vu sa diffusion passer de 75 000
    exemplaires en 1997  prs de 370 000 exemplaires en 2007 - dont 120
    000 abonns -, soit "l'une des plus fortes progressions, malgr un prix
    de vente (4 euros pour le grand format et 3,5 euros pour le petit) deux
     trois fois suprieur aux magazines grand public", explique l'diteur.
    HFM, devenu Lagardre Mdias, a acquis 49 % du capital en juillet 2004.
    Le mensuel compte 2,8 millions de lecteurs, dont 70 % de femmes, selon
    l'AEPM.
 
    UN NOUVEAU SITE
    Ce groupe fait figure d'exception dans le paysage de la presse,
    confront  un repli de la publicit. " Psychologies est l'un des rares
    magazines  avoir vu une croissance de ses recettes publicitaires en
    2007", se flicite Arnaud de Saint Simon, directeur gnral. Son
    chiffre d'affaires publicitaire a progress de 5 % en 2007  14
    millions d'euros.
 
    Jean-Louis Servan-Schreiber explique ce succs par "une formule qui ne
    ressemble pas aux autres. Les lectrices nous achtent pour approfondir
    leur rflexion personnelle, et nous sommes perus par les annonceurs
    comme un magazine fminin".
 
    Dans un contexte morose, l'diteur se flicite de voir que Psychologies
    "est l'un des magazines les plus rentables de la presse magazine en
    France, avec un taux de rentabilit de 18 %  20%".
 
    Lanc en 2001, le site psychologies.com totalise aujourd'hui 700 000
    visiteurs uniques et 19 millions de pages vues, selon l'diteur. Le
    groupe prvoit de lancer en 2008, avec Lagardre Mdias, "un site "pure
    player", dans le domaine du mieux-vivre, visant des femmes CSP +
    (catgories socioprofessionnelles suprieures)", explique Arnaud de
    Saint Simon. Le groupe Psychologies a aussi lanc, depuis 2004, huit
    ditions trangres, dont la plupart avec Lagardre.
 
    "Il faut consolider ce qui existe", car "on ne lancera plus de
    magazines", estime Jean-Louis Servan Schreiber. "C'est une priode
    rvolue, car il est trs difficile de crer un journal ex nihilo, en
    raison d'un march difficile, tant sur la diffusion que sur la
    publicit."
 
<article-nb="2008/01/08/19-3">
<filnamedate="20080108"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080108"><AAMMJJHH="2008010819">
<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3">  Le chroniqueur du quotidien isralien &#38;#34;Haaretz&#38;#34; est galement le scnariste d&#38;#39;une srie tlvise centre sur la communaut arabe d&#38;#39;Isral. Un feuilleton largement autobiographique dont l&#38;#39;ironie a conquis un large public.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-3">      C 'est l'histoire d'un journaliste arabe isralien parti interviewer un
    politicien juif d'extrme droite. Au cours de l'entretien, il apprend
    que le premier ministre vient d'adopter le plan de son interlocuteur
    visant  faire passer sous souverainet palestinienne certaines
    localits arabes d'Isral, dont son propre village. Ce scoop le plonge
    dans des insomnies  rptition. Que faire ? Rester au village et
    perdre la nationalit isralienne ou bien dmnager plus  l'ouest et
    la conserver ? A bout de forces, il finit par consulter un psy dont le
    diagnostic est sans appel : "Vous souffrez d'une pathologie rare mais
    bien connue qui s'appelle l'Arabe isralien et avec laquelle vous devez
    apprendre  vivre car il n'y a aucun traitement efficace."
 
 
 
 
           Parcours
 
 
 
    1975
    Naissance  Tira (Isral).
 
    1997
    Reporter pour l'hebdomadaire "KolHar".
 
    2002
    Publie son premier roman, "Les Arabes dansent aussi" (Belfond 2003).
 
    2004
    Sortie de son second roman, "Et il y eut un matin" (L'Olivier 2006).
 
    2005
    Chroniqueur pour le quotidien isralien "Haaretz".
 
    2007
    Scnariste de la srie tlvise "Avoda Aravit" ("Travail d'Arabes").
 
                                                              
 
 
 
    L'infortun s'appelle Amjad Elayan. Il est le hros d'une sitcom
    drolatique intitule "Avoda Aravit" ("Travail d'Arabes"), la premire
    srie diffuse en prime time  la tlvision isralienne dont les
    protagonistes appartiennent  la minorit arabe. Prisonnier de sa
    nvrose identitaire, Amjad est le double du journaliste et romancier
    Sayed Kashua, le scnariste de cette srie sacrilge qui passe  la
    moulinette tous les tabous des Palestiniens citoyens d'Isral.
 
    Le premier pisode commence  un check-point en banlieue de Jrusalem.
    Vex d'tre systmatiquement identifi comme Arabe et donc arrt,
    Amjad somme sa femme Bushra et leur fille Maya de boucler leur ceinture
    et de ne parler qu'hbreu. A peine le soldat se penche-t-il  la
    fentre de leur voiture que l'espigle Maya le salue dans le plus
    parfait arabe, au grand dam de son pre, oblig de se ranger sur le
    ct pour subir une fouille en rgle.
 
    Les huit pisodes suivants sont  l'avenant. Mtaphore burlesque de
    l'alination culturelle des Arabes israliens, Amjad remplace sa
    vieille Subaru par une Rover d'occasion, suppose faire davantage juif.
    Anxieux de faire bonne figure au Seder, le dner de la Pque juive
    auquel les parents d'une amie de sa fille l'ont invit, il fait rpter
     toute sa famille la Haggadah, la prire traditionnelle lue autour de
    la table.
 
    En retour, Amjad invite ses htes  clbrer l'Ad chez lui et invente
    pour l'occasion un folklore similaire  celui du Seder, avec une
    rengaine du crooner gyptien Farid Al-Atrash en guise de prire
    musulmane. Dans son quartier, o il est le seul  rouler avec la
    ceinture, il est la tte de turc de ses voisins, persuads quand ils le
    voient ainsi harnach que la police rde dans le coin. "Pour crire le
    scnario, je me suis inspir directement de ma propre vie", raconte
    Sayed, un jeune trentenaire dont les chroniques pleines d'irrvrence
    font les dlices des lecteurs du quotidien isralien Haaretz. "Mon
    frre, par exemple, refuse de monter en voiture avec moi dans notre
    village natal, o je suis le seul  mettre la ceinture. Il a
    l'impression d'tre assis  ct d'un homo."
 
    Contre toute attente, ce jeu de massacre sous-titr en hbreu a conquis
    l'audience presque exclusivement juive de la chane 2. Avec un Audimat
    moyen de 19 %, il fait mme mieux que le reality show "Survivors"
    diffus  la mme heure sur la chane 10, sa concurrente directe. Et
    pourtant, les Juifs n'y sont pas pargns. Pour sduire Amal, une
    brillante avocate arabe implique dans la dfense de sa communaut,
    Mer, le copain juif d'Amjad, s'chine une aprs-midi entire  rouler
    des feuilles de vigne farcies. Quand la belle dbarque  son domicile
    et raille ses efforts culinaires en citant L'Orientalisme, l'oeuvre
    phare de l'essayiste palestino-amricain Edward Said, il rpond qu'il
    n'a pas lu "ce livre de cuisine".
 
    Dans un autre pisode, Amjad, qui veut inscrire sa fille dans une cole
    juive, se heurte aux prjugs de la directrice qui, dcouvrant
    l'identit des parents, affirme qu'il n'y a plus de place dans son
    tablissement. Un dboire que Sayed Kashua a lui-mme connu avant de
    placer sa fille dans une cole mixte de Beit Safafa, le quartier arabe
    de Jrusalem o il rside.
 
    Ces critiques des travers racistes de la socit isralienne n'ont pas
    suffi  amadouer la presse arabe. Aux yeux de la plupart des
    commentateurs, l'incorrigible Kashua fait figure au mieux d'illumin,
    souvent de collabo et au pire de kafir (hrtique). "Je comprends que
    mes sarcasmes ne passent pas bien, dit-il. Dans une communaut sous
    pression comme la ntre, il est trs difficile de penser librement.
    L'artiste se doit de combattre l'occupation avec des slogans prmchs
    tout en ressassant le paradis perdu d'avant-1948."
 
    Au dbut de sa carrire, Sayed Kashua rentre dans ce moule. Il est
    reporter dans les territoires occups pour KolHar, le magazine de
    Jrusalem. Traumatis par le dferlement des tanks israliens dans les
    villes de Cisjordanie en 2002, il se rfugie dans la critique
    gastronomique et tlvise, avant d'tre recrut il y a trois ans par
    Haaretz. "Au dbut mon chef voulait me faire crire des trucs
    politiques. Mais tre la feuille de vigne d'un journal isralien, cela
    ne m'intresse pas. Aprs quelques pas, je l'ai enleve et, depuis, je
    me promne  poil."
 
    Chronique aprs chronique, Sayed Kashua s'amnage une place  part, ni
    caution ni bouffon, en creusant la veine de la drision identitaire,
    dsabuse et dsopilante. Aux journalistes qui demandent  cet ovni
    d'atterrir et de dcliner son identit, il aime  rpondre : "Je suis
    un pilote de l'arme de l'air isralienne." La provocation comme
    stratgie d'autodfense. Il ne veut pas que les lecteurs en ouvrant
    Haaretz se disent : "Voyons ce que dit l'Arabe de service." "Je veux
    qu'ils aient tout simplement envie de lire Sayed Kashua comme on lit
    n'importe quel autre crivain."
 
    Ce ton singulier lui vaut d'tre repr par Dany Faran, le roi du soap
    opera isralien qui voulait lancer sur les crans de ses compatriotes
    un "Cosby Show"  la mode arabe. "Sayed est le Woody Allen des Arabes
    israliens", dit-il. En attendant de s'atteler  la deuxime saison, le
    duo rflchit  un pisode spcial, consacr au Jour de l'indpendance,
    l'anniversaire de la fondation d'Isral, qui clbre cette anne ses
    soixante ans. Sayed a dj son ide. La tradition en Isral veut que
    les enfants ns le Jour de l'indpendance reoivent des cadeaux de
    l'Etat. "Or Bushra, la femme d'Amjad, qui tait enceinte, accouche
    justement ce jour-l. Un milliardaire arrive qui promet  la famille
    plusieurs dizaines de millions de dollars,  une condition : que le
    bb soit nomm Isral." Incorrigible, on vous dit.
 
 
