<FILE-date="2008/01/06/19">
<article-nb="2008/01/06/19-1">
<filnamedate="20080106"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080106"><AAMMJJHH="2008010619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  Le premier Znith europen,  Strasbourg, prs de l&#38;#39;Allemagne, se devait d&#38;#39;tre aussi le plus grand de France : 10 000 places, toutes voiles leves.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">      L e premier Znith europen,  Strasbourg, prs de l'Allemagne, se
    devait d'tre aussi le plus grand de France : 10 000 places, toutes
    voiles leves. Tous les zniths qui ont fleuri dans l'Hexagone - des
    salles de spectacle essentiellement pour les musiques populaires - sont
     gomtrie variable, autant que peut l'tre leur acoustique : la jauge
    est modulable selon l'affluence et la nature du spectacle. Elle l'est
    ici par de grands rideaux noirs aux allures de jupons vaporeux.
 
 
 
 
           Quinze salles, les raisons du succs
 
 
 
    Le Znith de Strasbourg est le 15^e btiment de ce type construit en
    France pour accueillir essentiellement des concerts de musique
    populaire. Les prochaines salles lablises Znith sont attendues 
    Saint-Etienne, Amiens et Saint-Denis de La Runion.
 
    A l'origine. En 1981, le ministre de la culture, Jack Lang, veut
    dvelopper une politique du rock et des musiques populaires. Les
    professionnels du spectacle, Daniel Colling et Daniel Keravec, et les
    architectes Chaix et Morel, inventent un concept de salle adapt  ces
    musiques. Le premier Znith voit le jour, en 1983, au Parc de La
    Villette,  Paris.
 
    Cahier des charges. La construction d'un Znith est essentiellement
    finance par les collectivits locales. L'obtention du label Znith,
    qui autorise des subventions de l'Etat, est soumise au respect d'un
    cahier des charges : salle modulable d'au moins 3 000 places,
    acoustique, visibilit, programmation, gestion...
 
    Le succs. Le Znith est devenu un passage oblig pour les tournes
    d'artistes franais ou tranger, qui trouvent des salles adaptes. Les
    dpenses d'exploitation sont rduites. La socit grante ne peut tre
    productrice de spectacles et limite le risque financier en se bornant 
    la location de la salle.
 
                                                              
 
 
 
    La salle, inaugure le 3 janvier, devait tre ouverte au public, le 5,
    avec un concert de Lorie, Jenifer, Amel Bent, Alize, Christophe Ma,
    Emmanuel Moire, Mlissa M et Les Desses. Elle est susceptible de
    passer de 2 000 places  4 000, 7 000 (comme  Paris), 9 000
    (Toulouse), 10 000 ici.
 
    Son architecte, Massimiliano Fuksas, en annonce distraitement 12 000.
    Approximation acceptable pour cet Italien qui se partage entre mille et
    un chantiers d'envergure - il a galement dessin le Znith d'Amiens (6
    000 places) qui a ouvert ses portes, en dcembre 2007.
 
    Fuksas, n en 1944, s'est fabriqu une clbrit en France, o il a
    reu le grand prix national d'architecture, en 1999. Il est retourn
    faire le prophte en son pays (la nouvelle Foire de Milan, le Palais
    des congrs de Rome) sans quitter des yeux l'Hexagone. Il s'est fait
    une image d'intellectuel pragmatique, ou d'homme d'affaires dou pour
    l'import-export de concepts, en dirigeant la Biennale d'architecture de
    Venise 2000 sur le thme "Moins d'esthtique plus d'thique".
 
    CHAMPIGNON ORANGE
 
    Qu'en est-il du Znith de Strasbourg ? Le btiment est log dans un
    immense site de 26 hectares, entre autoroutes et hypermarchs, sur la
    commune d'Eckbolsheim,  la priphrie ouest de l'agglomration.
 
    On erre d'abord dans un immense no man's land entour de parkings 
    perte de vue et d'une coquette ceinture verte peuple de cabanes de
    jardiniers flambant neuves.
 
    On aperoit au coeur de ce village une sorte d'norme champignon
    orange, excroissance magique qui vous transporte chez les Schtroumpfs,
    cratures du dessinateur Peyo, faute d'chelle ou de repres clairement
    humains.
 
    En tournant autour, le champignon en question voque encore un pouf
    baba cool ou un souffl au munster savamment mont. Et mme une fire
    casquette de contrleur de train allemand, orange, ce qui est plutt
    inhabituel, et comme visse  l'envers sur la salle, coquetterie
    hip-hop s'il en est.
 
    Mais il y en a l-dedans : vastes et gnreux espaces d'accueil,
    circulations lisibles, trs lisibles mme, grce  une signalisation
    surabondante loge dans des ronds orangs cercls de noir, sur fond de
    bton brut. Le public entre ct visire pour passer sous les gradins
    suprieurs, principe universel, mais assez fortement et justement
    soulign par Fuksas, dont le lyrisme s'est exprim avec plus de grce
    dans la structure que dans la couverture.
 
    L'architecte s'exerce au micro, les yeux ronds comme des billes
    d'entendre sa voix projete jusqu'aux cintres : "Vous voyez, ce que je
    dcouvre, c'est que ce Znith, finalement, c'est une sculpture, pas
    seulement une architecture !"
 
    Cette machine est faite pour marcher  moindre cot - un seul ascenseur
    emmne dans les cintres. Une analyse des diverses tapes du chantier
    rvle une structure fort intressante : une srie de cercles ou
    d'ellipses tangents ct scne, dont chacun rappelle un moment de
    l'histoire des thtres, des plus anciens modles hellniques aux plus
    rock and roll.
 
    L'ensemble s'tend sur prs de 7 000 m^2, sous un gril en demi-lune qui
    domine toute la scne pour s'arrter  la dernire range de siges.
 
    Le cot du btiment s'lve  48,62 millions d'euros, plus 30 millions
    pour les abords et les accs, financs  68 % par la communaut urbaine
    de Strasbourg. Baptise Znith Europe, la salle de spectacle sera
    exploite par la socit Vega, dj exploitante des Znith de Nancy,
    Limoges et Dijon.
 
 
<article-nb="2008/01/06/19-2">
<filnamedate="20080106"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080106"><AAMMJJHH="2008010619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  Une slection des expositions de l&#38;#39;anne en Europe et en France.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">      D eux mensuels spcialiss, Beaux Arts Magazine et L'il - ce dernier
    tant, en la matire, le plus complet - donnent, dans leur dernire
    livraison, un panorama des expositions de l'anne 2008. Les six
    premiers mois seront fastes pour les arts.
 
    En France, l'anne commence avec des expositions consacres  de trs
    jeunes crateurs. Adel Abdessemed (n en 1971), au Muse de Grenoble, 
    partir du 3 fvrier, et Loris Graud (n en 1979), au Palais de Tokyo,
    le 14 fvrier.
 
 
 
 
           Le Cirque de Calder fait relche
 
 
 
    "Alexander Calder 1926-1933 : les annes parisiennes", tait une des
    expositions phares du printemps  Beaubourg. Confie  Brigitte Lal,
    une des meilleures spcialistes franaises de cette priode, elle
    devait prsenter les inventions gniales et drles de cet ingnieur
    devenu pote, dont Le Cirque, avec ses acrobates en fil de fer, qui
    enchanta les Parisiens  la fin des annes 1920. Si l'vnement figure
    toujours dans les calendriers des mensuels spcialiss, et sur le site
    Internet de la Calder Foundation (http://www.calder.org), qui gre
    l'hritage de l'artiste et dont on espre tout de mme qu'elle a t
    prvenue, il a disparu de celui du Centre Pompidou. L'exposition est
    reporte en 2009. Officiellement, par manque d'argent.
 
                                                              
 
 
 
    Leurs ans, A. R. Penck (n en 1939) et Wolf Vostell (1932-1998), qui
    n'oubliaient pas de leur jeunesse allemande ce que la politique veut
    dire, seront respectivement au Muse d'art moderne de la Ville de
    Paris,  partir du 14 fvrier, et au Carr d'art de Nmes, ds le 13
    fvrier. Le 22 fvrier, c'est au tour de l'Amricain Keith Haring
    (1958-1990), qui avait su transcender l'art du graffiti, probablement
    un des meilleurs de sa gnration avec son ami Jean-Michel Basquiat,
    d'tre prsent au Muse d'art contemporain de Lyon.
 
    A Paris, un fauve, Maurice de Vlaminck (1876-1958), verra la part la
    plus significative de son oeuvre, celle de la premire priode, de 1900
     1915, expose,  partir du 20 fvrier, au Muse du Luxembourg, le
    trs actif centre d'art du Snat. La remarquable exposition de Louise
    Bourgeois, dj montre  Londres (Le Monde du 28 dcembre 2007), sera
    prsente au Centre Pompidou, le 27 fvrier.
 
    Beaubourg a malheureusement report d'un an, en 2009, l'exposition
    prvue sur les annes parisiennes de Calder, mais montrera,  partir du
    7 mai, la trs attendue exposition transversale consacre aux "Rapports
    entre l'art contemporain et le sacr", avec plus de deux cents artistes
    convoqus. Mais le plus spirituel des artistes du sicle sera 
    chercher du ct du Grand Palais : Richard Serra y installera,  partir
    du 7 mai, quelques tonnes d'acier qui concilient, d'une faon
    inimitable, la lgret et la puissance.
 
    Politique  nouveau, dans ce qu'elle a de plus militant, avec
    l'exposition organise par Jean-Paul Ameline, dj auteur, en 1996, de
    "Face  l'histoire", qui explorait  Beaubourg les rapports entre art
    moderne et vnements historiques : il rcidive au Grand Palais, 
    partir du 16 avril, avec "La figuration narrative", l'un des derniers
    grands mouvements contestataires, n au dbut des annes 1960.
 
    Les amoureux de l'art ancien ne seront pas en reste avec une vocation
    de Babylone par le Louvre (14 mars), de Goya, respectivement le 13
    mars, au Petit Palais  Paris, et le 24 avril, au Muse des beaux-arts
    de Lille, mais aussi des "Fastes de la cour sous Marie-Antoinette", une
    reine qu'on ne fte plus gure que chez Florent  New York, chaque 14
    juillet : l'Autrichienne mal aime se verra rhabilite (?) en 300
    oeuvres, au Grand Palais,  partir du 15 mars. Plus pertinente,
    l'exposition que consacre le Muse d'Orsay  Lovis Corinth (1858-1925)
    permettra aux Franais, ds le 31 mars, de dcouvrir un jalon essentiel
    et mconnu ici de l'art allemand.
 
    La Pinacothque de Paris frappe un grand coup avec les "Guerriers de
    Xian", l'arme de terre cuite du premier empereur de Chine (15 avril).
    Enfin, un matre, le Japonais Hokusai (1760-1849), qui rvolutionna
    l'art de l'estampe, inventa le manga et traumatisa Van Gogh, sera
    l'vnement du Muse Guimet,  partir du 21 mai.
 
    A nos frontires proches, beaucoup de bonheur en perspective : d'abord
     Ble, le 16 janvier, le Muse Tinguely inaugure une rtrospective 
    l'artiste dadaste allemande Hannah Hch (1889-1970) et, le 27 janvier,
    s'ouvre,  la Fondation Beyeler, une dmonstration de la vitalit du
    geste en peinture,  la suite de l'Action Painting popularise aprs
    1945 par Jackson Pollock. Autour de la figure du hros de l'art
    amricain, Arshile Gorky, Wols, Morris Louis, Sam Francis ou Soulages
    montrent que le geste peut faire sens.
 
    A Baden-Baden (Allemagne), le Museum Frieder Burda montre,  partir du
    19 janvier, un ensemble rare d'oeuvres du peintre allemand Gerhard
    Richter (n en 1932), une soixantaine de toiles conserves dans des
    collections prives de Berlin, Darmstadt et celle de Frieder Burda
    lui-mme.
 
    Au Palazzo Grassi de Venise, l'art contemporain de la collection
    Pinault cde la place, le 26 janvier,  une exposition historique sur
    "Rome et les invasions barbares". Madrid clbre Modigliani et son
    poque, le 5 fvrier, au Muse Thyssen.
 
    A Londres, aprs le long suspense entretenu pas les autorits russes
    qui refusaient de prter leurs oeuvres (Le Monde du 22 dcembre 2007)
    et le vote d'une loi spcifique par les Britanniques pour les garantir,
    les 120 oeuvres impressionnistes et modernes provenant des muses
    russes, dont L'Hermitage (Saint-Ptersbourg) et le Muse Pouchkine
    (Moscou), ont reu leur autorisation de sortie. L'exposition "De Russie
    : toiles de matres russes et franais des annes 1870-1925" devrait
    donc se tenir,  partir du 26 janvier,  la Royal Academy.
 
    Les Londoniens auront galement droit  une rtrospective du sculpteur
    espagnol Juan Munoz (1953-2001), le 24 janvier,  la Tate Modern, muse
    qui prsentera aussi,  partir du 21 fvrier, une confrontation de
    trois amis qui rvolutionnrent l'art contemporain, Duchamp, Picabia et
    Man Ray. Les amateurs d'art plus sage se rjouiront de l'exposition que
    la Royal Academy consacrera,  partir du 8 mars,  Lucas Cranach
    l'Ancien (1472-1553).
 
    Enfin, la Grande-Bretagne peut aussi se tourner vers Liverpool, qui
    inaugure sa distinction de capitale europenne de la culture pour 2008
    avec une exposition consacre par la Tate  Niki de Saint Phalle.
 
 
<article-nb="2008/01/06/19-3">
<filnamedate="20080106"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080106"><AAMMJJHH="2008010619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Saul Leiter, Alec Soth, Patti Smith : trois rendez-vous attendus.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">      L a fin de l'anne 2007 avait t marque par les grands noms de la
    photographie amricaine, avec des expositions sur Edward Steichen ou
    Helen Levitt. Le premier semestre de l'anne 2008 clbre encore
    l'Amrique, mais de faon plus discrte.
 
    A Paris, la Fondation Henri-Cartier-Bresson met en avant, du 17 janvier
    au 13 avril, un photographe mconnu autant que novateur, Saul Leiter,
    qui a mis ds les annes 1950 sur la couleur, plutt cantonne alors
    aux magazines et  la publicit. Egalement peintre, Leiter a utilis la
    rue pour composer des images potiques, trs loin des reportages en
    vogue  cette poque.
 
 
    Au Jeu de paume, du 15 avril au 15 juin, Alec Soth, jeune Amricain qui
    vient d'intgrer la clbre agence Magnum, mne un travail sensible o
    l'intime se mle  l'approche documentaire. Enfin, la Fondation Cartier
    pour l'art contemporain fera place, du 28 mars au 8 juin,  une figure
    mythique de la scne amricaine, moins connue d'ordinaire en
    photographie que sur la scne musicale : Patti Smith exposera pour une
    fois son travail plastique, photos et dessins.
 
    Les autres expositions de la rentre se recentrent sur la France ou
    l'tranger proche : la Maison europenne de la photographie se penche,
    du 15 janvier au 30 mars, sur l'oeuvre potique du Franais Edouard
    Boubat (1923-1999), avec, en complment, l'aventure du magazine
    Ralits, o le photographe a travaill avec Jean-Philippe Charbonnier,
    Frank Horvat et d'autres.
 
    Le Jeu de paume confirme son intrt pour l'image au sens large, avec
    une grande rtrospective, du 22 janvier au 30 mars, de la vidaste
    finlandaise Eija Liisa Ahtila. Puis, du 15 avril au 15 juin, une
    exposition consacre  la Franaise Valrie Mrjen, photographe,
    plasticienne et vidaste, qui btit son travail autour de dtails
    cruels et de lieux communs.
 
