<FILE-date="2008/01/05/19">
<article-nb="2008/01/05/19-1">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1">  Ken Loach cre un personnage fminin ambigu, Angie, ancienne exploite devenue &#38;#34;exploiteuse&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-1">      L 'hrone du nouveau film de Ken Loach se prnomme Angie. C'est une
    belle blonde, gnreuse en dcollet, blouson de cuir noir et moto, 
    l'inlassable combativit. Elle incarne un nouveau type de personnage
    dans l'oeuvre de ce cinaste des petites gens et des travailleurs
    maltraits.
 
    En 1985, Ken Loach a ralis un film sur les mineurs en grve contre
    Margaret Thatcher qui s'intitulait Which Side Are You On ? (Dans quel
    camp tes-vous ?). Pour ce dfenseur forcen des combats de la classe
    ouvrire, il n'y a jamais eu d'ambigut.
 
 
    Il fut du ct des travailleurs de Riff-Raff , migrs de rgions
    conomiquement sinistres vers la capitale et condamns aux emplois
    temporaires, sans protection sociale. Du ct des licencis de Raining
    Stones , soumis aux files d'attente de l'aide sociale. Du ct de
    Joe, le chmeur de longue dure de My Name is Joe , condamn aux
    jobs au noir. Ou de Maggie, chanteuse de pub cabosse par la vie
    (Ladybird, 1994), qui se bat pour rcuprer les enfants que lui ont
    retirs les services sociaux. Rien de chang dans It's a Free World ! :
    nous sommes passs de l're Margaret Thatcher  l're Tony Blair, mais
    le cinaste, plus que jamais acharn  dnoncer les injustices et
    rveiller les consciences, est toujours solidaire des exploits. A ce
    dtail prs, qui rend son propos plus complexe : son film montre
    comment une victime du systme devient  son tour un rouage de
    l'exploitation dans ce que l'on appelle "le miracle anglo-saxon".
 
    Angie est un pur produit de la politique librale, voue  l'nergie
    d'entreprendre, au culte des affaires et de l'individualisme. Elle est
    formate pour se tailler cote que cote une place au soleil, peu
    regardante sur les moyens. Au monde de son pre, un docker qui a connu
    l'apoge du syndicalisme, a succd celui de l'argent roi, le rgne de
    la comptitivit et du chacun pour soi. Avec l'invention d'un concept
    dvastateur : celui de la flexibilit, qui favorise la prcarit des
    emplois.
 
    Salarie dans une entreprise londonienne, charge de recruter de la
    main-d'oeuvre  bon march dans les pays de l'Est, cette brave fille
    bosse avec abngation jusqu'au jour o, s'tant rebelle contre le
    harclement sexuel de l'un de ses patrons, elle est mise  la porte.
    Elle dcide de crer son propre cabinet de recrutement.
 
    Angie a connu dix boulots en dix ans, et ne connat qu'une mthode pour
    s'en sortir : jouer des coudes, la recherche du profit. Le film de
    Loach montre comment, pour avoir sa part du gteau, elle devient un
    maillon d'une politique cynique qui nie les acquis syndicaux et les
    droits de l'homme.
 
    Gnreuse au dpart, Angie va tre amene  oublier sa morale et
    devenir une allie de la contrebande humaine. Racontant l'histoire du
    point de vue de l'"exploiteuse" plutt que de celui des exploits, le
    cinaste montre bien comment s'opre cette mutation.
 
    Pour "dmarrer", Angie est oblige de flirter avec l'illgalit, et
    entrane par l'hypocrisie du systme (gruge par des contrematres,
    manipule par la chane des sous-traitances, incapable de payer ses
    clandestins, car elle-mme escroque par des chantiers en faillite),
    elle met le doigt dans un engrenage qui va l'amener  ruser avec les
    taxes, employer des illgaux, diffrer la rtribution des ouvriers
    qu'elle trie chaque matin devant un entrept, dnoncer des sans-papiers
     la police pour rcuprer des logements...
 
    Il y a quelque chose d'implacable, et de dsesprant, dans ce constat
    d'une exploitation des pauvres par les pauvres, chacun oeuvrant pour sa
    survie, oeil pour oeil, chacun ayant ses raisons. L'une de celles
    d'Angie est son statut de mre clibataire, acharne  prouver  la
    socit (famille, administration) qu'elle a des revenus stables et une
    identit sociale crdible pour pouvoir lever un fils dont on lui
    refuse la garde.
 
    Du ct des proltaires, Ken Loach ne juge pas Angie, il juge le
    systme qui rveille son gosme, lui donne des alibis pour commettre
    l'inadmissible.
      __________________________________________________________________
 
    "It's a Free World !" de Ken Loach. Film anglais avec Kierston Wareing,
    Juliet Ellis, Leslaw Zurek,Joe Siffleet, Colin Coughlin. (1 h 33.)
 
<article-nb="2008/01/05/19-2">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2">  Un convoi de l&#38;#39;OTAN est immobilis dans un bourg roumain par un fonctionnaire obtus. Une farce noire magistrale.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-2">      D ans la forte et noire tradition humoristique d'Europe de l'Est, la
    Roumanie pourrait prtendre remporter la palme de la cruaut. Les
    Ionesco et autres Cioran ont ainsi rcemment trouv de fiers mules
    dans une nouvelle gnration de cinastes, tels Cristi Puiu (La Mort de
    Dante Lazarescu, 2005) ou Corneliu Porumboiu (12 h 08  l'est de
    Bucarest, 2006). California Dreamin', slectionn et prim lors du
    Festival de Cannes 2007 dans la section officielle Un certain regard,
    laisse pourtant tous ses prdcesseurs loin derrire lui.
 
 
 
 
           L'avis du "Monde"
 
 
 
    A VOIR
 
                                                              
 
 
 
    Son ralisateur, Cristian Nemescu, jeune cinaste de 28 ans, est mort
    le 24 aot 2006 dans un accident de voiture, sur la route du
    laboratoire o il terminait le montage de ce premier long mtrage. Le
    talent indniable dont tmoigne son film, la stupidit d'une mort qui
    le cueille dans la fleur de sa jeunesse et  l'aube de sa carrire,
    l'atroce ironie du sort rvle par cet accident fatal, le sentiment
    ml d'allgresse et de dsarroi qui saisit le spectateur  la vision
    de ce spectacle pour le coup absolument unique : tout cela place
    Nemescu dans la roumanitude la plus chevele.
 
    Inspir d'un fait divers que le film s'emploie  exagrer jusqu'
    l'absurde mtaphysique, California Dreamin'a lieu dans le trou du cul
    du monde, la bourgade roumaine de Capalnita. L, en 1999, passe un
    train rquisitionn par l'OTAN, qui convoie, sous bonne escorte
    amricaine et avec l'accord des autorits roumaines, un radar
    ultrasophistiqu en direction de la frontire avec la Serbie.
 
    PAS DE PASSAGE
 
    On est en pleine guerre du Kosovo, l'engin doit servir  surveiller les
    mouvements de l'adversaire lors d'un bombardement stratgique imminent
    men par l'OTAN. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des
    mondes si le train, plutt que de passer comme convenu, n'tait arrt
    net par Doairu, chef de gare de Capalnita, trs  cheval sur les
    rglements. L'escorte ne disposant pas des documents ncessaires,
    Doairu fait acheminer le convoi sur une voie secondaire, et l'y laisse
    moisir cinq jours, aussi sourd aux raisons de l'OTAN qui le menace de
    Bucarest, aussi indiffrent  la rputation du prsident Clinton qu'
    celle de son ministre de tutelle. Pas de papiers, pas de passage, la
    loi est la loi.
 
    Ces cinq jours seront donc ceux du film, qui ne demande qu' s'gayer,
    de digression en digression, en compagnie de multiples personnages
    poursuivant chacun un but diffrent. A commencer par Doairu, prototype
    velu de la mdiocrit faite homme, veuf aigri et atrabilaire, mafieux
    et tyranneau local, qui se rfugie derrire la loi pour assumer en
    ralit la vengeance d'un destin rat qui n'est autre que celui de la
    Roumaine sacrifie par les Amricains au lendemain de la seconde guerre
    mondiale.
 
    Sa fille, Monica, ne rve que de quitter son pre et le village, et se
    jette  la tte d'un jeune sergent amricain. Le maire de Capalnita, un
    mou dpourvu d'envergure, voit dans cet incident international un
    formidable moyen d'attirer l'attention des investisseurs sur son trou,
    et organise une grande fte populaire  laquelle il invite le bataillon
    amricain, avant de le mener en fanfare au bordel, o des filles en
    porte-jarretelles rouges donnent une version pure de la Lgende de
    Dracula.
 
    L'AMPLITUDE DU PROPOS
 
    Quant au capitaine de l'escorte, tout en maxillaires, voyant sa mission
    prendre l'eau, il passe de la tentation du mitraillage gnral  une
    harangue publique digne d'un tlvangliste, destine  librer le
    village de l'emprise de Doairu, quitte  l'abandonner  son sort quand
    le train repart.
 
    Avec une foultitude d'intrigues et de personnages secondaires oublis
    au passage, on ne donne ici qu'une mince ide du film, qui pate par
    l'amplitude de son propos, la complexit d'enjeux qui interdisent de le
    rduire  la satire qu'il semble tre, et la libert de ton qui
    l'accompagne.
 
    Le film voquera sans doute aux plus anciens ce sentiment de fracheur
    et de loufoquerie dispens jadis par la nouvelle vague tchque, en
    beaucoup plus sombre, Roumanie oblige, mais aussi notre poque. Car le
    train de California Dreamin'est bel et bien celui d'une Histoire
    dfinie davantage comme lieu sacrificiel que comme horizon
    rdemptionnel.
      __________________________________________________________________
 
    "California Dreamin'" de Cristian Nemescu. Film roumain avec Armand
    Assante, Razvan Vasilescu, Maria Dinulescu, Ion Sadparu. (2 h 35.)
 
 
<article-nb="2008/01/05/19-3">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3">  Lisez l'intgralit de l'article pour plus d'information.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-3">      I l tait difficile de passer le rveillon du Nouvel An dans une
    famille russe sans regarder Ironiya Soudby (L'Ironie du sort), un
    classique du cinma sovitique, datant de 1971 et diffus tous les ans
     la tlvision le soir du 31 dcembre. Le film raconte les aventures
    de Zhenia, un jeune Moscovite victime d'un mauvais tour de ses copains
    lors d'une soire arrose  la vodka le soir du rveillon. Il se
    rveille quelques heures plus tard  l'aroport de Leningrad, persuad
    d'tre  Moscou. Il se rend en taxi chez lui, au "25, Troisime Rue des
    Constructeurs, appartement 12" : le btiment s'avre tre le mme que
    le sien,  la mme adresse  Moscou ! Mme sa cl - d'un modle
    sovitique standard - fonctionne. Problme : une jeune femme, Nadia, y
    habite...
 
 
    Ce vaudeville sovitique a connu un immense succs ds sa sortie. La
    justesse des rfrences culturelles et les clins d'oeil aux habitudes
    sovitiques en ont fait un classique. Mme les jeunes connaissent les
    rpliques cultes de cette fresque de plus de trois heures.
 
    Un ralisateur s'est risqu  en faire une suite. Non pas le pre de
    l'original, Eldar Ryazanov, 80 ans, mais Timur Bekmambetov, auteur du
    populaire film de science-fiction Nochno Dozor .
 
    Le film, intitul L'Ironie du sort - la suite, est sorti en salles le
    21 dcembre 2007,  grand renfort d'affiches publicitaires dans les
    rues des grandes villes. Zhenia et Nadia sont de retour. Lui a un
    garon, elle une fille, qui seront appels  se rencontrer. Alcool,
    rencontres impromptues, la recette du film initial est au rendez-vous,
    mais dans la Russie d'aujourd'hui, celle de la classe moyenne
    croissante : grosses voitures et oreillettes de tlphone portable en
    lieu et place des tenues de soire de l'poque sovitique et de la
    dcoration vieillotte des avions d'Aeroflot.
 
    Le dcor culturel actuel est peut-tre trop prsent, diront les
    mauvaises langues qui auront relev les nombreuses rfrences  un
    grand rseau de tlphonie mobile russe, l'un des sponsors de la
    production.
 
    La critique est reste de marbre. Mais, pour le moment, le succs
    commercial du film, certes balbutiant, est remarqu : plus de 1 050
    copies circulent dans l'ensemble des salles de l'ex-URSS et, lors de
    son premier week-end, L'Ironie du sort - la suite a rcolt plus de 6
    millions d'euros de recettes, une somme plus que coquette pour le
    cinma dans le pays.
 
<article-nb="2008/01/05/19-4">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4">  Premier long mtrage de Yau Nai Hoi, l&#38;#39;un des scnaristes attitrs de Johnnie To.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-4">      J ohnnie To, prolifique cinaste de Hongkong, est aussi un heureux et
    non moins prolifique producteur. Filatures est ralis par l'un de ses
    scnaristes attitrs (coauteur de plus de vingt de ses films) qui signe
    ici son premier long mtrage comme ralisateur.
 
    Pas tonnant que Filatures ait superficiellement un petit air de
    famille avec une oeuvre qui commence par ailleurs  tre connue en
    Occident. De nombreux acteurs font partie de la troupe de l'auteur de
    The Mission,  commencer par Simon Yam, et les rues de Hongkong ont ici
    quelque chose de familier, une densit concrte qui voque le meilleur
    du cinma de To.
 
 
    Mais ce qui renvoie encore plus srement Filatures au cinma de Johnnie
    To, c'est le parti pris utilis, soit une manire sinon d'inventer tout
    au moins de travailler sur un certain type d'action contenant un fort
    lment ludique.
 
    Une quipe spciale de la police, charge de la surveillance et des
    filatures, tente de remonter la piste d'une dangereuse bande de
    braqueurs. Les techniques modernes de contrle (camras de
    surveillance, tlphones portables) sont ici secondes par les moyens
    plus primitifs de la simple filature. Suivre quelqu'un sans se faire
    reprer, utiliser la rue comme un terrain o se joue un jeu subtil
    consistant  rendre insignifiant et anonyme un comportement pourtant mu
    par une dtermination unique, tel est l'enjeu auquel sont confronts
    les personnages.
 
    L'AMBIGUT DU VISIBLE
 
    La partie se corse lorsque les truands de leur ct dcodent et
    dcryptent les gestes de la police. C'est surveillance contre
    surveillance. C'est celui qui dcodera le plus vite les signaux mis
    par la rue qui gagnera la partie. Rien de plus cinmatographique que
    cette incertitude sur la nature de ce que l'on voit lorsque l'on se
    croit surveill. L'ambigut du visible devient un lment de polar. La
    qualit du film repose donc d'abord dans une capacit  dtacher gestes
    et dplacements de tout vritable enjeu.
 
    La premire squence,  cet gard, est remarquable, qui laisse le
    spectateur dans l'indcision de ne pas distinguer tout de suite, parmi
    les silhouettes qui arpentent les rues de Hongkong, qui est du "bon
    cot" et qui ne l'est pas. Le sentiment d'un maillage urbain, nouvelle
    manire de voir la ville comme thtre du genre, fait ici passer les
    coups de force et invraisemblances d'un scnario plutt rjouissant.
 
    Mme si l'on peut regretter que la mise en scne, tout en zooms et
    camra porte, n'ait pas l'lgance de celle d'un Johnnie To, le film
    de Yau Nai Hoi maintient l'intrt du spectateur avec un minimum de
    consistance.
      __________________________________________________________________
 
    "Filatures" de Yau Nai Hoi. Film chinois (Hongkong) avec Simon Yam,
    Tony Leung Kai Fai, Kate Tsui. (1 h 30.)
 
<article-nb="2008/01/05/19-5">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5">  Les bandes-annonces de films sont au coeur d&#38;#39;un conflit sur les tarifs des spots promotionnels.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-5">      L es bandes-annonces de films sont au coeur d'un conflit. Car si les
    salles indpendantes diffusent gratuitement ces spots promotionnels,
    les gros circuits - les plus nombreux - les font souvent payer plus en
    plus cher. L'enjeu est de taille car, selon Olivier Bardolle, PDG de la
    rgie publicitaire Talent Group, un spectateur sur quatre choisirait un
    film en voyant la bande-annonce. "Contrairement  l'affichage ou la
    radio, la bande-annonce est un mdium captif, qui vise la totalit des
    amateurs de cinma", dit-il.
 
 
 
 
           Explosion des dpenses de promotion des films
 
 
 
 
    Selon le Centre national de la cinmatographie, les dpenses consacres
     la promotion des films en France ont explos, passant de 129 millions
    d'euros en 1998  391 millions en 2006. Le phnomne Internet est
    central : les publicits et bandes-annonces payantes sur les sites
    comme AlloCin ont atteint 60 millions d'euros en 2006, ce qui classe
    Internet au 3^e rang des mdias les plus priss par les distributeurs
    de films, aprs l'affichage (160 millions) et la presse (72 millions),
    et devant les bandes-annonces en salles (52 millions). Des prestations
    auparavant gratuites sont devenues payantes (bandes-annonces, certains
    types d'affichage), d'autres ont t cres (caissons lumineux dans les
    halls des salles, magazines de programmes en salles). Alain Sussfeld,
    d'UGC, note que les dpenses de promotion des films sont plus leves
    aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, o "les distributeurs dpensent
    des fortunes  la tlvision, ce qui est interdit en France".
 
                                                              
 
 
 
    Talent Group, qui sous-traite la commercialisation des bandes-annonces
    pour les rgies Mediavision et Screenvision (ex-Circuit A), fixe les
    tarifs en fonction de la longueur du spot et du nombre de salles d'UGC,
    Path, Gaumont, CGR dans lesquelles il est diffus. Ces tarifs portent
    les noms vocateurs de Ecran Premium, Select, Screen Elite, Ecran Gold
    ou Silver.
 
    Commercialises uniquement pour Europalace (Path et Gaumont), les
    bandes-annonces les plus chres sont projetes dans le noir, colles au
    film qui dmarre. Les prix s'chelonnent, pour deux semaines, entre 9
    000 euros et 165 000 euros. Plus gnralement, le cot de diffusion
    d'une bande-annonce d'une minute et demi peut s'lever  100 000 euros
    pour une campagne de deux semaines dans plus de 500 salles. Ces tarifs
    sont moins levs, de l'ordre de 30 %, que les spots publicitaires qui
    vantent Hollywood Chewing Gum, L'Oral ou Heineken.
 
    "Seuls les gros distributeurs, les filiales de groupes, les studios
    amricains ont les moyens de payer de grosses campagnes", dplore Eric
    Lagesse, directeur gnral de Pyramide, qui distribue des films
    d'auteurs franais et trangers. Ces derniers, plus fragiles, qui
    auraient justement besoin de campagnes publicitaires pour trouver leur
    public, n'ont pas ces moyens. "Nous sommes une fois de plus confronts
     un systme de domination et de discrimination par l'argent", estime
    Eric Lagesse.
 
    "PROBLME D'ENGORGEMENT"
    Par ailleurs, la multiplication du nombre de films, et le fait que les
    exploitants se battent pour obtenir les plus porteurs, aboutit  une
    moindre diffusion des bandes-annonces gratuites. "Auparavant, elles
    taient diffuses quatre ou cinq semaines avant la sortie du film. Mais
    avec l'encombrement des salles, ce dlai a t raccourci  une ou deux
    semaines, explique Anne Pouliquen, dlgue gnrale de Distributeurs
    indpendants runis europens. Le distributeur n'est jamais oblig
    d'acheter les espaces payants, sauf s'il veut tre sr que sa
    bande-annonce passe."
 
    Olivier Bardolle reconnat que la bande-annonce est fragilise par un
    "problme d'engorgement". Mais pas par son cot. Il ajoute que
    l'avant-sance ne peut pas durer, sous peine de lasser, plus d'une
    demi-heure et que, gnralement, les publicits et les bandes-annonces
    payantes ne dpassent pas les douze minutes.
 
    M. Bardolle affirme qu'il entend "depuis vingt ans une plainte
    permanente pour demander davantage de bandes-annonces gratuites". Mais,
    selon lui, leur nombre n'a pas baiss : quand il y en avait trois dans
    les annes 1980, il y en aurait trois aujourd'hui. Pour autant, elles
    ne concernent pas forcment le cinma le plus fragile.
 
    Chez UGC, Alain Sussfeld, son directeur, prcise que "le choix des
    bandes-annonces gratuites fait partie de l'image que nous voulons
    donner au rseau. Nous privilgions Les Promesses de l'ombre, de David
    Cronenberg, au dernier Harry Potter". Chez MK2, qui assure sa propre
    rgie, on assure que tous les films diffuss dans les salles de ce
    rseau bnficient de bandes-annonces gratuites. Europalace (Path et
    Gaumont), pour sa part, se refuse  tout commentaire sur ce sujet de
    discorde avec les distributeurs indpendants.
 
 
<article-nb="2008/01/05/19-6">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6">  Rdition des quatre films avec le comique raliss par le cinaste hollywoodien.   
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-6">      D ans une nouvelle livraison par la Paramount de DVD de films
    interprts par Jerry Lewis, quatre ont t raliss par Frank Tashlin.
    De tous ceux qui eurent  un moment ou  un autre  diriger l'acteur
    amricain, Tashlin, qui avait fait de Jayne Mansfield une sorte d'icne
    avec La Blonde et moi, est sans doute le cinaste  l'oeuvre la plus
    personnelle. En effet, lui seul a su plonger la silhouette grimaante
    et rgressive de Jerry Lewis au sein d'un univers qui en accentuait la
    force comique et lui donnait un sens plus profond qu' l'accoutume.
 
 
    Car Tashlin occupe une place importante dans le cinma hollywoodien des
    annes 1950 et 1960. C'est une sorte de chanon manquant. Venu du
    dessin anim et de la bande dessine, il a un univers burlesque, qui
    reste imprgn de la dmesure du cartoon. Mais c'est en fait la culture
    populaire amricaine, telle que les annes 1950 l'ont fige, qui
    passionne Tashlin, acharn  en faire surgir une signification moins
    vidente et moins infantile que l'on croit.
 
    Ainsi dans Artistes et modles , les protagonistes tentent de
    faire une carrire dans la bande dessine. Une squence dans Trois
    bbs sur les bras  met en bote la tlvision qui,  ce moment
    mme, retire au cinma son public, pendant que la comdie musicale fait
    l'objet d'un traitement hilarant. Le Kid en kimono  brocarde Le
    Pont de la rivire Kwa, alors succs plantaire, tandis que les
    aventures du lapin blanc du personnage principal y rappellent certains
    cartoons de Chuck Jones ou Tex Avery. Jerry chez les cinoques 
    est sans doute le film qui contient le plus de gags absurdes, des
    feuilles mortes balayes sous une pelouse qui se soulve comme un tapis
     l'homme entirement pltr qui tombe et se fracasse contre un arbre,
    les dbris de sa carapace de pltre ne dcouvrant que le vide.
 
    L'IRONIE DU POP ART
 
    Les quatre films de Jerry Lewis rcemment distribus par Paramount
    dvoilent donc un auteur qui s'est moqu de l'immature et candide
    Amrique eisenhowerienne et, conscutivement, en a annonc la mutation
    et la fin. Le gag dans Jerry chez les cinoques au cours duquel
    apparat, dans la vitrine d'une agence de la TWA, la propre affiche du
    film annonant en vedette Jerry Lewis, donne la mesure de ce
    bouleversement.
 
    Avec Tashlin, le cinma amricain devient conscient de soi et voit
    dsormais avec distance ses mythologies comme une culture drisoire.
    Tashlin, avant l'heure, pourrait bien tre celui qui a introduit
    l'ironie du pop art dans le divertissement cinmatographique.
 
    Le DVD de Jerry chez les cinoques contient en supplments des prises de
    vue rates ou rejetes au cours desquelles on voit Lewis faire le pitre
    pour amuser l'quipe technique. Un document prcieux et amusant en
    provenance des archives de la Paramount.
      __________________________________________________________________
 
    "Artistes et modles", "Le Kid en kimono", "Trois bbs sur les bras",
    "Jerry chez les cinoques" , 4 DVD Paramount.
 
<article-nb="2008/01/05/19-7">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7">  Akiva Goldsman a crit &#38;#34;Je suis une lgende&#38;#34;
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7">      L es grvistes qui affrontent les conglomrats transnationaux accordent
    rarement des entretiens dans la suite d'un palace parisien. Akiva
    Goldsman relve de cette exception. Scnariste et producteur de Je suis
    une lgende, ralis par Francis Lawrence, il vient de prendre
    connaissance des premires recettes du film, sorti le 14 dcembre aux
    Etats-Unis : 74 millions de dollars en trois jours.
 
 
    Le producteur est aux anges, le scnariste est en grve. Comme tous les
    membres de son syndicat, la Writers Guild of America (WGA), il a pos
    son crayon. "Je travaillais  l'adaptation d'Angels and Demons, la
    suite du Da Vinci Code, avec les mmes gens (l'acteur Tom Hanks, le
    ralisateur Ron Howard, le producteur Brian Grazer), mais le scnario
    n'est pas termin. J'ai arrt d'crire. Le tournage devait commencer
    en fvrier, il est report sine die, ce qui ne fait plaisir 
    personne."
 
    A 45 ans, Akiva Goldsman a une longue exprience de la condition de
    scnariste. "Il est trs difficile de passer de la toute-puissance que
    l'on ressent au moment de l'criture  l'indiffrence dont tout le
    monde tmoigne  l'gard de l'avis du scnariste, c'est pour a que je
    suis devenu producteur." Il dfend ardemment le processus trs long
    connu sous le nom de dveloppement, qui va de l'criture d'un premier
    jet  la mise en production du film.
 
    Le projet d'une troisime adaptation de Je suis une lgende, roman de
    l'crivain de science-fiction Richard Matheson, languissait depuis plus
    de dix ans  la Warner. Ridley Scott, Arnold Schwarzenegger avaient
    manifest leur intrt. Et c'est quand le studio tait sur le point
    d'abandonner le projet qu'Akiva Goldsman s'est dcid  lui donner une
    dernire chance. Il a d'abord travaill sur le scnario d'un collgue
    puis a soumis le rsultat  Will Smith. L'acteur a donn son accord 
    condition que Goldsman revoie encore une fois sa copie.
 
    "Je prends beaucoup de plaisir  l'invention d'un scnario, mais ce
    n'est pas le summum du plaisir, explique Goldsman. Je le trouve plutt
    dans la rinterprtation continuelle d'une histoire, dans le choc entre
    les ides. Il faut se dcider  abandonner son ego, se rsoudre 
    n'tre jamais grossier ou mesquin avec ses interlocuteurs. Will Smith
    et moi partageons cette thorie sur la manire de faire progresser un
    scnario : il faut toujours continuer  parler."
 
    "SE PRPARER AU FUTUR"
 
    C'est justement ce que ne font plus les studios et la WGA depuis la
    rupture des ngociations. Akiva Goldsman la regrette mais reste
    convaincu du bien-fond du combat de sa profession : "On ne peut pas
    diffuser des films en streaming sur la toile 24 heures sur 24, ce qui
    va arriver incessamment, et proposer aux auteurs une rmunration
    unique de 250 dollars. C'est de l'exploitation."
 
    Le noeud du conflit - le partage des ressources nes de la diffusion
    numrique - lui apparat comme un moteur pour le combat : "C'est une
    grve moderne. Nous mettons en pratique le vieux principe selon lequel
    ceux qui ne se souviennent pas des erreurs du pass sont vous  les
    rpter. Les scnaristes n'ont pas su anticiper l'explosion du DVD.
    Cette fois, il en ira autrement. C'est un sentiment enthousiasmant de
    se prparer au futur. Les scnaristes sont une espce qui culpabilise,
    dprime, reste sur la dfensive. Mais je suis all sur les piquets de
    grve, et les gens sont impliqus. Malheureusement, nos slogans sont
    nuls et nous les scandons affreusement mal..."
 
<article-nb="2008/01/05/19-8">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8">  Le cinaste, prsent au festival de Marrakech, a lanc des fondations pour prserver la mmoire du cinma.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-8">      I l est devenu un pilier du festival de cinma de Marrakech, au Maroc,
    qui a eu lieu du 7 au 15 dcembre. Aprs avoir reu un hommage en 2006,
    le ralisateur amricain Martin Scorsese a, cette anne, donn une
    leon de cinma et propos deux films en projection sur la place Jamaa
    El-Fna : son Aviator, qu'il a prsent avec Leonardo DiCaprio, et
    Transes, un documentaire ralis en 1981 par le Marocain Ahmed
    El-Maanouni.
 
 
 
 
           Les autres projets de la fondation
 
 
 
    Martin Scorsese a inaugur sa World Cinema Foundation au Festival de
    Cannes, en mai, avec le soutien de sponsors comme Giorgio Armani,
    Cartier et Qatar Airways. Outre le documentaire Transes, la Fondation
    restaure deux films - Limite , du Brsilien Mario Peixoto, et
    Padurea Spanzuratilor , du Roumain Liviu Ciulei. Quatre autres
    projets sont annoncs pour 2008. Un site Internet est sur le point
    d'tre lanc, qui devrait servir  collecter les dons de particuliers
    dans le monde entier.
 
                                                              
 
 
 
    Ce dernier film a t restaur par la World Cinema Foundation, que
    Martin Scorsese vient de crer et qui vise  restaurer des
    chefs-d'oeuvre "ngligs" du patrimoine mondial, pour beaucoup hors
    Etats-Unis : des "films clbres qui ne sont plus projets et dont il
    n'existe pas de vido ou des films inconnus  dcouvrir".
 
    C'est la dernire tape du combat que le ralisateur de Raging Bull
    mne depuis plus d'un quart de sicle pour la prservation du
    patrimoine cinmatographique. En 1979, il est le premier  lancer un
    cri d'alarme face  la dgradation des ngatifs dtenus par les grands
    studios. En 1990, il cre avec d'autres grands d'Hollywood (Clint
    Eastwood, Francis Coppola...) la Film Foundation qui se consacre  la
    restauration de classiques comme La Nuit du chasseur, de Charles
    Laughton, ou Le Fleuve, de Jean Renoir. Dans le calme d'un riad, le
    cinaste a rpondu, avec son enthousiasme habituel,  nos questions sur
    sa nouvelle entreprise cinphile.
 
    Pourquoi avoir choisi Transes comme premier film  restaurer ?
 
    La suggestion est venue de Gianluca Farinelli (le directeur de la
    cinmathque de Bologne, qui est aussi, au sein de la fondation, le
    responsable des films et de la restauration), qui savait que ce film
    comptait beaucoup pour moi. J'ai trouv que c'tait une merveilleuse
    ide.
 
    La premire fois que je l'ai vu, c'est pendant le montage de mon film
    La Valse des pantins, en 1981. A l'poque, on montait les films la
    nuit, et je travaillais avec la tlvision allume. Mon attention a t
    retenue par les images d'un concert, et le film est pass en boucle
    toute la nuit. Transes permettait d'entrevoir ce qu'tait la vie au
    Maroc, il donnait une vision de sa culture depuis la base. C'tait
    quelque chose qui venait de la terre et du peuple marocains, pas de la
    position des classes suprieures. Je suis tomb amoureux de cette
    posie. J'ai ensuite achet la musique, et elle m'a inspir pour les
    images de La Dernire Tentation du Christ, que j'ai tourn au Maroc en
    1987. Elle est devenue la bande originale de ma vie.
 
    Qu'est-ce qui vous a pouss  crer cette fondation ?
    La World Cinema Foundation s'inscrit dans le sillage de l'American Film
    Foundation, avec laquelle on a fait beaucoup de progrs pour veiller
    la conscience de ceux qui ont le pouvoir sur les films, les dtenteurs
    de droits, pour dvelopper l'ide du cinma comme culture, comme
    patrimoine. L'ide de cette fondation tait de faire travailler
    ensemble les studios et les archives de film.
 
    Le fait que cette ide pouvait se rvler rentable tait important pour
    les studios, et nous avons propos qu'ils restent propritaires de
    leurs droits, et que deux nouvelles copies soient tires pour chaque
    film, une pour eux, et l'autre pour les archives. A ce jour, 480 films
    ont t restaurs. Rcemment, nous nous sommes dit qu'il faudrait
    poursuivre cette action dans des pays qui n'ont pas les moyens de cette
    tche.
 
    Quel est son fonctionnement ?
    L'ide est de faire appel  un groupe de cinastes qui ont le mme
    sentiment, et qui peuvent chacun apporter un ou deux titres de films
    qu'ils voudraient voir restaurer. Gianluca Farinelli se met alors en
    qute du ngatif, des droits, et dtermine ce qu'il est possible de
    faire. C'est beaucoup plus compliqu qu' Hollywood, o les droits sont
    aux mains des studios. Chaque film a son histoire, et chaque
    restauration est un processus unique. Le but est aussi de lever de
    l'argent pour aider les archives des diffrents pays, leur permettre
    d'accrotre leurs capacits de stockage par exemple, ou crer des bases
    de donnes.
 
    Que vous inspire le fait qu'il y ait de moins en moins de salles en
    Afrique ?
    J'ai appris qu'En attendant le bonheur, le trs beau film du
    Mauritanien Abderrahmane Sissako, n'tait vu qu'en DVD dans son pays,
    comme Abouna, du Tchadien Mahamat Saleh Haroun. Je dois aller voir
    Souleymane Ciss (le ralisateur malien de Yeelen et Waati) au Mali
    pour parler de la cration cinmatographique en Afrique. Mais pourrons
    aussi parler de l'importance de crer une salle de cinma pour montrer
    ces films. Cela ne fait pas partie des objectifs de la fondation, mais
    si nous arrivons  trouver les ngatifs et  les restaurer, alors
    l'exposition des films s'impose comme l'tape suivante. L'exposition,
    c'est d'abord les festivals, mais la salle vient juste aprs. Il nous
    appartient de soulever tous les problmes. Les rsoudre, c'est une
    autre affaire...
 
    Et le DVD ?
    L'dition DVD et la diffusion sur Internet font partie du plan, ce qui
    devrait beaucoup nous aider financirement. Mais le DVD en soi n'est
    pas un enjeu. Ce qui compte, c'est le ngatif ; le numrique ne dure
    pas.
 
 
