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<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  Le plasticien britannique expose  la galerie Yvon Lambert,  Paris.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">      J onathan Monk pourrait tre l'enfant terrible de Marcel Duchamp. Un
    produit driv diablement efficace droit descendu du grand-pre de
    l'art moderne. Voil plus de dix ans que cet lve de la fameuse cole
    de Glasgow, aujourd'hui berlinois, explore avec une profonde factie ce
    lourd hritage, s'amusant  le dissquer ; et avec lui toute l'histoire
    de l'art du XX^e sicle. Rsultat ? Une oeuvre prolifique et
    multirfrence, bourre de pieds de nez et de dtournements :
    irrsistible.
 
 
    Son exposition  la galerie Yvon Lambert s'offre une nouvelle fois 
    lire comme un jeu de piste, qui multiplie les digressions. Avec
    Duchamp, tout commena par une roue de bicyclette, que cet inventeur du
    ready-made s'extasiait  contempler lors de ses rvolutions au sommet
    d'un tabouret.
 
    Monk offre  la gnration Vlib'sa propre version de cette pice
    fondatrice : dans la galerie, il a dissmin des vlos par dizaines.
    Aucun n'est attach, et tous laisss en libre-service  quiconque
    voudrait s'chapper dans la ville. Objet fonctionnel ou oeuvre d'art ?
    Tout est dans le regard, nous enseignait Marcel. Tout est dans le coup
    de pdale, rtorque Jonathan.
 
    Son objectif, maintes fois rpt ? "Ramener l'art  la vie". Plutt
    que de le dsacraliser, en faire un objet  s'approprier, comme un
    gamin grimpe sur un chef-d'oeuvre de la sculpture : sans complexe. On
    retrouve Duchamp, toujours, dans la srie de peintures qui reprsentent
    ici autant de nus descendant l'escalier.
 
    Mais allusion est surtout faite au peintre allemand Gerhard Richter,
    qui s'est inspir de la duchampienne toile cubiste pour une de ses
    oeuvres. Cette dernire se trouve ici reproduite  l'envi : Monk en a
    envoy une copie numrique par Internet  des artisans chinois, qui se
    sont appliqus  la reproduire... en plus net. L'artiste commanditaire
    s'est, quant  lui, content d'y remettre un peu de ce flou si
    symptomatique de Richter, et d'agrmenter d'ampoules ses endroits
    stratgiques (seins et sexe).
 
    Encore une fois, le regard en vedette : comme dans ce trou sculpt ici
    au mur, "assez large pour que je vous voie mais pas assez pour que vous
    me voyiez". O l'on dniche encore une fois Duchamp, et son oeuvre
    Etant donn qui fait du regardeur un voyeur, en le forant  coller son
    oeil contre un trou dvoileur de nudit. Bref, l'exposition se dessine
    comme un dlicieux cercle vicieux, o se mlent vertiges du concept et
    badineries de malin garnement.
      __________________________________________________________________
 
    "Apples and Pears and Other Fruits of the Forest", Jonathan Monk,
    galerie Yvon Lambert, 108, rue Vieille-du-Temple, Paris-3^e. M
    Saint-Sbastien-Froissard. Tl. : 01-42-71-09-33. Sur Internet :
    www.yvon-lambert.com. Du mardi au samedi, de 10  13 heures et de 14
    h 30  19 heures. Jusqu'au 19 janvier.
 
 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  Une pice tire de Sean O&#38;#39;Casey.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">      L e dramaturge irlandais Sean O'Casey (1880-1964) est connu pour ses
    pices de thtre situes dans les bas-fonds de Dublin o il traite de
    la guerre, de la rvolution ouvrire contre les Anglais et de la
    violence avec un ralisme teint d'humour et d'ironie. Mais La Charrue
    et les Etoiles, critique face aux mfaits de l'arme des citoyens
    irlandaise, au moment de l'insurrection contre les Anglais, en 1916,
    dclencha une vive polmique. A la suite de quoi il dcida de s'exiler
    en Angleterre pour ne plus jamais remettre les pieds sur sa terre
    natale.
 
 
    La Fin du commencement, mise en scne par Clie Pauthe au
    Studio-Thtre de la Comdie-Franaise, n'a rien  voir avec les
    grandes pices en trois actes d'O'Casey. C'est une saynte clownesque
    qui met aux prises la femme d'un paysan irlandais, Lizzie Berril
    (Catherine Salviat), avec son pendard de mari, Darry (Michel
    Duchaussoy). Lasse de l'entendre toujours se plaindre de son dur
    labeur tandis qu'elle se prlasserait  ne rien faire  la maison, elle
    accepte le pari d'changer leurs rles. Darry est alors rejoint par son
    copain Barry Derril (Michel Robin) et les deux compres s'amusent,
    chantent, dansent, picolent et se rendent compte, un peu tard, que le
    temps presse. Le pauvre Barry ne voit quasiment rien (comme d'ailleurs
    O'Casey lui-mme), mais Darry le houspille sans piti et leurs efforts
    conjugus dchanent une suite hilarante de catastrophes.
 
    Malheureusement, on a l'impression que la metteuse en scne tire la
    pice pour qu'elle dure plus longtemps, sans doute pour profiter de la
    prsence de trois acteurs patants. Mais l o on attendrait une sorte
    de cavalcade chevele, on voit se traner deux vieux bonshommes
    poussifs, l o il faudrait une danse grotesque certes mais vive et
    folle, on assiste  une balourdise oursonnire. Il n'y a qu' la fin
    que se rattrape le rythme perdu. Un peu tard.
      __________________________________________________________________
 
    La Fin du commencement, de Sean O'Casey, mise en scne de Clie Pauthe.
    Studio-Thtre de la Comdie-Franaise, galerie du Carrousel du Louvre,
    place de la Pyramide inverse, 99, rue de Rivoli, Paris-1^er. M^o
    Palais-Royal. Tl. : 01-44-58-98-58. Sur Internet :
    www.comedie-francaise.fr. De 8  17 . Du mercredi au dimanche  18 h
    30. Jusqu'au 20 janvier.
 
 
<article-nb="2008/01/05/19-3">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Le muse MAC/VAL inaugure d&#38;#39;originales &#38;#34;visites gustatives&#38;#34; de ses collections.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">      F aire ptiller un tableau, engloutir l'art, de la bouche jusqu'
    l'estomac... Bref manger en regardant un tableau. C'est cette
    exprience originale que propose le MAC/VAL de Vitry-sur-Seine
    (Val-de-Marne) lors de "visites gustatives". Organises tous les
    premiers dimanches du mois, celles-ci font partie d'un riche ventail
    d'expriences offertes par le Muse d'art contemporain et sont inities
    par son restaurant, Le Transversal.
 
 
    Cinq tapes esthtiques, cinq bouches  dguster : labors en
    relation intime avec les oeuvres choisies, ces microplats dessinent un
    parcours au sein des collections. Continuellement rinvents, ils
    envoient les palais des visiteurs dans des voyages inattendus.
 
    Premier arrt devant un ballet de robots lectro-frntique inspir par
    la violence du Ku Klux Klan au plasticien franais Malachi Farrell,
    dans une salle questionnant l'engagement politique. Premire dcouverte
    des secrets imagins par le matre queux Olivier Devaux : dans la
    bouche, c'est une explosion. Cela fond et ptarade au mme rythme. Le
    secret ? Une tranche d'os  moelle constelle de ce sucre ptillant de
    notre enfance. L'ide ? "Rpondre  la violence de la salle en allant
    chercher le visiteur comme par un coup de poing."
 
    BOUCHE DE BASILIC ROUGE
 
    La deuxime exprience est moins corrosive. Intitule Bar sduire, elle
    consiste en une srie de films que Jean-Luc Vilmouth a consacr  des
    tres pris en flagrant dlit de tentative de sduction. Les unes
    minaudent, les autres font trmousser les muscles. Pour les
    accompagner, un liquide rose ptulant ; d'abord sirupeux, puis assailli
    par la verve du gingembre, pour finir dans la sensation lectrique que
    procure la fleur de Schouan (dont on extrait le poivre).
 
    Le visiteur se perd ensuite dans la ballade numrique que propose
    Bertrand Lamarche au coeur d'un terrain hant d'ombrelles gantes. Au
    milieu de ces envahissantes fleurs-parasols, il engloutit une bouche
    de basilic rouge frit, sch et mtin de clous de girofle. Sensation
    que l'oeuvre pntre en lui.
 
    Le palais est ensuite investi par une bruissante mulsion : elle fait
    un cho potiquement dsagrable  la voix de gamin mise en scne par
    le plasticien sonore Dominique Petitgand. Souvenir d'enfance ? C'est
    l'essence de rglisse qui le rveille et qui travaille ici  "restituer
    la dimension phmre de l'oeuvre, son ct impalpable, difficile 
    saisir", selon la guide Lucile Hamon.
 
    Fin du voyage culinaire dans l'exposition temporaire consacre  la
    conqute spatiale, "Stardust ou la nouvelle frontire" : l, le chef
    s'est fait un petit plaisir enfantin en rinterprtant la recette du
    Milky Way. Sa version de la voie lacte.
 
    Toutes sortes d'interprtations de l'oeuvre sont en jeu dans le but de
    "favoriser une sensation partage qui veille la discussion" chez un
    public souvent peu initi  l'art. Grand expert des rapprochements
    entre art et nourriture, Gilles Stassart, directeur artistique du
    Transversal est  l'initiative de ce projet et imagine aussi des
    soires cinma autour de cette rencontre.
      __________________________________________________________________
 
    Visites gustatives, tous les premiers dimanches du mois  partir du 3
    fvrier, en groupe sur rservation, MAC/VAL, Muse d'art contemporain
    du Val-de-Marne, place de la Libration, Vitry-sur-Seine
    (Val-de-Marne). Tl. : 01-43-91-64-20. Entre libre.
    "Stardust ou la nouvelle frontire", tous les jours sauf le lundi de 12
    heures  19 heures. 4 et 2 . Jusqu'au 3 fvrier.
 
