<FILE-date="2008/01/05/19">
<article-nb="2008/01/05/19-1">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1">  Seuls 18 000 emplois ont t crs en dcembre 2007 tandis que le taux de chmage est mont de 4,7 %  5 %. 
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1">      "N ous ne devons pas penser que la croissance va de soi" : c'est en ces
    termes, vendredi 4 janvier, que George W. Bush a ragi aux mauvais
    chiffres de l'emploi amricain publis plus tt dans la journe. Avant
    de promettre de travailler avec les dmocrates du Congrs  un plan de
    relance d'ici  la fin du mois dont il pourrait annoncer les
    principales mesures le 28 janvier, lors de son discours sur l'Etat de
    l'Union.
 
 
 
 
           Chiffres
 
 
 
    Emploi. En dcembre 2007, les Etats-Unis ont cr 18 000 emplois. Le
    secteur de la construction, particulirement affect par la crise des
    subprimes, a t le plus touch avec 49 000 licenciements nets.
    L'industrie a dtruit 31 000 emplois malgr un dollar faible et des
    exportations en hausse. Et dans les services, le commerce de dtail en
    a supprim 24 000 malgr la saison des ftes.
 
    Rmunrations.Le salaire horaire a augment aux Etats-Unis de 0,4 % en
    dcembre 2007 (+ 3,7 % en un an contre 4,3 % en 2006).
 
 
                                                              
 
 
 
    L'anne 2007 s'est effectivement mal finie : seulement 18 000 emplois
    ont t crs aux Etats-Unis en dcembre alors que les analystes
    misaient sur le chiffre pourtant modeste de 70 000. C'est le rythme de
    crations d'emplois le plus faible depuis aot 2003 quand le pays
    sortait  peine de l'clatement de la bulle Internet et entrait en
    guerre en Irak.
 
    Dans ce contexte, le taux de chmage a grimp de 4,7 %  5 %, pour
    atteindre son niveau le plus lev depuis novembre 2005, juste aprs le
    passage du cyclone Katrina. Sans les embauches du service public, qui a
    cr 31 000 emplois en dcembre, et a donc plus que compens les 13 000
    destructions d'emplois dans le secteur priv, le solde aurait t
    ngatif.
 
    Les Bourses n'ont pas apprci. Wall Street, tout comme les principales
    places financires europennes, ont vu leurs principaux indices chuter
    vendredi. Quant au billet vert, il a aussi encaiss le coup. L'euro est
    mont jusqu' 1,4823 dollar vendredi -  un plus haut depuis fin
    novembre 2007 - dans la foule de la publication des chiffres sur
    l'emploi. La perspective de voir la Rserve fdrale (Fed) baisser une
    nouvelle fois ses taux le 30 janvier - aprs trois baisses depuis
    septembre - pour soutenir l'conomie n'a pas aid la devise amricaine.
 
    "CRAINTES SUR LA CONSOMMATION"
 
    Les effets de la crise des subprimes - du nom de ces crdits
    immobiliers hypothcaires accords  des mnages prcaires - qui a
    dbut  l't 2006 ne cessent de s'amplifier. Le dtail des
    statistiques amricaines publies vendredi l'atteste, c'est bien de l
    que viennent les soucis de l'conomie. Mais, aujourd'hui, la crise
    initialement limite aux secteurs immobilier et bancaire se propage au
    reste de l'conomie. Jusqu'ici, l'emploi avait t prserv. Le fait
    qu'il flanche  son tour fait craindre un ralentissement de la
    consommation, le principal moteur de la croissance amricaine
    puisqu'elle en reprsente prs des deux tiers.
 
    Il y a un an, le chmage affectait 4,4 % seulement de la population
    active. "Il a augment dans presque toutes les professions", a indiqu
    Philip Rones du bureau des statistiques sur l'emploi. Et d'grener les
    236 000 emplois perdus dans le btiment depuis son pic d'aot 2006, ou
    les 212 000 licenciements nets de l'industrie en 2007, en raison
    surtout des difficults du secteur automobile... Au total, "l'conomie
    a cr 111 000 emplois par mois en moyenne en 2007, contre 189 000 en
    2006", a ajout M. Rones. Les analystes jugent qu'il faut entre 110 000
    et 140 000 embauches nettes chaque mois pour absorber la hausse de la
    population active et, donc, ne pas augmenter le taux de chmage.
 
    Hausse du chmage, flambe des prix du ptrole dont le baril a atteint
    les 100 dollars cette semaine, crise immobilire, ralentissement
    industriel comme en atteste le dernier indice des directeurs d'achats
    paru mercredi 2 janvier, pousses inflationnistes... Alors que la
    campagne pour les lections primaires est entre dans sa phase active,
    les problmatiques conomiques devraient en tre un des principaux
    enjeux.
 
    Les conomistes sont aujourd'hui de plus en plus nombreux  penser que
    les Etats-Unis n'chapperont pas  un trs brutal ralentissement, voire
     une rcession. La croissance amricaine, qui s'tait maintenue sur un
    rythme annuel de quelque 5 % au printemps et  l't, semble
    aujourd'hui sur le point de caler.
 
    "Il va sans dire que ces chiffres sont trs mauvais. Aprs a, mme les
    plus optimistes, qui soutenaient l'hypothse d'un simple ralentissement
    de l'conomie, voient leurs certitudes remises en cause", a dclar 
    l'AFP Al Goldman, analyste chez A. G. Edwards. "Les investisseurs sont
    de plus en plus nombreux  penser que la croissance amricaine va se
    situer en territoire ngatif cette anne", a, pour sa part, soulign
    Ren Defossez, de chez Natixis. Pour Mark Zandi, chef conomiste chez
    Moody's Economy.com, "l'conomie amricaine est au bord de la
    rcession".
 
 
<article-nb="2008/01/05/19-2">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2">  L&#38;#39;anne 2008 a commenc sur les marchs financiers comme 2007 s&#38;#39;tait termine. Mal, c&#38;#39;est--dire dans le dsordre, la volatilit, la nervosit, la peur.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2">      L 'anne 2008 a commenc sur les marchs financiers comme 2007 s'tait
    termine. Mal, c'est--dire dans le dsordre, la volatilit, la
    nervosit, la peur, reflts par des mouvements heurts et violents sur
    le ptrole, l'or et la parit euro-dollar. On ne peut pas tout  fait
    en vouloir aux investisseurs d'tre dans ces mauvaises dispositions.
    Sur le plan gopolitique, la dtrioration de la situation au Pakistan,
    au Kenya et au Nigeria a de quoi les inquiter. Sur le plan conomique,
    montaire et financier, les nouvelles ne sont gure plus rassurantes.
 
 
 
 
           L'inflation en 2008 sera suprieure  celle de
    2007, selon Christine Lagarde
 
 
 
    L'inflation en France en 2008 sera suprieure  celle de 2007, compte
    tenu de l'envole des prix du ptrole et des matires premires, a fait
    savoir, samedi 5 janvier, la ministre de l'conomie et des finances,
    Christine Lagarde. "Je ne pense pas que les prix du ptrole baissent
    durablement en 2008 et je pense que les prix d'un certain nombre de
    matires premires et notamment agricoles continueront  augmenter sur
    le march mondial", a expliqu la ministre sur France Info.
 
    Le taux de l'inflation en glissement sur un an en France pour le mois
    de dcembre est "hlas" suprieur  2% en 2007 alors que nous avancions
     un rythme de 1,6 % mais "mme avec ce chiffre l nous sommes plutt
    mieux que la moyenne de nos partenaires europens", a affirm M^me
    Lagarde. Les chiffres dfinitifs seront communiqus le 15 janvier par
    l'Insee, a-t-on prcis  Bercy.
 
    A la mi dcembre, dans son rapport semestriel, l'Organisation de
    coopration et de dveloppement conomiques (OCDE) misait sur une
    hausse des prix en France de 2,2 % en 2008 et 1,9 % en 2009, en raison
    de l'envole des cours du ptrole et des matires premires. Dans les
    hypothses retenues pour laborer son budget 2008, le gouvernement
    franais a tabl sur un taux d'inflation de 1,6 %.  (AFP)
 
 
                                                              
 
 
 
    Il y a d'abord la flambe des cours du ptrole, avec le baril  100
    dollars, qui nourrit  la fois les craintes d'un ralentissement de la
    croissance et celles d'une acclration de l'inflation. Les indices de
    prix publis un peu partout dans le monde depuis le dbut de l'anne
    font tat de tensions inflationnistes croissantes. En Espagne, le taux
    atteint 4,1 % en glissement annuel et 4,3 % en dcembre, soit le
    chiffre le plus lev depuis onze ans. En Allemagne, l'inflation
    s'inscrit  2,2 % en moyenne en 2007, son niveau le plus lev depuis
    1993.
 
    En d'autres temps, la Banque centrale europenne (BCE) ne se poserait
    probablement gure de question et relverait sans hsiter ses taux
    directeurs. Une fermet prne par Athanasios Orphanides, le gouverneur
    de la banque centrale de Chypre, tout nouveau venu au sein du conseil.
 
    "Le fait que la BCE ait attendu la fin de l'anne ne veut pas dire
    qu'elle ne devrait pas tre prte  remonter les taux si besoin",
    a-t-il affirm, avant d'ajouter que les membres de la BCE "sont
    extrmement inquiets concernant l'inflation".
 
    Si cette dclaration aura sans doute, par son orthodoxie, plu au
    prsident de l'institut d'mission Jean-Claude Trichet, elle ne permet
    pas d'y voir plus clair sur les intentions relles de la BCE.
 
    Car paralllement, la crise des subprimes continue  faire des vagues.
    Pas seulement dans les comptes des banques mais aussi dans l'conomie
    relle. En Allemagne, le ministre de l'conomie, Michael Glos, a
    reconnu mercredi 2 janvier que le taux de croissance de la premire
    puissance de la zone euro n'atteindrait pas 2 % en 2008, aprs 2,4 %
    attendu en 2007. "Les instituts de croissance ont revu plusieurs fois
    en baisse leurs prvisions. Le gouvernement ne peut pas non plus
    l'ignorer", argumente-t-il.
 
    RISQUE D'UNE "SPIRALE"
 
    En Espagne, la dconfiture du promoteur immobilier Colonial alimente
    les craintes d'un dcrochage brutal de l'conomie nationale, dont les
    performances rcentes s'appuyaient pour grande partie sur le dynamisme
    du secteur de la construction. Un clatement de la bulle conomique
    espagnole accentuerait encore le dilemme auquel la BCE est confronte.
    Faut-il baisser les taux pour soulager les banques, viter un krach
    immobilier et soutenir l'activit ou au contraire les relever pour
    lutter contre l'inflation ?
 
    Aux Etats-Unis, la tche de la Rserve fdrale amricaine (Fed) n'est
    pas plus simple. Selon les minutes de sa runion de dcembre, publies
    mercredi, les membres du conseil de la Fed s'inquitent d'un risque
    d'une "spirale" o la dtrioration du march du crdit pserait sur la
    croissance, ce qui rduirait encore plus les crdits disponibles. "Une
    volution ngative de ce genre pourrait rendre ncessaire un nouvel
    assouplissement important de la politique montaire", ajoute le compte
    rendu.
 
    Les mauvais chiffres de l'emploi publis vendredi rendent ce scnario
    plus probable. Mme si les membres du conseil de la Fed avertissaient,
    lors de la runion de dcembre, que "les risques et les pressions
    inflationnistes demeurent, notamment du fait des prix levs de
    l'nergie et des matires premires" et de la possibilit d'une hausse
    des anticipations d'inflation de la part des entreprises et des
    mnages.
 
    Aux Etats-Unis comme en Europe, le spectre de la stagflation risque de
    perturber durablement le sommeil des banquiers centraux.
 
 
<article-nb="2008/01/05/19-3">
<filnamedate="20080105"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080105"><AAMMJJHH="2008010519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3">  Le concept d&#38;#39;offre valable d&#38;#39;emploi (OVE) existe dj dans le code du travail franais, mais est interprt diffremment par syndicats et patronat.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3">      E n proposant de sanctionner les chmeurs qui refuseraient "deux offres
    d'emploi acceptables", Nicolas Sarkozy tablit le lien entre les "500
    000 offres d'emploi" non pourvues et la lgitimit du refus par le
    demandeur d'emploi d'une offre.
 
    Les syndicats et les associations de chmeurs ont vivement ragi  ces
    propos. La CGT note le passage du concept d'offre valable d'emploi
    (OVE)  offre "acceptable" et indique que "cela concourt  obliger les
    chmeurs  accepter des offres d'emploi en dessous de leur niveau de
    qualification, assorties d'une baisse de rmunration et de contraintes
    gographiques incompatibles avec la vie familiale". La CGT avait
    rclam, lors de la ngociation de la dernire convention
    d'assurance-chmage en novembre 2005, une dfinition plus prcise de
    l'OVE.
 
 
    Ce concept existe dj dans le code du travail franais, mais il reste
    interprtable. Selon l'article L. 311-5, "sont radis" ceux qui
    refusent un emploi, "quelle que soit la dure du contrat de travail
    offert, compatible avec leur spcialit ou leur formation, leurs
    possibilits de mobilit gographique compte tenu de leur situation
    personnelle et familiale (...) et rtribu  un taux de salaire
    normalement pratiqu dans la profession et la rgion".
 
    NOMBRE INFIME DE SANCTIONS
 
    Pour Annie Thomas, la prsidente (CFDT) de l'Unedic, "les possibilits
    de sanction existent dj au premier refus, le problme n'est donc pas
    l : aujourd'hui, l'ANPE est dans l'incapacit de proposer deux offres
    d'emploi en adquation avec les 2 millions de chmeurs".
 
    L'ANPE confirme que le nombre des sanctions pour refus d'offre est
    infime : 13 672 sur un total de 563 680 radiations, de janvier 
    novembre 2007, soit 2,4 %. Dans la ngociation sur la modernisation du
    march du travail, le Medef a propos d'intgrer "l'anciennet dans le
    chmage" dans la dfinition de l'offre valable. Plus le chmage se
    prolongerait et plus les critres de l'emploi acceptable
    s'estomperaient.
 
    Cette "dgressivit" de l'emploi valable, "acceptable", "convenable" ou
    "appropri" est pratique dans six des onze pays tudis par l'Unedic
    en juillet 2007 (Allemagne, Belgique, Espagne, Royaume-Uni, Irlande,
    Luxembourg). Seul le Danemark a abandonn la rfrence  cette notion
    en 2003 et tout chmeur indemnis est tenu "d'accepter tout emploi qui
    lui est propos".
 
    Dans la plupart des pays, les critres sont assez prcis. En Italie, le
    montant du salaire acceptable ne peut tre infrieur de plus de 10 % au
    salaire antrieur. En Espagne, le temps de trajet ne peut excder 25 %
    du temps de travail journalier ou les frais de transport excder 20 %
    du salaire mensuel.
 
    L'OVE reste  prciser en France. Dans la dernire convention de
    l'Unedic du 18 janvier 2006, les partenaires sociaux ont introduit une
    nouveaut : un allocataire de plus de 50 ans ou indemnis depuis plus
    de douze mois qui accepte un emploi dont le salaire est infrieur "d'au
    moins 15 %  30 % de son salaire journalier de rfrence" reoit une
    aide "destine  compenser la baisse de rmunration". L'Unedic indique
    avoir dpens 18,2 millions d'euros pour cette "aide diffrentielle de
    reclassement".
 
