<FILE-date="2008/01/04/19">
<article-nb="2008/01/04/19-1">
<filnamedate="20080104"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080104"><AAMMJJHH="2008010419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  &#38;#34;Jeux de pouvoir&#38;#34;, une palpitante srie policire britannique sur fond de machination,  suivre sur Arte.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">   
    D j prsident d'une importante commission parlementaire charge de
    contrler les activits des compagnies ptrolires, le jeune dput de
    Manchester, Stephen Collins, est promis  un bel avenir. Il aurait pu
    figurer dans cet autre et remarquable production de la BBC, "Les Annes
    Tony Blair", diffuse en 2003 par Arte.
 
 
    Mais bien que la comparaison s'impose, il ne s'agit pas ici de
    politique-fiction ou de documentaire dramatis. Presque aussi raliste,
    "State of Play", cre en 2003, (que l'on pourrait traduire par "Etat
    de la question" ou "Jeux de pouvoir" comme Arte) appartient  un genre
    plus traditionnel, celui de la srie policire, dans lequel les
    Britanniques excellent.
 
    Deux faits divers, qui n'ont apparemment aucun rapport entre eux, vont
    soudain contrarier la carrire de Stephen : l'assassinat d'un vendeur
    de drogue, Kelvin Stagg, et la mort d'une jeune femme, Sonia Baker, sur
    les rails du mtro londonien. A la rdaction du Herald, Cal McCaffrey
    dcouvre que, juste avant leur mort, Kelvin avait tlphon  Sonia,
    qui tait la matresse de Stephen. Le scandale clate. Il pourrait
    faire le bonheur de Cal... Mais Stephen est un ami.
 
    MACHINATION
 
    De faux-semblants en fausses pistes, l'affaire, qui menace d'impliquer
    un lobby ptrolier et d'branler le parti au pouvoir, ne cesse de se
    compliquer au fil des six pisodes. Il y a de quoi s'y perdre. Mais les
    rebondissements sont tels, le scnario de Paul Abbot et la ralisation
    de David Yates si bien mens, que l'on peut prendre la srie en cours
    et en apprcier toutes les qualits. "State of Play" mrite ainsi
    amplement d'tre  nouveau diffuse aprs l'avoir dj t sur
    Festival, Canal+ et Canal Jimmy.
 
    On est vite pris par le rythme de la mise en scne et fascin par la
    crdibilit de personnages assez ordinaires, emports par une histoire
    extraordinaire. Sexe, trahison, harclement, mensonges dans les
    coulisses du pouvoir... Tous les ingrdients qui font une affaire
    d'Etat sont runis.
 
    Mais ce qui intresse l'auteur et son ralisateur, ce ne sont pas les
    dtails croustillants du drame, mais bien la manire dont fonctionnent
    les mdias outre-Manche, partags entre presse srieuse et journaux 
    scandales.
 
    Cette affaire est une machination aux multiples ressorts dans laquelle
    les manipulateurs eux-mmes risquent d'tre  leur tour manipuls. Pour
    autant, cette mcanique rvle des hommes et des femmes attachants, une
    petite "comdie humaine" o auteurs et interprtes ont accord une
    attention toute particulire, quasi balzacienne,  la psychologie des
    personnages.
      __________________________________________________________________
 
    "Jeux de pouvoir", chaque samedi  partir du 5 janvier  22 h 30 sur
    Arte.
 
<article-nb="2008/01/04/19-2">
<filnamedate="20080104"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080104"><AAMMJJHH="2008010419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  Une pice tire de Sean O&#38;#39;Casey.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">   
    L e dramaturge irlandais Sean O'Casey (1880-1964) est connu pour ses
    pices de thtre situes dans les bas-fonds de Dublin o il traite de
    la guerre, de la rvolution ouvrire contre les Anglais et de la
    violence avec un ralisme teint d'humour et d'ironie. Mais La Charrue
    et les Etoiles, critique face aux mfaits de l'arme des citoyens
    irlandaise, au moment de l'insurrection contre les Anglais, en 1916,
    dclencha une vive polmique. A la suite de quoi il dcida de s'exiler
    en Angleterre pour ne plus jamais remettre les pieds sur sa terre
    natale.
 
 
    La Fin du commencement, mise en scne par Clie Pauthe au
    Studio-Thtre de la Comdie-Franaise, n'a rien  voir avec les
    grandes pices en trois actes d'O'Casey. C'est une saynte clownesque
    qui met aux prises la femme d'un paysan irlandais, Lizzie Berril
    (Catherine Salviat), avec son pendard de mari, Darry (Michel
    Duchaussoy). Lasse de l'entendre toujours se plaindre de son dur
    labeur tandis qu'elle se prlasserait  ne rien faire  la maison, elle
    accepte le pari d'changer leurs rles. Darry est alors rejoint par son
    copain Barry Derril (Michel Robin) et les deux compres s'amusent,
    chantent, dansent, picolent et se rendent compte, un peu tard, que le
    temps presse. Le pauvre Barry ne voit quasiment rien (comme d'ailleurs
    O'Casey lui-mme), mais Darry le houspille sans piti et leurs efforts
    conjugus dchanent une suite hilarante de catastrophes.
 
    Malheureusement, on a l'impression que la metteuse en scne tire la
    pice pour qu'elle dure plus longtemps, sans doute pour profiter de la
    prsence de trois acteurs patants. Mais l o on attendrait une sorte
    de cavalcade chevele, on voit se traner deux vieux bonshommes
    poussifs, l o il faudrait une danse grotesque certes mais vive et
    folle, on assiste  une balourdise oursonnire. Il n'y a qu' la fin
    que se rattrape le rythme perdu. Un peu tard.
      __________________________________________________________________
 
    La Fin du commencement, de Sean O'Casey, mise en scne de Clie Pauthe.
    Studio-Thtre de la Comdie-Franaise, galerie du Carrousel du Louvre,
    place de la Pyramide inverse, 99, rue de Rivoli, Paris-1^er. M^o
    Palais-Royal. Tl. : 01-44-58-98-58. Sur Internet :
    www.comedie-francaise.fr. De 8  17 . Du mercredi au dimanche  18 h
    30. Jusqu'au 20 janvier.
 
 
<article-nb="2008/01/04/19-3">
<filnamedate="20080104"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080104"><AAMMJJHH="2008010419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  L&#38;#39;agenda des tournes et programmations de salles, jusqu&#38;#39; l&#38;#39;t, en rock, chanson, jazz, et musiques du monde.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">   
    A ucun mgaconcert n'est annonc avant l't au Stade de France si ce
    n'est les adieux  la scne de Johnny en mai... 2009. Du coup, le Parc
    des Princes, priv de spectacle avec le PSG, prend la relve. Bruce
    Springsteen & The E. Street Band, en grande forme avant Nol  Bercy,
    reviennent le 27 juin.
 
 
 
 
           Aprs Polnareff, le retour de Cline Dion
 
 
 
    L'vnement scnique pour la chanson en 2007 tait le retour, aprs
    trente-quatre ans d'absence, de Michel Polnareff. La Qubcoise Cline
    Dion, elle, n'a plus chant sur le sol franais depuis  peine une
    dcennie (deux Stade de France en juin 1999). Mais ces deux retours se
    ressemblent car ils sont conscutifs  un exil amricain : Los Angeles
    pour le premier, Las Vegas pour la seconde qui, elle, n'est pas reste
    inactive puisqu'elle a sign un engagement de cinq ans au Caesar's
    Palace en s'y produisant plus de sept cents fois.
 
    Les retrouvailles avec le public auront le mme cadre : le Palais
    omnisports de Paris-Bercy. Le Taking Chances World Tour s'y arrte six
    soirs (les 19, 20, 21, 24, 25 et 27 mai). La chanteuse reviendra, en
    France, au dbut de l't (au Parc des sports Charles-Ehrmann de Nice,
    le 5 juillet), avant de filer en Suisse, le 9 (Stade de Genve).
 
                                                              
 
 
 
    C'est surtout au Palais omnisports de Paris-Bercy que se dirigeront, en
    2008, les pointures internationales : Smashing Pumpkins (6 fvrier),
    The Cure (12 mars, aprs Marseille, le 4) et, le charme en plus, Alicia
    Keys (27 mars, aprs Lyon, le 3, et Marseille, le 22), et Kylie Minogue
    (6 mai, puis le 30  Genve et le 1^er juin  Lyon). Leur succderont
    Radiohead (les 9 et 10 juin, puis les 14 et 15 aux Arnes de Nmes et
    le 6 juillet  Arras, seule date o il reste des places) et Santana (24
    juin, puis le 6 juillet  Baden-Baden).
 
    La pop britannique se dplace avec les Babyshambles de l'imprvisible
    Pete Doherty,  l'Olympia, le 14 janvier (complet, entre Lille, le 13,
    et Lyon, le 15), puis au Znith (le 4 fvrier, avec Morrissey ce mme
    soir  l'Olympia). Ceux qui prfrent l'accent amricain apprcieront
    Cat Power (le 21 janvier, au Bataclan), Steve Earle (les 4 et 5 fvrier
     la Java), Neil Young (les 14 et 15 fvrier au Grand Rex) ou Eels (le
    18 fvrier au Bataclan puis le 25 mars  La Cigale). Quoique sujet
    britannique, Mark Knopfler (le 7 avril  Toulouse, le 8  Nantes, le 9
     Bercy et le 10  Strasbourg) peut tre rattach  cette mouvance
    folk-country-rock, tout comme Robert Plant quand il est en tandem avec
    Alison Krauss (le 13 mai au Grand Rex).
 
    Pour les francophones, on croisera, en 2008, dans les salles de
    l'Hexagone Bernard Lavilliers (du 13 au 15 mars au Znith de Paris),
    Vronique Sanson (du 11 au 13 avril  La Cigale), Cali (du 14 au 16 au
    Znith), Georges Moustaki (les 5 et 6 mai  l'Olympia), Etienne Daho
    (du 3 au 8 juin  l'Olympia). Ou encore Les Ttes Raides, qui
    occuperont le Bataclan du 25 mars au 5 avril.
 
    Plus rares seront Claire Diterzi (du 22 au 24 fvrier au Thtre de
    Chaillot), Daniel Darc (le 17 mai  l'Olympia) et Camille (du 23 au 27
    mai  La Cigale). Et le plus grand mystre plane sur la teneur des
    concerts d'Alain Bashung (les 10 et 11 juin  l'Olympia aprs
    Saint-Etienne, Lyon, Brest, La Roche-sur-Yon ou Nanterre).
 
    Le jazz dbute l'anne en club ds les 9 et 10 janvier au Sunset, 
    Paris, avec le saxophoniste Evan Parker et Marteau rouge, puis le futur
    chef de l'Orchestre national de jazz, le contrebassiste Daniel Yvinec
    du 25 au 27. Le New Morning annonce le saxophoniste Pharoah Sanders,
    figure du free jazz, les 25 et 26 janvier. A l'Olympia, l'amateur de
    swing tranquille pourra entendre le Glenn Miller Memorial Orchestra le
    27 janvier. Pour les adeptes du gospel, le Golden Gate Quartet sera au
    Casino de Paris du 5 au 10 fvrier.
 
    Dans les salles institutionnelles, le pianiste Brad Mehldau jouera en
    trio le 7 mars  Pleyel avant le saxophoniste John Zorn le 26 juin.
    Cit de la musique, un programme "Jazz mystique" accueille la Saint
    John Coltrane African Orthodox Church de San Francisco le 8 fvrier,
    Magma, le 11, et le Sun Ra Arkestra le 13. Zorn sera aussi  la Cit,
    qui lui accorde une "carte blanche" du 23 au 25 juin et le 27.
 
    Au-del de la capitale, du 1^er au 23 fvrier, c'est Sons d'hiver dans
    le Val-de-Marne. Avec en particulier le saxophoniste Archie Shepp qui
    rencontrera le rappeur Chuck D. (Public Enemy) le 6 fvrier tandis, que
    son confre Steve Coleman remettra en jeu son dbit avec le flow d'Opus
    Akoben le 9. Du 14 mars au 18 avril, dplacement en Seine-Saint-Denis
    avec Banlieues bleues. Enfin, ce sera l'Europa Jazz Festival du Mans,
    organis du 1er avril au 11 mai avec parmi une centaine d'artistes le
    contrebassiste Ron Carter, les guitaristes Birli Lagrene et Sylvain
    Luc, le Jazz ensemble du contrebassiste Patrice Caratini... Enfin, en
    tourne du 22 janvier au 9 fvrier, la chanteuse dont il est beaucoup
    question ces derniers temps, Robin McKelle.
 
    Le Taraf de Hadouks, le groupe tsigane le plus clbre des Balkans,
    sera en tourne (les 29 et 30 janvier  la MC2 de Grenoble, le 9
    fvrier  l'Elyse-Montmartre de Paris). Le festival Plantes musiques,
    ddi aux "nouvelles musiques traditionnelles" cres en France,
    proposera 33 concerts labelliss dans le pays entre fvrier et juin.
 
    A Paris, le Thtre de la ville ouvre sa saison 2008 au son du duduk
    armnien (Gevorg Dabaghyan, aux Abbesses, le 14 janvier). Le Festival
    de l'imaginaire,  la Maison des cultures du monde, donne la parole 
    des expressions rares (N de Kurosawa, premire en Europe) entre le 12
    mars et le 18 avril.
 
    Alors que la chanteuse portugaise Cristina Branco sera le 17 mars au
    Thtre des Champs-Elyses, avril sera flamenco au Thtre national de
    Chaillot  Paris (du 9 au 20, avec Eva Yerbabuena, Estrella Morente,
    Tomatito...) qui recevra le tango du 5 au 15 juin. Aprs son succs 
    l'Opra Bastille, Emir Kusturica reprend Le Temps des Gitans au Palais
    des congrs du 22 au 30 mars.
 
    Le soufisme s'exprimera  l'Institut du monde arabe avec le Syrien Abed
    Azri les 28 et 29 mars et  la Cit de la musique qui terminera sa
    saison le 28 juin par une nuit de chants de louanges ou de lamentation
    du Tadjikistan, de Syrie, d'Egypte, du Pakistan et par l'Ensemble des
    femmes de Chefchaouen (Maroc). Entre ces deux dates, un autre adepte du
    soufisme, Youssou N'Dour, chantera  Bercy le 5 avril. Enfin, on
    dansera au Znith de Paris, du 4 au 7 juillet, avec Kassav', le groupe
    inventeur du zouk.
 
 
<article-nb="2008/01/04/19-4">
<filnamedate="20080104"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080104"><AAMMJJHH="2008010419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4">  Jacques Brel est victime du rejet et de la marginalisation de la chanson franaise par les mdias britanniques.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4">   
    I nterprter Jacques Brel en franais quand on est anglais, dot de
    surcrot d'un lger accent rugueux de Newcastle, face  un public
    londonien rtif  la varit continentale : cette gageure, le comdien
    britannique Anthony Cable l'a russie dans son spectacle "Jacques Brel,
    une rage de vivre". Dans cet hommage au chanteur francophone belge,
    mort le 9 octobre 1978, l'artiste est parvenu  surmonter deux
    difficults. Ct voix, il parvient  mettre l'intonation sur la bonne
    syllabe, ce qui n'est pas vident pour un anglophone. Par ailleurs, ce
    "one-man-show" dirig par Judith Paris captive un auditoire visiblement
    plus intress par la musique que par les textes.
 
 
    "Dans son interprtation personnelle et poignante, Anthony Cable
    apporte une puissante intensit qui ouvre de nouvelles perspectives",
    souligne The Stage, le journal de l'industrie des varits,  propos du
    spectacle du New End Theatre, un petit thtre situ  Hampstead, sur
    ces hauteurs de la capitale o il y a du vent, des arbres et du gazon.
 
    Trente ans aprs sa disparition,  l'exception du microcosme musical et
    cinmatographique francophile, la star native de Bruxelles demeure
    largement inconnue outre-Manche. D'ailleurs, dans sa critique logieuse
    de la reprsentation, la gazette locale, le Watford Observer, voque
    "une incroyable vie de Franais"  propos du spectacle reprenant quinze
    tubes de Brel, dont Ne me quitte pas, Madeleine et Les Marquises.
 
    Jacques Brel est victime du rejet et de la marginalisation de la
    chanson franaise par les mdias britanniques. Le rpertoire s'est
    arrt aux vieilles gloires - Piaf, Bcaud ou Aznavour - qui ont chant
    en anglais pour le march anglo-saxon. Au royaume des Beatles et des
    Rolling Stones, Johnny Hallyday au mieux fait sourire. Les seuls succs
    en version originale participent de la provocation - le Je t'aime moi
    non plus, de Gainsbourg-Birkin, numro un en 1969 -, ou de l'exotisme 
    la Lolita, comme Joe le Taxi, de Vanessa Paradis, en 1988.
 
    Pour revenir  Brel, seules des traductions en anglais enregistres par
    David Bowie, Marc Almond ou Terry Jacks ont connu le succs. Pour le
    reste, rien, si ce n'est un rcent portrait peu glorieux dress par la
    BBC, dnonant les relents de chauvinisme et d'homophobie dans son
    oeuvre.
 
<article-nb="2008/01/04/19-5">
<filnamedate="20080104"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080104"><AAMMJJHH="2008010419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5">  Le muse MAC/VAL inaugure d&#38;#39;originales &#38;#34;visites gustatives&#38;#34; de ses collections.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5">   
    F aire ptiller un tableau, engloutir l'art, de la bouche jusqu'
    l'estomac... Bref manger en regardant un tableau. C'est cette
    exprience originale que propose le MAC/VAL de Vitry-sur-Seine
    (Val-de-Marne) lors de "visites gustatives". Organises tous les
    premiers dimanches du mois, celles-ci font partie d'un riche ventail
    d'expriences offertes par le Muse d'art contemporain et sont inities
    par son restaurant, Le Transversal.
 
 
    Cinq tapes esthtiques, cinq bouches  dguster : labors en
    relation intime avec les oeuvres choisies, ces microplats dessinent un
    parcours au sein des collections. Continuellement rinvents, ils
    envoient les palais des visiteurs dans des voyages inattendus.
 
    Premier arrt devant un ballet de robots lectro-frntique inspir par
    la violence du Ku Klux Klan au plasticien franais Malachi Farrell,
    dans une salle questionnant l'engagement politique. Premire dcouverte
    des secrets imagins par le matre queux Olivier Devaux : dans la
    bouche, c'est une explosion. Cela fond et ptarade au mme rythme. Le
    secret ? Une tranche d'os  moelle constelle de ce sucre ptillant de
    notre enfance. L'ide ? "Rpondre  la violence de la salle en allant
    chercher le visiteur comme par un coup de poing."
 
    BOUCHE DE BASILIC ROUGE
 
    La deuxime exprience est moins corrosive. Intitule Bar sduire, elle
    consiste en une srie de films que Jean-Luc Vilmouth a consacr  des
    tres pris en flagrant dlit de tentative de sduction. Les unes
    minaudent, les autres font trmousser les muscles. Pour les
    accompagner, un liquide rose ptulant ; d'abord sirupeux, puis assailli
    par la verve du gingembre, pour finir dans la sensation lectrique que
    procure la fleur de Schouan (dont on extrait le poivre).
 
    Le visiteur se perd ensuite dans la ballade numrique que propose
    Bertrand Lamarche au coeur d'un terrain hant d'ombrelles gantes. Au
    milieu de ces envahissantes fleurs-parasols, il engloutit une bouche
    de basilic rouge frit, sch et mtin de clous de girofle. Sensation
    que l'oeuvre pntre en lui.
 
    Le palais est ensuite investi par une bruissante mulsion : elle fait
    un cho potiquement dsagrable  la voix de gamin mise en scne par
    le plasticien sonore Dominique Petitgand. Souvenir d'enfance ? C'est
    l'essence de rglisse qui le rveille et qui travaille ici  "restituer
    la dimension phmre de l'oeuvre, son ct impalpable, difficile 
    saisir", selon la guide Lucile Hamon.
 
    Fin du voyage culinaire dans l'exposition temporaire consacre  la
    conqute spatiale, "Stardust ou la nouvelle frontire" : l, le chef
    s'est fait un petit plaisir enfantin en rinterprtant la recette du
    Milky Way. Sa version de la voie lacte.
 
    Toutes sortes d'interprtations de l'oeuvre sont en jeu dans le but de
    "favoriser une sensation partage qui veille la discussion" chez un
    public souvent peu initi  l'art. Grand expert des rapprochements
    entre art et nourriture, Gilles Stassart, directeur artistique du
    Transversal est  l'initiative de ce projet et imagine aussi des
    soires cinma autour de cette rencontre.
      __________________________________________________________________
 
    Visites gustatives, tous les premiers dimanches du mois  partir du 3
    fvrier, en groupe sur rservation, MAC/VAL, Muse d'art contemporain
    du Val-de-Marne, place de la Libration, Vitry-sur-Seine
    (Val-de-Marne). Tl. : 01-43-91-64-20. Entre libre.
    "Stardust ou la nouvelle frontire", tous les jours sauf le lundi de 12
    heures  19 heures. 4 et 2 . Jusqu'au 3 fvrier.
 
