<FILE-date="2008/01/03/19">
<article-nb="2008/01/03/19-1">
<filnamedate="20080103"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080103"><AAMMJJHH="2008010319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1">  Comme les 800 tenanciers de bars  chichas du pays, M. El Sayad a cru &#38;#34;jusqu&#38;#39;au bout&#38;#34; qu&#38;#39;il allait bnficier d&#38;#39;une drogation.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1">   
    "O n me demande de fermer et de la fermer. C'est inacceptable !"
    Victime collatrale du dcret antitabac qui frappe depuis le 1^er
    janvier les cafs, restaurants et discothques du pays, Bayoumi El
    Sayad, propritaire du Sphinx, un bar  narguils de Metz, a tir son
    rideau aprs une ultime soire dans les volutes de ses pipes  eau.
 
 
    Il y a trois ans, cet ouvrier du btiment d'origine gyptienne avait
    investi "toutes (ses) conomies" dans ce fonds de commerce. "J'ai fait
    venir du mobilier du pays, refais la dco et cr un emploi en plus du
    mien et de celui de ma femme. Et j'ai tout perdu !" se dsole-t-il.
    Comme les 800 tenanciers de bars  chichas du pays, M. El Sayad a cru
    "jusqu'au bout" qu'il allait bnficier d'une drogation.
 
    Monte  la hte, l'Union des professionnels du narguil (UPN) n'a pas
    mnag sa peine pour tenter de sensibiliser le gouvernement. Sans
    succs. "Nous avons t reus plusieurs fois au ministre de la sant,
    il n'y a rien eu  faire", fulmine Samira Senoussi, installe 
    Thionville (Moselle). Dans un communiqu rcent, l'UPN, qui voque 4
    000 emplois sacrifis et 40 millions d'euros de TVA perdus, rsumait la
    situation : "Le gouvernement nous invite  poursuivre nos activits
    sans le narguil en servant du th ou des ptisseries. C'est comme si,
    au cinma, on supprimait le film tout en tolrant le pop-corn et les
    Esquimaux."
 
    M. El Sayad a fait appel  un avocat pour qu'"au moins" il puisse tre
    indemnis, "comme les buralistes". "Nous rclamons 60 000 euros au
    prfet de la Moselle sur le fondement de la rupture d'galit devant
    les charges publiques", explique son conseil, M^e Xavier Iochum. Cette
    responsabilit, selon lui, joue quand la puissance publique, au nom de
    l'intrt gnral, fait supporter  certaines personnes des charges
    importantes sans mesure avec les inconvnients ordinaires de la vie en
    socit. "L'tablissement de mon client tant un fumoir en soi,
    l'interdiction du tabac cre un prjudice anormal et spcial, estime
    l'avocat. En clair, M. El Sayad est contraint de mettre la cl sous la
    porte du fait d'un rglement. Il est normal qu'il obtienne rparation
    de son prjudice." En cas de refus, le patron du Sphinx se dit prt 
    saisir le tribunal administratif.
 
    M. El Sayad a bien song  installer un espace hermtique. Dans un
    courrier, la direction dpartementale de l'action sanitaire et sociale
    (Ddass) lui a dtaill son cahier des charges : la surface du local
    affect aux fumeurs ne peut excder 20 % de la surface totale tout en
    tant plafonn  35 m^2. Le local doit tre clos et dot de fermetures
    automatiques. La ventilation mcanique doit permettre un renouvellement
    d'air minimal de dix fois le volume du local par heure et le personnel
    ne peut pntrer dans le local. "Du coup, j'ai abandonn l'ide",
    soupire-t-il.
 
<article-nb="2008/01/03/19-2">
<filnamedate="20080103"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080103"><AAMMJJHH="2008010319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2">  Depuis le mois d&#38;#39;octobre, quatorze moines franciscains ont dcid de se retrouver mensuellement sur la place du Capitole, le dernier mardi de chaque mois, pour protester  leur manire contre les conditions de dtention au centre de rtention de Cornebarrieu.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2">   
    C urieuse scne, place du Capitole  Toulouse. A l'cart de l'animation
    des chalets en bois du village de Nol qui ont envahi la place centrale
    de la ville, une vingtaine de personnes se sont runies en cercle,
    mardi 25 dcembre. Une heure durant, de 18 h 30  19 h 30. Sans un mot.
    "Pour dnoncer l'enfermement dans des centres de rtention des
    personnes trangres en situation irrgulire", peut-on lire sur deux
    panneaux couverts de photos. Ce tract, sign des Frres franciscains de
    Toulouse, se termine par une invitation  "toutes les personnes de
    bonne volont  nous rejoindre dans le silence". Les trois derniers
    mots sont souligns.
 
 
    "Notre assistance tait un peu maigrelette", reconnat le Frre Alain
    Richard, 83 ans, doyen des franciscains toulousains, qui ne parat
    toutefois pas dcourag. "C'tait mouvant. Nous avons vu des gens
    s'arrter, dposer leurs paquets et demander s'ils pouvaient faire
    quelque chose", raconte l'initiateur de ces "cercles de silence",
    portant la barbe et des habits civils. Depuis le mois d'octobre, les
    quatorze moines franciscains, qui ne vivent pas clotrs mais partagent
    un btiment moderne du quartier Saint-Cyprien, ont dcid de se
    retrouver mensuellement sur la place du Capitole, le dernier mardi de
    chaque mois, pour protester  leur manire contre les conditions de
    dtention au centre de rtention de Cornebarrieu. "Beaucoup de gens
    ignorent l'existence mme de ce centre", constate le Frre Alain, qui
    mise sur les photos exposes pour faire prendre conscience de l'univers
    carcral de ce btiment neuf, inaugur en juillet 2006 aux bords des
    pistes de l'aroport de Toulouse-Blagnac. "Quand les gens voient ces
    photos, ils demandent souvent dans quel pays elles ont t prises. On
    leur dit que cela se passe  seulement une dizaine de kilomtres
    d'ici." Le vieux moine est all lui-mme faire de nouveaux clichs sur
    place, le 30 janvier dernier, pour les publier quelques heures plus
    tard sur le site Internet de la communaut
    (www.franciscainstoulouse.fr). Par la grce des nouvelles technologies,
    le cercle de silence s'largit et l'action mensuelle des Frres
    toulousains, qui comptent six jeunes tudiants dans leurs rangs,
    devient permanente.
 
    N'ayant pas pu visiter lui-mme l'intrieur du centre, le doyen des
    franciscains toulousains a d se contenter de photos prises de
    l'extrieur, dans le prolongement de zone industrielle de Colomiers.
    Frre Alain en a conserv un sentiment de relgation et n'en revient
    toujours pas. "Il faut avoir tu pre et mre pour tre envoy dans un
    endroit pareil, loin de tout, sans autre possibilit d'accs qu'en
    voiture", s'meut le moine octognaire. L'loignement du centre est
    dnonc par les organisations humanitaires comme la Cimade, mais aussi
    les syndicats de magistrats et d'avocats, qui ont dpos un recours
    contre l'amnagement d'une salle d'audience pour juger les trangers 
    l'intrieur mme de l'enceinte, et non dans un tribunal. A quelques
    centaines de mtres seulement du centre de rtention se dresse le
    "delivery center" d'Airbus, la nouvelle arogare prive du constructeur
    europen, construite pour accueillir les riches clients venus pendre
    livraison de leurs avions flambant neufs. Deux univers aux antipodes,
    spars par des barbels.
 
    Lionel Clauss, permanent de la Cimade, est l'une des rares personnes
    extrieures autorises  pntrer dans l'enceinte du centre. "A
    l'intrieur, les personnes ont encore davantage le sentiment d'tre
    oublies en cette priode de ftes. Ils n'ont que la tlvision pour
    savoir ce qui se passe  l'extrieur et vivent difficilement les images
    de ftes et de libations." Le jeune homme se rjouit de l'initiative
    des moines franciscains de Toulouse, qu'il compare aux rondes des
    "Folles de Mai"  Buenos Aires, ces mres de disparus qui manifestaient
    en silence contre la dictature en Argentine.
 
    Ce n'est sans doute pas une concidence. Le Frre Alain Richard
    explique avoir longtemps oeuvr en Amrique du Sud depuis les
    Etats-Unis, o il a vcu pendant vingt-six ans avant de revenir
    s'tablir  Toulouse. Proche du MIR (Mouvement international de la
    rconciliation), un mouvement vanglique cr  la Facult de
    thologie protestante de Paris, il ne cache pas son admiration pour
    Gandhi et les techniques de la non-violence, dont il a suivi les
    prceptes pour la mise en oeuvre de son cercle de silence. Le moine
    prfre parler "d'action" plutt que de "manifestation". "Eveiller ou
    plutt rveiller l'humanit de tout un chacun, par la prire ou le
    silence, c'est dj une action", insiste-t-il.
 
    Pour ceux qui voudraient s'engager plus loin, le site des franciscains
    renvoie en lien vers des associations comme la Cimade ou le Rseau
    ducation sans frontires (RESF), cr pour s'opposer aux expulsions
    d'enfants scolariss avec leurs familles. "Leur travail est
    indispensable", estime Frre Alain. Jean-Franois Mignard, le prsident
    de RESF  Toulouse, se dclare "agrablement surpris" par l'initiative.
    "Bienvenue au club", s'exclame ce trs lac militant de la Ligue des
    droits de l'homme, qui veut voir dans ces prires mensuelles un "bon
    indicateur" de la mobilisation en faveur des sans-papiers.
 
    Mme le prfet, montr du doigt par les associations d'aide aux
    immigrs, se flicite officiellement de l'entre en lice des moines
    franciscains de Toulouse. "L'Eglise est dans son rle quand elle tente
    de nous faire rflchir. J'accepte volontiers de rflchir  mon
    action, en mon me et conscience", ragit Jean-Franois Carenco, en
    apprenant que Frre Alain inclut aussi les fonctionnaires dans ses
    prires. "Il est frquent dans nos communauts de prier pour les
    torturs et leurs tortionnaires", indique simplement le moine
    franciscain.
 
<article-nb="2008/01/03/19-3">
<filnamedate="20080103"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080103"><AAMMJJHH="2008010319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3">  Le tribunal correctionnel de Tanger l&#38;#39;a condamn, le 28 dcembre 2006,  dix ans de prison. En appel, le 18 avril 2007, sa peine a t ramene  huit ans.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3">   
    I l n'y a jamais de silence dans ce coin de Mohammedia. Les hauteurs de
    cette cit marocaine proche de Casablanca, o se dresse la prison
    dcrpite, retentissent des cris des dtenus, couverts par d'incessants
    aboiements. Christophe Curutchet, lui, n'entend plus rien. "Comment je
    suis arriv l ?" ressasse ce Franais de 36 ans. Depuis deux semaines,
    il est en grve de la faim. "Mme si je dois sortir d'ici les pieds
    devant, j'en sortirai", nous lance-t-il, lorsque nous l'avons rencontr
    en prison.
 
 
    La justice marocaine lui reproche d'tre un narcotrafiquant. Le
    tribunal correctionnel de Tanger l'a condamn, le 28 dcembre 2006, 
    dix ans de prison. En appel, le 18 avril 2007, sa peine a t ramene 
    huit ans.
 
    Sa vie s'est arrte, comme il le dit, le 16 septembre 2006. Christophe
    Curutchet est alors directeur de la socit de transport international,
    STE Mditerrane, base  "Casa". Ce jour-l, son entreprise affrte un
    camion de 36 tonnes pour Chantelle, marque de lingerie fminine, qui
    fabrique des produits au royaume. Quarante-deux palettes sont charges
    auprs de deux sous-traitants. La marchandise doit tre achemine en
    France.
 
    Au port de Tanger, le camion est pass au scanner. Les douanes
    dcouvrent deux palettes non dclares. A l'intrieur, 1,4 tonne de
    haschisch. M. Curutchet se rend ds le lendemain  la police de Tanger
    pour une dposition. Aprs une nuit au poste, un juge d'instruction le
    met en examen pour "dtention, trafic, transport et complicit de
    tentative d'exportation de marchandises prohibes". Il nie les faits
    mais est crou  la prison de Tanger.
 
    "EN SA QUALIT DE DIRECTEUR"
    Pour le tribunal, Christophe Curutchet, en tant que directeur, tait
    forcment au courant d'un tel chargement de haschisch. De plus, la
    prsence au Maroc de son PDG, Michel Mezerette, la veille de cette
    saisie, tend  prouver, pour la justice marocaine, que "les intresss
    ont procd  la prparation et  la planification d'exportation des
    stupfiants", lit-on dans l'ordonnance de renvoi. Elle souligne aussi
    que le PDG avait annonc son intention de vendre la socit, qui est
    "en bonne sant, ce qui suscite de notre part doute et suspicion". Le
    16 fvrier 2005, 70 kg de rsine cannabis avaient dj t saisis dans
    un des camions de STE Mditerrane, mais M. Curutchet avait t mis
    hors de cause. "Tout cela constitue des prsomptions que l'intress ne
    pouvait ignorer l'existence des stupfiants", peut-on lire dans le
    jugement de 2006. "Il est en prison en sa seule qualit de directeur.
    C'est fou !" estime son avocate, Patricia Simo. "Cette affaire fait
    honte au Maroc, s'emporte son conseil, Mohammed Ziane, btonnier de
    Rabat et ancien ministre des droits de l'homme. O est donc la
    prsomption d'innocence ? Rien dans ce dossier ne prouve sa
    culpabilit."
 
    La grve de la faim est, dit-il, son unique moyen pour sensibiliser les
    autorits marocaines et franaises. "Mon pays m'a abandonn",
    soupire-t-il. Il s'est pourvu en cassation le 19 avril. La Cour suprme
    doit prochainement rendre son verdict. Le Franais espre un nouveau
    procs.
 
<article-nb="2008/01/03/19-4">
<filnamedate="20080103"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080103"><AAMMJJHH="2008010319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4">  Les activits de l&#38;#39;association, qui compte plus de 700 adhrents, permettent de montrer que le quartier ne se limite pas aux violences urbaines. 
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4">   
    E n plaisantant, Juliette Houget, bnvole de 69 ans "et demi", compare
    le bruit d'coulement des eaux uses  celui d'une fontaine. "Faut un
    peu d'imagination", sourit la retraite. Beaucoup d'imagination :
    depuis douze ans, l'association Authenti-Cit (700 adhrents, 120
    lves suivis) se runit dans la cave d'un immeuble du quartier du
    Parc,  Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.
 
 
    Le plafond a conserv son flocage au gris douteux, les murs en bton
    ont t recouverts d'une tapisserie colle  la va-vite et qui menace
    de tomber. Le long des murs, les normes tuyaux d'vacuation assurent
    bruyamment leur fonction. Le tout est clair par le brin de lumire
    naturelle qui passe  travers les soupiraux.
 
    Dans la cave principale, six mres du quartier participent au "conseil
    de famille" de l'association. Le cadre est sordide mais la rencontre
    joyeuse : c'est l'occasion, pour les habitants, de faire remonter leurs
    propositions. "Pour ne jamais prendre de dcisions sans avoir vrifi
    que cela correspond  leurs demandes", explique le prsident de
    l'association, Zacharia Ben Amar, 33 ans, cadre dans une banque, lev
    dans la cit. Un lieu de dbat dont ces mres se sont empares avec
    jubilation : comment amliorer le soutien scolaire ? comment attirer
    les enfants que personne ne suit aprs l'cole ? comment aider les
    parents en difficult ? comment rendre service sans tomber dans du
    simple consumrisme ? etc.
 
    Lors des premires runions, elles avaient suggr d'organiser une
    grande fte. "Ici, c'est souvent peru comme un quartier chaud. Mais on
    y vit trs bien, explique Nanou Amori, 40 ans, mre de quatre enfants.
    Organiser une fte, c'est montrer qu'on peut passer une soire
    agrable, trs conviviale, sans le moindre incident. Et puis c'est un
    moment de plaisir collectif." Une faon d'affirmer que, si la banlieue
    a mille raisons d'aller mal, elle peut aussi tre un lieu de
    convivialit. Un moyen aussi de montrer que le quartier ne se limite
    pas aux violences urbaines - comme l'incendie d'un bus, largement
    mdiatis, en octobre 2006, juste avant celui de Marseille.
 
    Comme beaucoup d'associations, Authenti-Cit a commenc son existence,
    en 1993, dans une chambre. Avec des copains, Zacharia Ben Amar, alors
    g de 19 ans, souhaitait accder  un gymnase pour jouer au football
    l'hiver. La seule solution tait de se constituer en association. "On
    l'a fait. Mais assez vite, il y a eu des problmes avec d'autres
    jeunes, notamment des dgradations. Et on s'est rendu compte qu'il
    fallait agir en amont, auprs des plus petits", raconte le prsident.
 
    Progressivement, le champ d'action d'Authenti-Cit s'est donc largi
    vers le soutien scolaire, les cours informatiques, des activits pour
    les enfants, etc. Les mres de famille voudraient aller plus loin. "Ce
    qui manque, c'est une aide juridique pour les familles. Qu'on connaisse
    mieux nos droits, qu'on sache  qui s'adresser en cas de problme",
    explique Nanou Amori devant le "conseil de famille". Confronte  une
    violence grave, elle s'est rendue dans un commissariat qui a refus son
    dpt de plainte : "Moi, je savais pas. Et c'est ma nice, qui veut
    tre avocate, qui m'a dit qu'il fallait une plainte. Elle m'a
    accompagne, elle a cri et ils ont pris la plainte."
 
    Des expriences vcues par d'autres bnvoles. "J'ai t victime
    d'injures et de menaces. Au commissariat, ils m'ont dit que a valait
    pas une plainte mais seulement une main courante", affirme ainsi
    Juliette Houget. Nora Bahi, 37 ans, mre de quatre enfants, acquiesce :
    "Tout le monde n'a pas une nice qui connat le droit. Il nous faut une
    aide." Le prsident de l'association reprend l'ide : "C'est
    symptomatique de l'attitude de la police. On parle beaucoup des
    relations entre les jeunes et les forces de l'ordre mais c'est pas le
    seul problme. On va voir ce qu'on peut faire."
 
    A condition de trouver un financement. Car les marges de manoeuvre
    d'Authenti-Cit sont des plus limites : 80 % des 100 000 euros de
    subventions annuelles servent  financer les quatre emplois aids.
 
    "Il y a de l'argent dans la politique de la ville mais il faut aller le
    chercher", note Zacharia Ben Amar. Ce qui n'est pas toujours trs
    simple. Au mur de la cave est accroche une ptition rclamant des
    locaux "plus dcents" et "plus srs". "Un millier de personnes l'ont
    dj signe mais pour l'instant rien ne bouge", se dsole le prsident.
 
<article-nb="2008/01/03/19-5">
<filnamedate="20080103"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080103"><AAMMJJHH="2008010319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5">  Lunettes de protection, &#38;#34;boucliers balistiques&#38;#34; et &#38;#34;gilets tactiques&#38;#34;, flash-ball d&#38;#39;une porte de cinquante mtres... L&#38;#39;enjeu est de maintenir l&#38;#39;objectif &#38;#34;zro mort&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5">   
    D e l'avis unanime des syndicats de police et de la hirarchie
    policire, un vrai "cap a t franchi"  Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).
    Avec l'utilisation, pour la premire fois lors d'meutes urbaines,
    d'armes  feu contre les forces de l'ordre, la violence a pass un
    stade. Un constat qui a directement incit la direction gnrale de la
    police nationale (DGPN)  acclrer le renforcement des quipements de
    ses troupes, selon une liste dont Le Monde a eu connaissance.
 
 
    Lors d'une crmonie organise, mi-dcembre, au ministre de
    l'intrieur, ils avaient t prs de 150 policiers blesss dont 80 par
    des tirs, avec leurs bandages et leurs bquilles,  tre dcors pour
    ces nuits d'affrontements  Villiers-le-Bel. Depuis, une enveloppe de
    3,5 millions d'euros a t obtenue et une rallonge de 20 millions a t
    demande pour 2008. Alors que le bilan annuel de voitures brles
    devrait dpasser les 40 000 en 2007, selon l'Observatoire national de
    la dlinquance, l'enjeu est de maintenir l'objectif de "zro mort".
    
    "ANXIOGNE"
 
    Pour maintenir ce cap, cette anne, 20 000 "lunettes de protection"
    devraient donc tre achetes. Dj testes  plus faible chelle, ces
    lunettes devraient mieux protger les yeux des forces de police des
    jets de pierres et des cocktails Molotov.
 
    Les forces de l'ordre devraient galement tre vite quipes de
    "boucliers balistiques". D'une hauteur d'environ 1m80, ils ont
    l'avantage d'tre souples et pare-balles, contrairement  l'quipement
    actuel. L'objectif,  terme, est de doter les CRS et les compagnies
    d'intervention de ces boucliers, actuellement tests en compagnie de
    scurisation.
 
    Pour viter les tirs  balles relles, les forces de l'ordre devraient
    galement tre progressivement quipes d'une nouvelle gnration de
    Flash-Ball : le "lanceur de 40". A la diffrence du Flash-Ball qui a
    une porte d'une dizaine de mtres, celui-ci atteint les cinquante
    mtres. Cent cinquante ont dj t commands et 2 500 doivent tre
    achets en 2008. Les forces de polices devraient aussi  l'avenir tre
    dotes de "gilets tactiques" adapts aux violences urbaines.
 
    Afin de mieux contrler les mouvements des meutiers, l'utilisation de
    l'hlicoptre devrait se gnraliser. Equip d'un puissant faisceau
    lumineux, l'hlicoptre permet de reprer des personnes ou du matriel
    cachs sur des toits d'immeubles. Il a aussi un fort "effet anxiogne"
    sur ceux recherchs.
 
    L'utilisation de camscopes embarqus dans les units devrait enfin
    tre multiplie. L'ide pour la police est  la fois de se prmunir des
    reproches qu'on pourrait lui opposer sur ses interventions tout en
    facilitant les poursuites judiciaires ultrieures contre les meutiers.
 
