<FILE-date="2008/01/02/19">
<article-nb="2008/01/02/19-1">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1">  L&#38;#39;interdpendance entre espces est encore plus marque au fond des ocans qu&#38;#39;en surface, si l&#38;#39;on en croit une tude mise en ligne, jeudi 27 dcembre 2007, par la revue &#38;#34;Current Biology&#38;#34;. 
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1">   
    U n pour tous, tous pour un. Telle pourrait tre la devise des
    cratures peuplant les trfonds obscurs des ocans. L'interdpendance
    entre espces y est en effet encore plus marque qu'en surface, si l'on
    en croit une tude mise en ligne, jeudi 27 dcembre 2007, par la revue
    Current Biology. Ces travaux montrent que la perte d'une fraction de la
    biodiversit des fonds marins s'accompagne d'un dclin "exponentiel"
    des fonctions biologiques remplies par cet cosystme. A terre, la
    relation est plutt linaire.
 
 
    Pour parvenir  cette conclusion, Roberto Danovaro, de la facult des
    sciences d'Ancne (Italie), et ses collgues ont analys des
    chantillons provenant de 116 sites ocaniques. Parmi les 61 000
    bestioles inventories, l'quipe s'est concentre sur les nmatodes,
    des vers qui, sur la terre ferme, reprsentent 80 % de l'abondance des
    animaux, mais 90 % dans les sdiments marins.
 
    Les chercheurs ont constat que l o la diversit des nmatodes tait
    rduite, l'efficacit de l'cosystme se trouvait affecte dans des
    proportions suprieures. Une tude de cas portant sur l'est de la
    Mditerrane a plus particulirement mis ce mcanisme en lumire : une
    brusque arrive d'eau froide dans cette zone s'est traduite par une
    baisse de 35 % de la diversit des nmatodes, associe  une diminution
    de 40 % de la biomasse animale de ces fonds marins. Dans le mme temps,
    la biomasse microbienne avait chut de 80 %...
 
    Pour Michel Loreau, professeur d'cologie thorique  l'universit
    McGill (Montral), ces observations pourraient conduire  une
    "conclusion frappante" : dans les communauts peuplant le plancher
    ocanique, les interactions mutualistes l'emportent sur les mcanismes
    de slection.
 
    65 % DE LA SURFACE DU GLOBE
 
    Cette tude soulve aussi, d'aprs Michel Loreau, de "nombreuses
    questions intrigantes" dont la moindre n'est pas la "comprhension des
    menaces engendres par la perte de biodiversit", qui reste trs
    faible. Alors mme que les profondeurs abyssales reprsentent 65 % de
    la surface du globe "et qu'elles constituent, de loin, l'cosystme le
    plus important pour les cycles du carbone, de l'azote et du phosphore
    dans la biosphre", rappelle Roberto Danovaro.
 
    Cet cosystme produit des biens : biomasse, molcules d'intrt
    thrapeutique, ptrole, hydrocarbures et minraux. Il assure aussi des
    services, comme la rgulation du climat et la rgnration des
    nutriments.
 
    "Ces biens et ces services sont essentiels (...) au bien-tre de
    l'humanit", prviennent Roberto Danovaro et ses collgues, qui mettent
    en garde contre la pollution et l'exploitation de ces zones. "Cette
    tude prouve scientifiquement que la conservation de cette biodiversit
    est une priorit pour assurer le fonctionnement durable des ocans de
    la plante", concluent-ils.
 
<article-nb="2008/01/02/19-2">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2">  La bourgade la plus proche est  plus de 200 km. Les neuf cents Indiens Kubenkokre, en pleine fort amazonienne, vivent au rythme du soleil. Mais ils cherchent  dvelopper des activits conomiques.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2">   
    S on arc en bandoulire, Njamr avance dans la fort. L'Indien
    Kubenkokre, du peuple Kayapo, traque un singe ou des oiseaux, proies
    faciles pour ses flches couronnes de plumes rouges. Les plus gros
    gibiers, chevreuil, sanglier, tapir, tatou, Njamr a l'habitude de les
    chasser  la carabine, et en groupe, pour ne pas perdre l'animal qui,
    bless, se sauverait. "Je prfre les flches parce que je n'en manque
    jamais,  la diffrence des cartouches, qu'on ne peut pas fabriquer
    nous-mmes", explique cet Indien robuste dans un bon Portugais.
    Aujourd'hui, Njamr est rentr  la tribu en chantant, un coati, sorte
    de raton laveur, sur l'paule.
 
 
    Njamr habite le bout du monde, ou presque. Son village se trouve 
    216 km de Guaranta do Norte, dans l'Etat du Mato Grosso. Pour rejoindre
    la bourgade, il faut une heure d'avion, quatre jours de cano  moteur
    ou dix jours de marche  travers la fort amazonienne. Cet loignement
    a prserv la vie traditionnelle des neuf cents Indiens Kubenkokre, qui
    habitent la rserve Mekragnotire, un territoire de 50 000 km2 aux
    confins de l'Etat du Para. L'lectricit, l'eau courante, le portable
    et Internet ne sont pas encore arrivs, la tribu vit au rythme du
    soleil.
 
    Disposes en cercle  l'ombre de manguiers, les quarante-cinq maisons
    au toit en paille et aux murs en torchis abritent de grandes familles
    pleines d'enfants. L'intrieur est sombre et sobre : entre les hamacs,
    quelques ustensiles de cuisine et des vtements. Ces Indiens ont
    abandonn la nudit de leurs anctres pour des shorts et tee-shirts,
    des robes et des tongs. Ils peignent encore leur corps, en noir et
    rouge. La tranquillit des lieux est maille de rires d'enfants, de
    cris de perroquets et de petits singes apprivoiss. Le quotidien tourne
    autour de la recherche de nourriture. Aux hommes la chasse et la pche,
    aux femmes la cueillette.
 
    Dans les clairires, les Indiennes, souvent charges du dernier-n,
    rcoltent du manioc, du mas, des bananes, des coeurs de palmier. Leurs
    paniers, ports sur le dos et quilibrs par une lanire passe sur le
    front, servent aussi au transport des bches. Nice Santana,
    l'infirmire du poste de sant maintenu par la fondation
    gouvernementale Funasa, admire leur courage : "Elles viennent souvent
    nous trouver pour soulager leurs douleurs lombaires."
 
    Les enfants jouent au foot avec des balles de tissus nous, nagent dans
    la rivire, s'entranent au tir  l'arc, loin du regard proccup d'un
    adulte. Ils vont aussi  l'cole. "Ils arrivent dj duqus, vifs et
    attentifs, souligne leur institutrice, Antonia Gimenes, une
    quadragnaire de Guaranta qui enseigne en portugais. En six ans, je
    n'ai jamais vu un lve se battre ou se disputer." Quatre Indiens de la
    tribu assurent des classes en kayapo, l'une des 180 langues orales qui
    ont survcu  la colonisation, aujourd'hui transcrite pour tre
    prserve. Les adultes frquentent aussi l'cole, pour tre
    alphabtiss et dcouvrir le Brsil et ses institutions. La nature est
    encore gnreuse, mais les Kubenkokre sentent que leurs ressources sont
    fragiles. "Avant, le gibier et les poissons taient abondants, mais le
    mercure des orpailleurs, qui s'aventurent encore sur nos terres, a tout
    chang, se dsolent les anciens. Les poissons sont plus rares."
 
    La civilisation se rapproche, et les relations, tablies pour la
    premire fois il y a quarante ans par un contact amical entre l'un des
    chefs kayapo, le cacique Bep'ti, et les clbres anthropologues
    Orlando et Claudio Villas Boas, ont modifi certaines moeurs. Le besoin
    d'argent s'est install pour satisfaire de petits, mais dsormais
    indispensables, achats : des hamacs (qu'ils ne tressent plus), des
    vtements, des perles, des savonnettes et des brosses  dents depuis
    que l'hygine est enseigne, des hameons, des cartouches, et mme du
    diesel pour le groupe lectrogne qui, certains soirs, alimente... un
    cran de tlvision raccord  un lecteur DVD. Sous le manguier, dans
    le silence de la nuit, les enfants se pressent au premier rang, les
    femmes et leurs bbs derrire, les hommes debout. Fascins par les
    images qui dfilent, ils dcouvrent le film d'pouvante Anaconda, les
    aventures d'un samoura, ou, plus apprci, un ancien documentaire sur
    les Kayapo.
 
    Au temps du chef Bep'kum, l'illusion du gain facile les avait incits 
    accepter des orpailleurs et des exploitants d'acajou sur le sol
    Mekragnotire. Ils ont travaill dur pour ces aventuriers. Mais les
    consquences nfastes de la cohabitation ont oblig les autorits
    brsiliennes  interdire ces commerces inquitables.
 
    L'incomprhension domine les changes entre ces deux mondes. Les
    Indiens ne comprennent pas l'interdiction qui frappe leur artisanat
    orn de plumes. Brasilia a sign la Convention sur le commerce
    international des espces menaces (Cites), qui interdit ce commerce,
    en ignorant les populations indignes. Les oiseaux aux magnifiques
    plumages, toucans et perroquets, sont capturs au moment des ftes
    rituelles pour confectionner les coiffes traditionnelles, les cocars.
    Ils ne sont pas toujours tus, ils peuvent vivre les ailes coupes. "On
    nous accuse de tuer les animaux sauvages, mais nous ne sommes pas des
    prdateurs, explique Kadjy-re, le chef charismatique des Kubenkokre.
    C'est pour nous alimenter et pour nos rituels, alors que les Kuben (les
    Blancs) dtruisent et polluent la fort. Sans la fort, nous ne
    pourrions plus chasser pour organiser nos ftes. La fort, c'est notre
    maison."
 
    Alors, le soir, dans l'obscurit de la Maison du guerrier, seule
    construction en dur au centre du village, les hommes, jeunes et vieux,
    se runissent et discutent, en fumant. Dans cette agora permanente, ils
    ont imagin des activits qui leur assureraient une certaine autonomie,
    en respectant la nature. Leur premier projet a t la production
    d'huile de noix du Brsil. Une huile rare, recherche par l'industrie
    cosmtique. Avec des fonds provenant notamment du Parti vert de
    Belgique, une fabrique artisanale a t difie  la lisire du
    village. Un pressoir et un filtre permettent de produire 50 litres par
    jour  la saison, en mars. Le cacique Ytumti dirige ce projet : "C'est
    une bonne occupation pour la tribu. Et des noix, il y en aura toujours.
    J'ai fait travailler 95 personnes."
 
<article-nb="2008/01/02/19-3">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3">  Les chercheurs ont &#38;#34;saut&#38;#34; la mutation gntique responsable de cette grave maladie et provoqu la production de la protine jusqu&#38;#39;alors absente chez les quatre patients participants  cet essai dit de phase 1.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3">   
    L a premire tape d'une nouvelle approche pour traiter la myopathie de
    Duchenne, actuellement incurable, vient d'tre valide par un essai dit
    de phase 1. Mene par la socit de biotechnologie Prosensa et le
    centre mdical de l'universit nerlandaise de Leyde, cette tude a t
    publie, jeudi 27 dcembre 2007, dans le New England Journal of
    Medicine. Elle a t finance par l'Association franaise contre les
    myopathies (AFM), grce au Tlthon. Les chercheurs ont "saut" la
    mutation gntique responsable de cette grave maladie et provoqu la
    production de la protine jusqu'alors absente chez les quatre patients
    participants.
 
 
    Ne touchant que les garons - les filles peuvent cependant transmettre
    la maladie  leurs enfants -, la dystrophie musculaire de Duchenne est
    une myopathie qui affecte prs d'un nouveau-n sur 3 500. Elle se
    traduit par un affaiblissement progressif de la force des muscles
    squelettiques, une atteinte du muscle cardiaque et une insuffisance
    respiratoire. Des atteintes crbrales sont galement possibles. Elle
    aboutit presque inluctablement  confiner les enfants dans un fauteuil
    roulant vers l'ge de 12 ans. Les progrs de la prise en charge ont
    permis de prolonger leur vie jusqu' un ge pouvant aller de 25  35
    ans.
 
    La myopathie de Duchenne rsulte d'une mutation d'un gne qui code
    normalement la production d'une protine appele dystrophine,
    indispensable  l'intgrit des cellules musculaires. Cette mutation
    empche la synthse de la protine. Des altrations moins importantes
    aboutissent  une forme attnue de myopathie, avec une production de
    dystrophine seulement tronque. Ce constat a fait natre l'ide
    d'orienter la maladie vers sa forme la moins svre.
 
    La mutation gntique en cause affecte une portion codante de l'ADN,
    appele exon. L'exon mut se retrouve dans l'ARN, support gntique de
    la synthse des protines, model sur l'ADN. Gert-Jan van Ommen et ses
    collgues de l'universit de Leyde ont eu recours au "saut d'exon" :
    cette technique fait appel  des morceaux d'ADN synthtiss en
    laboratoire, les "oligonuclides antisens", qui se collent comme du
    ruban adhsif  l'ARN, au niveau de la mutation. L'exon dfectueux est
    ainsi mis hors circuit.
 
    L'essai prsent est destin  valider la faisabilit de la
    thrapeutique et  s'assurer de sa bonne tolrance. Il portait sur
    quatre enfants de 10  13 ans, atteints de la myopathie de Duchenne et
    ne prsentant aucun signe de production de dystrophine. Les chercheurs
    leur ont inject par voie intramusculaire, dans la jambe, un compos
    synthtique antisens.Un prlvement de cellules musculaires a t
    effectu 28 jours aprs cette injection.
 
    Des fibres musculaires porteuses de dystrophine ont t retrouves dans
    les diffrents prlvements effectus, ce qui "indique une dispersion
    du compos dans la zone injecte", notent les auteurs. Les niveaux de
    dystrophine retrouvs allaient de 3 %  12 % de ceux de fibres
    musculaires normales. "la restauration de la production de dystrophine
    tait limite  la zone traite et il n'y a pas eu d'amlioration du
    muscle entier", prcise l'article. les effets indsirables ont t
    ngligeables.
 
    D'autres essais sont en prparation, afin de poursuivre la validation
    de cette approche. Une quipe franco-italienne a rcemment utilis la
    technique du saut d'exon pour corriger la mutation dans des cellules
    souches humaines, injectes ensuite dans des souris modles de la
    myopathie de duchenne (Le Monde du 14 dcembre). Les performances
    musculaires des souris en ont t amliores.
 
