<FILE-date="2008/01/02/19">
<article-nb="2008/01/02/19-1">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1">  Vie prive, gratuit, nouveaux acteurs, nouveaux services : Internet a accru son audience et son influence, tout en suscitant des dbats anims, thiques, culturels et conomiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1">   
    V ie prive, gratuit, nouveaux acteurs, nouveaux services : Internet a
    accru son audience et son influence, tout en suscitant des dbats
    anims, thiques, culturels et conomiques. S'il est impossible de
    revenir sur tous ces vnements, certains mritent d'tre revisits.
    Ils clairent d'un jour nouveau l'avenir de la plante numrique, en
    perptuel mouvement.
 
 
    La vie prive  l'encan. Rien n'chappe aux gants du Web, qui
    bombardent les internautes de messages publicitaires lis  leur
    navigation sur la Toile : hobbies, films prfrs, attirances
    sexuelles, projets de voyage...
 
    Et ce n'est rien  ct de ce qui les attend ! Pudding Media, une
    start-up base  San Jos (Californie), a lanc au mois de septembre
    2007 un service tlphonique particulirement intrusif. A l'instar de
    Skype, la voix est vhicule par Internet. Sauf qu'avec Pudding Media,
    ce service est entirement gratuit. Et pour cause. Chaque fois qu'un
    mot-cl surgit dans la conversation ("basket", "rap", "pizza"...), une
    publicit cible apparat sur l'cran de celui qui parle.
 
    Conscients qu' pister ainsi leurs clients ils risquaient de perdre
    leur confiance, les grands acteurs du Web ont opr un repli tactique
    en 2007. Google a fait savoir qu'il limitait  dix-huit mois la
    conservation des donnes personnelles des internautes,  savoir : la
    date et l'heure de la connexion, l'adresse de l'ordinateur connect et
    le type de requte formule.
 
    Les autres moteurs de recherche lui ont embot le pas. Ce qui ne veut
    pas dire que la vie prive des internautes est sauve. Malgr les
    protestations de groupes de pression comme l'Electronic Privacy
    Information Center, Google a reu  la mi-dcembre le feu vert des
    autorits amricaines de la concurrence pour racheter DoubleClick Inc.
    Grce  des logiciels espions (les cookies), DoubleClick surveille les
    sites frquents par 80 % des internautes afin de leur envoyer des
    publicits sur mesure.
 
    Google + DoubleClick : la Toile se resserre autour des usagers du Net.
    Comment chapper  l'emprise de Big Brother ? Obliger Google et ses
    semblables  dtruire en temps rel les donnes personnelles des
    internautes, ce serait ruiner leur modle conomique, fond sur ces
    publicits contextuelles. Veut-on qu'ils mettent la cl sous la porte ?
    Sinon, o tracer la ligne jaune ?
 
    Le retour de la bulle ? Dans le cyberespace,  nouveau, les enchres
    s'envolent. En 2007, Microsoft a dcid d'acheter pour 240 millions de
    dollars (164 millions d'euros) 1,6 % du rseau social FaceBook (55
    millions d'inscrits, 1,5 million de nouveaux utilisateurs chaque mois)
    ; 240 millions de dollars, c'est cent fois le chiffre d'affaires de
    FaceBook pour 2007 ou peu s'en faut. Une folie ? En 2006, Google
    n'avait pas hsit  acqurir le site d'change de vidos YouTube pour
    1,65 milliard de dollars...
 
    Google ne s'en porte pas si mal. En octobre 2007, le titre de la firme
    de Mountain View (Californie) a pass le cap des 600 dollars, soit un
    gain de 30 % depuis le dbut de l'anne. Et, selon les analystes, il ne
    va pas s'arrter l.
 
    Peu d'observateurs redoutent une nouvelle bulle spculative qui, en
    clatant en 2000, avait laiss le secteur exsangue. Les gourous de la
    Silicon Valley parient au contraire que la pub "on line" va continuer 
    gonfler spectaculairement. Ils misent pour cela sur le march des
    tlphones mobiles intelligents qui permettent de suivre les
    internautes  la trace et d'en recruter de nouveaux. Un march plus que
    prometteur,  en juger par l'engouement que ces terminaux de poche
    suscitent dj.
 
    Un milliard et demi d'internautes en 2007. Combien en 2010 ?
    L'extension exponentielle du rseau des rseaux justifierait les
    emplettes  prix fort de Microsoft ou de Google s'ils taient assurs
    de dominer dfinitivement leur march. Or ce n'est pas acquis.
 
    Google par exemple draine 60 % des requtes adresses dans le monde 
    un moteur de recherche. Sa part de trafic avoisine les 80 % en Europe
    de l'Ouest, mais elle tombe  2 % en Core du Sud, o Internet est roi.
    Surtout, Google ne capte que 17 % des recherches en ligne en Chine, le
    march mergent par excellence pour le World Wide Web et la publicit
    "on line".
 
    Le Nytimes.com passe au gratuit. Depuis le 19 septembre 2007, l'accs
    au New York Times en ligne et  ses archives est gratuit. Il y a deux
    ans, le titre phare de la presse amricaine avait restreint l'accs 
    son site Web. Pour consulter ses ditions postrieures  1987 et les
    articles de ses ditorialistes, les internautes devaient payer 49,95
    dollars par an ou 7,95 dollars par mois.
 
    L'exprience a fait long feu. Le quotidien en ligne le plus frquent
    au monde (13 millions de visiteurs uniques par mois) fait le pari que
    ce qu'il va perdre en abonnements (10 millions de dollars par an), il
    le rcuprera en chiffre d'affaires publicitaire, engendr par un
    surcrot de connexions.
 
    Rupert Murdoch est tent d'en faire autant. Le patron
    australo-amricain du gant News Corp. a achet en 2007 le Wall Street
    Journal et s'interroge sur son business model. Le site WSJ.com a beau
    compter un million d'abonns payants, pour 60 millions de dollars de
    recettes annuelles, son nouveau propritaire envisage de rendre son
    accs gratuit. Lui aussi mise sur le boom de l'e-pub et sur un
    gonflement de l'audience gnr par la gratuit, en Europe en
    particulier, o le Wall Street Journal imprim est difficile  trouver.
 
    Radiohead agace l'industrie musicale. En permettant  ses fans de
    tlcharger sur Internet son nouvel album, In Rainbows, le groupe de
    rock britannique a accru la nervosit des majors du disque. Impossible
    de savoir prcisment combien d'internautes l'ont acquis gratuitement
    et combien l'ont pay, et pour quel montant (Radiohead leur avait
    laiss le choix). On ne sait pas non plus si l'opration est
    bnficiaire. Et comment mesurer la rentabilit de ce joli coup de pub.
 
    L'album vient de sortir en CD chez les disquaires, brouillant un peu
    plus les repres. Mais la question n'est pas tellement celle-l. Elle
    est de savoir si le lancement d'In Rainbows est une opration isole ou
    si elle prfigure un basculement de l'industrie musicale dans le
    tout-numrique.
 
    Le PAF se lzarde. Pour la premire fois en 2007, les Europens de 16 
    24 ans ont pass plus de temps devant leur ordinateur que devant la
    tlvision. La mme anne, l'action TF1 a perdu un tiers de sa valeur.
    Rapprocher ces deux nouvelles, c'est constater qu'en 2007 le paysage
    audiovisuel franais a commenc  se lzarder.
 
<article-nb="2008/01/02/19-2">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2">  Qu&#38;#39;est-ce qu&#38;#39;un diteur ? Ou, plus juste, qu&#38;#39;est-ce qu&#38;#39;diter ? Aimer, partager, plonger, choisir, se faire peur sans avoir peur, n&#38;#39;avoir pas peur de l&#38;#39;argent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2">   
    Q u'est-ce qu'un diteur ? Ou, plus juste, qu'est-ce qu'diter ? Aimer,
    partager, plonger, choisir, se faire peur sans avoir peur, n'avoir pas
    peur de l'argent. Etre ensemble, croire, insister, rsister, tre aims
    ensemble, Christian et Dominique Bourgois, par exemple. Les ditions
    Christian Bourgois, tous livres composs en adobe garamond, corps 12,
    le lettrage de couverture spcialement cr pour elles, condensent
    quarante-cinq ans de lumire : Boris Vian, Le Seigneur des anneaux,
    Toni Morrison, Burroughs, Lobo Antunes, Atxaga, Bolao, des Kerouac
    mconnus, des Espagne sans espagnolade, des lettres de Boulez  John
    Cage, ou encore Adam Zameenzad, qui permettrait ce soir de moins mal
    comprendre la mort  venir.
 
 
    Songer d'un coup  la famille Faye, dont le pre, bniste en rgle,
    payant impts et taxe d'habitation, sans ennui, sans dfaut mais sans
    papiers, a t sauvagement "transfrement" au Sngal, cependant que
    son pouse et ses trois enfants survivent dans le malheur et la
    sparation  Chelles (Seine-et-Marne). Avec nos voeux, monsieur
    Hortefeux.
 
    Editer pendant quarante-cinq ans, susciter des choix, une libre
    formation, Denise Laroutis, G.-G. Lemaire, Matthieussent, Nattiez,
    Bailly, Michel Deutsch, Lacoue-Labarthe. Un groupe que relie seulement
    la farouche absence de vulgarit, sans autre lieu que la "maison", la
    maison d'dition. Pour s'en faire une ide, se figurer Bigard au
    Vatican, les comiques au Fouquet's, l'thique bling-bling, la Foire du
    trne.
 
    Editer : agir, se porter prsent, s'engager dans ce que Christian
    Bourgois nomme des activits citoyennes, le Centre national des
    lettres, l'IMEC, la Maison de la culture de Bobigny (MC93), qu'il
    prsidait sans jamais manquer un spectacle, de mme qu'il allait par
    dsir au cinma, au concert, voir les peintres. (Seule rfrence
    culturelle que l'on connaisse au chanoine en dehors d'Eurodisney : "Au
    thtre ce soir".)
 
    Editer, orchestrer, ressembler  Gil Evans ou Burroughs, ne ressembler
    qu' soi, cette manire de donner de l'importance au premier pkin venu
    en lui souhaitant simplement le bonsoir, la voix, la diction, la
    prciosit, le cheveu fin, la poigne de main sans poids, le dos droit
    jamais rigide, les mains d'hirondelle, des doigts de bassiste, ces
    lvres dessines sans trace de gourmandise, la dmarche franche d'un
    danseur de paso, plus ce sourire certain. (Pour se faire une ide, voir
    frime, grande gueule, effet d'annonce, haine des pauvres et des
    immigrs.)
 
    Editer, aimer le dtail. Sur ses couvertures, fin du fin, Christian
    Bourgois a fini par substituer  la mention Christian Bourgois Editeur,
    un simple logo. Triangle rond de 3 et d'initiales, d'une mesure exacte,
    au micron prs. Un rien de trop ou en moins, logo instantanment lourd,
    vendeur. Celui-ci semble tomb du ciel, pur dessin industriel de
    l'arabesque. (Voir Bollor, yacht, jet priv, TF1, grossier jogging.)
 
    Christian Bourgois, impossible de dissocier le prnom du nom, se sera 
    ce point illustr dans l'illusion illustre, en toute connaissance de
    cause : "Toute dcision d'dition a un cot. Notre originalit, c'est
    la manire dont nous apprcions ce cot, c'est--dire dont nous
    apprcions le risque. Trop souvent, dans l'dition, on oppose les
    vilains qui calculent et les anges passionns qui publient des livres.
    Or il n'y a jamais eu un ge d'or de l'dition pendant lequel on
    n'aurait pas fait de comptes." "Un ange qui calcule", oui, on touche au
    but, antonyme exact du pitre calculateur.
 
    De son mal qui l'emporte, Christian Bourgois disait : cela ne
    m'intresse pas. De la mort ? Je ne la crains pas, mais elle m'ennuie.
    Le jeudi 27 dcembre 2007, au Pre-Lachaise, a eu lieu,  11 heures, sa
    crmation. Louxor, fanfaronnades, mir, chou, bijou, hibou, caillou,
    genou.
 
<article-nb="2008/01/02/19-3">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3">  Une nouvelle loi, en juillet 2012, a impos la mention &#38;#34;Tlphoner tue&#38;#34; ou &#38;#34;Tlphoner nuit gravement  votre sant et  celle de votre entourage&#38;#34;
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3">   
    L a lgislation n'a cess de se durcir. On a commenc par imposer la
    mention "Abus dangereux" sur l'objet lui-mme et en interdire la
    publicit. Puis, son usage a t prohib dans les hpitaux, les locaux
     usage collectif et les transports publics. Des hausses de prix
    successives visaient  dissuader les consommateurs. Une nouvelle loi,
    en juillet 2012, a impos la mention "Tlphoner tue" ou "Tlphoner
    nuit gravement  votre sant et  celle de votre entourage". Les ondes
    passives n'taient-elles pas responsables de nombreux dcs et
    nuisances diverses ? En novembre 2015, il a t totalement interdit
    d'utiliser son portable dans les cafs, tabacs, restaurants et
    discothques.
 
 
    Quand les jeunes voient les films ou les actualits tlvises de ces
    annes-l, ils n'en croient pas leurs yeux : tout le monde (acteurs de
    cinma, dirigeants politiques, etc.) tlphonait en permanence, le
    portable coll  l'oreille. C'est une vritable rvolution sociale qui
    a eu lieu en l'espace de quelques annes, "une politique de
    civilisation", comme disait l'ex-prsident Sarkozy.
 
<article-nb="2008/01/02/19-4">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4">  McDonald&#38;#39;s veut sduire ces enfants devenus adolescents, puis adultes. Et l&#38;#39;image d&#38;#39;un clown n&#38;#39;est pas crdible, elle les rebute.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4">   
    Q uelqu'un semble manquer. Dans les rcentes publicits tlvisuelles,
    dans les nouveaux restaurants, le grand clown de McDonald's est
    invisible. Et pourtant, l'image de Ronald semblait jusqu'alors
    indissociable de la chane mondiale de fast-foods. Son sourire, aussi
    large qu'un Big Mac, a d'ailleurs fait la renomme de l'enseigne
    amricaine depuis 1963. "Le clown a aujourd'hui disparu, atteste
    l'anthropologue Nol Jouenne. C'est dsormais le "M" jaune qui a pris
    le pas sur l'identit visuelle McDonald's. Ce n'est plus Ronald !"
 
 
    Depuis onze ans, les McDo - particulirement ceux des centres-villes -
    ont t compltement ramnags et relooks. Fini les espaces aseptiss
    avec les mmes meubles quel que soit le pays dans le monde. L'enseigne
    cherche  se moderniser et veut coller absolument  sa clientle
    d'aujourd'hui, plus urbaine, plus "ado", beaucoup moins enfant.
 
    Car sur 100 visiteurs, une quarantaine sont des clients de 15 ans  25
    ans, une trentaine ont entre 25 ans et 35 ans. Le reste, des familles
    avec enfants. "Il y a donc un problme majeur de repositionnement de la
    marque par rapport  sa clientle, explique Marie-Laure Gavard-Perret,
    professeur des universits  Grenoble-II, spcialiste du marketing.
    Comment fidliser des enfants qui sont devenus des adultes ?" Le
    concept des fast-foods s'est dvelopp en France  partir des annes
    1980. "McDonald's veut donc sduire ces enfants devenus adolescents,
    puis adultes. Et l'image d'un clown n'est pas crdible, elle les
    rebute", assure Mme Gavard-Perret. Douze dcors dans l'air du temps
    (high-tech, contemporain...) ont t ainsi crs. Sans son gardien haut
    de 2,50 mtres.
 
    "Mais il n'y a pas une volont de se dbarrasser de Ronald, rfute
    Nawfal Trabelsi, directeur marketing de McDonald's France. Nous ne
    voulons pas le tuer." Il en veut pour preuve deux chiffres. Sur les
    quelque 1 100 restaurants franais, prs de 500 ont encore gard
    l'image de Ronald. Le clown est conserv sur des aires de jeux comme le
    "Ronaldland" et le "Ronald gym club", gnralement situs autour des
    centres commerciaux et copieusement frquents par les familles
    nombreuses. Depuis onze ans galement, McDonald's a attribu un rle
    plus prcis  son clown. Celui d'un "grand frre" accompagnant l'enfant
    dans une meilleure "hygine de vie" et aidant les plus dfavoriss 
    travers sa fondation.
 
    Pour Mme Gavard-Perret, l'enseigne joue dornavant avec une identit
    graphique comme "Nike et sa virgule". "Le clown n'est pas compatible
    avec une approche globalise", estime-t-elle, et sa disparition peut
    viter des clashs culturels. En Asie, le blanc - comme le maquillage
    ostentatoire de Ronald - est symbole de deuil.
 
<article-nb="2008/01/02/19-5">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5">  Le Parti dmocrate, majoritaire au Congrs depuis 2006, apparat aujourd&#38;#39;hui, signale l&#38;#39;ditorial du &#38;#34;Monde&#38;#34;, comme le favori pour la Maison Blanche. Le bilan des rpublicains est lourdement grev par la guerre en Irak, dans laquelle les Etats-Unis sont mis en chec comme ils ne l&#38;#39;avaient pas t depuis le Vietnam, il y a plus de trente ans.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5">   
    L a comptition pour la succession de George Bush  la Maison Blanche
    commence, jeudi 3 janvier, avec les caucus de l'Iowa. Avance et
    raccourcie, la priode des primaires, qui dsignent les candidats des
    deux partis principaux, rpublicain et dmocrate, pourrait dboucher
    sur des nominations acquises ds le 5 fvrier, date du "super-mardi",
    o voteront les lecteurs de plus de vingt Etats, dont la Californie et
    l'Etat de New York. Les concurrents seraient connus alors neuf mois
    avant l'lection, fixe au 4 novembre.
 
 
    Le Parti dmocrate, majoritaire au Congrs depuis 2006, apparat
    aujourd'hui comme le favori pour la Maison Blanche. Le bilan des
    rpublicains est lourdement grev par la guerre en Irak, dans laquelle
    les Etats-Unis sont mis en chec comme ils ne l'avaient pas t depuis
    le Vietnam, il y a plus de trente ans. A ce passif s'ajoute une crise
    conomique rampante depuis la chute du march immobilier et la crise
    des crdits subprime.
 
    On comprend que les prtendants  la candidature rpublicaine prennent
    leurs distances avec la politique de M. Bush. Certes, ils refusent un
    calendrier de retrait des troupes de l'Irak, que promettent les
    dmocrates, et veulent prenniser les baisses d'impts votes en 2001
    et 2003. En revanche, la politique de libre-change mene par le
    prsident sortant est conteste dans les rangs conservateurs. Les
    Amricains souffrent des dlocalisations d'emplois industriels, et la
    campagne protectionniste mene par le journaliste Lou Dobbs, sur CNN,
    rencontre un cho grandissant.
 
    De nombreux Amricains pensent que leur pays n'a rien  gagner  se
    mler de conflits lointains o son engagement ne lui vaut que des
    dboires et accrot le nombre de ses ennemis. La tentation du repli est
    alimente par la crainte de la comptition conomique mondiale alors
    mme que les entreprises amricaines sont favorises par la faiblesse
    du dollar et par la hantise de l'immigration, toujours vivace dans une
    partie de la socit.
 
    On peut craindre que la campagne ne soit domine par de vains dbats
    sur les sans-papiers (estims  12 millions pour 300 millions
    d'habitants) ou sur la religion. On peut esprer que cette lection,
    imprvisible aprs le dsastre irakien et les conflits moraux provoqus
    par les choix de M. Bush dans sa guerre contre le terrorisme", donne
    lieu  un examen de conscience et  une redfinition du rle de
    l'Amrique dans le monde.
 
    Pour la premire fois, une femme, Hillary Clinton, et un Noir, Barack
    Obama, sont en position d'tre dsigns par le Parti dmocrate pour
    briguer la prsidence avec des chances raisonnables de l'emporter.
    C'est une raison de croire dans la capacit d'ouverture de la socit
    amricaine.
 
<article-nb="2008/01/02/19-6">
<filnamedate="20080102"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080102"><AAMMJJHH="2008010219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6">  Les pays entrs dans la zone de la monnaie unique le 1er janvier donnent une cohsion nouvelle   l&#38;#39;Union europenne. Elle doit en profiter pour peser davantage dans les affaires du monde.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6">   
    A vec l'entre de Malte et de Chypre dans la zone euro, c'est dsormais
    la majorit des pays de l'Union europenne qui partage la mme monnaie,
    preuve de son succs s'il en est. Paradoxalement, l'euro n'a jamais t
    aussi critiqu : l'apprciation forte de la monnaie europenne au cours
    des derniers mois a suscit,  juste titre, des inquitudes en France
    et en Europe.
 
 
    L'euro s'apprcie parce qu'il continue  consolider ses positions
    internationales. Il est, depuis 2004, la premire devise mondiale sur
    les marchs obligataires, 47 % du stock de titres de dettes
    internationaux tant libells en euros contre un peu plus de 30 % en
    dollars. Sa part dans le libell des changes internationaux est
    croissante, grce notamment  son rle dominant dans les changes de
    l'Europe avec son voisinage. La part de l'euro dans les rserves
    officielles de change a atteint 25 % (contre encore 65 % pour le
    dollar). L'euro est devenu la deuxime monnaie mondiale. Ce sont ainsi
    40 pays qui ont tabli un lien montaire officiel avec l'euro, et les
    mouvements de la devise europenne face au dollar se retrouvent de plus
    en plus dans les propres variations de la livre sterling, mais aussi
    dans celles des devises du Canada, de l'Australie ou d'Amrique latine.
 
    Cette puissance montaire de l'Europe repose sur des fondements trs
    solides. Elle dcoule tout d'abord du poids conomique de la zone euro
    : 22 % du PIB mondial (27 % pour les Etats-Unis), 13 % du commerce
    mondial (hors changes intra-europens) et un march intgr de 320
    millions d'habitants aujourd'hui (300 millions d'habitants aux
    Etats-Unis). L'euro s'appuie galement sur un systme financier
    puissant et comptitif, notamment son secteur bancaire, dont
    l'intgration a notablement progress dans les dernires annes. Enfin,
    les investisseurs du monde entier ont confiance dans la stabilit 
    long terme de la valeur de l'euro.
 
    L'euro est donc un succs. La forte demande dont notre monnaie fait
    l'objet est structurelle sur le march des changes face  un dficit
    courant amricain qui sera long  rsorber et  une volont des pays
    mergents de diversifier leurs rserves en devises. En outre, dans un
    monde financier en turbulence, la zone euro apparat comme un ple de
    stabilit attractif.
 
    On ne le dit pas assez, cette apprciation de l'euro n'a pas que des
    effets ngatifs. Elle protge significativement le pouvoir d'achat des
    Europens face  la monte des prix des matires premires, en
    particulier du ptrole, et renforce ce pouvoir d'achat  l'extrieur.
 
    L'euro est une monnaie mondiale et l'Europe doit s'adapter  cette
    nouvelle donne. Sur la scne internationale, elle a commenc  se
    mobiliser. Elle exerce une pression grandissante, avec ses partenaires
    du G7, sur les autorits chinoises afin d'obtenir une apprciation
    acclre du yuan, dont la gestion administre a des consquences
    conomiques de plus en plus ngatives, tant pour l'Europe que pour la
    Chine. Dans ce contexte, les grandes banques centrales ont un rle-cl.
    Mais il ne faut pas surestimer leur capacit  inflchir efficacement
    et durablement les tendances structurelles sur les marchs des changes.
    Et ce d'autant plus que la BCE doit agir dans un contexte de retour de
    tensions inflationnistes, de forte apprciation de l'euro et
    d'incertitudes  la suite des turbulences financires de l't. Enfin
    et surtout, l'Europe a fait le choix de la stabilit des prix et du
    refus des facilits des stratgies de monnaie faible pour assurer la
    comptitivit. Ce choix est un des fondements de la cration de l'euro,
    inscrit dans le trait et sur lequel il n'est pas question de revenir.
 
    En Europe mme, cette adaptation passe d'abord par la conduite de
    rformes structurelles. Ce constat est au coeur de la stratgie de
    l'Union europenne pour assurer sa croissance et ses emplois  long
    terme. Les rformes doivent permettre d'assouplir nos structures
    conomiques afin de mieux mobiliser le travail en Europe. Elles doivent
    galement permettre de dvelopper l'conomie de la connaissance
    (recherche, innovation, universits) et de renforcer l'ducation et la
    formation.
 
    Sur ces grands chantiers, l'Europe avance : Galileo, la nouvelle
    politique industrielle, le soutien aux secteurs d'avenir dans le cadre
    des Initiatives technologiques conjointes, la cration de l'Institut
    europen d'innovation et de technologies. Cette stratgie
    d'investissement dans l'conomie de la connaissance est la bonne et
    devra tre conforte, notamment lors de la rvision des politiques
    communes et de leur financement.
 
    Au niveau national, les rformes que conduisent les Etats membres sont
    aussi dcisives. C'est parce qu'ils ont su nous devancer dans
    l'adaptation de leur systme productif que nos partenaires allemands
    rsistent mieux aujourd'hui  l'apprciation de notre monnaie commune.
 
    La conduite de ces rformes ne sera cependant pas en elle-mme
    suffisante tant que l'Europe n'aura pas compris tout le parti qu'elle
    pouvait tirer d'une "monnaie monde". L'horizon de notre politique
    conomique n'est plus le mme et nous devons donc changer d'chelle. Ce
    message politique, peu entendu aujourd'hui  Bruxelles, devra tre
    port par la France  l'occasion des 10 ans de l'euro.
 
    Nos gouvernements continuent trop souvent  concevoir la politique
    conomique avec des lunettes de petites conomies ouvertes qui visent
    prioritairement  assurer l'ancrage extrieur de la devise nationale.
    Cette poque est rvolue. Le taux de change nominal de l'euro face aux
    autres grandes devises n'est plus un objectif aussi central compte tenu
    de la taille de la zone euro et de son nouveau statut mondial.
 
    La zone euro doit aussi davantage prendre conscience du fait que son
    poids conomique considrable lui permet de peser, si elle s'en donne
    les moyens, sur les grands quilibres mondiaux au mme titre que les
    Etats-Unis, le Japon ou la Chine. De mme qu'il y a une diplomatie du
    dollar, nous devons avoir une diplomatie de l'euro. C'est un autre
    grand changement de perspective pour nos pays, qui, pris
    individuellement, n'taient pas, peu ou plus en mesure de peser seuls
    sur la scne internationale. Pour pleinement assumer son rle, la zone
    euro doit donc se doter d'instruments dcisionnels efficaces : une
    meilleure gouvernance afin de renforcer le dialogue entre les
    diffrents ples chargs de la conduite de la politique conomique et
    la coordination entre les gouvernements ; une meilleure reprsentation
    extrieure au sein des organes de coordination internationale, au
    premier rang desquels le G7 et le Fonds montaire international.
 
    En 2008, nous clbrons le succs de la cration de l'euro. La
    prsidence franaise du Conseil de l'Union europenne sera, au second
    semestre, l'occasion de mieux prendre conscience des opportunits
    nouvelles qu'apporte la monnaie unique. C'est  cette condition que
    nous concrtiserons collectivement toutes les promesses de l'euro.
      __________________________________________________________________
 
    Jean-Pierre Jouyet, secrtaire d'Etat charg des affaires europennes
 
