<FILE-date="2008/01/15/19">
<article-nb="2008/01/15/19-1">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-1">  Face  la persistance de la crise, la question est la suivante : les banques centrales sont-elles en mesure de rgler le problme ?
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-1">      P asse la stupeur de cet t, on a pu penser que la crise des
    subprimes serait passagre, qu'elle se serait limite  rvler les
    pertes des banques insouciantes et qu'on pourrait vite passer  autre
    chose. Il n'en a rien t. Alors que la situation semblait corrige fin
    octobre 2007, les taux interbancaires ont recommenc  se tendre
    ensuite, montrant que la confiance n'tait toujours pas restaure. Tout
    au long du mois de dcembre, les banques centrales ont d injecter
    massivement de nouvelles liquidits.
 
 
    Face  la persistance de la crise, la question est toutefois la
    suivante : les banques centrales sont-elles en mesure de rgler le
    problme ? La rfrence  la crise de 1929, au nom de laquelle leurs
    interventions sont menes, est-elle approprie ? Ne faut-il pas plutt
    comparer la situation actuelle  la crise japonaise des annes 1990 ?
    Le krach de la bulle immobilire avait alors sclros le systme
    bancaire pendant plus de dix ans, entranant la croissance japonaise,
    flamboyante auparavant, sur la voie d'une longue atonie.
 
    Pour saisir l'enjeu de cette comparaison, il est habituel de distinguer
    deux types de crises financires : les crises de solvabilit d'une
    part, les crises de liquidit de l'autre. Les crises de solvabilit
    sont les plus simples  comprendre : un dbiteur fait faillite parce
    que l'investissement qu'il a engag est moins rentable que prvu.
    Exemple : la rentabilit d'Eurotunnel a t trs en de des niveaux
    attendus ; les cranciers et les actionnaires ont perdu leur mise.
 
    Les crises de liquidit sont d'une autre nature. Elles adviennent
    lorsque, pour une raison ou une autre, les cranciers veulent tous
    vendre en mme temps leurs actifs, provoquant eux-mmes la
    dvalorisation de leurs crances. Une mauvaise rumeur, un comportement
    moutonnier (si les autres vendent, je veux vendre aussi) peuvent alors
    faire dgnrer un projet initialement sain en fiasco, obligeant 
    liquider  perte ce qui n'avait pas de raison de l'tre.
 
    Cette distinction est videmment en partie thorique. Lorsque la crise
    se dclenche, bien malin qui peut dire s'il s'agit d'une crise qui peut
    tre rsolue par un retour  la confiance, ou si, au contraire, elle
    menace durablement les bilans bancaires. Elle est toutefois essentielle
    pour comprendre la porte des politiques menes. Le principal
    instrument  la disposition des banques centrales est en effet le
    refinancement temporaire des tablissements de crdit. Il est clair
    pourtant que ces avances ne transformeront pas un bilan dgrad en un
    bilan sain.
 
    La crise des subprimes hrite de cette ambigut. En plein mois d'aot,
    les fonds hypothcaires sont brutalement devenus illiquides, personne
    ne sachant quelle valeur donner  des portefeuilles fabriqus  partir
    de formules mathmatiques que personne ne comprenait plus.
    Progressivement pourtant, il est devenu clair que les pertes taient
    relles, grevant durablement les bilans bancaires.
 
    La singularit des subprimes tient au fait que les banques ont d'abord
    hsit  reconnatre ces pertes. Leurs "actifs toxiques", comme les
    appelle Nouriel Roubini, professeur  la New York University, ont en
    effet t enfouis dans des comptes hors bilan, ce qui leur a permis
    d'chapper aux rgles prudentielles habituelles. Les banques ont d
    choisir entre deux stratgies : rpudier ces actifs ou les rintgrer
    dans leurs comptes. Dans le premier cas, elles perdaient toute
    crdibilit face  leur clientle, qui aurait t bien surprise
    d'apprendre que les sicav n'engageaient pas la responsabilit des
    banques qui les ont vendues. Dans le second, elles minaient leur bilan.
    Non sans avoir longuement hsit, elles ont finalement choisi la
    seconde stratgie et reconnu leurs pertes.
 
    SEUL LEVIER, LA BAISSE DES TAUX
 
    On commence  avoir une ide de l'ampleur de celles-ci. Une fourchette
    de 300 milliards  400 milliards de dollars est gnralement retenue.
    Les banques provisionnant ces pertes  un rythme de 30 milliards par
    trimestre environ, on ne devrait pas voir le bout du tunnel rapidement.
    Qui pourrait acclrer le processus ? Les fonds asiatiques ou
    ptroliers ont manifest un intrt. La Chine et Abu Dhabi ont achet
    des parts de Morgan Stanley et de Citigroup. Singapour s'intresse 
    Merrill Lynch. "Everything is for sale...", tout est  vendre... Mais,
    pour l'instant, les chiffres annoncs ne suffisent pas.
 
    Ce qui renvoie au rle des banques centrales. Elles ne disposent en
    fait que d'un seul levier pour recapitaliser, sans le dire, les banques
    commerciales : la baisse des taux. Plus les taux d'intrt sont bas, en
    effet, plus la valeur d'un actif est importante. Si vous possdez un
    appartement qui paie un loyer fixe, sa valeur de march sera d'autant
    plus grande que les taux d'intrt sont bas. C'est la raison pour
    laquelle la Bourse monte quand les taux baissent, ce qui permet aussi
    de reconstituer le capital des banques et de revaloriser leurs actifs.
 
    Ben Bernanke, le prsident de la Rserve fdrale amricaine (Fed),
    semble prt - comme son prdcesseur Alan Greenspan l'avait fait 
    chaque crise -  baisser les taux amricains. La Banque centrale
    europenne (BCE) s'en tient  fournir autant de liquidits qu'il
    faudra, sans baisser ses propres taux. Situation habituelle mais
    toujours tonnante : la BCE s'inquite davantage de l'inflation que la
    Fed, alors que le risque est plus fort outre-Atlantique que dans la
    zone euro. Le dollar faible relance en effet la croissance et
    l'inflation aux Etats-Unis, et fait exactement le contraire en Europe.
 
    La question est ds lors d'ordre macroconomique : la crise des
    subprimes se propagera-t-elle  l'ensemble de l'conomie ? Les avis
    sont partags. L'Organisation de coopration et de dveloppement
    conomiques (OCDE, qui runit les pays les plus riches) ne semble pas
    inquite. Son dernier rapport souligne que les comptes des entreprises
    sont bons et s'en tient  prvoir un ralentissement gnral dans la
    zone, avec une croissance moyenne lgrement en de de 2 %, y compris
    aux Etats-Unis. Nombreux sont ceux qui s'inquitent pourtant du risque
    d'une rcession amricaine, due  la chute de l'immobilier ou au risque
    d'un effondrement du crdit, sur le modle japonais...
 
    Le risque central pour 2008 est qu'une inflation plus forte que prvu
    aux Etats-Unis ne conduise la Fed  renoncer  la baisse attendue des
    taux. Le dollar se rtablirait, vitant l'apocalypse que lui prdisent
    certains, mais ce serait une mauvaise nouvelle pour les banques. La
    Bourse, qui a dj anticip une baisse prononce des taux, en ptirait
    aussi ! Effondrement du dollar ou krach boursier ? On aurait aim
    commencer l'anne sous de meilleurs auspices.
 
<article-nb="2008/01/15/19-2">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
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<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-2">   
 
 
<article-nb="2008/01/15/19-3">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-3">  La crise des subprimes a mis en vidence le bouleversement de l&#38;#39;ordre gofinancier mondial. Quatre entreprises chinoises figurent parmi les dix plus grosses capitalisations boursires mondiales. 
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-3">      U ne croissance record, des centaines de millions de Chinois et
    d'Indiens sortant de la misre, le chmage au plus bas dans les pays
    industrialiss : toute cette mondialisation heureuse devenait
    assommante  commenter. Dieu merci, il y a eu la crise des subprimes.
    Un sujet en or, qui se prte d'autant mieux aux exgses que cinq mois
    aprs son dclenchement, personne n'a vraiment trs bien compris ce qui
    s'tait pass. Et mme rien compris du tout, de l'aveu mme du patron
    d'une des plus grandes banques franaises. Comment les dfauts de
    paiement d'un tout petit nombre d'emprunteurs immobiliers aux
    Etats-Unis ont-ils pu dgnrer en une crise bancaire et montaire
    mondiale sans prcdent ? Comment la facture de la crise a-t-elle pu
    s'envoler, estime  une centaine de milliards de dollars en aot,
    aujourd'hui  plus de 4 000 milliards ?
 
 
    L'histoire de la crise des subprimes reste  crire. Et il faudra
    patienter encore : elle est loin d'tre termine, personne n'a trouv
    les remdes pour en gurir et nul, enfin, n'est en mesure d'valuer son
    impact sur l'conomie relle, la seule chose qui importe vraiment.
    Sera-t-il ngligeable, comme l'affirment les conomistes de
    l'Organisation de coopration et de dveloppement conomiques (OCDE) ou
    doit-on s'attendre  une droute conomique aussi gravissime que la
    "Grande dpression" des annes 1930, comme le prdit Jacques Attali ?
 
    Seule vrit tablie : la crise des subprimes a mis en vidence le
    bouleversement de l'ordre gofinancier mondial. L'affaire tait dj
    entendue sur le plan conomique. L'Asie fabriquait, l'Occident
    consommait. D'o les dsquilibres colossaux des balances commerciales
    entre les deux zones. Mais personne n'avait vraiment ralis  quel
    point l'Asie mergente, puissance industrielle, tait aussi devenue une
    puissance financire. Comment,  force de beaucoup travailler, elle
    s'tait beaucoup enrichie. Comment,  force de vendre des milliards de
    tee-shirts, elle avait aussi patiemment vers dans sa tirelire des
    centaines de milliards de dollars laborieusement gagns. On savait bien
    que la banque centrale de Chine accumulait les rserves de change (prs
    de 1 500 milliards de dollars), mais comme celles-ci servaient pour
    l'essentiel  acheter des emprunts d'Etat amricains, ce phnomne
    restait une sorte d'abstraction montaire.
 
    Tout a chang le 19 dcembre 2007, quand China Investment Corp (CIC),
    le fonds de l'Etat chinois, a apport 5 milliards de dollars  Morgan
    Stanley, "plombe" par ses pertes lies aux subprimes. De l'argent
    communiste sauvant l'un des tablissements financiers les plus chics de
    Wall Street, une vraie Rolls du capitalisme mondial pour laquelle des
    gnrations de golden-boys ont rv de travailler, le symbole est fort.
 
    Et Morgan Stanley n'a pas t la seule. Merrill Lynch et UBS ont t
    secourues par des fonds singapouriens, Bear Stearns renfloue par des
    capitaux chinois et Citigroup par des milliards de dollars en
    provenance d'Abu Dhabi.
 
    S'il y avait pourtant bien un domaine dans lequel, depuis vingt ans,
    l'Occident pouvait se targuer d'une domination crasante sur le reste
    du monde et sur l'Asie en particulier, c'tait bien l'efficacit et la
    sophistication de son systme bancaire et financier. Il faut se
    souvenir avec quelle arrogance les Occidentaux avaient donn des leons
    aux Japonais, dans les annes 1990, pour qu'ils assainissent leurs
    banques aprs l'clatement de la bulle immobilire et boursire. Avec
    quelle condescendance ils avaient dnonc, quelques annes plus tard,
    l'opacit des comptes des tablissements de crdit sud-corens,
    coupables d'entretenir des relations incestueuses avec les conglomrats
    industriels, les chaebols.
 
    Avec quelle inquitude, mle de morgue, enfin, ils voquaient encore
    tout rcemment la fragilit des structures bancaires et financires
    chinoises. Bref, l'Asie avait peut-tre merg industriellement, mais
    elle restait financirement sous-dveloppe. En faisant clater la
    bulle de la finance occidentale, la crise des subprimes a mis fin  ce
    complexe de supriorit.
 
    On pourrait grener d'autres signes de cette puissance financire
    asiatique toute neuve. Quatre entreprises chinoises figurent parmi les
    dix plus grosses capitalisations boursires mondiales : au premier rang
    d'entre elles, PetroChina, valorise 724 milliards de dollars, loin
    devant les Amricains ExxonMobil (519 milliards) et General Electric
    (377 milliards). Dbut dcembre, la Chine est galement devenue pour la
    premire fois, dans le cadre de l'Association internationale de
    dveloppement (AID) gre par la Banque mondiale, l'un des 45 pays
    donateurs pour les pays les plus pauvres de la plante. Il y a huit
    ans, elle tait encore bnficiaire de cette aide ! Par ce geste, la
    Chine a voulu bien faire comprendre  toute la plante qu'elle avait
    dfinitivement quitt le camp des nations en dveloppement pour
    rejoindre celui des pays riches.
 
    Ultime symbole de ce transfert du pouvoir financier de l'Occident vers
    l'Asie, c'est  Pkin que se joue dsormais la partie montaire
    mondiale, o se dcide la parit des deux principales devises
    mondiales, le dollar et l'euro. D'une seule phrase voquant une
    rduction de la part du dollar dans ses rserves de change, le
    gouverneur de la banque centrale de Chine peut quand il le veut envoyer
    le dollar au tapis. Sans que Washington et Francfort puissent rien y
    faire. Vendre des tee-shirts, cela peut finir par rapporter gros, trs
    gros.
 
<article-nb="2008/01/15/19-4">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-4">  Le rapport de l&#38;#39;Insee souligne que le dficit extrieur de la France s&#38;#39;est alourdi de prs de 10 milliards d&#38;#39;euros.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-4">      L 'ouvrage L'Industrie en France, publi jeudi 10 janvier par l'Insee,
    n'incite gure  l'optimisme. C'est un euphmisme. Il souligne "les
    contre-performances" de l'industrie franaise en 2006, alors que la
    croissance mondiale tait forte et que la plupart des pays europens en
    bnficiaient.
 
 
    Que nous rserve donc la prochaine publication pour l'anne 2007, qui
    vit "la monte des taux d'intrt, l'assainissement des finances
    publiques allemandes et italiennes, la fin du boom immobilier et
    l'volution dfavorable des principaux taux de change" ? Et, pire, que
    va-t-il advenir en 2008 avec les consquences ngatives de la crise
    financire amricaine dont les entreprises risquent fort de ptir ?
 
    Le dficit extrieur de la France s'est, en effet, aggrav de prs de
    10 milliards d'euros durant l'anne 2006, souligne le rapport de
    l'Insee. Le solde manufacturier a atteint 3,5 milliards d'euros "grce,
    en particulier,  l'aronautique". Mais "hors produits
    agroalimentaires, ce solde est devenu dficitaire ds 2005, ce qui
    n'tait pas arriv depuis 1994".
 
    La production industrielle est donc reste "en retrait", alors qu'elle
    augmentait de 5 % dans la zone euro, grce  l'Allemagne, mais aussi
    grce  l'Espagne et  l'Italie, o la production manufacture a
    augment de 3 %, et certains petits pays comme l'Irlande, l'Autriche ou
    les pays baltes, o elle a augment encore davantage.
 
    Les mnages franais ont pourtant fortement consomm durant cette
    priode. Mais cette apptence a surtout bnfici aux importations "en
    raison de la faible comptitivit du tissu industriel franais et de la
    perce des produits manufacturs fabriqus en Chine et en Europe
    centrale". Et cette situation pourrait s'aggraver.
 
    "Avec un investissement en panne, l'appareil productif franais risque
    de souffrir d'un retard technologique par obsolescence des matriels,
    des techniques et des savoir-faire", soulignent les auteurs de l'tude.
    Cette panne affecte non seulement les investissements corporels, les
    entreprises privilgiant l'accs  de nouveaux marchs o, en outre, la
    main-d'oeuvre est moins chre. Mais elle affecte aussi les
    investissements incorporels, comme la recherche et le dveloppement. Ce
    qui est de mauvais augure.
 
    L'cart entre la France et les Etats-Unis,  cet gard, s'explique en
    grande partie par la diffrence de spcialisation. Les Etats-Unis ont
    une forte industrie des technologies de l'information et de la
    communication (TIC), o les investissements en recherche et
    dveloppement sont importants. Ce qui n'est pas le cas de la France,
    dont les secteurs de prdilection demandent moins d'efforts de
    recherche. En revanche, l'cart entre la France et l'Allemagne
    s'expliquerait davantage par le faible nombre d'entreprises de taille
    moyenne innovantes en France.
 
    Certes, tous les secteurs ne sont pas affects galement. La
    contre-performance de l'industrie franaise est largement due au recul
    du secteur automobile : la production y a diminu de 5 % en 2006,
    souligne le rapport. Les investissements nationaux corporels du secteur
    ont chut de 6,8 % durant cette priode, poursuivant un mouvement de
    baisse commenc en 2002. Les constructeurs automobiles ont privilgi
    les investissements en Europe centrale et en Asie.
 
    Mais le recul s'est aussi poursuivi pour "la grande majorit des biens
    de consommation". Dans l'habillement et le textile, les articles de
    sport et les jouets, les biens durables comme les meubles ou
    l'lectromnager. Les fabricants de ces produits ont perdu des parts de
    march au profit des concurrents trangers. "Quant aux produits
    numriques grand public, ils sont maintenant presque tous imports."
 
    Certaines activits ont nanmoins progress. Comme les industries
    agroalimentaires et celles lies au btiment (travail du bois,
    matriaux). Quelques secteurs affichent de bonnes performances 
    l'exportation. Telles les industries du luxe, l'industrie
    pharmaceutique et l'aronautique : "Les livraisons, dans ce domaine,
    n'ont jamais t aussi leves et semblent insensibles  la faiblesse
    du dollar et aux retards de production de l'A380." Les secteurs de la
    mcanique, des appareils de mesure et mdicaux restent aussi
    dynamiques.
 
    Ces quelques bons rsultats n'ont pas suffi  maintenir le niveau de
    l'emploi industriel. Il a diminu de 1,6 % sur un an, hors intrim, et
    de 1 % avec, la baisse la plus marque tant celle de l'industrie
    automobile, bien sr. Les PME ont largement recouru aux contrats
    nouvelle embauche (CNE). Mais "en 2007, les nombreux recours devant les
    prud'hommes auraient cependant rduit l'attrait de ce type de contrat",
    observe l'Insee.
 
<article-nb="2008/01/15/19-5">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-5">  Jamais les relations entre les Etats-Unis et Isral n&#38;#39;ont t aussi bonnes.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-5">      J amais les relations entre les Etats-Unis et Isral n'ont t aussi
    bonnes. George Bush, au cours de ses sept annes d'exercice du pouvoir,
    a toujours soutenu, sans sourciller, la politique de l'Etat juif.
    L'administration amricaine l'a mme souvent dtermine. Aucune
    dcision importante n'a t prise, que ce soit par le gouvernement
    d'Ariel Sharon ou par celui d'Ehoud Olmert, sans que Washington n'ait
    t inform, sond et qu'une ligne d'action soit choisie en commun.
 
 
    Les proches conseillers des deux premiers ministres israliens ont
    effectu, au cours de ces sept annes, d'innombrables alles et venues
     la Maison Blanche. Les chefs de gouvernement aussi. De hauts
    responsables amricains comme Anthony Zinni, George Mitchell, George
    Tenet ont fait de longs sjours  Jrusalem pour se pencher sur le
    conflit isralo-palestinien. La concertation a t permanente,
    complte. Le fidle alli de Washington n'a jamais outrepass les
    lignes rouges fixes par l'administration Bush  tel point que certains
    analystes ont parl d'Isral comme du 51^e Etat de l'Union.
 
    En dpit de cet accord parfait, le prsident Bush ne s'est jamais rendu
    en Isral dans l'exercice de ses fonctions. Il tait encore gouverneur
    du Texas lorsque, en 1998, Ariel Sharon, qui n'tait pas premier
    ministre, lui a fait faire un tour en hlicoptre au-dessus de la
    Cisjordanie. Il en garde un souvenir mu, et ce n'est pas sans une
    certaine nostalgie, comme il l'a confi la semaine dernire au
    quotidien Yedioth Aharonot, qu'il doit se retrouver pour trois jours,
    du 9 au 11 janvier, dans la ville sainte. George Bush s'est fix trois
    objectifs pour cette visite qui va se poursuivre au Kowet,  Bahrein,
    aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Egypte : tout
    d'abord, a-t-il dit, "convaincre les Etats arabes qu'Isral est un
    partenaire pour la paix et que c'est dans l'intrt des Palestiniens et
    du monde arabe" ; ensuite "faire avancer le processus de paix en
    rappelant aux allis de l'Amrique au Moyen-Orient l'importance de la
    solution de deux Etats (Isral , Palestine) et voir ce qui peut tre
    fait pour la mettre en place" ; enfin, "comment renforcer les rgimes
    de ces pays pour qu'ils servent de barrire  l'agression iranienne".
 
    La premire tape de cette tourne va tre la plus facile. George Bush
    a qualifi Ehoud Olmert de "visionnaire", car "il a compris
    l'importance de crer un espoir pour les Palestiniens dans l'Etat
    qu'ils veulent crer". De son ct, le premier ministre isralien, dans
    un entretien au Jerusalem Post, a estim que le prsident Bush tait
    "un homme avis", "c'est l'homme qui a t le plus proche d'Isral
    depuis Gerald Ford", avant d'ajouter : "Il ne fait rien avec quoi je ne
    suis pas d'accord. Il ne soutient rien auquel je suis oppos. Il fait
    attention  ne rien dire qui pourrait causer du tort  Isral." Dans
    ces conditions, la visite de George Bush  Jrusalem ne peut tre que
    la conscration de cette bonne entente. Une vritable osmose !
    L'aboutissement d'une politique de proximit et de connivence depuis
    l'accession au pouvoir de George Bush, qui a concid avec celle
    d'Ariel Sharon en fvrier 2001. Les deux hommes ont pratiquement
    toujours t sur la mme longueur d'onde. Ils ont dcid en commun de
    mettre "hors-jeu" Yasser Arafat. Ils se sont retrouvs en phase pour
    dclarer la guerre  l'Irak. Ils se sont mis d'accord pour dcider du
    retrait unilatral de la bande de Gaza pendant l't 2005. Ce
    partenariat s'est poursuivi sans nuage avec Ehoud Olmert. L'appui a t
    total lors de la deuxime guerre du Liban pendant l't 2006. Les
    Etats-Unis ont fourni  l'une de leurs principales ttes de pont au
    Proche-Orient toute l'assistance militaire et diplomatique dont Isral
    avait besoin.
 
    Il y a eu quelques crispations du ct isralien lors de la publication
    du rapport Baker-Hamilton en dcembre 2006 (qui appelait Washington 
    un effort srieux et urgent sur le conflit isralo-palestinien).
    Finalement, les choses sont rentres dans l'ordre lorsque
    l'administration Bush a jet par-dessus bord les suggestions du rapport
    qui ne lui convenaient pas. Le prsident Bush n'a gure montr que le
    conflit isralo-palestinien tait l'une de ses proccupations. Il a
    laiss carte blanche  son alli. Il y a bien eu le fameux discours du
    24 juin 2002, au cours duquel, pour la premire fois, George Bush a
    exprim la volont de crer un Etat palestinien "viable, continu,
    souverain et indpendant". Cette intention n'a gure t suivie d'effet
    en dpit du lancement de la feuille de route, le plan de paix
    international, le 4 juin 2003  Akaba, en Jordanie, lors d'un sommet
    entre MM. Bush, Sharon et Mahmoud Abbas, alors premier ministre. Par la
    suite, le Quartet (entit compose des Etats-Unis, de l'ONU, de la
    Russie et de l'Union europenne) sera incapable d'imposer une solution
    car, comme l'a dnonc Alvaro de Soto, ancien envoy spcial du
    secrtaire gnral de l'ONU, il est totalement soumis au bon vouloir
    des autorits amricaines qui, sur le conflit isralo-palestinien, ont
    toujours impos leur loi, dicte en troite collaboration avec Isral.
 
    PAS D'AVANCE
 
    La victoire du Hamas aux lections de janvier 2006 et la prise du
    pouvoir par la force dans la bande de Gaza par cette organisation
    islamiste ont soudain rveill l'administration Bush. Jusqu' prsent,
    cette dernire se contentait de grer de faon lointaine une crise
    considre comme subalterne par rapport aux menaces surgies dans des
    contres orientales plus loignes. Et ce d'autant qu'Isral tait jug
    suffisamment solide pour y faire face.
 
    Ralisant soudain que la menace islamiste pouvait galement saper la
    scurit d'Isral, George Bush a eu l'ide, au mois de juillet, de
    lancer une confrence internationale. Cette initiative n'a pas rjoui
    le gouvernement isralien, qui se mfie comme d'une peste des grandes
    messes internationales destines  trouver une solution  un conflit
    dont il veut tre le seul matre. Mais, comme il s'agissait de l'ami
    amricain, le gouvernement s'est pli de bonne grce aux volonts du
    grand frre. C'est ainsi, que le 27 novembre 2007  Annapolis, dans le
    Maryland, la mise en orbite d'un nouveau processus de paix a t
    effectue.
 
    Depuis, en dpit de deux runions entre les dlgations palestinienne
    et isralienne, et de deux rencontres entre MM. Olmert et Abbas, le
    processus de paix n'a pas avanc d'un iota. La venue de George Bush ne
    devrait rien changer  l'affaire. Le prsident amricain est dans un
    rle de bons offices. C'est aux Israliens et aux Palestiniens de
    s'entendre, dit-il. Un nouvel missaire amricain va veiller au bon
    droulement des ngociations. Il s'agit du gnral James Jones, un
    marine qui fut secrtaire gnral de l'OTAN. Esprons qu'il aura plus
    de chance que ses prdcesseurs.
 
<article-nb="2008/01/15/19-6">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-6">  La rlection de Mikhel Saakachvili  la prsidence de la Gorgie illustre la difficult des Etats issus de la disparition de l&#38;#39;URSS  sortir du sovitisme.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-6">      L a rlection de Mikhel Saakachvili  la prsidence de la Gorgie
    illustre la difficult des Etats issus de la disparition de l'URSS 
    sortir du sovitisme. La bonne nouvelle, c'est que le score d'environ
    52 %, mme contest et contestable, est plus conforme aux rsultats
    gnralement obtenus dans les dmocraties adultes que les 96 %, dignes
    des rgimes totalitaires, obtenus par le mme Saakachvili en 2004, au
    lendemain de la "rvolution des roses". Le culte du chef ou du hros a
    fait place  une apprciation plus contraste de son action, c'est le
    moins qu'on puisse dire.
 
 
    La mauvaise nouvelle, c'est que les conditions du scrutin laissent
    encore  dsirer, malgr les satisfecit ambigus dlivrs par
    l'Organisation pour la scurit et la coopration en Europe (OSCE). La
    culture des consultations libres, transparentes, dmocratiques, est
    loin de s'tre implante en Gorgie, comme dans d'autres rpubliques de
    l'ex-URSS.
 
    Les mauvaises habitudes ne se perdent pas du jour au lendemain. Les
    lections y sont toujours conues comme une manire de donner un vernis
    populaire au pouvoir et non comme un moyen d'assurer l'alternance. Le
    premier rflexe des autorits est de manipuler le vote en empruntant
    des voies diverses, plus ou moins grossires ou sophistiques selon les
    cas. Celui de l'opposition est de contester le rsultat avant mme la
    tenue du scrutin. Nulle part la bataille politique n'est exempte de
    coups bas mais le "kompromat", le matriel compromettant, archiv ou
    fabriqu par les services de scurit, reste, dans ces pays, une
    pratique courante pour dconsidrer les adversaires politiques. Celui
    qui pense autrement n'est pas un adversaire mais un ennemi  abattre.
    C'est le plus souvent un tratre, issu des mmes rangs que les nouveaux
    matres, d'autant plus dangereux qu'il connat les mauvaises manires
    du pouvoir.
 
    Au cours des quatre dernires annes, la Gorgie "dmocratique" de
    "Micha" Saakachvili n'a pas chapp  ces drives. Au point que
    l'ancien dissident polonais Adam Michnik, envoy en mission  Tbilissi
    par l'OSCE pour veiller  la libert de la presse, a menac de comparer
    le prsident gorgien aux potentats d'Asie centrale.
 
    La Gorgie n'est pas l'Ouzbkistan. Ni la Bilorussie. Parmi les trois
    rpubliques ex-sovitiques  avoir connu une "rvolution de couleur",
    elle ne s'en sort pas trop mal. Le Kirghizstan est retomb dans le
    despotisme asiatique. L'Ukraine souffre des maux postcommunistes accrus
    par l'instabilit. A Kiev, les divisions passent entre les prorusses et
    les pro-occidentaux. A Tbilissi, le gouvernement et l'opposition sont
    favorables  l'ancrage  l'Ouest dont M. Saakachvili a t rig en
    symbole. Le drapeau bleu toil de l'Union europenne flotte partout et
    l'adhsion  l'OTAN est un objectif prioritaire.
 
    Le chemin sera plus long que les dirigeants gorgiens ne l'imaginaient
    avant la crise de novembre 2007, avec les manifestations de
    l'opposition finalement disperses par la force, l'tat d'urgence et
    ces lections anticipes. La Gorgie n'est pas la Bilorussie. Elle
    n'est pas non plus la Pologne ou la Hongrie. Outre un niveau de
    dveloppement plus avanc, les pays d'Europe centrale et orientale ont,
    pour russir leur transition, bnfici ds le dbut des annes 1990 de
    la perspective europenne et otanienne. Les Gorgiens devront patienter
    avant d'tre accepts dans l'Alliance atlantique et plus longtemps
    encore avant de pouvoir seulement envisager des liens troits avec une
    UE gave d'largissements. Sous la surveillance d'une Russie prte 
    exploiter le moindre faux pas pour reconqurir le terrain perdu.
 
    P.S. : depuis qu'il est entr en politique, M. Saakachvili a toujours
    t prnomm Mikhal. Il insiste aujourd'hui pour tre appel Mikhel,
    sans doute pour bien montrer que son prnom n'est pas russe. Dont acte.
 
<article-nb="2008/01/15/19-7">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-7">  Pendant quelques jours, le Kenya a vacill, menaant d&#38;#39;tre emport par une spirale autodestructrice amorce par le rsultat contest de l&#38;#39;lection prsidentielle du 27 dcembre.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-7">      P endant quelques jours, le Kenya a vacill, menaant d'tre emport
    par une spirale autodestructrice amorce par le rsultat contest de
    l'lection prsidentielle du 27 dcembre. Au terme d'une semaine de
    violences, alors qu'un calme relatif s'est instaur et que le pays
    s'efforce de panser ses plaies, le bilan est terrible. Plus de 350
    morts, des destructions d'une ampleur indite. Des plaies, enfin,
    ouvertes par des affrontements entre communauts  Nairobi, la
    capitale, comme dans plusieurs provinces.
 
 
    Qu'est-il arriv pour qu'une raction en chane entrane vers l'abme
    un pays qui avait clbr dans la joie une "transition modle" cinq
    annes plus tt ? Le dbut de la crise peut tre dat avec prcision.
    Le feu a pris au Kenya le 30 dcembre, lors de l'annonce des rsultats
    d'un scrutin qui s'tait droul jusqu'ici de manire exemplaire. Aprs
    des oprations de vote parfaites, le dcompte, entach de fraudes
    varies, s'tait conclu par la victoire conteste du prsident sortant,
    Mwai Kibaki, aux dpens de son rival, l'opposant Raila Odinga, dont les
    partisans taient aussitt descendus dans la rue, ouvrant le cycle des
    violences.
 
    Le caractre litigieux des rsultats ne fait aucun doute. Le prsident
    de la Commission lectorale, Samuel Kivuitu, qui les avait proclams,
    accordant la victoire au prsident Kibaki avec 200 000 voix d'avance,
    s'est rtract par la suite, rvlant avoir procd  cette annonce
    aprs avoir subi des "pressions" du pouvoir. Il n'en demeure pas moins
    que la premire vague de violences est imputable aux partisans de Raila
    Odinga. Justifiait-elle la brutalit de la rpression policire, qui a
    eu recours  un "usage disproportionn de la force", selon Louise
    Arbour, haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme ? Un groupe de
    23 organisations knyanes comptant parmi elles la Commission nationale
    des droits de l'homme du Kenya a dnonc, samedi, "l'usage
    extraordinaire de la force par les forces de police kenyanes, allant
    (...) jusqu' des excutions extrajudiciaires." A Kisumu, fief de
    l'opposition, la morgue dborde de corps trous de balles. Seules les
    forces de scurit, selon les tmoignages, semblent avoir fait usage
    d'armes  feu.
 
    Par contamination, d'autres types d'affrontements ont ensuite fait leur
    apparition, notamment dans la valle du Rift. Ces violences ont pris
    une dimension ethnique qui a pu donner l'impression que la clef de la
    crise nationale se trouvait l, alors qu'il s'agissait essentiellement
    d'une superposition de conflits locaux, greffs sur l'embrasement
    initial. Ce ne sont pas les meutes, mais les fraudes, qui sont 
    l'origine du bcher o viennent se consumer les espoirs d'un pays qui a
    travaill, vingt ans durant,  construire patiemment une dmocratie
    envie par beaucoup de pays du continent. La tragdie que vit le Kenya
    n'est pas l'expression du caractre violent de ses lecteurs, mais, au
    moins en partie, le reflet des espoirs immenses qu'ils plaaient dans
    les lections. Ces espoirs sont aussi  la mesure des souffrances de la
    vaste majorit des pauvres d'un pays qui s'enorgueillit  juste titre
    d'une croissance conomique de 6,1 %, mais nglige de redistribuer ses
    richesses.
 
    La premire leon du naufrage lectoral knyan a donc valeur de mise en
    garde contre l'gosme de ses dirigeants. Alors que ces derniers
    comptent parmi les mieux pays au monde, ils n'ont encore jamais song
     se pencher sur le sort des 55 % de Knyans qui vivent avec moins de 2
    dollars par jour et dont les conditions de vie se sont dgrades au
    cours de l'embellie conomique rcente. Ce n'est pas un hasard si Raila
    Odinga, lui-mme homme d'affaires prospre, s'est forg, en flirtant
    avec le populisme, une rputation de "candidat des pauvres" dans les
    bidonvilles.
 
    Mais la porte des violences de la semaine passe dpasse la mise en
    vidence de ces ingalits sociales. Les lecteurs knyans, y compris
    les plus pauvres, ont cru  la promesse d'un pays meilleur sorti du
    fond des urnes, en raison de l'histoire dmocratique particulire de
    leur pays. Ses habitants ont fait preuve de patience et de courage au
    temps de la rpression de l'ex-parti unique, puis du maintien pendant
    dix ans d'un rgime autoritaire aprs la rinstauration du
    multipartisme, sous la contrainte, par l'ex-autocrate Daniel Arap Moi.
 
    Les annes 1990 avaient t marques par des violences politiques
    organises par le prsident Moi pour se maintenir au pouvoir. Le fait
    que la carte des violences de la semaine coule recoupe celle des
    "clashs ethniques" organiss pour les lections de 1992 et 1997 n'est
    pas un hasard. Il y a dix ans, des gangs de voyous, financs, arms et
    transports par les proches du prsident Moi - dont certains se
    trouvent  prsent dans l'opposition et adoptent sans complexe une
    posture vertueuse -, organisaient des campagnes d'puration
    ethnico-lectorale diriges essentiellement contre des Kikuyu, ethnie
    du prsident Kibaki, supposs voter collectivement pour l'opposition de
    l'poque. Les viols, assassinats, pillages et dplacements forcs
    avaient alors pour but d'empcher des populations entires d'exprimer
    leurs suffrages le jour du scrutin.
 
    Le nombre de victimes en 1992, selon les estimations, se situe entre
    plusieurs centaines et plus d'un millier. Ces violences, pour
    lesquelles nul n'a t poursuivi, ont laiss un sillage brlant de
    ressentiments et des situations critiques, aggraves par des conflits
    fonciers. Dans la valle du Rift tout particulirement, les Kikuyu
    avaient t viss par des gangs recruts parmi les Kalenjin de
    l'ex-prsident Moi. Ces mmes Kalenjin sont aujourd'hui allis  Raila
    Odinga, et continuent de s'en prendre aux Kikuyu. En dpit de
    l'ultraviolence lectorale des annes 1990, le Kenya a tenu bon,
    jusqu' arracher la "transition modle" de 2002.
 
    Le Kenya de la raison peut-il l'emporter durablement si le retour au
    calme se traduit par un simple fait accompli de la victoire conteste
    de Mwai Kibaki ? Ce serait prendre un risque considrable, celui de
    remettre en question la lgitimit des institutions nationales. Or,
    lorsque les urnes perdent leur raison d'tre, survient le temps des
    aventuriers, capables de pousser le draisonnement un peu plus loin en
    affirmant que le pouvoir est au bout du kalachnikov sans risque d'tre
    dmentis. Un pays rput "stable" et "prospre" en a fait l'exprience
    amre sur le continent. Il s'agit de la Cte d'Ivoire. L'ex-vitrine
    conomique de l'Afrique de l'Ouest a commenc par ngliger les rgles
    du jeu dmocratique, pour finir par subir un coup d'Etat, une rbellion
    et un cycle de troubles dont elle espre briser la fatalit par des
    lections prvues courant 2008. Il faut souhaiter qu' Abidjan les
    leons de Nairobi soient comprises et entendues. Il faut souhaiter
    qu'elles le soient aussi dans les nombreux pays d'Afrique o les
    lections,  force d'tre voles au nom d'une "stabilit" illusoire,
    ont enlev tout espoir  leurs lecteurs.
 
