<FILE-date="2008/01/15/19">
<article-nb="2008/01/15/19-1">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1">  En thorie le taux de rmunration du Livret A devrait passer de 3 %  4%. Mais le contexte conomique pourrait inciter Bercy  limiter cette hausse, voire  maintenir le taux en l&#38;#39;tat.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1">      M ichel Camdessus, ancien directeur gnral du Fonds montaire
    international (FMI) et ancien directeur du Trsor, a remis le 21
    dcembre 2007 au gouvernement un rapport prconisant de rformer en
    profondeur la distribution de l'pargne administre (Livrets A et
    Bleu). Cette rforme est prpare par le gouvernement. Ce dernier doit
    dcider par ailleurs, dans les prochains jours, s'il relve le taux du
    Livret A de 3 %  4 %, comme le veut la rgle de calcul base sur
    l'inflation publie mardi 15 janvier.
 
 
    Que prconisez-vous pour la rmunration du Livret A ?
    Il n'est pas raisonnable de sur-rmunrer l'pargne  vue, c'est--dire
     un taux sensiblement au-dessus de l'inflation, alors qu'il s'agit
    d'encourager l'pargne longue. Je ne serais donc pas favorable  un
    relvement du taux du Livret A. Songeons aussi au million de Franais
    comptant parmi les plus pauvres, qui ne trouvent pas  se loger.
    Relever le taux du Livret A, c'est relever aussi le taux des prts aux
    organismes d'HLM que ce livret finance et, en consquence, leur loyer.
    Cela n'est pas opportun  un moment o ces loyers sont difficilement
    accessibles pour beaucoup.
 
    De surcrot, la rgle de calcul actuelle produit des effets
    malencontreux puisque l'un des lments lui servant de base -
    l'Euribor, le loyer de l'argent  trois mois - est en ce moment trs
    lev du fait de la crise des crdits immobiliers  risques
    (subprimes). Maintenir cette rgle reviendrait  faire payer aux plus
    pauvres en France les btises des subprimes aux Etats-Unis !
 
    Soit, mais n'est-il pas dloyal de changer la rgle quand elle profite
    aux pargnants, modestes qui plus est ?
 
    Arrtons de faire comme si le Livret A tait exclusivement un produit
    d'pargne populaire : plus de la moiti des livrets appartiennent  des
    pargnants aiss. La priorit doit aller au logement social ! Il faut
    savoir qui on veut aider : les pargnants aiss ou les mal-logs. Tout
    centime de rmunration excessif est enlev au logement social. Il y a
    un choix politique  faire. Une fois l'pargne  vue protge de
    l'inflation, la priorit doit tre la rduction des cots du logement
    social.
 
    A propos de choix politique  faire, avez-vous bon espoir que votre
    rapport sur le Livret A soit mis en oeuvre ?
 
    Ce rapport a reu un bon accueil et le gouvernement a dj annonc son
    intention d'ouvrir la distribution du Livret A  toutes les banques.
 
    Cela dit, nos conclusions se heurtent  beaucoup d'ides reues et de
    conservatismes. La Commission europenne a demand  la France de
    dcartliser la distribution de l'pargne administre. Alors, allons-y,
    faisons de ncessit vertu : profitons de cette occasion pour
    moderniser un systme vieillissant.
 
    Vous promettez,  travers votre rforme, 2 milliards d'euros
    d'conomies pour le logement social. Comment les obtenez-vous ?
 
    Ce sont des conomies substantielles et bienvenues. Ces 2 milliards
    d'euros reprsentent une augmentation de 75 % du budget d'aide  la
    pierre du ministre du logement ! Comment les obtient-on ?
 
    D'abord, en modifiant la formule de calcul du taux du Livret A et
    notamment, en supprimant la bonification de 0,25 % instaure en 2003.
    L'effet est immdiat, puisque chaque quart de point de rmunration
    cote 500 millions d'euros.
 
    Ensuite, en ramenant  0,4 % des encours d'pargne les commissions
    verses aux rseaux distributeurs des livrets (1,3 % pour La Poste, 1 %
    pour les Caisses d'pargne). Mme si l'on tale cette baisse dans le
    temps, on peut rcuprer d'emble la provision constitue pour assurer
    l'quilibre du systme, qui n'aurait plus de raison d'tre.
 
    Mais les banques rclament une rmunration de 0,8 % pour distribuer le
    Livret A ! Si on ne les intresse pas financirement, ne vont-elles pas
    s'en dtourner et asscher les ressources pour le logement social ?
 
    Ce taux de 0,4 % a t calcul avec soin. A ce niveau, les banques
    gagneront raisonnablement leur vie. Le cot marginal de la collecte est
    faible ds lors que les livrets sont dmatrialiss. Il diminue encore
    si l'on dcide, comme nous le proposons, de relever autour de 10 euros,
    au lieu de 1,5 euro aujourd'hui, le seuil minimal pour faire une
    opration sur livret.
 
    Vous voulez crer un tablissement public autonome pour grer les fonds
    des livrets centraliss  la Caisse des dpts (CDC) ? Pourquoi une
    structure publique de plus ?
 
    Nous ne proposons pas d'ajouter une structure publique de plus avec
    recrutement de secrtaires et de chauffeurs. Par souci de transparence,
    nous proposons que les encours d'pargne destins au logement social
    soient allous  une personne morale clairement identifie.
 
    Ces fonds, qui ont une importance majeure parmi les dpenses publiques,
    n'apparaissent nulle part, ni au bilan de la Caisse des dpts ni au
    bilan de l'Etat. Nous voulons donner  cet tablissement la garantie de
    l'Etat, afin qu'il puisse se financer en mettant des obligations quand
    celles-ci sont moins chres que le Livret A. Il s'agit, in fine, de
    rduire, dans la transparence, le cot de la ressource prte aux HLM.
 
    Les Livrets A ne suffiront plus ?
 
    L'Etat veut multiplier par deux les programmes de construction. Ce
    n'est pas banal. Les ressources du Livret A risquent de ne plus
    suffire. Il faut tendre le dispositif aux financements obligataires.
 
    Vous jugez le Livret A obsolte ? N'est-il pas une ressource sre en
    ces temps de crise financire ?
 
    Non, le Livret A a vieilli, sa gestion cote cher, mais il reste
    prcieux. Ne le laissons pas se ringardiser. Il faut jouer sur toute la
    palette de financements. Nous ne voulons pas construire un systme
    risqu pour le logement social mais mettre  la disposition des HLM des
    financements diversifis et modernes, dans un cadre de supervision
    financire incomparablement plus solide que celui qui existe aux
    Etats-Unis.
 
<article-nb="2008/01/15/19-2">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2">  La premire banque amricaine, touche par la crise des crdits hypothcaires  risque, tente de se redresser et annonce son troisime plan de renflouement.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2">      L a banque amricaine Citigroup a annonc, mardi 15 janvier, une perte
    trimestrielle de prs de 10 milliards de dollars (6,7 milliards
    d'euros) et des dprciations d'actifs de 18,1 milliards, mais a
    rassur sur la poursuite de ses activits en russissant  lever 14,5
    milliards de dollars d'argent frais.Citigroup avait dj d au
    troisime trimestre  dprcier ses actifs de 3 milliards de dollars.
    Cette mauvaise passe pour la banque amricaine est lie  la crise des
    subprimes et  une augmentation de 3,3 milliards de dollars des
    provisions pour crances   douteuses passes sur des prts  la
    consommation (crdit auto, cartes   de crdit...), autre secteur o les
    dfauts de paiement augmentent.
 
 
    UN PLAN DE RENFLOUEMENT ANNONC
 
    Pour attnuer l'impact de ces rsultats catastrophiques, Citigroup a
    annonc la leve de 12,5 milliards de dollars auprs d'investisseurs
    venant surtout d'Asie et du Moyen-Orient, dont 6,88 milliards fournis
    par le fonds gouvernemental de Singapour. Citigroup a, en outre,
    annonc une mission d'actions sur le march boursier d'un montant
    d'environ 2 milliards de dollars. C'est son second plan de renflouement
    en trois mois : fin novembre, l'mirat d'Abu Dhabi avait dj pris une
    participation d'un montant de 7,5 milliards de dollars dans la premire
    banque amricaine.
 
    Pour rduire ses cots, la banque a par ailleurs dcid de rduire son
    substantiel dividende trimestriel  32 cents, soit une baisse de 40 %,
    et de vendre quelques actifs. Elle continue aussi  rduire son
    portefeuille de titres adosss  des crdits hypothcaires. Selon la
    presse spcialise, elle devrait annoncer des milliers de suppressions
    d'emploi.
 
    Ces annonces dcevantes ont fait plonger le titre dans les changes
    lectroniques avant l'ouverture de la Bourse de New York mardi matin :
    l'action cdait 3,6 %,  28,07 dollars. Depuis octobre, le titre a
    perdu 40 %.
 
<article-nb="2008/01/15/19-3">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3">  Il est des projets qui suscitent l&#38;#39;unanimit  droite comme  gauche. Les ples de comptitivit en font partie.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3">      I l est des projets qui suscitent l'unanimit  droite comme  gauche.
    Les ples de comptitivit en font partie. Il semblait vident  tous
    que ce qui avait russi  la Californie devait aussi russir  la
    France et qu'il suffisait d'essayer de reproduire le modle de la
    Silicon Valley pour doper la comptitivit du pays.
 
 
    En incitant entreprises, grandes et petites, et laboratoires de
    recherche publics d'un secteur dtermin,  se regrouper sur un mme
    territoire, il devenait, croyait-on, possible de faire merger des
    pliades d'entreprises innovantes, futures championnes de demain. Ainsi
    le gouvernement franais dcida-t-il, le 12 juillet 2005, de crer des
    "ples de comptitivit" et de leur accorder globalement 1,5 milliard
    d'euros de subventions entre 2006 et 2008, ainsi que des exonrations
    fiscales et des allgements de charges sociales. Actuellement, 71 ples
    existent sur le territoire franais.
 
    Des conomistes de renom viennent bousculer ces certitudes. Dans
    l'ouvrage Les Ples de comptitivit. Que peut-on en attendre ? paru
    aux ditions Rue d'Ulm, dans la collection du Centre pour la recherche
    conomique et ses applications (Cepremap), Gilles Duranton, Philippe
    Martin, Thierry Mayer et Florian Mayneris jettent un pav dans cette
    marre consensuelle. Non seulement les ples ne sont pas la panace,
    mais ils pourraient quelquefois tre nuisibles.
 
    Ainsi, dans certains secteurs, les entreprises ont plus avantage  tre
    disperses que concentres, ont-ils observ. Car "une plus grande
    dispersion permet aux entreprises de bnficier de salaires et de prix
    fonciers plus faibles dans des rgions dsertes par leurs
    concurrentes", par exemple.
 
    A l'inverse, quand des entreprises et des laboratoires de recherche ont
    intrt  se regrouper, ils le font naturellement, comme cela a t le
    cas dans la rgion grenobloise ou sur le plateau de Saclay, en
    Ile-de-France, pour les technologies de l'information et de la
    communication (TIC) ou  Toulouse pour l'aronautique.
 
    L'intervention tatique privilgie galement les acteurs en place, les
    grandes entreprises, et non les petites et moyennes entreprises, qui
    ont fait la fortune de la Silicon Valley. Selon le Comit Richelieu,
    groupe de pression reprsentant les PME innovantes, celles-ci ne
    peroivent que le sixime des subventions distribues aux entreprises
    des ples.
 
    Cette politique qui fait que "l'Etat dcide quelle entreprise, quel
    territoire, quel secteur il va aider nous inquite", explique M.
    Martin. Par intrt politique, et pour ne fcher personne, "elle
    maximise le nombre de secteurs et le nombre de dpartements touchs, ce
    qui n'est pas forcment optimal", poursuit-il, jouant de l'euphmisme.
 
    Plutt que de distribuer des subventions aux entreprises, les pouvoirs
    publics devraient plutt prendre des mesures pour lever les obstacles
    aux regroupements conomiquement utiles, estiment les auteurs. En
    facilitant la mobilit des salaris, par exemple, en rendant le droit
    au logement social transfrable d'une commune  une autre, ou en
    participant  l'amlioration des services publics dans ces territoires.
 
