<FILE-date="2008/01/15/19">
<article-nb="2008/01/15/19-1">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1">  La Haute Autorit de lutte contre les discriminations et pour l&#38;#39;galit invoque dans un communiqu, mardi 15 janvier, directives europennes et conventions internationales.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1">      P lusieurs dispositions de la loi relative  la matrise de
    l'immigration,  l'intgration et  l'asile promulgue le 20 novembre
    ont "un caractre discriminatoire", estime la Haute Autorit de lutte
    contre les discriminations et pour l'galit (Halde). "La Halde
    considre que ces dispositions mconnaissent des directives europennes
    ou des conventions internationales auxquelles la France est partie",
    annonce-t-elle dans un communiqu, mardi 15 janvier.
 
 
    La Halde avait t saisie sur cette question par le Groupe
    d'information et de soutien des immigrs (Gisti). Elle cite
    plusieurs dispositions selon elle problmatiques, dont les conditions
    de ressources exiges pour les personnes handicapes qui demandent le
    regroupement familial, la suspension des prestations familiales en cas
    de non-respect du contrat d'accueil et d'intgration et
    l'identification par les empreintes gntiques (ADN) des enfants
    entrant sur le territoire dans le cadre du regroupement familial."DES
    MESURES EXAGRES"
 
    La Halde stigmatise, en outre, la non-motivation de la dcision
    d'"obligation de quitter le territoire franais" aprs un refus ou un
    non-renouvellement de titre de sjour et l'exigence d'une autorisation
    spcifique pour les trangers rsidents de longue dure souhaitant
    exercer une profession commerciale.
 
    Elle dit avoir transmis ses conclusions au gouvernement et formule le
    vu d'tre consulte sur les dcrets d'application de la loi. Le
    ministre de l'immigration n'a pas souhait faire de commentaire dans
    l'immdiat.
 
    Le Gisti s'est flicit par la voix de son trsorier, Patrice
    Bommensatt, que la Halde se soit prononce "contre des mesures
    exagres portant atteinte au droit des gens  vivre une vie familiale
    normale". L'association dit avoir "constat depuis plusieurs mois que
    les recommandations et les prises de position (de la Halde) pouvaient
    avoir un effet concret sur les dcisions des politiques".
 
 
<article-nb="2008/01/15/19-2">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2">  Pour en illustrer les mfaits, Laurence Parisot s&#38;#39;est empare de &#38;#34;Silence dans la valle&#38;#34;, un documentaire mouvant que le ralisateur Marcel Trillat, figure de la CGT de l&#38;#39;audiovisuel, a consacr au naufrage de la socit de forge Thom-Genot, de Nouzonville, dans les Ardennes.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2">      L 'exemple tait bien choisi et l'exprience indite. A l'heure o le
    dialogue social vit une certaine dcrispation aprs l'aboutissement des
    ngociations sur le march du travail, le Medef s'interroge sur les
    drives de la mondialisation et du capitalisme financier.
 
    Pour en illustrer les mfaits, Laurence Parisot, prsidente du Medef,
    s'est empare de Silence dans la valle, un documentaire mouvant que
    le ralisateur Marcel Trillat, figure de la CGT de l'audiovisuel, a
    consacr au naufrage de la socit de forge Thom-Genot, de
    Nouzonville, dans les Ardennes.
 
 
    Sous-traitante de sous-traitants de l'automobile, cette ancienne PME
    familiale a t pille par des repreneurs amricains sans scrupule qui
    ont laiss plus de 300 salaris sur le carreau. Au sige de
    l'organisation patronale, lundi 14 janvier, aprs la projection de ce
    film - l'un des quatre pisodes d'une srie consacre  la classe
    ouvrire - les diffrents acteurs de cette histoire industrielle ont
    tent de dcortiquer les rouages d'une logique conomiquement
    implacable et socialement dsastreuse.
 
    "Avant, on avait un patron en face. On n'avait pas les mmes options.
    Il tait gaulliste, je suis communiste. Mais on partageait un pacte
    tacite. Avec les Amricains, nous avons t placs devant un cran de
    fume." Le dlgu CGT de Thom-Genot n'est pas le seul  regretter le
    temps d'un capitalisme familial qui n'a pas su s'ouvrir  temps.
 
    En fait de repreneurs, le tribunal de commerce de Charleville a, sans
    enqute pralable, confi le sort de l'entreprise  quatre cadres d'une
    socit de Los Angeles, cre pour l'occasion, se prvalant d'un fonds
    d'investissement qui s'est aussitt dsist. "Des escrocs, a tranch
    Laurence Parisot, pas des entrepreneurs, des vrais qui aiment
    travailler et dialoguer." L'affaire Thom-Genot n'aurait donc t qu'un
    "accident de parcours qui a mal tourn ?", s'interroge la responsable
    du fonds d'investissement Axa Private Equity. Ou est-elle le symbole de
    la mondialisation qui oblige les donneurs d'ordres  produire dans les
    pays  bas cots et  y entraner leurs sous-traitants ? Elle est aussi
    un modle des ravages provoqus par des fonds d'investissement aux
    exigences financires "inatteignables pour des PME", selon M^m^e
    Parisot.
 
    Malgr ces contraintes, Franois de Saint-Gilles, prsident du Medef
    des Ardennes, veut encore croire au maintien d'une industrie de pointe
    en France. Un des 120 anciens salaris toujours au chmage espre
    encore lui aussi. Aux patrons du Medef, il a lanc un SOS : "Si l'un
    d'entre vous pouvait venir voir, on lui montrerait une rgion
    accueillante, avec des travailleurs qui savent faire."
 
<article-nb="2008/01/15/19-3">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3">  L&#38;#39;envole des matires premires a fait bondir l&#38;#39;inflation  2,6 % sur un an en dcembre en 2007, a annonc, mardi, l&#38;#39;Institut national de la statistique et des tudes conomiques (Insee). 
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3">      L e regain d'inflation constat depuis l't en France est confirm.
    Les prix de dtail ont augment de 0,4 % en dcembre2007 et de 2,6 %
    par rapport  dcembre 2006. Selon l'Institut national de la
    statistique et des tudes conomiques (Insee), qui a rendu ces donnes
    publiques mardi 15 janvier, une telle hausse n'avait pas t atteinte
    depuis mai 2004.
 
 
 
 
           Le pouvoir d'achat des salaires en berne au
    quatrime trimestre
 
 
 
    L'Insee a beau s'attendre  une nette acclration du pouvoir d'achat
     en 2007 (+ 3,3 %), le quatrime trimestre de l'an dernier n'aura pas
    t   bon.
 
    Au cours des trois derniers mois de 2007, l'indice des prix    la
    consommation de l'ensemble des mnages a augment de 1,2 %. C'est   une
    acclration trimestrielle trs forte, la plus importante   enregistre
    depuis le dbut des annes1990, note Mathieu Kaiser   (Paribas).
 
    Comme il y a peu de chances que les salaires augmentent   d'autant
    qu'il s'agisse du salaire mensuel de base ou du salaire   horaire
    ouvrier , le pouvoir d'achat des salaires devrait reculer au   cours du
    quatrime trimestre. Quant au pouvoir d'achat du revenu   disponible
    brut (RDB) des mnages, il progressera au mieux "trs faiblement",
    ajoute cet conomiste.
 
    Malgr   le train de mesures qu'il a prises avec la loi TEPA du 21 aot
    2007 ou   qu'il s'apprte  prendre avec son dernier projet de loi en
    faveur du   pouvoir d'achat, le gouvernement prvoit, avec l'Insee, que
    ce dernier   progressera moins vite cette anne qu'en 2007. A la fin du
    premier   semestre 2008, il s'tablirait en rythme annuel  1,2 %,
    selon l'Insee.
 
 
                                                              
 
 
 
    Avec une inflation en glissement annuel  2,6 %, la France fait bien
    moins que les deux annes prcdentes (+ 1,5 %), mais elle reste un des
    pays de la zone euro o les prix augmentent le moins, aux cts de la
    Finlande, de la Slovaquie, de la Sude et de l'Italie.
 
    Le mauvais chiffre de dcembre (+ 0,4 %) rsulte en grande partie,
    selon l'Insee, de la hausse des prix de l'alimentation hors produits
    frais (+ 0,9 % en dcembre, + 3 % sur un an). Les produits laitiers ont
    de nouveau renchri (+ 4 % en un mois, + 7 % sur un an), ainsi que les
    ufs (+ 3,6 % ; + 11,3 % sur un an). De fortes hausses des prix sont
    aussi enregistres sur les viandes, notamment les volailles, et
    l'impact du renchrissement des matires premires est visible sur le
    prix du caf et sur celui des produits  base de chocolat.
 
    L'indice des prix de l'nergie, qui avait acclr  4,1 % en novembre,
    a progress moins vite en dcembre (+ 0,5 %). En rythme annuel, les
    prix de l'nergie ont augment de 10,6 % : de 17,1 % pour les produits
    ptroliers, de 28,4 % pour les combustibles liquides et de 15,5 % pour
    les carburants. Le troisime poste de l'indice des prix  la
    consommation qui augmente sensiblement est celui des services : + 2,4 %
    en un an.
 
    Autre lment important,  ct du renchrissement des prix de
    l'nergie et des matires premires, les prix des produits
    manufacturs, en hausse de 0,4 % sur un an, ont cess de baisser. Les
    conomistes y voient gnralement la fin des effets dflationnistes de
    la mondialisation.
 
    "Jusqu' prsent, la mondialisation exerait un effet largement positif
    sur l'inflation franaise en tirant les prix imports  la baisse. La
    contrepartie tait une demande accrue de la part des mergents en
    matires premires, ce qui contribuait  alimenter la hausse des cours.
    Dsormais, la balance s'inverse : les matires premires poursuivent
    leur course en avant effrne et les prix des biens imports diminuent
    moins qu'avant. En d'autres termes, on ne pourra plus compter quasiment
    exclusivement sur la modration de l'inflation pour alimenter le
    pouvoir d'achat des mnages", analyse Alexandre Law (Xerfi).
 
    UNE BOSSE D'INFLATION EN 2008
 
    Compte tenu de ces tendances lourdes, les conjoncturistes estiment en
    gnral qu'il y a peu de chances de voir l'inflation retomber cette
    anne en dessous de 2 %. Pour Mathilde Lemoine, directrice des tudes
    conomiques de HSBC France, "la hausse gnrale des prix devrait
    acclrer  2,5 % et rester  ce niveau jusqu' la fin du premier
    semestre de 2008, avant de retomber  2 % au second semestre".
 
    Mathieu Kaiser, conomiste France chez BNP Paribas, ne prvoit pas de
    reflux de l'inflation avant le quatrime trimestre. "Sur l'ensemble de
    l'anne 2008, explique-t-il, l'inflation s'tablirait en moyenne  2,5
    % aprs 1,5 % en 2007. Et si la croissance est plus forte que ce que
    nous prvoyons (1,3 %), l'inflation totale pourrait augmenter
    davantage."
 
    Jean-Christophe Caffet (Natixis) rsume ainsi ses prvisions : "Ce que
    l'on prvoit pour 2008, c'est une bosse d'inflation, pas un plateau. La
    hausse des prix acclrerait  2,8 % en fvrier avant de ralentir 
    partir du mois d'avril. En moyenne annuelle, on aurait une inflation de
    l'ordre de 2,2 %, avec un baril de brent autour de 80 dollars et un
    euro  1,54 dollar."
 
    Compte tenu du niveau lev du chmage franais (8,3 %), aucun de ces
    conomistes ne s'attend  ce que s'enclenche cette fameuse spirale
    prix-salaires redoute par le prsident de la Banque centrale
    europenne, Jean-Claude Trichet.
 
 
<article-nb="2008/01/15/19-4">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4">  A deux mois des lections municipales, la droite lance la bataille des centres-villes. Et pour l&#38;#39;occasion, c&#38;#39;est Christine Boutin qui est monte  l&#38;#39;assaut.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4">      A deux mois des lections municipales, la droite lance la bataille des
    centres-villes. Et pour l'occasion, c'est Christine Boutin qui est
    monte  l'assaut. Quitte  bousculer au passage sa secrtaire d'Etat,
    Fadela Amara, en charge des banlieues. Lundi 14 janvier, la ministre du
    logement et de la ville a commenc par dclarer  La Croix qu'elle ne
    croyait pas "en un plan banlieue mais en une rponse beaucoup plus
    globale d'une nouvelle politique de la ville". Elle promettait aux lus
    de "vouloir les aider"  rnover leur cur de cit. Et annonait un
    "plan de rnovation des quartiers anciens les plus dgrads des villes
    moyennes ou grandes".
 
 
    L'exemple est venu du haut. Annonant son intention de s'engager dans
    la bataille des municipales, focalisant son attention sur Paris
    administre par le socialiste Bertrand Delano, le prsident de la
    Rpublique a souhait le 8 janvier placer sa rflexion sous le signe de
    l'urbanisme, de l'architecture, "de la sociabilit, de la convivialit,
    de la qualit de vie et de la place de l'homme dans la ville".
 
    Cette attention porte aux centres-villes intervient alors que le
    scrutin municipal pose  l'UMP une quation dlicate. La droite qui
    avait gagn de nombreuses villes moyennes en 2001 se doit de ne pas en
    perdre trop. Conserver Bordeaux Quant aux grandes villes, elles sont un
    terrain dangereux pour l'UMP : Sgolne Royal y a ralis de bons
    scores  l'lection prsidentielle et Franois Bayrou y a enregistr
    des perces,  l'instar de Bordeaux, la ville d'Alain Jupp. Cette
    dernire ville est  prserver. La reconqute de Lyon sur la gauche
    serait un trophe permettant de masquer des reculs ailleurs.
 
    Du coup, les populations des centres-villes ont pris une importance
    stratgique. Pour Dominique Paill, secrtaire gnral adjoint de
    l'UMP, il est clair que "le gouvernement doit aussi s'occuper des
    milliers de Franais qui vivent dans les centres-villes". Tout en
    assurant : "Le plan banlieue est un engagement du gouvernement, et il
    sera tenu. Christine Boutin et Fadela Amara ont raison toutes les
    deux."
 
    Bruno Bourg-Broc, maire (UMP) de Chlons-en-Champagne (Marne) et
    prsident de la Fdration des maires de villes moyennes approuve les
    propos de Mme Boutin. "A trop concentrer son intervention sur les
    banlieues, on en viendrait  oublier qu'il existe de la misre urbaine
    dans les centres-villes, dit-il. Je suis totalement d'accord avec
    Christine Boutin. La pauvret urbaine ne se rsume pas  la banlieue.
    La ville, c'est l'addition de quartiers diffrents. Il faut que la
    mixit sociale soit une ralit partout."
 
    Directeur de recherches au Cevipof, le sociologue Jean Viard, analyse
    la querelle Boutin-Amara comme une rpartition des rles. "A une
    certaine poque, Nicolas Sarkozy a tout fait pour rcuprer le vote de
    la deuxime gnration du Maghreb. Aujourd'hui, il a un peu fait une
    croix dessus, parce qu'il s'est rendu compte que les quartiers taient
    ancrs  gauche. Dsormais la bataille se livre dans les villes
    prfectures ou dans les villes tudiantes." Selon cette analyse, Paris
    serait perdue pour la droite.
 
    D'o le projet du grand Paris, avanc par M. Sarkozy, qui viserait 
    diluer la capitale dans son environnement. Pour M. Viard, "les villes
    traditionnelles accumulent des bourgeois urbains et des tudiants,
    lesquels ont pris l'habitude de ne pas voter chez leurs parents, mais
    sur leur lieu d'tudes. Ils ont une culture urbaine, sont mobiles et
    votent plutt  gauche." A l'inverse, "l'lectorat de droite a deux
    composantes : d'une part les non-actifs, c'est--dire les retraits et
    les femmes au foyer, et d'autre part le petit patronat. Ces deux
    catgories fuient les curs de ville".
 
    A gauche, Pierre Bourguignon, prsident (PS) de l'association des
    maires Ville et banlieue de France, dnonce "l'incohrence" du
    gouvernement : "C'est du baratin d'opposer les quartiers et les
    centres-villes". Pour Michel Destot, maire PS de Grenoble, "les
    quartiers prioritaires ne sont pas forcment dans les banlieues. Mais
    je crains que le discours de Christine Boutin ne dissimule une position
    ractionnaire, qui consiste, au nom de rquilibrage,  ne plus
    s'occuper de banlieue."
 
<article-nb="2008/01/15/19-5">
<filnamedate="20080115"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080115"><AAMMJJHH="2008011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5">  Chaque tribunal de grande instance compte ainsi un juge des victimes depuis le 2 janvier. 
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5">      L e tout nouveau "juge dlgu aux victimes" du tribunal de Metz a
    vivement critiqu ses nouvelles fonctions, lundi 14 janvier, lors de
    l'audience de rentre de sa juridiction. Pascal Bridey, qui prside
    dj la commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), a
    voqu "les remous et les rserves" que suscite l'instauration de ce
    juge d'un type indit, voulu par le prsident de la Rpublique et mis
    en place par la garde des sceaux Rachida Dati.
 
 
    Chaque tribunal de grande instance compte ainsi un juge des victimes
    depuis le 2 janvier. "Les juristes se demandent si ses attributions
    relvent bien de la mission d'un juge qui, normalement, n'a pas 
    prendre parti", a observ M. Bridey. "Ds lors qu'il conseille l'un ou
    l'autre, qu'il soutient les intrts d'une victime, il n'est plus un
    arbitre impartial."
 
    DONNEURS DE LEONS
 
    M. Bridey doute de la compatibilit de sa fonction avec l'article 6 de
    la Convention europenne des droits de l'homme sur le droit  un procs
    quitable. Selon lui, le juge des victimes sera "plac lors des
    audiences de la CIVI dans une vidente position de partialit  l'gard
    d'une des parties au procs pnal". Il le regrette, "mme si cette
    partialit est ouvertement revendique par les auteurs du dcret du 13
    novembre 2007" instaurant ce juge. Selon M. Bridey, l'institution
    judiciaire "n'a pas attendu 2008 pour mettre les victimes au centre du
    procs pnal" et "instaurer un partenariat constructif avec les
    avocats, les huissiers et le rseau associatif".
 
    Le magistrat messin a insist : "Les juges ont mal vcu les propos de
    certains responsables publics qui laissaient entendre qu'ils
    s'occupaient trop des dlinquants et pas assez des victimes (...).
    Contrairement aux donneurs de leons et aux professionnels de la
    compassion mdiatique, les magistrats ont l'obligation de prendre du
    recul, de ne pas se laisser submerger par l'motion et aveugler par
    l'intolrance."
 
    Les audiences de rentre sont ainsi, cette anne, une occasion pour la
    magistrature de rpondre  un pouvoir excutif qui ne l'a pas mnage
    depuis l'lection prsidentielle. Le 9 janvier, le premier prsident de
    la cour d'appel de Nmes avait dnonc le "thtre d'images" de Nicolas
    Sarkozy. A Metz, le juge Bridey a fait une allusion  la "politique de
    civilisation" chre  M. Sarkozy. "Rendre justice, ce n'est pas
    pratiquer la vengeance, ce qui conduirait notre socit vers une
    rgression sans prcdent de l'tat de droit et de civilisation",
    a-t-il dit.
 
    Dnonant enfin le manque de moyens de la justice, il a conclu par
    cette mise en garde : "Les victimes ne se contenteront pas du soutien
    moral et du rconfort platonique d'un nouveau juge, aussi bienveillant
    soit-il."
 
