<FILE-date="2008/01/14/19">
<article-nb="2008/01/14/19-1">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  Un palmars priv de crmonie par la grve des scnaristes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">      V ue de Paris, la remise des 65^e^s Golden Globe Awards  Los Angeles,
    dimanche 14 janvier, fait figure de triomphe pour le cinma franais :
    le trophe de la meilleure actrice dans une comdie ou un film musical
    est all  Marion Cotillard, pour son interprtation d'Edith Piaf dans
    La Mme, d'Olivier Dahan ; Le Scaphandre et le papillon, film franais
    de l'Amricain Julian Schnabel, l'a emport dans les catgories
    meilleur film tranger et meilleur ralisateur.
 
 
    Mais  Hollywood, cette distribution des prix dcerns par
    l'association de la presse trangre  Hollywood restera comme celle de
    la grve des scnaristes. Aprs que leur syndicat, la Writers Guild of
    America (WGA), eut menac de former des piquets  l'entre d'une
    ventuelle crmonie, les acteurs ont renonc  assister  la remise
    des prix et les organisateurs ont d transformer cette rptition
    gnrale des Oscars en simple confrence de presse. Jointe au tlphone
     Los Angeles, Marion Cotillard ne regrette pas le rituel d'une
    crmonie traditionnelle : "J'ai pu vivre ce moment au milieu de tous
    les gens avec qui je travaille au jour le jour, en France comme aux
    Etats-Unis, des gens qui n'auraient pas forcment pu assister avec moi
     la crmonie", explique-t-elle.
 
    Le grand vnement mondain a clat en dizaines de ftes prives
    improvises par les vainqueurs du jour, rapporte la presse de Los
    Angeles. L'actrice franaise a appris sa victoire dans sa chambre
    d'htel, devant sa tlvision. La chane NBC, partenaire des Globes,
    avait produit avec sa rdaction une mission de deux heures pour
    combler le vide laiss par l'annulation de la crmonie, pendant que
    plusieurs chanes cbles retransmettaient en direct la confrence de
    presse organise par l'association de la presse trangre.
 
    Les autres grands vainqueurs de la soire sont Reviens-moi, de Joe
    Wright, laurat du prestigieux prix du meilleur film dramatique, et
    Sweeney Todd, de Tim Burton, et Non, ce pays n'est pas pour le vieil
    homme, de Joel et Ethan Coen.
 
    Le producteur de La Mme, Ilan Goldman, rest  Paris, estime que ce
    trophe "obtenu aux Etats-Unis par une actrice qui a travaill en
    franais" fait "entrer le film dans l'histoire" mais ne changera pas sa
    carrire, dj trs avance dans le monde entier. Le succs de son
    actrice lui fait regretter plus encore que La Mme n'ait pas t choisi
    pour reprsenter la France  l'Oscar du meilleur film tranger, puisque
    Persepolis lui a t prfr. Le producteur estime que la commission
    charge de ce choix n'a pas retenu "le candidat qui avait le plus de
    chances de gagner".
 
    A Hollywood, l'absence de crmonie a suscit des ractions assez
    vives. L'impact mdiatique des Golden Globes a t plus fort que jamais
    : il s'agissait de la premire preuve de force publique entre
    grvistes et studios. L'inquitude est vive  l'approche des Oscars,
    prvus le 24 fvrier et dont la crmonie risque d'tre annule.
    Richard Zanuck, le producteur de Sweeney Todd, a dclar au Los Angeles
    Times son "indignation", estimant que la grve provoquait "des dgts
    de plus en plus graves".
 
<article-nb="2008/01/14/19-2">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  &#38;#34;La Petite Catherine de Heilbronn&#38;#34; est mise en scne par Andr Engel  l&#38;#39;Odon-Thtre de l&#38;#39;Europe.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">      A llez aux Ateliers Berthier de l'Odon. Vous y vivrez un de ces
    moments d'exception o le thtre vous envote et vous charme, par la
    simple grce d'une histoire devant vous raconte. Cette histoire est
    celle de La Petite Catherine de Heilbronn, de l'allemand Heinrich von
    Kleist (1777-1811), un des auteurs les plus jous cette saison. Il y a
    dj eu La Cruche casse, mise en scne par Frdric Blier-Garcia, et
    La Marquise d'O, mise en scne par Lukas Hemleb (Le Monde du 3 dcembre
    2007). Le 26 janvier aura lieu la premire de Penthsile, dans une
    mise en scne de Jean Liermier,  la Comdie-Franaise.
 
 
    La concidence est heureuse qui permet de voyager dans le monde de
    Kleist et de croiser deux visions des femmes, l'une guerrire, avec
    Penthsile, l'autre inexprimable, avec La Petite Catherine de
    Heilbronn. C'est une jeune fille de tout juste 15 ans, jolie et soumise
     son pre. Mais un jour passe dans sa maison le Comte von Strahl.
    Catherine s'vanouit en le voyant, puis elle laisse tout, son pre et
    sa terre, pour suivre cet homme, comme un chien. Quand il lui demande
    pourquoi, elle dit : "Vous le savez." Ce savoir-l, qui nimbe la pice
    de Kleist comme une pnombre de l'me, n'est pas du ressort de la
    conscience. Il vient du songe, qui crit la vie des hommes plus
    srement que leurs dcisions.
 
    COMME UN AIMANT
 
    Le comte von Strahl a beau repousser la petite Catherine, et se trouver
    une fiance en la belle et vnneuse Cungonde, quelque chose en lui le
    ramne comme un aimant vers Ktchen, en vertu de ce que lui a annonc
    un rve. Et c'est elle qu'il pousera, quand il sera avr qu'elle lui
    tait destine, en tant que fille cache de l'empereur.
 
    Peu importe la fin. C'est le chemin qui est beau. Et, comme Catherine,
    il est inexprimable. Kleist nous prend par la main et nous emmne l o
    la raison n'a d'autre nom que celui de passion. Passion d'tre 
    "l'preuve du feu" (le sous-titre de la pice), dans un tat, souvent
    cataleptique, o les sens sont impuissants  nous indiquer le chemin de
    la vrit. Car de vrit, il n'y en a pas, ou alors, c'est celle de la
    vie rige en conte immmorial.
 
    La petite Catherine ne sait pas qui elle est. Quelque chose la porte et
    rvle aux autres ce qu'ils sont. Elle a la grce. On s'attache  elle
    comme  une marionnette si juste dans son obstination simple et
    tranquille que le monde s'accorde autour d'elle. Ce monde, Andr Engel
    le met en scne dans les plis de la nuit, une nuit baigne de
    brouillard, hante par des maisons  la dcoupe de ruines. Une vraie
    nuit de thtre qui rend tout possible : l'imagination de chacun est au
    pouvoir.
 
    Cette Petite Catherine a la beaut d'une lecture incarne par une
    troupe homogne et dessine,  l'image des deux femmes, Cungonde, la
    sublime brune en robe cramoisie (Anna Mouglalis), Catherine, la blonde,
    un roseau frle et indestructible (magnifique Julie-Marie Parmentier).
    Comme on l'aime, cette Ktchen ! Grce  elle, on entre dans un rve
    veill o le dsir d'absolu absout toute ralit.
      __________________________________________________________________
 
    La Petite Catherine de Heilbronn, de Heinrich von Kleist. Mise en scne
    : Andr Engel. Avec Brangre Bonvoisin, Evelyne Didi, Jean-Claude Jay,
    Jrme Kircher, Gilles Kneus, Arnaud Lechien, Anna Mouglalis, Tom
    Novembre, Julie-Marie Parmentier, Fred Ulysse.
    Odon-Thtre de l'Europe aux Ateliers Berthier, bd Berthier,
    Paris-17^e. M Porte de Clichy. Tl. : 01-44-85-40-40. De 13  26 . Du
    mardi au samedi,  20 heures; dimanche  15 heures. Dure : 2 h 15.
    Jusqu'au 23 fvrier.
 
<article-nb="2008/01/14/19-3">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Le musicien, qui a cr un orchestre associant jeunes Israliens et Arabes, s&#38;#39;est flicit de ce &#38;#34;grand honneur&#38;#34;, ajoutant que &#38;#34;les destines (...) du peuple isralien et du peuple palestinien sont inextricablement lies&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">      L e chef d'orchestre isralo-argentin Daniel Barenbom a annonc,
    samedi 12 janvier,  l'issue d'un concert  Ramallah (Cisjordanie),
    avoir accept un passeport palestinien, voquant le "grand honneur" qui
    lui tait fait. "J'ai aussi accept l'offre parce que je crois que les
    destines (...) du peuple isralien et du peuple palestinien sont
    inextricablement lies. Nous avons le bonheur ou le malheur de vivre
    ensemble. Je prfre croire le premier au second", a-t-il ajout.
 
 
    Ce passeport "honorifique" a t offert  M. Barenbom "en signe de
    reconnaissance pour ses positions favorables au peuple palestinien et
    sa dtermination  se produire dans les territoires palestiniens aprs
    les offensives israliennes qui ont commenc en 2002", a prcis 
    l'AFP le dput indpendant Moustapha Barghouthi, qui participe 
    l'organisation des concerts de Daniel Barenbom. Le document a t
    attribu par l'ancien gouvernement palestinien d'union nationale
    dissous en juin, dont M. Barghouti tait ministre de l'information.
 
    Daniel Barenbom a cofond en 1999 le West-Eastern Divan Orchestra,
    avec l'universitaire amricano-palestinien Edward Sad, aujourd'hui
    dcd, afin de promouvoir la paix entre Isral et les Palestiniens.
    Cet orchestre compte quatre-vingts jeunes musiciens israliens et
    arabes (en particulier des Palestiniens) pratiquant des instruments
    classiques occidentaux. Le chef d'orchestre, n  Buenos Aires il y a
    soixante-cinq ans, est controvers dans son pays d'adoption en raison
    de ses actions visant  promouvoir la musique allemande et de son
    opposition farouche  la politique de colonisation de la Cisjordanie.
 
 
<article-nb="2008/01/14/19-4">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4">  La ministre de la culture et trois de ses prdcesseurs, des diteurs, artistes, crivains, amis du livre et de la culture du monde entier taient venus rendre un dernier hommage, samedi 12 janvier,  l&#38;#39;diteur, mort le 20 dcembre 2007.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4">      L a ministre de la culture et trois de ses prdcesseurs, des diteurs,
    artistes, crivains, amis du livre et de la culture du monde entier
    taient venus rendre un dernier hommage, samedi 12 janvier,  l'diteur
    Christian Bourgois, mort le 20 dcembre 2007, en la trs huppe
    basilique Sainte-Clothilde de Paris, au coeur du 7^e arrondissement. Ce
    fut un pur moment d'dition. Etait runie en ce lieu la famille des
    lettres que Christian Bourgois s'tait choisie. "Mon catalogue, c'est
    ma vie", rptait souvent celui qui a publi quelque quatre mille
    ouvrages sous son nom, depuis 1966.
 
 
    Le gratin de l'dition franaise et internationale - Antoine Gallimard,
    Herv de La Martinire et bien d'autres - ctoyait les artistes Patrice
    Chreau et Pierre Boulez, le PDG de MK2 Marin Karmitz et celui de la
    Fnac, Denis Olivennes.
 
    A la demande de la famille, l'ancien ministre Jack Lang a pris la
    parole pour saluer celui qui a t l'gal des grands diteurs
    trangers, mais aussi "l'diteur privilgi des marges littraires
    inexplores" - des crivains de la Beat Generation  Fernando Pessoa,
    Susan Sontag, Toni Morrison ou Jim Harrison.
 
    Jack Lang a aussi fait l'loge du "prsident-btisseur de l'Institut
    mmoires de l'dition contemporaine" et du dernier tenant d'"une
    certaine tradition du service public." Christian Bourgois tait selon
    lui "l'exemple d'une rsistance opinitre aux dvoiements mercantile de
    la culture". "Tenez bon, refusez la marchandisation des consciences",
    a-t-il lanc.
 
    La ministre de la culture, Christine Albanel, a voqu la mmoire de ce
    "seigneur des lettres" que fut Christian Bourgois sur un mode plus
    intimiste : "Sa voix douce", sa faon de remonter ses lunettes fumes,
    lgamment, de l'index. Et salu l'diteur "qui a toujours t du ct
    des crivains qui prennent des risques." C'tait "un snob magnifique",
    au sens qu'Aragon donnait  ce mot : "l'avant-garde du got", a-t-elle
    ajout.
 
    Christian Bourgois n'avait jamais t vraiment impressionn par le
    talent des hommes politiques - except celui de Pierre Mends France -
    ou des chefs d'entreprise. En revanche, il disait qu'il fallait "aimer
    les artistes" et "penser qu'ils ont finalement toujours raison". C'est
    sans doute pourquoi ils taient venus si nombreux.
 
<article-nb="2008/01/14/19-5">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5">  Un manifeste esthtique de Thierry Pcou
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5">      P our Thierry Pcou, l'un des compositeurs contemporains  l'oeuvre la
    plus personnelle, crire de la musique consiste  voyager. Ses
    compositions rcentes sont inspires de cultures aussi loignes que
    celles des Mayas (Symphonie du Jaguar), des Chinois (Vague de pierre)
    ou du Grand Nord (Nanouk l'esquimau).
 
 
    Latent depuis une dizaine d'annes dans la production de ce Franais n
    en 1965, l'opra devient manifeste esthtique avec Les Sacrifies,
    donn en cration  la Maison de la musique de Nanterre, le 12 janvier,
    avant de partir en tourne. Cette partition d'environ deux heures
    traite d'un sujet brlant. Trois femmes d'origine algrienne y sont
    suivies de gnration en gnration sur la voie de la maldiction,
    stigmatise par une mutilation, "la grimace".
 
    Tout part du viol de Rassa (Jacqueline Mayeur, au fort abattage
    dramatique) par des soldats franais. Sa fille, Lela (Sylvia Vadimova,
    de grande intensit vocale), et sa petite-fille, Sada (Sevan
    Manoukian, rayonnante), en paieront le lourd tribut.
 
    Prsente dans un dcor de panneaux rehausss de projections de vido
    et d'incrustations lumineuses (qui vaut  certains membres du choeur 
    l'antique d'apparatre comme des personnages de fresque), la fable des
    Sacrifies tend vers le rendu stylis dans la mise en scne de
    Christian Gangneron.
 
    Plus ample et plus anime, la musique de Thierry Pcou se fonde sur des
    repres gnraux facilement perceptibles (tels que la mitraille
    "parlando" des Franais) tout en procdant  un perptuel
    renouvellement de l'criture. De la tonalit de circonstance (effets
    immdiats)  la modalit de civilisation (tournures orientalisantes) en
    passant par la libre prospection (micro-intervalles catalyseurs de
    trouble psychologique), le langage de Pcou ne se fixe pas sur des
    pratiques d'cole mais sur des impratifs d'expression. Avec des
    merveilles d'orchestration parfaitement rendues par l'ensemble TM +.
      __________________________________________________________________
 
    Les Sacrifies (cration), opra de Thierry Pcou d'aprs la pice de
    Laurent Gaud. Mise en scne : Christian Gangneron. Dcor : Thierry
    Leproust. Avec Sevan Manoukian (Sada), Sylvia Vadimova (Lela),
    Jacqueline Mayeur (Rassa), ensemble TM +, Laurent Cuniot (direction).
    Maison de la musique de Nanterre, le 12 janvier.
    Prochaines reprsentations : Grand Thtre de Reims, les 18 et 19
    janvier,  20 h 30 (tl. : 03-26-05-80-65) ; Thtre Silvia-Monfort,
    Paris, les 25 et 26 janvier,  20 h 30 (tl. : 01-56-08-33-88).
 
