<FILE-date="2008/01/14/19">
<article-nb="2008/01/14/19-1">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1">  Le Syndicat des transports d&#38;#39;Ile-de-France (STIF) et la RATP poussent  marche force leurs millions d&#38;#39;usagers du mtro, des bus et de trains  troquer leurs coupons hebdomadaires ou mensuels, tickets  bande magntique, contre la carte  puce.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1">      L e dernier poinonneur a raccroch sa pince en 1973. Deux ans plus
    tard, la RATP lanait la Carte orange, dont le succs fut immdiat.
    Mais aprs plus de trente ans de bons et loyaux services, le fameux
    coupon magntique vit ses derniers mois au profit du passe Navigo.
 
    Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) et la RATP poussent 
    marche force leurs millions d'usagers du mtro, des bus et de trains 
    troquer leurs coupons hebdomadaires ou mensuels, tickets  bande
    magntique, contre la carte  puce. Les premiers Navigo ont t mis en
    service en 2001. Aujourd'hui, plus de 2 millions de ces passes sont en
    circulation, et ce nombre pourrait potentiellement atteindre 4
    millions. Dj, deux  trois stations sur chaque ligne ne vendent plus
    les coupons magntiques.
 
 
 
 
           CHIFFRES
 
 
 
    NOMBRE D'UTILISATEURS.
    Plus de 2 millions de personnes utilisent le passe Navigo en
    Ile-de-France. Depuis 2005, 620 000 voyageurs l'utilisent pour charger
    leur forfait Carte Orange hebdomadaire ou mensuel. Depuis 2001, 745 000
    voyageurs s'en servent pour leur carte Intgrale (abonnement annuel).
    Depuis 2001, 760 000 scolaires et tudiants l'utilisent pour leur
    forfait Imagine R.
 
    LEXIQUE
 
    SOLIDARIT TRANSPORT.
    Courant 2008, les bnficiaires de la Carte solidarit transport (CST)
    (titulaires du RMI, de l'allocation spciale de solidarit, de la
    couverture maladie universelle...) pourront charger leur droit
    Solidarit Transport sur leur passe Navigo. Ils bnficieront soit de
    la gratuit, soit de 75 % de rductions sur leur forfait (hebdomadaire
    ou mensuel).
 
    NAVIGO DCOUVERTE.
    Ce passe est une formule de substitution au passe Navigo, propose par
    le STIF depuis le 1^er septembre, qui s'adresse  tous les voyageurs et
    pas uniquement aux rsidents et travailleurs en Ile-de-France. Vendu 5
    euros dans les stations et les gares et chez les commerants agrs, il
    ne peut tre remplac, ni le forfait reconstitu en cas de perte ou de
    vol.
 
 
                                                              
 
 
       (fl-sq.gif)    Les cartes  puce se multiplient partout dans
    les transports
 
 
 
    Le projet Navigo a t lanc en 1999. A l'poque, le Syndicat des
    transports d'Ile-de-France (STIF) faisait figure de pionnier. Mais le
    dploiement a pris du temps. Du coup, aujourd'hui, d'autres
    agglomrations ont pris de l'avance, comme Hongkong, Singapour, Boston,
    New York, Sao Paulo...
 
    C'est  Hongkong que la carte de transport  puce sans contact
    rechargeable, baptise Octopus, dispose des plus larges fonctionnalits
    : elle fait aussi office de carte de paiement, et peut tre dlivre
    par des tablissements bancaires.
 
    A Singapour, la carte de transport EZ-Link est mise par la
    municipalit. Elle sert de carte d'identit scolaire, permet d'accder
    aux muses et de payer chez McDonald's.
 
    A Londres, la carte lectronique "Oyster" est valable pour le mtro,
    les bus et la Docklands Light Railway, la ligne de mtro prive sans
    conducteur. Elle est rechargeable dans des boutiques, aux guichets ou
    en ligne. Il suffit de crditer la carte Oyster du montant de son choix
    et le prix du trajet est dbit de ce montant prpay.
 
    Aux Etats-Unis, New York, Atlanta ou Boston se sont elles aussi dotes
    de ce type de cartes  puce sans contact.
 
                                                              
 
 
 
    Concrtement, le passe Navigo doit tre recharg rgulirement dans les
    points de vente habituels de la RATP (automates et guichets dans les
    stations, et commerants agrs). L'utilisateur ne sera donc pas
    dispens, comme avec la Carte orange, de longues files d'attente en
    dbut de mois dans les stations pour acheter un titre de transport ou,
    cette fois, le recharger. Mais les transporteurs mettent en avant sa
    souplesse d'utilisation : ils vantent surtout le fait que Navigo permet
    de passer beaucoup plus vite les portillons d'accs. De fait, "il
    suffit d'un dixime de seconde pour que le lecteur de la carte Navigo,
    plac  l'entre des tourniquets, authentifie la carte  distance et
    vrifie qu'il reste  son dtenteur suffisamment de crdit", explique
    Olivier Piou, PDG de la socit franaise Gemalto, premier fabricant de
    cartes  puce dans le monde, et principal fournisseur du STIF pour
    Navigo.
 
    MOINS D'ENTRETIEN, MOINS DE FRAUDE
    La technologie mise en oeuvre correspond  de la radiotransmission et
    de la radio-identification scurise (avec de la cryptologie)
    d'informations. Pour tre valid, le passe doit tre approch  environ
    5 cm des lecteurs - des cibles violettes places  l'entre des
    tourniquets. Ces cibles envoient des ondes courtes qui sont captes par
    le passe. Passe et lecteur "s'interrogent" alors mutuellement pour
    vrifier les informations contenues dans la puce Navigo : validit et
    existence d'un crdit de transport. L'change se fait sans contact : il
    est possible mme si le passe est enferm dans un sac ou dans la poche
    d'un veston.
 
    Quel est l'intrt rel du Navigo pour le STIF ? Les avantages de la
    gnralisation de cette technologie sont nombreux. Le premier est
    presque vident : rduire drastiquement les cots d'entretien des
    traditionnels lecteurs magntiques placs  l'entre des tourniquets du
    mtro et du RER. Comme l'explique Olivier Nalin, directeur du
    dveloppement, des affaires conomiques et tarifaires du STIF, "toutes
    ces oprations d'entretien des machines qui taient souvent
    quotidiennes vont disparatre". Bien sr, il y a d'autres parties
    mcaniques sur les nouvelles machines, mais beaucoup moins sensibles
    que celle du valideur magntique. Leur cot d'exploitation est en
    consquence trs rduit.
 
    A cette rduction de la maintenance s'ajoute une grande souplesse dans
    les dveloppements : il devient beaucoup plus simple, par exemple, de
    faire voluer la tarification pour tenir compte d'une augmentation des
    prix.
 
    La monte en puissance de Navigo devrait aussi avoir des consquences
    non ngligeables sur la fraude. Comme le prcise M. Nalin, "le fait que
    tous les abonns aient un passe Navigo permettra de gnraliser le
    principe de la validation systmatique qui devrait faire baisser la
    fraude de manire sensible".
 
    Quand au cot de l'investissement, le STIF l'estime  environ 160
    millions d'euros. Mais comme l'explique M. Nalin, "ce n'est pas un cot
    supplmentaire. Tout a t fait de faon trs progressive. Ces cots
    remplacent ceux de renouvellement du matriel existant. Donc, a priori,
    le cot net, si l'on compte les conomies d'exploitation, est ngatif".
    Mais la technologie de la carte  puce utilise pour Navigo offre des
    utilisations et des perspectives qui ne se limitent pas  un banal
    titre de transport francilien.
 
    AVEC VLIB', THALYS ET SA VOITURE...
    Depuis l'apparition du Vlib' Paris, nombre de Parisiens utilisent
    Navigo pour dbloquer leur vlo. Le STIF est aussi en cours
    d'exprimentation de billets dmatrialiss avec Thalys. D'autres
    applications dans le cadre de la mise en place d'une plus grande
    intermodalit entre la voiture et le train vont permettre aux
    Franciliens d'accder aux parcs relais automobiles installs en
    priphrie en prsentant leur passe Navigo.
 
    Enfin, l'un des grands atouts de la tlbilletique pour les acteurs du
    transport urbain en Ile-de-France reste l'analyse des dplacements. Les
    statistiques sur l'utilisation des transports seront bien plus prcises
    qu'auparavant. Des informations qui ne manquent pas de questionner les
    utilisateurs et ont conduit la Commission nationale informatique et
    libert (CNIL)  mettre des recommandations. Le STIF assure ainsi que
    l'anonymat sur les dplacements est total avec le passe Navigo. Quant
    aux fichiers commerciaux, seuls les voyageurs qui auront accept
    pourront recevoir des offres commerciales.
 
    Enfin, une exprimentation de tlphone mobile Navigo a aussi t
    teste en 2006 avec Bouygues Telecom. Avec des tlphones intgrant la
    technologie NFC ("near field communication"), permettant des changes
    d'information sans contact pour des distances infrieures  10 cm :
    leur carte SIM devient un passe Navigo. Transdev, l'oprateur de
    transports grenoblois, a galement test un "passe-tlphone mobile"
    avec Bouygues Telecom en 2007. "Mais la fabrication industrielle de
    tlphones dots de ces technologies n'est pas encore au point",
    explique-t-on chez l'oprateur de tlphonie mobile.
 
 
<article-nb="2008/01/14/19-2">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2">  Lisez l'intgralit de l'article pour plus d'information.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2">      P ersonne n'a vcu la grandeur et la dcadence conomique de l'Empire
    britannique face aux Etats-Unis plus intensment que Winston Churchill,
    mort en 1965  l'ge de 90 ans.
 
    Erige  Parliament square, la statue de bronze du "Vieux Lion" va
    pouvoir retrouver son allure fire et dominatrice : pour la premire
    fois depuis la fin du XIX^e sicle, l'ancienne puissance impriale
    dtrnerait son ex-colonie au hit-parade conomique.
 
 
    A lire une tude du consultant Oxford Economics, le produit intrieur
    brut (PIB) par tte du Royaume-Uni a dpass celui constat
    outre-Atlantique : 23 500 livres sterling par an, compar  23 250
    livres (31 127 euros, contre 30 796 euros). L'cart est certes faible,
    mais suffisant pour autoriser le Sunday Times  clamer victoire sur la
    superpuissance : "Nous vivons mieux que les Amricains."
 
    "Hritage des profondes rformes des annes 1980-1990, le Royaume-Uni
    est le champion des grands pays industrialiss", assure l'auteur du
    rapport et directeur d'Oxford Economics, Adrian Cooper.
 
    A l'actif d'Albion : une monnaie stable, une inflation matrise et un
    march du travail libralis. La nouvelle prminence de la City sur
    Wall Street atteste de cette formidable russite. A titre de
    comparaison, la France et l'Allemagne sont respectivement  21 700 et
    21 665 livres sterling.
 
    Ce constat est toutefois loin de faire l'unanimit. "Depuis le milieu
    des annes 1990, la croissance britannique a t artificiellement
    gonfle par une politique fiscale laxiste, l'essor de l'immobilier et
    la pompe du crdit  la consommation", rplique Michael Saunders,
    conomiste en chef de la banque Citigroup. En 2008, celui que l'on
    surnomme la "pythie de la place boursire londonienne" prvoit un taux
    de croissance pour le Royaume-Uni de 1,7 %, contre 2 % pour les
    Etats-Unis.
 
    Un pessimisme partag par la majorit des conomistes rcemment
    interrogs par le Financial Times, qui prdisent la pire anne
    conomique depuis l'clatement de la bulle Internet en 2001.
 
    Par ailleurs, en raison d'un cot de la vie moindre, les Amricains
    disposent d'un pouvoir d'achat largement suprieur aux sujets de Sa
    Majest. La productivit de la main-d'oeuvre britannique est galement
    plus faible.
 
    Ecout tout aussi religieusement par les investisseurs, Martin Weale,
    du National Institute of Economics and Social Research, appelle  la
    prudence dans l'interprtation des donnes brutes. "Le taux de change
    fausse les comparaisons nationales, dit-il. Les diffrences de pouvoir
    d'achat restent difficiles  valuer. Si le dollar devait continuer 
    monter face  la livre, comme c'est le cas depuis deux mois, le
    Royaume-Uni risque de retrouver derrire les Etats-Unis au printemps."
 
    M. Weale a calcul qu'en terme de taille du PIB, en ce dbut 2008, la
    France est dsormais repasse devant le Royaume-Uni ! La faiblesse de
    la livre sterling par rapport  l'euro, plutt que l'activit dans
    l'Hexagone, est  l'origine de ce recul d'Albion  la sixime place
    derrire les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la Chine et la France.
    Churchill qui rit, Churchill qui pleure.
 
<article-nb="2008/01/14/19-3">
<filnamedate="20080114"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080114"><AAMMJJHH="2008011419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3">  La France a finalement activ la clause de sauvegarde
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3">      S emenciers et agriculteurs partisans des OGM ont eu beau se battre, le
    gouvernement a dcid d'engager la clause de sauvegarde sur le mas MON
    810, vendredi 11 janvier, au nom du "principe de prcaution". Il n'y
    aura donc pas de culture de mas transgnique en 2008. Si,  court
    terme, l'impact conomique est drisoire, ce sont les effets  plus
    long terme que dplorent les pro-OGM.
 
 
    Samedi, dans un communiqu, les industriels ont estim que "les
    entreprises semencires (...) n'ont plus aucune visibilit". Ils ne
    mentionnent pas pourtant la contrepartie du gouvernement, un plan
    d'investissement dans les biotechnologies de 45 millions d'euros, huit
    fois plus que les budgets actuels. Une contrepartie que dplore la
    Confdration paysanne.
 
    Avec 22 000 hectares en 2007, la production de mas OGM ne reprsente
    que 0,7 % des surfaces consacres  ce type de crale. Mais aux
    agriculteurs convertis, le mas OGM offrait un rendement supplmentaire
    de 5 %  30 %.
 
    Pour les semenciers, des multinationales comme Limagrain ou Pioneer
    (Dupont) et des coopratives telles qu'Euralis, l'impact sera mineur.
    Si le chiffre d'affaires de la filire s'lve  2 milliards d'euros,
    le manque  gagner d'une anne sans OGM est estim  seulement 1
    million.
 
    UNE GOUTTE D'EAU POUR MONSANTO
 
    Monsanto est davantage concern. Il vend des semences, mais surtout
    c'est lui qui a dvelopp l'lment transgnique MON 810, le seul
    autoris  la culture en Europe. Contre des royalties, il en accorde la
    licence d'utilisation aux autres semenciers. Avec cette technologie,
    ces derniers conoivent leurs propres varits de mas OGM. Le groupe
    amricain se refuse  tout commentaire. "Son axe de dveloppement,
    c'est le Brsil, l'Europe n'est pour lui qu'une goutte d'eau", explique
    Francis Prtre, de CM-CIC Securities.
 
    C'est le symbole que reprsente la nouvelle position franaise que
    redoutent les industriels. La France, premire puissance agricole en
    Europe, dtient un savoir-faire reconnu dans les semences ; elle y est
    aussi le deuxime producteur d'OGM, derrire l'Espagne. De fortes
    sommes ont dj t investies. Limagrain, par exemple, consacre 40
    millions d'euros par an  la recherche dans les biotechnologies.
 
    "Nous tions entrs dans une dynamique et les perspectives taient
    bonnes", explique Karine Affaton, porte-parole de Pionner. Son groupe,
    qui utilise le MON 810, attend une homologation de sa propre
    technologie. De 500 hectares en 2005, les surfaces taient passes  5
    000 hectares en 2006, puis  22 000 en 2007. Trs optimiste, Limagrain
    estime qu'entre 50 000 et 100 000 hectares auraient pu tre cultivs en
    2008, et qu'il existe en France un potentiel d'un million d'hectares.
 
    "Que se passera-t-il en 2009 ? Pendant que la France a des tats d'me,
    nous nous isolons conomiquement", tonne Christian Pes, prsident
    d'Euralis. Comme la FNSEA, il peste contre une interdiction de cultiver
    alors que les importations de soja ou de mas OGM se poursuivront.
 
    "Un mas trac non OGM se vend 25 % plus cher. Mieux vaut conserver en
    France la spcificit non OGM", estime Jacques Pasquier,  la
    Confdration paysanne. Le dbat est environnemental, mais aussi
    conomique.
 
