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<filname="SURF-0,2-3238,1-0,0-1">  Pour Marc Bied-Charreton, gographe, la dsertification pourrait affecter 2  3 milliards de personnes. A moins d&#38;#39;appliquer au plus vite les solutions simples qui freineraient ce processus.
<filname="PROF-0,2-3238,1-0,0-1">      A groconomiste et gographe, vous tes prsident du Comit
    scientifique franais sur la dsertification (CSFD). Ce processus gagne
    du terrain  un rythme alarmant. Si rien ne vient l'enrayer, quel
    pourcentage des terres merges sera touch dans vingt ans ? Les
    Nations unies estiment qu'un tiers des terres merges est menac.
    Aujourd'hui, 500  600 millions de personnes en subissent les
    consquences. Ils seront deux  trois milliards  l'avenir, si rien ne
    change.
 
 
 
 
           CHIFFRES
 
 
 
    40 % DES TERRES MERGES, soit 60 millions de km^2, sont des "terres
    sches". Le terme dsigne toutes les terres qui connaissent un dficit
    en eau. Elles sont 
 
    40 % SITUES EN AFRIQUE,  40 % en Asie. Le reste se trouve en Amrique
    latine, en Australie, et dans la zone mditerranenne.
 
    Parmi elles, 10 MILLIONS DE KM^2 seulement sont des dserts proprement
    dits (soit des rgions o les prcipitations sont infrieures  250 mm
    par an). Dix autres millions de km2 sont dj fortement dgrads par la
    dsertification. Sur le reste, soit
 
    40 MILLIONS DE KM^2, on estime que 70 % risquent de subir le mme sort
    dans les annes  venir.
 
 
                                                              
 
 
 
    Sur quelles tendances s'appuient ces prvisions ?
    La menace vient  la fois de l'augmentation de la population mondiale -
    nous allons passer de six  huit milliards d'individus -, de l'absence
    d'adaptation des systmes d'agriculture et d'levage, et des risques
    lis aux changements climatiques. Selon les prvisions du Groupe
    intergouvernemental d'experts pour le climat (GIEC), notre sicle sera
    marqu par des pisodes climatiques extrmes. Les scheresses seront
    plus frquentes et plus longues.
 
    A quoi ressembleront les zones touches par la dsertification ?
    Il faut prciser d'emble que la dsertification, ce n'est pas une
    progression naturelle des dserts. C'est un phnomne qui se produit
    souvent - mais pas toujours - sur les marges des dserts, ce qui fait
    que l'on dit improprement que le dsert "avance".
 
    On considre qu'une terre est dsertifie quand il ne reste que 10 % ou
    15 % de vgtation sur le sol. Il n'y a plus d'arbres ni d'arbustes. Il
    reste environ une touffe d'herbe par mtre carr. Le reste, c'est du
    sable et des cailloux.
 
    En fait, la dsertification consiste en une perte progressive de la
    fertilit des sols. Ses causes sont  la fois naturelles et humaines.
    Le manque d'eau entrane une baisse de la productivit des terres. Mais
    les activits humaines ont une grande part de responsabilit dans le
    phnomne, car les pratiques agricoles et d'levage trop intensives ou
    inadaptes puisent galement les sols.
 
    Quelles rgions du monde sont menaces ?
    Une centaine de pays sont concerns, sur tous les continents. L'Afrique
    l'est au premier chef. Le continent asiatique galement. Toutes les
    franges du dsert australien subissent elles aussi un dficit en eau
    depuis quelques annes. Le continent amricain et l'Europe ne sont pas
    pargns : le phnomne menace un bon tiers de l'Espagne, Chypre, une
    partie de la Sardaigne, de la Sicile, et de la Grce.
 
    Quelles seront les consquences sur l'environnement ?
    Quand la vgtation disparat, le sol perd sa capacit de rtention de
    l'eau. Le ruissellement emporte la terre. Il n'y a plus de graines dans
    les sols. Toute vie disparat. La rsilience de l'cosystme,
    c'est--dire sa capacit  revenir  l'tat initial, ne cesse de
    diminuer. C'est un cercle vicieux.
 
    Les consquences seront galement plantaires. Une forte
    dsertification aboutira  la mise en suspension dans l'atmosphre de
    millions de tonnes d'arosols. Les dpts de terre entrans par
    l'rosion envahiront les gouts des villes et perturberont le rgime de
    crue des fleuves. Le phnomne aggravera aussi le rchauffement
    climatique, car la capacit de stockage du carbone atmosphrique
    diminuera.
 
    Quel sera le sort des populations qui vivent sur ces terres ?
    Quand la fertilit des sols et leur capacit  retenir l'eau diminuent,
    les rendements agricoles baissent. Donc la ration alimentaire
    quotidienne baisse et le revenu baisse, qu'il provienne des surplus de
    l'agriculture vivrire ou de la culture de plantes commerciales. On
    observe ds aujourd'hui une chute des rendements en sorgho et en coton.
 
    Pour compenser cette tendance, les paysans augmentent les superficies
    cultives. Ils rsolvent leur problme pour une anne, mais ils
    rintroduisent le cycle de la dsertification sur de nouvelles terres.
    Quand les dplacements locaux ne suffisent plus  faire vivre les
    familles, on envoie des gens vers les villes pour trouver du travail et
    envoyer de l'argent. Les bidonvilles gonflent.
 
    La dsertification peut-elle aboutir  des mouvements migratoires ?
    Ils ont dj commenc, notamment de l'Afrique subsaharienne vers le
    Maghreb et l'Europe. Cela conduit  des drames, et ce n'est pas une
    solution d'avenir. La solution, c'est que les villageois se dveloppent
    dans leur village. Si l'on suit la tendance dessine par le dernier
    rapport du GIEC, et si les techniques agricoles ne changent pas, on
    risque d'aboutir  des crises sociales terribles. Il y aura des
    bagarres pour la terre et des bagarres pour l'eau au sein de pays et
    entre pays. En dsespoir de cause, les gens bougeront beaucoup plus.
 
    La progression de ce processus est-elle inluctable ?
    Non. Il faut amliorer la gestion de l'eau et les techniques agricoles.
    C'est simple et assez peu coteux. On peut empcher l'eau de partir,
    grce  de petits murets de pierre,  des diguettes,  de petites
    retenues. Il faut amnager les pentes pour stopper l'rosion, faire des
    trous dans lesquels on met du compost et o l'on plante un arbre, tous
    les 3 ou 5 mtres.
 
    C'est aussi simple que cela ?
    Mme avec peu d'eau, quand la vgtation commence  recoloniser le sol,
    on stoppe la spirale ngative. Au bout de trois ou quatre ans, le sol
    est enrichi en matire organique, et on peut envisager de rimplanter
    une agriculture. Il n'y a pas besoin de grands amnagements. Il faut
    juste un peu d'engrais. Avec de bonnes pratiques, les rendements
    peuvent doubler ou tripler. Cela a dj t fait sur des milliers
    d'hectares, c'est reproductible.
 
    Quel pourrait tre l'apport des plantes gntiquement modifies ?
    Je ne suis pas contre a priori, mais ce n'est pas un remde miracle. La
    gntique traditionnelle progresse dans la slection de semences
    adaptes au manque d'eau. De toute faon, les paysans de ces zones ne
    sont pas solvables. Mieux vaut amliorer les varits locales, et
    garder la technique traditionnelle, qui consiste  prlever 15 % de sa
    rcolte comme semences pour l'anne suivante.
 
    Pourquoi les techniques lmentaires que vous dcrivez ne
    progressent-elles pas ?
    Il faut investir de 300  400 dollars par hectare et par an, pendant
    trois ou quatre ans. Les paysans n'ont pas cet argent. Ensuite, toute
    la difficult vient du diffr du retour sur l'investissement. Pendant
    les quelques annes consacres  la restauration des sols, il faudrait
    donner  manger aux gens, et mme les payer. Ce message est trs
    difficile  faire passer. Les gouvernements des pays concerns ont
    d'autres priorits. Les masses rurales sont ignores, c'est la peur de
    l'meute urbaine qui domine.
 
    La communaut internationale agit-elle ?
    L'aide publique au dveloppement va en priorit aux infrastructures et
     la sant. C'est plus visible. En plus, l'aide internationale va
    plutt aux grands projets, alors que ce type de programme demande
    d'allouer de petits montants. Il s'agit pourtant de restaurer un bien
    public mondial. C'est assez dsesprant, on dirait que personne ne se
    rend compte de la gravit de la menace.
 
    Il faut faire comprendre que la protection de l'environnement, ce n'est
    pas seulement la limitation des gaz  effet de serre, ou la protection
    de la biodiversit, mais aussi une agriculture, une foresterie et un
    levage plus productifs et aussi protecteurs de l'environnement.
 
 
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<filnamedate="20080113"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080113"><AAMMJJHH="2008011319">
<filname="SURF-0,2-3238,1-0,0-2">  Les fumeurs qui tentent de calmer leur envie d&#38;#39;en griller une en mastiquant du chewing-gum ou, plus gnralement, les adeptes de la gomme  mcher sans sucre doivent se mfier des effets secondaires.
<filname="PROF-0,2-3238,1-0,0-2">      L es fumeurs qui tentent de calmer leur envie d'en griller une en
    mastiquant du chewing-gum ou, plus gnralement, les adeptes de la
    gomme  mcher sans sucre doivent se mfier des effets secondaires.
 
    Selon une tude publie vendredi 11 janvier dans le British Medical
    Journal (BMJ), le sorbitol, un dulcorant contenu notamment dans les
    chewing-gums, provoque  haute dose des diarrhes importantes et une
    forte baisse de poids. Des gastro-entrologues allemands ont eu 
    traiter deux cas de malades : une femme de 21 ans souffrant de fortes
    douleurs abdominales depuis huit mois avait maigri de 11 kg et un homme
    de 46 ans avait perdu en un an 22 kg, soit le cinquime de son poids.
 
 
    Dans un premier temps, les examens sont apparus normaux. En
    s'intressant  l'alimentation de leurs patients, les mdecins ont
    alors appris que la jeune femme consommait quotidiennement l'quivalent
    de 18  20 grammes de sorbitol (un chewing-gum en contient 1,25
    gramme), et le monsieur mchait environ 20 chewing-gums. L'arrt de ce
    type de consommation a rapidement fait cesser les symptmes.
 
