<FILE-date="2008/01/12/19">
<article-nb="2008/01/12/19-1">
<filnamedate="20080112"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080112"><AAMMJJHH="2008011219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1">  Eric de Montgolfier a contest, samedi, avoir ordonn la prolongation de la dtention du voleur Jean Herrina qui lui a valu cette semaine une mise en examen pour &#38;#34;atteinte  la libert individuelle&#38;#34;. 
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1">      L e procureur de Nice Eric de Montgolfier a contest, samedi 12
    janvier, avoir ordonn la prolongation de la dtention de Jean Herrina
    qui lui a valu cette semaine une mise en examen pour "atteinte  la
    libert individuelle". "C'est le directeur de la maison d'arrt (de
    Nice) qui a pris objectivement la dcision de garder Herrina et ceci
    sans aucun document crit de ma part", a-t-il affirm.
 
 
    Jean Herrina, surnomm "l'mir" ou le "sultan", tait
    internationalement connu pour ses vols de bijoux de grand luxe. Il
    s'est suicid en mars 2007,  50 ans,  la prison de Draguignan (Var).
    En septembre 2002, il avait t plac en dtention provisoire  Nice
    pour un vol commis dans une bijouterie de Saint-Jean-Cap-Ferrat
    (Alpes-Maritimes). Le 13 janvier 2003, un juge de la libert et de la
    dtention avait dcid de ne pas prolonger son maintien en dtention
    mais Jean Herrina n'avait pas t pas remis en libert immdiatement.
 
    "JE NE ME VOIS PAS DIRE ORALEMENT 'GARDEZ-LE'"
 
    Selon Eric de Montgolfier, l'ancien directeur de la maison d'arrt de
    Nice, galement mis en examen dans ce dossier, "affirme qu'il m'a
    appel et que je lui ai donn l'ordre par tlphone de ne pas remettre
    Herrina en libert, notamment en raison d'une erreur de procdure
    commise par le juge de la libert". Affirmant n'avoir aucun souvenir de
    ce coup de fil, le procureur de Nice a ajout: "Je ne me vois pas dire
    oralement 'gardez-le'. D'ailleurs, je n'ai jamais vu un directeur de
    maison d'arrt mettre quelqu'un dehors, ou le garder, sur un simple
    coup de tlphone."
 
    Quelques jours aprs cet pisode contest, une nouvelle mise en examen
    pour le vol de deux bagues en diamants  Hongkong avait t signifie 
    Jean Herrina par un juge d'instruction de Nice, permettant son maintien
    en dtention. "S'il y a eu manuvre judiciaire, elle concerne cette
    seconde procdure manifestement ouverte pour 'rattraper' Herrina qui,
    contre toute attente, chappait au juge d'instruction", a comment le
    procureur.
 
    Jean Herrina avait dpos dans cette affaire une plainte avec
    constitution de partie civile aujourd'hui relaye par sa fille et
    instruite par deux juges de Lyon qui ont mis en examen le procureur de
    Nice en milieu de semaine. "C'est une phase de la procdure, a n'en
    est pas la fin. Je vais prendre ceci avec le dtachement que donnent
    les nouvelles expriences. Je vais pouvoir observer ce que de l'autre
    ct on ressent dans ce cas-l", a comment Eric de Montgolfier.
 
<article-nb="2008/01/12/19-2">
<filnamedate="20080112"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080112"><AAMMJJHH="2008011219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2">  Syndicats et patronat ont achev, vendredi, la ngociation sur la &#38;#34;modernisation du march du travail&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2">      S yndicats et patronat ont achev, vendredi 11 janvier, la ngociation
    sur la "modernisation du march du travail". Le projet d'accord - 16
    articles sur 24 pages - pourrait instaurer une "flexiscurit"  la
    franaise : plus de flexibilit pour les entreprises sur le contrat et
    la rupture, plus de scurit sur certains droits pour les salaris. Les
    syndicats vont dterminer dans les prochains jours leur position - FO
    et CFTC lundi 14 janvier, CFE-CGC mardi, CFDT mercredi ou jeudi, et CGT
    le 29 janvier, cette dernire ayant dj indiqu qu'elle ne signerait
    probablement pas le texte. En cas d'accord, le gouvernement devrait en
    transposer les termes dans une loi d'ici  la fin du premier semestre.
    Voici les principaux points du projet :
 
 
 
 
           CHRONOLOGIE
 
 
 
    23 OCTOBRE 2006 :
    ouverture de la "dlibration sociale" propose par le Medef sur la
    scurisation des parcours professionnels, le contrat de travail et
    l'assurance-chmage. La CGT refuse de participer aux travaux.
 
    19 JUIN 2007 :
    tous les leaders syndicaux et patronaux se mettent d'accord pour
    l'ouverture d'une ngociation sur la "modernisation du march du
    travail".
 
    7 SEPTEMBRE :
    dbut de la ngociation.
 
    11 JANVIER 2008 :
    fin de la ngociation et rdaction d'un projet d'accord dont les termes
    doivent tre valids ou non par les cinq confdrations syndicales,
    entre le 14 (CFTC et FO) et le 29 janvier (CGT).
 
 
                                                              
 
 
 
    La priode d'essai. Pour les contrats de travail  dure indtermine
    (CDI), la priode d'essai est allonge : "pour les ouvriers et employs
    entre un et deux mois maximum, les agents de matrise et les
    techniciens entre deux et trois mois, les cadres entre trois et quatre
    mois", sauf si un accord de branche prvoit une dure suprieure. Cette
    priode pourra tre reconduite une fois par des accords de branche et
    les dures ne pourront excder quatre, six et huit mois. Une priode
    d'essai plus courte pourra tre fixe "dans la lettre d'engagement ou
    dans le contrat de travail".
 
    Rupture "conventionnelle" du CDI. Pour "privilgier les solutions
    ngocies  l'occasion des ruptures de contrat", un nouveau mode,
    "exclusif de la dmission et du licenciement", a t cr. Le salari
    et l'employeur pourront choisir les conditions de la fin du contrat qui
    les lie : un droit de rtractation existe "pendant un dlai de quinze
    jours suivant la signature de la convention" entre les deux parties.
    L'accord devra ensuite tre valid par le directeur dpartemental du
    travail. Le salari bnficiera d'une indemnit de rupture quivalant 
    un cinquime de mois par anne d'anciennet et accdera aux allocations
    chmage.
 
    Un nouveau contrat de travail. Il s'agit d'une sorte de contrat de
    mission, contrat  dure dtermine  "terme incertain", pour la
    "ralisation d'un objet dfini", rserv aux ingnieurs et aux cadres.
    La dure du projet doit tre comprise entre 18 et 36 mois, et le
    contrat est de 12 mois minimum non renouvelable. Le recours  ce
    contrat est subordonn  un accord de branche ou d'entreprise et "ne
    peut tre utilis pour faire face  un accroissement temporaire
    d'activit". Il peut tre rompu  la date anniversaire de sa signature
    "pour un motif rel et srieux". En cas de rupture, l'indemnit perue
    par le salari atteindra 10 % de la rmunration reue pendant le
    contrat.
 
    Nouvelle rupture. En cas d'"inaptitude d'origine non professionnelle"
    (longue maladie, accident), et si le salari ne peut tre reclass, les
    indemnits de rupture pourront tre prises en charge par un fonds de
    mutualisation  la charge des entreprises.
 
    Indemnits de licenciement. Le montant de l'indemnit
    interprofessionnelle de licenciement devient unique et d'un montant qui
    ne peut tre infrieur  un cinquime du salaire mensuel. Le texte
    prvoit que le lgislateur fixe "un plancher et un plafond" pour
    l'indemnit, en cas de contestation judiciaire d'un licenciement sans
    cause relle ni srieuse.
 
    Portabilit des droits. Le salari qui se retrouve au chmage pourra
    garder sa couverture prvoyance sant pendant une dure gale  un
    tiers de sa dure d'indemnisation du chmage, avec un minimum de trois
    mois. Pour la formation, le salari quittant l'entreprise gardera 100 %
    du solde des heures de formation acquise dans le cadre du droit
    individuel  la formation (DIF). En "accord avec le nouvel employeur",
    il pourra utiliser ce crdit d'heures "pendant les deux annes suivant
    (son) embauche".
 
    Moins de 25 ans sans emploi. Une prime forfaitaire paye par
    l'assurance-chmage est instaure pour les moins de 25 ans
    "involontairement privs d'emploi", qui n'ont pas assez travaill pour
    avoir accs aux allocations chmage.
 
    Formation. Les personnes "les plus loignes de l'emploi" pourront
    bnficier d'une formation dont le financement sera assur par un fonds
    dont le financement sera dfini lors de "la ngociation sur la
    formation professionnelle  venir".
 
    Accs aux droits. Pour bnficier de "l'indemnisation conventionnelle
    de la maladie", la condition d'anciennet est ramene de trois  un an.
    Le dlai de carence est ramen de 11  7 jours.
 
 
<article-nb="2008/01/12/19-3">
<filnamedate="20080112"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080112"><AAMMJJHH="2008011219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3">  Quelque 400 associations musulmanes allemandes, suisses, anglaises et franaises, membres de la Fdration des organisations islamiques en Europe (FOIE) ont adopt, jeudi 10 janvier,  Bruxelles, une &#38;#34;charte des musulmans europens&#38;#34;, prcisant leurs droits et devoirs.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3">      Q uelque 400 associations musulmanes allemandes, suisses, anglaises et
    franaises, membres de la Fdration des organisations islamiques en
    Europe (FOIE) ont adopt, jeudi 10 janvier,  Bruxelles, une "charte
    des musulmans europens", prcisant leurs droits et devoirs. La FOIE
    regroupe quatre organisations nationales, dont, en France, l'Union des
    organisations islamiques de France (UOIF), lie de manire informelle 
    la mouvance des Frres musulmans. L'UOIF,  l'origine de la rflexion
    sur cette charte lance il y a trois ans, est la seule signataire ct
    franais.
 
 
    Les autres composantes du monde musulman reprsentes au sein du
    Conseil franais du culte musulman (CFCM) ont t invites  Bruxelles,
    mais n'avaient pas t associes  la rdaction de la charte. "Nous ne
    pouvions donc pas aller la signer", estiment les responsables du CFCM,
    qui saluent toute initiative visant  "intgrer les musulmans dans les
    socits europennes".
 
    "Nous avons rdig une plate-forme consensuelle, donnant une image de
    l'islam en Europe susceptible de rassembler l'ensemble des musulmans
    europens", dfend Fouad Alaoui, secrtaire gnral de l'UOIF et membre
    de l'excutif de la FOIE. Dans son prambule, la charte propose des
    "modalits et des principes permettant la participation efficace des
    musulmans dans leurs relations avec les Etats et les socits".
    Reprenant un concept revendiqu en France par l'UOIF, le texte dfend
    "l'islam du juste milieu qui bannit l'excs et le laxisme" et en
    rappelle les caractristiques : "Le respect de la diversit et des
    tres humains, (...) la compassion, la solidarit, la fraternit,
    l'galit homme-femme, (...) le refus de la violence et du terrorisme."
 
    De manire assez directe, la charte prcise aussi les droits dont
    peuvent se prvaloir les citoyens musulmans dans les dmocraties
    europennes. "Lorsque les lois en vigueur s'opposent aux pratiques et
    rgles islamiques, les musulmans sont en droit de s'adresser aux
    autorits pour expliquer leurs points de vue et exprimer leurs
    besoins." La charte invite les socits europennes  intgrer au mieux
    les musulmans et ces derniers " s'intgrer de manire positive", en
    adhrant  la vie politique et en exerant leur droit de vote.
 
<article-nb="2008/01/12/19-4">
<filnamedate="20080112"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080112"><AAMMJJHH="2008011219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4">  Pour le prsident de la Rpublique, &#38;#34;la fonction publique&#38;#34; doit servir de modle et de leader.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4">      "L a fonction publique doit servir de modle et de leader." Devant le
    gouvernement quasiment au grand complet, les reprsentants des "corps
    constitus", les responsables de l'administration et les lus locaux
    runis pour la crmonie des voeux, vendredi 11 janvier  Lille,
    Nicolas Sarkozy a formul un nouvel engagement : "Avant la fin de
    l'anne, nous aurons pris des mesures effectives pour qu'en cinq ans,
    la fonction publique s'ouvre  la diversit." Cette promesse, ilcompte
    bien la tenir en s'inspirant des travaux de la mission qu'il a confie
     Simone Veil. L'ancienne ministre de la sant est charge de rdiger
    un projet de texte visant  inscrire la diversit dans le prambule de
    la Constitution.
 
 
 
 
           Un vlo pour Nicolas Sarkozy, l'avion pour
    Franois Fillon
 
 
 
    La crmonie des voeux aux corps constitus  Lille, vendredi 11
    janvier, qui a dur  peine une heure, a mobilis des moyens
    considrables, notamment des forces de scurit dans le centre de la
    ville, bloqu et isol. Si la quasi-totalit du gouvernement a fait
    l'aller retour en TGV dans la matine (2 heures de trajet), le premier
    ministre, Franois Fillon, a pris l'avion pour "tre rentr  Paris au
    plus tt  l'audience solennelle de la Cour de cassation", a justifi
    son cabinet. M. Sarkozy est, lui, reparti avec un vlo de fabrication
    locale, offert par Martine Aubry, maire de Lille.
 
                                                              
 
 
 
    Sans tre issu de ses rangs, le prsident de la Rpublique dplore que
    "la fonction publique n'ait pas su intgrer et promouvoir les enfants
    issus de l'immigration", comme elle l'a fait "autrefois avec les femmes
    et les enfants des classes populaires". Or, a-t-il prcis,
    "l'intgration des enfants de l'immigration dans toutes les strates de
    la socit est l'une des questions les plus importantes poses  notre
    pays".
 
    Tout en citant l'exemple de la voie de recrutement spcifique de
    Sciences Po dans les ZEP, M. Sarkozy s'est bien gard de trancher parmi
    les critres, quotas ou toute autre forme de "discrimination positive"
    adapte  la fonction publique, dont les rgles de recrutement restent
    rgies par le principe du concours, garant de l'galit rpublicaine
    d'accs.
 
    L'ouverture  la diversit n'est qu'un des volets de la rforme de
    l'administration de l'Etat et du statut de la fonction publique que le
    chef de l'Etat avait esquisse  Nantes, en septembre 2007. Il a de
    nouveau envisag de modifier les modalits d'intgration dans la
    carrire, de mobilit mais aussi d'affectation en supprimant le
    classement de sortie, de l'ENA comme des autres coles, "qui
    rigidifient l'entre dans la carrire", pour le remplacer par des
    "listes d'aptitude".
 
    S'il entend bousculer l'organisation des quelque 5,2 millions de
    fonctionnaires de l'administration, des hpitaux et des collectivits
    locales, le chef de l'Etat est rest inflexible sur les moyens qui leur
    seront allous. Il a ainsi justifi son objectif de "ramener les
    effectifs de l'administration  de plus justes proportions". En
    contrepartie, la moiti des gains raliss seront consacrs  la hausse
    des rmunrations.
 
    Alors que toutes les fdrations syndicales ont prvu une journe de
    grve le 24 janvier sur le pouvoir d'achat et l'emploi, le chef de
    l'Etat, hostile aux augmentations collectives, veut instituer un
    mcanisme de "garantie de pouvoir d'achat". Pour tenter de dsamorcer
    la grogne sociale, il a aussi promis de solder les heures
    supplmentaires et les jours de RTT accumuls. "Elles seront ngocies,
    progressives, mais je prends l'engagement formel que nous trouverons
    les solutions", a-t-il assur.
 
 
<article-nb="2008/01/12/19-5">
<filnamedate="20080112"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080112"><AAMMJJHH="2008011219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5">  &#38;#34;La ville s&#38;#39;est toujours constitue par addition et transformation&#38;#34;, affirme Yves Lion, qui estime que la profession doit s&#38;#39;approprier les vides de l&#38;#39;espace urbain pour le rinventer. Et pourquoi ne pas imaginer des tours qui feraient le lien entre Paris et les villes limitrophes ?
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5">      A uteur du palais de justice de Lyon  et de l'ambassade de France
     Beyrouth, , Yves Lion a reu, mardi 18 dcembre,  62 ans, le
    Grand Prix de l'urbanisme 2007, dcern par le ministre de l'cologie,
    de l'amnagement et du dveloppement durable. Il est devenu une figure
    de l'amnagement urbain, depuis son travail sur le projet de la
    Plaine-Saint-Denis dans les annes 1990 jusqu' la dfinition
    d'EuroMditerrane,  Marseille, aujourd'hui.
 
 
    Que pensez-vous de l'intervention du prsident de la Rpublique,
    Nicolas Sarkozy, en faveur d'un Grand Paris, dont il fait une priorit
    ?
 
    Que le plus haut reprsentant de l'Etat intervienne sur ce sujet
    brlant ne me choque pas. Il faut runir toutes les forces pour que
    cette difficile mutation se fasse. Mon obsession, c'est d'en finir avec
    la limite du boulevard priphrique, qui n'est plus le "fond", le bout
    de la ville, mais le vritable centre de l'agglomration parisienne.
    Et, pour "effacer" la coupure du priphrique, toutes les
    interventions,  tous les niveaux politiques et administratifs, sont
    ncessaires.
 
    A Marseille, l'opration EuroMditerrane, capitale pour l'avenir de la
    cit et du port, n'a dmarr que lorsque l'Etat, la rgion et la ville
    se sont mis d'accord. Pour le "Grand Paris", il est indispensable
    d'organiser un grand dbat public destin  mettre au point un projet
    fdrateur. Aprs les lections municipales, le temps de la discussion
    doit venir. Avec, au menu, l'utilisation des espaces publics et l'arrt
    du mitage du territoire.
 
    Economiser le territoire, c'est construire en hauteur. Vous avez
    tudi, pour la Ville, la cration de tours  Paris, dans le quartier
    Massna. Est-ce possible ?
 
    Le dbat et la concertation sur la question de la grande hauteur 
    Paris ont t passionnants. Les architectes se sont attachs  dfinir
    une tour "parisienne", et non  reproduire les mmes gratte-ciel que
    dans le monde entier, mais il y a encore beaucoup de travail.
 
    Les tours peuvent tre une solution pour faire le lien entre Paris et
    les villes voisines. A Massna, sur un terrain difficile, au bord du
    priphrique, la grande hauteur est une bonne rponse architecturale et
    urbaine. On ne considre pas assez ce rapport d'chelle entre
    infrastructures et architecture. Il faut sortir de la morale du peu, du
    petit, qui aboutit  un talement urbain plus important en France
    qu'ailleurs.
 
    Le sujet est pourtant trs polmique, notamment parce que les quartiers
    de tours ont souvent t rats  Paris...
 
    La question de la tour, c'est celle du pied, pas du sommet. Pour qu'une
    tour soit russie, il faut que le bas soit de plain-pied avec l'espace
    public, et non sur dalle, comme cela a t fait  Paris,  Beaugrenelle
    (dans le 15e arrondissement) ou aux Olympiades (dans le 13e). A New
    York, quand vous poussez une porte, vous ne savez pas si vous entrez
    dans une tour ou non. Il faut accompagner ces btiments hauts d'un
    espace public de qualit et viter de poser des tours solitaires comme
    des monuments, mais au contraire les grouper pour doper la silhouette
    de la ville. De ces deux points de vue, la tour Montparnasse est un
    ratage complet.
 
    Vous avez particip aux travaux du Grenelle de l'environnement, o il a
    beaucoup t question d'"architecture durable". Un effet de mode ?
 
    Depuis la nuit des temps, l'architecture est faite pour durer. Le souci
    de l'orientation des difices, de l'efficacit des formes, on les
    trouve dj chez les architectes de Rome ou de la Renaissance, Vitruve,
    Alberti ou Palladio. Il faut attendre le XXe sicle pour envisager une
    architecture qui tourne le dos  son environnement ! On cherche
    dsormais  redonner aux btiments leur valeur thermique,  dpenser le
    moins d'nergie possible. Mais, dans le fond, ce qui doit changer,
    c'est l'thique plutt que la technique. A quoi servira de limiter la
    consommation nergtique des logements si leurs habitants vont
    travailler en voiture ? La construction et l'urbanisme sont lis. Il
    faut viter la dispersion des btiments sur de vastes territoires. Cela
    dit, je ne suis pas sr que le monde de l'architecture se passionne
    pour ces problmes pourtant essentiels.
 
    Vous critiquez une architecture qui se borne  produire des "objets
    extraordinaires". Pourquoi ?
 
    L'architecture aujourd'hui a du mal  exprimer autre chose
    qu'elle-mme,  manifester un intrt collectif. La discipline se
    replie sur elle-mme parce que beaucoup de professionnels ont
    l'impression que les phnomnes urbains leur chappent. On ne
    s'intresse qu'aux objets architecturaux, et non  l'espace qui les
    relie. Or le vide appartient autant que le plein  l'architecture.
    Regardez la place dessine par Bernin face  Saint-Pierre de Rome !
    Quels difices majeurs aujourd'hui construisent avec eux leur espace
    public majeur ? Les architectes semblent avoir oubli ce qui les
    rattache au monde.
 
    Comment l'urbanisme peut-il jouer ce rle ?
 
    L'urbanisme doit trouver les moyens d'exprimer l'intrt collectif et
    s'attacher en priorit  dfinir l'espace public. Dans n'importe quel
    projet, il faut au minimum que l'espace public soit honorable. Je
    dfends un urbanisme opportuniste. Je travaille en fonction du projet,
    de l'environnement, avec les moyens du bord. L'urbanisme doit composer
    avec tous les lments, y compris les plus ordinaires. Il doit mettre
    en place les conditions pour que la ville puisse fonctionner mme avec
    ses lments moyens, vulgaires, rats. Le monde n'est pas harmonieux.
    La cit idale n'existe pas. Voyez ce qu'est devenu le grand ensemble
    du Mirail,  Toulouse, qui devait selon son architecte, Georges
    Candilis, tre un modle...
 
    L'urbanisme de ces grands ensembles est souvent dnonc. Qu'est-ce qui
    ne va pas dans ces quartiers ?
 
    L'espace public, justement ! Les rues sont vacues sous les immeubles,
    sous les dalles, voire supprimes. Dans le quartier sensible du Neuhof,
     Strasbourg, sur lequel je travaille, il y a peu de rues. C'est le
    rsultat d'une des grosses erreurs de Le Corbusier : la volont d'en
    finir avec la rue, alors que ce modle fonctionne depuis la nuit des
    temps ! Avec cette autre absurdit : la "libration du sol", qui
    conduit  sparer les btiments par de grands espaces indfinis qui
    tournent vite au terrain vague. L'avantage, c'est que ces quartiers
    sont trs peu denses. On peut donc considrer les grands ensembles
    comme une formidable rserve foncire. Sans forcment chercher 
    reproduire la ville haussmannienne, on peut construire de nouveaux
    btiments dans les vides. La priorit, c'est de respecter et de rnover
    les difices existants, sans s'interdire les dmolitions. La ville
    s'est toujours constitue par addition et transformation. Ces grands
    ensembles ne sont pas la fin, mais le dbut de quelque chose.
 
