<FILE-date="2008/01/11/19">
<article-nb="2008/01/11/19-1">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1">  Le  prsident PS de la rgion Ile-de-France rpond  Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris : &#38;#34;s&#38;#39;il s&#38;#39;agit de faire du billard politique en cherchant  jouer Paris contre la rgion, la partie est trs mal engage&#38;#34;, prvient-il.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1">      N icolas Sarkozy a dfendu le projet de Grand Paris, lundi 7 janvier,
    en prvenant qu'il ne laissera pas ce projet s'enliser. Que lui
    rpondez-vous ?
 
    Si j'ai bien compris Nicolas Sarkozy est surtout proccup de grands
    gestes urbanistiques et architecturaux. Il souhaite laisser des traces
    de son passage. Il n'y a rien  redire  cela. C'est parfaitement
    lgitime que le chef de l'Etat s'intresse  l'image de la rgion
    capitale. Cela a mme t une pratique constante des monarques
    rpublicains clairs.
 
 
    Le fond de l'affaire concerne les moyens de dveloppement de la rgion.
    Je constate que, pour ce qui concerne les transports, la gestion est
    rgle dans un cadre rgional avec le STIF, sous l'autorit de la
    rgion. Que, pour ce qui est du foncier, nous avons galement les
    outils appropries. Qu'avec le schma directeur pour la rgion
    Ile-de-France nous avons une vision et un projet de dveloppement
    ambitieux. A quoi pourrait donc servir une structure supplmentaire ?
    Si certains veulent faire table rase de ce qui fonctionne, nous sommes
    plutt pour des cooprations renforces et pour faciliter les relations
    entre les partenaires.
 
    De deux choses l'une. O il veut aider la rgion capitale  franchir
    une tape dcisive dans son dveloppement, et il faut pour cela que
    l'Etat apporte de l'argent au pot. Nous ne pouvons pas nous contenter
    de dclarations d'amour. Les discours amoureux, c'est bien beau, mais
    nous prfrons des preuves d'amour. S'il s'agit de faire du billard
    politique en cherchant  jouer Paris contre la rgion, la partie est
    trs mal engage. En tout cas, je ne vois pas comment on pourrait
    mettre en place une instance de concertation sans commencer par
    entendre ce qu'ont  en dire les principaux intresss.
 
<article-nb="2008/01/11/19-2">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2">  L&#38;#39;intgralit du dbat avec Roland Coutanceau, psychiatre, vendredi 11 janvier 2008.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2">      F anfan :  Comment les psychiatres dceleront-ils une "particulire
    dangerosit caractrise par un risque particulirement lev de
    commettre  nouveau une infraction" ? Est-ce  dire que la peine aprs
    la peine pourra tre dcide sur le simple pronostic de troubles de la
    personnalit ?
 
 
    Roland Coutanceau :  Non, effectivement, c'est une question pertinente,
    puisque l'lment essentiel est justement de pouvoir valuer ce qu'on
    appelle la dangerosit criminologique.
 
    Il y a deux manires de l'valuer. L'une est statistique, par exemple,
    le fait d'avoir dj t condamn deux fois pour le mme dlit, le fait
    d'tre un pdophile exclusif, le fait d'tre obsd par ses fantasmes,
    le fait de s'attaquer  un enfant en dehors de la famille, de
    s'attaquer  un enfant anonyme, qu'on ne connat pas, sont
    statistiquement des critres de dangerosit.
 
    Paralllement, il peut y avoir une valuation qualitative, qui est
    simplement la manire dont un homme est capable de parler de faon
    mature de son passage  l'acte, par exemple, la qualit de
    reconnaissance des faits, le fait de reconnatre ou non sa
    responsabilit, de reconnatre ou non la contrainte, ce qu'on ressent
    d'avoir fait a (indiffrence, vague malaise, honte ou culpabilit), le
    fait de s'intresser aux consquences pour la victime, enfin la manire
    de se positionner par rapport  la loi sociale, la loi des hommes qui
    vous interpellent, sont une manire d'valuer l'volution de l'homme
    aprs son acte.
 
    Finalement, il y a donc une valuation quantitative et une valuation
    qualitative. Et de mon point de vue, c'est l'ensemble des deux qui
    permet de donner une valuation de la dangerosit criminologique, soit
    faible, soit moyenne, soit forte.
 
    Michal :  La rtention de sret ne montrerait-elle pas l'chec de la
    socit dans son "devoir" de rinsertion, car certes, le criminel doit
    tre condamn au nom de la socit, mais celle-ci ne doit-elle pas
    permettre la rinsertion ?
 
    Roland Coutanceau :  Bien sr, et il y a donc deux manires de voir le
    centre de rtention. L'une fait qu'on pourrait craindre que ce soit un
    lieu o restent  dure indtermine des sujets que l'on craint, mais
    l'autre, plus positive, et comme le souligne la loi, fait que cette
    orientation vers un centre de rtention (mesure de sret aprs la
    peine) ne puisse se faire que si, pralablement, on a tout fait pendant
    le temps de dtention pour proposer  l'intress une prise en charge
    visant  diminuer sa dangerosit suppose.
 
    Finalement, de mon point de vue, ce qui est essentiel, c'est que cette
    exceptionnelle mesure de rtention puisse catalyser le dveloppement en
    milieu carcral de centre pnitentiaire o il y a pour tous les sujets
    qui le souhaitent, et bien sr, pour ceux qui apparatraient dangereux
    aux yeux de la socit, la possibilit d'tre suivis, d'tre pris en
    charge, et accompagns dans une volution pendant le temps de peine.
    Finalement, donner du sens, donner du contenu  la peine elle-mme.
 
    Sarah PACA :  M. Debr a propos que le traitement hormonal, qui est
    dj possible pour les dlinquants sexuels, devienne obligatoire. Ce
    traitement n'est-il pas illusoire ? Les patients qui le reoivent
    souffrent d'impuissance mais il est reconnu qu'ils n'en perdent pas
    moins le dsir sexuel... et leurs fantasmes. Comment pouvons-nous
    croire alors qu'un traitement hormonal pourrait gurir des pdophiles
    et les empcher d'agir ?
 
    Roland Coutanceau :  L encore, je rpondrai en tant que mdecin.
 
    Au fond, le traitement hormonal antiandrogne, dit castration chimique,
    n'est pas un traitement miracle. Il peut tre utile, surtout d'ailleurs
    s'il est bien compris et accept par la personnalit de celui  qui on
    le prescrit.
 
    Quelles sont les indications de ce traitement hormonal ? C'est le fait
    d'tre un pdophile exclusif, i.e. centr au niveau de ses fantasmes
    exclusivement sur des enfants. C'est aussi que cette fantasmatique soit
    obsdante et permanente. C'est enfin que la personnalit en elle-mme
    est trs gocentrique, ou dit autrement, mgalomaniaque.
 
    C'est quand les individus prsentent au moins un de ces critres qu'en
    ce qui me concerne je souhaite leur prescrire le traitement
    antiandrogne. Encore faut-il que, dans la dontologie mdicale, je
    puisse convaincre l'intress de prendre le traitement.
 
    On le voit, il y a dans la prise en charge de quelqu'un qui a une
    dangerosit potentielle un dialogue d'homme  homme, o il faut d'une
    certaine manire le convaincre d'accepter dans son intrt bien compris
    ce qu'on lui propose.
 
    Voil pour moi la ralit de terrain de prescription des anti-hormones.
    C'est intressant, c'est utile, c'est souvent bien accept par les
    individus, mais en mme temps, comme tout traitement mdical, il y a
    des effets secondaires, des contre-indications, et donc le mdecin a
    besoin d'un minimum d'adhsion, ou simplement d'acceptation, de
    l'intress.
 
    Florence Duthil :  Certains criminels sont reconnus responsables de
    leurs actes au moment des faits. Ils prsentent pourtant de graves
    troubles psychologiques et sont soigns en consquence pendant leur
    incarcration. Est-ce qu'ils auraient d en fait tre reconnus
    irresponsables et tre interns dans un hpital psychiatrique ?
 
    Roland Coutanceau :  Les troubles mentaux sont trs variables. Il y a
    des troubles mentaux qui font discuter l'abolition du discernement, et
    donc qui orientent vers l'irresponsabilit pnale, et donc
    l'hospitalisation en milieu psychiatrique.
 
    Ces troubles sont la schizophrnie en pousse dlirante, la dpression
    grave accompagne d'lments dlirants, la dtrioration mentale du
    sujet g, et la dbilit moyenne ou profonde. Dans ces cas, il peut y
    avoir abolition du discernement.
 
    A un moindre degr, si le sujet est schizophrne mais stabilis par un
    traitement, si quelqu'un a fait une dpression simple, ou encore si on
    est au dbut d'une dtrioration, ou si l'on prsente une dbilit
    lgre, l, l'expert conclura  l'altration du discernement.
 
<article-nb="2008/01/11/19-3">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3">  Nicolas Sarkozy devait adresser ses voeux, vendredi 11 janvier, aux corps constitus et aux fonctionnaires, depuis la prfecture de rgion de Lille.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3">      N icolas Sarkozy devait adresser ses voeux, vendredi 11 janvier, aux
    corps constitus et aux fonctionnaires, depuis la prfecture de rgion
    de Lille. Pour l'occasion, les prfets, sur instruction du secrtaire
    gnral de l'Elyse, Claude Guant, ont t somms d'organiser dans
    chaque dpartement une coute collective de la crmonie,  laquelle
    devaient tre invits les parlementaires.
 
 
    Les dputs et les snateurs ont ainsi reu des prfets de leurs
    dpartements une lettre leur demandant d'tre prsents lors de la
    retransmission de ces voeux prsidentiels. "Eu gard  la porte du
    message que le chef de l'Etat souhaite adresser aux agents des trois
    fonctions publiques, une rception sera organise dans chaque
    prfecture, afin d'assister au discours du prsident de la Rpublique,
    qui sera retransmis en direct sur une chane tlvise. Il me serait
    agrable que vous acceptiez de vous associer  cette rception", crit
    un de ces reprsentants de l'Etat dans un courrier adress aux lus de
    son dpartement.
 
    Nombre de parlementaires en ont t choqus, estimant que leur fonction
    ne les obligeait pas  faire office de "figurants convoqus pour
    couter religieusement la parole prsidentielle", ainsi que le dnonce
    le prsident du groupe socialiste de l'Assemble nationale, Jean-Marc
    Ayrault, dput de Loire-Atlantique. "C'est invraisemblable, s'indigne
    Jacqueline Gourault (MoDem), snatrice de Loir-et-Cher et prsidente de
    l'Association des maires. O va-t-on ? A croire que Nicolas Sarkozy
    considre les lus comme des fonctionnaires, mobilisables pour le
    service de sa communication." Il risque d'y avoir des chaises vides
    dans les prfectures.
 
<article-nb="2008/01/11/19-4">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4">  Dsireuses de briguer un fauteuil de maire aux lections municipales, cinq dputes de l&#38;#39;UMP ont d batailler face aux fortes rticences de leur parti.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4">      D sireuses de briguer un fauteuil de maire aux lections municipales,
    cinq dputes de l'UMP ont d batailler face aux fortes rticences de
    leur parti. Avec des fortunes diverses. Une seule a jet l'ponge, en
    se disant "coeure" : Arlette Grosskost, dpute (UMP) du Haut-Rhin,
    qui avait espr conduire la liste de la droite face au secrtaire
    d'Etat  la coopration et maire sortant (ex-PS) de Mulhouse,
    Jean-Marie Bockel.
 
 
    Les autres ont refus de cder. Quitte  tre suspendues de leur parti,
    comme Marie-Anne Montchamp, candidate  Nogent-sur-Marne face au maire
    sortant, Jacques Martin, rinvesti par l'UMP. "Je n'ai pas voulu me
    mettre en cong, explique M^me Montchamp. Le maire sortant a un bilan
    critiquable, il constitue un risque pour notre famille. Je prends mes
    responsabilits."
 
    Selon la dpute de Seine-et-Marne, la mesure de suspension prise par
    la direction de l'UMP n'a pas affaibli sa campagne : "Cela a plutt eu
    l'effet inverse", assure-t-elle. Elle nourrit cependant quelques
    regrets d'avoir d en arriver l : "Je me dis parfois que, si j'tais
    un homme du mme ge (50 ans), avec le mme parcours, peut-tre qu'on
    m'entendrait mieux. Quand on est une femme, on est toujours suspecte
    d'tre au bord de la crise de nerfs, d'en faire trop, c'est moins
    facile de se faire entendre contre le courant dominant." L'ancienne
    secrtaire d'Etat aux personnes handicapes a reu le soutien de Simone
    Veil, tout comme son ex-collgue Catherine Vautrin, dpute de la
    Marne, qui a maintenu sa candidature  Reims malgr l'investiture
    donne par l'UMP  Renaud Dutreil.
 
    "C'tait jou d'avance", dplore l'ancienne ministre de la cohsion
    sociale et de la parit. M^me Vautrin s'est donc mise en cong de son
    parti. Depuis, elle a reu le soutien du maire sortant (divers droite),
    Jean-Louis Schneiter, qui avait dcid de ne pas se reprsenter, et du
    Mouvement dmocrate, dont le candidat, Jean-Marie Beaupuy, a dcid de
    se retirer pour faire liste commune avec elle.
 
    Marie-Jo Zimmermann, dpute (UMP) de la Moselle, aura elle aussi d
    batailler jusqu' la dernire commission d'investiture de l'UMP,
    mercredi 9 janvier, pour convaincre son parti d'apporter son "soutien"
     la liste qu'elle conduira  Metz face au maire sortant, Jean-Marie
    Rausch (divers droite) qui brigue un septime mandat conscutif. "
    C'est une investiture de fait", se flicite M^me Zimmermann, alors
    qu'une partie des dirigeants de l'UMP, et notamment le dput voisin et
    maire de Woippy, Franois Grosdidier, avaient mis tout leur poids dans
    la balance pour l'en empcher. "Il a t furieux de cette dcision",
    relve la prsidente de la dlgation de l'Assemble nationale aux
    droits des femmes.
 
    "NI COUTE, NI SOUTIEN"
 
    Les candidats de l'UMP qui figureront sur la liste du maire sortant
    bnficient toutefois de la bienveillance de leur parti. "On n'y touche
    pas, indique Alain Marleix, responsable des investitures. Il y aura une
    primaire au premier tour entre les deux listes. La meilleure
    l'emportera."
 
    Henriette Martinez, dpute des Hautes-Alpes, a envoy, le 15 dcembre
    2007, sa lettre de dmission de l'UMP. Elle soutenait la candidature, 
    Gap, de Vronique Schreiber, qui avait dj port les couleurs de son
    parti aux lgislatives. L'UMP, au nom de l'ouverture, a prfr
    soutenir le maire sortant, Roger Didier (PRG). "Engage depuis 1984 au
    RPR puis  l'UMP, (...) ne bnficiant ni de votre coute ni de votre
    soutien, ni mme de votre considration, je quitte sans regrets un
    parti politique pour lequel j'ai beaucoup donn sans rien obtenir en
    retour", crit M^me Martinez dans sa lettre de dmission.
 
<article-nb="2008/01/11/19-5">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5">  Reus mardi 8 janvier par le prsident de la Rpublique, Nicolas Sarkozy, ils lui ont fait part de leur &#38;#34; moi&#38;#34; suite aux propos prsidentiels tenus  Rome le 20 dcembre.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5">      L es francs-maons du Grand Orient de France sont  peu prs rassurs.
    Reus mardi 8 janvier par le prsident de la Rpublique, Nicolas
    Sarkozy, ils lui ont fait part de leur " moi" suite aux propos
    prsidentiels tenus  Rome le 20 dcembre.
 
    Ce discours engag, qui insistait sur les racines chrtiennes de la
    France et la ncessit pour la " lacit positive" de reconnatre
    l'importance des courants spirituels dans la dfinition d'une morale
    pour le pays, avait inquit le monde maonnique.
 
 
    " Nous voulions dire au prsident de la Rpublique qu' nos yeux la
    lacit est un outil dynamique d'mancipation des consciences et de
    construction d'une Rpublique respectueuse de ceux qui croient, qui ne
    croient pas ou qui veulent changer de religion. Elle est un instrument
    de cohsion sociale permettant d'viter toute drive communautaire",
    affirme Jean-Michel Quillardet, le grand matre du Grand Orient, qui
    revendique quelque 48 000 membres.
 
    "MORALE LAQUE"
 
    Lors de leur entretien, le prsident de la Rpublique s'est montr en "
    retrait" par rapport  ses dclarations romaines et a assur que " la
    morale laque tait  ses yeux aussi fondamentale que la morale
    religieuse", indique M. Quillardet. " Il nous a galement assur que la
    loi de 1905 (loi de sparation des Eglises et de l'Etat) ne sera pas
    modifie, mais ne ferait l'objet que de quelques amnagements
    techniques." Au-del de cette prise de contact, M. Sarkozy devrait se
    rendre bientt au sige du Grand Orient, pour une "tenue blanche
    ouverte", une premire pour un prsident de la Rpublique en exercice.
 
    Dtermin  faire entendre la voix des obdiences maonniques sur les
    questions de lacit, le Grand Orient affirme avoir obtenu l'assurance
    de M. Sarkozy de disposer prochainement d'un temps d'antenne sur l'une
    des chanes de tlvision du service public. Seuls les courants
    religieux - catholique, protestant, musulman, juif, orthodoxe et
    bouddhiste - disposent d'une mission sur France 2, le dimanche. Les
    francs-maons ont, eux, accs  un temps d'antenne sur France Culture.
 
<article-nb="2008/01/11/19-6">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6">  Voil un succs qui en dit long sur un certain dsarroi  gauche. Le livre pamphlet d&#38;#39;Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ? (Lignes, 14 euros) fait un tabac deux mois aprs sa sortie. 
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6">      V oil un succs qui en dit long sur un certain dsarroi  gauche. Le
    livre pamphlet d'Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ? (Lignes,
    14 euros) fait un tabac deux mois aprs sa sortie. Et rassure une
    petite notorit  un philosophe plutt aride dont les prsupposs
    politiques restent - de manire assume - trs empreints d'un marxisme
    lninisme puisant aux sources les orthodoxes ("mao- stal", aurait on
    dit les annes 1970).
 
 
    Ses plus de 17 000 exemplaires vendus - inespr pour un auteur dont
    les ouvrages plus austres ne dpassent pas les 3 000 - un retirage en
    urgence par la petite maison d'dition, un nombre de recensions encore
    jamais atteint... : "On savait que ce livre allait se vendre mais pas 
    ce point", confie Sbastien Raimondi, responsable d'dition.
 
    C'est par le bouche--oreille au sein d'un lectorat trs critique 
    l'encontre de Nicolas Sarkozy que le livre fut conseill. Des lecteurs
    "dprims", comme les dcrit Alain Badiou dans son ouvrage. Tellement
    assomms par ce "coup sur la tte" qu'ils cherchaient des mots que le
    philosophe a su trouver pour nommer leur mal-tre. Parlant de M.
    Sarkozy comme de "l'homme aux rats", expression d'un "ptainisme soft"
    face  une gauche impuissante, il propose  ses lecteurs une "nouvelle
    morale" pour n'"tre ni rat ni dprim", un nouveau "courage".
 
    Sur le Net, des sites militants comme Non-a-lintox.org, Paper.blog,
    Bellaciao ou Rezo.net ont vite chroniqu le petit ouvrage. Il a aussi
    gagn les sites locaux Dsirs d'avenir, de Sgolne Royal, ou
    Nonfiction.fr, de l'crivain Frdric Martel. Patrick Besson lui a
    consacr un ditorial dans Le Point, Le Parisien une pleine page, et le
    voil convi par les radios telles BFM ou France Inter. Rpondant 
    "toutes" les invitations - "sauf la tl parce que les dbats sont
    tronqus", dit-il -, M. Badiou sillonne,  70 ans, les librairies et
    les cercles militants.
 
    Pourquoi un tel engouement ? "C'est un livre accessible qui reprend une
    interrogation partage", explique son diteur. L'auteur, s'en amuse :
    "Je suis frapp par la violente hostilit dont Sarkozy est l'objet de
    la part de gens que je rencontre : des intellos, des ouvriers, des
    profs. C'est le dbut d'une minorit trs constitue", professe M.
    Badiou. Une minorit dont rve le disciple de Mao mme si elle n'est
    pas encore "agissante".
 
<article-nb="2008/01/11/19-7">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7">  Lundi, Edgar Morin est parti tranquillement pour l&#38;#39;Elyse. Nicolas Sarkozy et sa &#38;#34;plume&#38;#34; Henri Guaino l&#38;#39;attendaient dans le bureau prsidentiel.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7">      L undi, Edgar Morin est parti tranquillement pour l'Elyse. Nicolas
    Sarkozy et sa "plume" Henri Guaino l'attendaient dans le bureau
    prsidentiel. Quelques jours auparavant, le 31 dcembre, le chef de
    l'Etat avait affirm, dans ses voeux aux Franais, sa volont de mettre
    en oeuvre "une politique de civilisation". Et pour tout dire, l'auteur
    de ce concept, de gauche "depuis toujours", n'tait pas certain que le
    prsident connaissait le contenu de la formule qu'il avait pirate.
 
 
 
 
           PARCOURS
 
 
 
    1921
 
    Naissance  Paris.
 
    1931
 
    Mort de sa mre.
 
    1942
 
    Adhre au Parti communiste et entre dans la Rsistance.
 
    1951
 
    Exclusion du Parti communiste.
 
    1958
 
    Sortie d'"Autocritique" (Seuil).
 
    1997
 
    Publie, avec Sami Nar, "Pour une politique de civilisation" (Seuil).
 
                                                              
 
 
 
    Edgar Morin est un homme affable. Le prsident avait dcid d'tre
    charmant. Guaino voulait montrer sa culture. On conversa donc pendant
    quarante minutes. A la fin, Morin rsuma l'me prsidentielle : "Vous
    tes sans doute sincre sur les trois quarts de vos discours, ce qui
    vous permet de ne plus l'tre dans le dernier quart sans que l'on
    remette en cause une sincrit qui paraissait acquise..." Le lendemain,
    devant la presse, le chef de l'Etat synthtisa  sa faon : "Edgar
    Morin m'a dit qu'il tait aux trois quarts en accord avec ce que je
    disais." Et commena la longue srie d'appels des amis goguenards :
    "Alors, tu as ralli Sarkozy ?"
 
    Finalement, Edgar Morin prfre en sourire. Il rejette farouchement
    plusieurs aspects de la politique de Nicolas Sarkozy, et surtout le
    sort rserv aux immigrs, mais aprs tout, son livre, Pour une
    politique de civilisation, cocrit avec Sami Nar en 1997, avait t
    publi dans une relative indiffrence. "Dans quinze jours, il sera
    rdit, se flicite-t-il. Alors si Sarkozy a servi  ce que des gens
    rflchissent  une nouvelle politique, enfin attache au mieux-tre et
    non plus seulement  la consommation, c'est toujours a." Tout de mme,
    lorsqu'on lui a propos de faire un livre d'entretien avec le
    prsident, il a ri : "Franchement,  mon ge (87 ans), c'est
    prmatur..." Mais lui qui a opt depuis longtemps pour les Verts, et
    surtout Daniel Cohn-Bendit, s'enchante d'avoir vu Sgolne Royal
    brandir son livre, le 3 janvier au matin sur France 2. Et conserve sur
    son portable l'invitation  dner, lundi 14, que la candidate
    socialiste  la prsidentielle y a laisse. "Jusque-l, regrette-t-il,
    les socialistes ne m'ont jamais utilis..."
 
    A l'tranger, c'est tout le contraire. La carte d'adhrent du Parti
    dmocrate italien (n de la refondation du Parti communiste) a
    longtemps comport une phrase de Morin : "Renoncer au meilleur des
    mondes, n'est pas renoncer  un monde meilleur." Le prsident du
    conseil, le socialiste Romano Prodi, intress par sa volont de lutter
    contre la parcellisation des savoirs, l'a consult avant de lancer sa
    rforme de l'ducation. En Espagne, le premier ministre socialiste,
    Jos Luis Zapatero, a voulu lui donner la nationalit espagnole. Au
    Mexique, une universit porte son nom. Dans toute l'Amrique latine, on
    cite avec enthousiasme sa thorie de la complexit, qu'en France on
    juge parfois fumeuse sans l'avoir lue. Il en a parfois conu le
    sentiment trompeur qu'il n'tait pas reconnu et excuse lui-mme cette
    exagration d'un mot : "Je suis un orphelin..."
 
    Car Morin n'est pas seulement un intellectuel. C'est une histoire. Et,
    en adepte de la sociologie, de la psychanalyse, de la littrature et de
    l'interaction entre les disciplines, il la raconte sans omettre aucun
    des dterminants du destin. Enfant unique de Vidal et Luna Nahoum,
    juifs sfarades originaires de Salonique migrs  Mnilmontant, il
    adore sa mre. Son pre est bonnetier dans le quartier des marchands du
    Sentier et espre bien voir son fils lui succder. Mais la tragdie va
    installer durablement le malaise entre eux. Le 28 juin 1931, Luna meurt
    d'une crise cardiaque alors qu'Edgar n'a pas encore ft ses 10 ans.
    L'enfant est envoy chez sa tante,  trois pas du Pre-Lachaise o on
    l'assure que sa mre est partie en voyage. Trois jours plus tard, dans
    un petit square qui jouxte le cimetire, il aperoit Vidal, entirement
    vtu de noir. "J'ai tout de suite compris, bien sr. Je lui en ai voulu
    toute ma vie de m'avoir empch de lui dire adieu."
 
    Bless, surprotg par son pre, il va d'abord chercher  chapper au
    destin qui lui a t programm. La guerre sera sa "libration". Vidal a
    t mobilis. Il peut donc dcider de sa vie. Il entre au Parti
    communiste et dans la Rsistance. Le mme rseau que Franois
    Mitterrand, Marguerite Duras, Robert Antelme et Dionys Mascolo, dont il
    deviendra l'ami. Son premier pseudonyme, Edmond, est en passe d'tre
    dcouvert ? Il va en changer. Le jeune homme a aim L'espoir, d'Andr
    Malraux, et l'un de ses personnages, Manin. Ce sera son nouveau nom de
    rsistant. Mais  Toulouse, o doit se tenir une runion du rseau, la
    camarade qui l'accueille a mal compris et le prsente  tous : "Voil
    Morin." Morin et Nahum deviendront,  la Libration, ses deux noms,
    spars par un tiret : "Comme cela, je suis le fils de mon pre, mais
    aussi le fils de mon oeuvre."
 
    Est-il encore communiste dans ces temps o le monde va se partager en
    deux blocs ? En fait, il doute depuis longtemps. Ds 1948, il ne
    renouvelle pas sa carte, mais parce qu'il a trouv dans le PCF une
    famille, il laisse croire  la cellule de son quartier qu'il milite 
    celle de son bureau, et rciproquement. Bientt, en 1951, une militante
    communiste du genre procureur, Annie Besse, qui deviendra plus tard
    Annie Kriegel, l'interroge brutalement : "Pourquoi as-tu crit dans le
    journal de (l'intellectuel socialiste Claude Bourdet alors qu'il est
    un agent de l'Intelligence Service !" En quelques jours, le voil
    rellement exclu du Parti. Le soir mme, il sanglote sur cette rupture,
    mais pour s'en fliciter ds le lendemain : il a retrouv sa libert de
    penser.
 
    Il est marxiste, pourtant. Mais ce qui lui plat peut-tre dans Marx,
    c'est qu'il ait t  la fois conomiste, historien, philosophe : bref,
    qu'il ait cultiv l'interdisciplinarit. Dans ces annes 1970 qui
    voient l'explosion des sciences humaines, il est  la fois seul dans
    son genre et dj admir. Au tout dbut des annes 1980, le voil 
    l'universit de Stanford (Californie) au milieu d'une petite bande
    d'adeptes de la pense systmique, parmi lesquels Michel Serres, Henri
    Atlan, Ren Girard, Jean-Pierre Dupuy. "Ils ont t les premiers 
    prendre la mesure de l'extnuation des idologies", constate
    Jean-Claude Guillebaud qui,  l'poque, suit leurs travaux comme
    directeur littraire au Seuil. Ce sont des travailleurs, des penseurs
    originaux. Des sensuels aussi, qui aiment le plaisir, les femmes, le
    vin. Morin a belle allure, du succs, des amours.
 
    Il a gard ses gots et ses fidlits. Dans son bureau envahi par les
    livres, il affiche aujourd'hui le sourire radieux de ceux qui aiment la
    vie, appelle sa femme Edwige "Bichette", et veille  ce qu'elle ne
    prenne pas froid. Et lorsqu'on s'amuse de le voir tant couver cette
    charmante petite femme aux yeux clairs, il rit : "C'est ma troisime
    pouse. L'amour est un privilge de l'ge..."
 
 
<article-nb="2008/01/11/19-8">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8">  Les socialistes franais, qui ne se sont jamais sentis en empathie avec Tony Blair, se disent gure tonns par la venue de l&#38;#39;ancien chef du Parti travailliste devant le conseil national de l&#38;#39;UMP.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8">      C ontraris, sans doute. Mais surpris, pas vraiment. Les socialistes
    franais, qui ne se sont jamais sentis en empathie avec Tony Blair, se
    disent gure tonns par la venue de l'ancien chef du Parti
    travailliste devant le conseil national de l'UMP. En prsentant ses
    voeux  la presse, jeudi 10 janvier, Franois Hollande s'en est pris
    sans mnagement  "celui qui a voulu faire intervenir son pays en Irak"
    et se rend coupable de complicit avec "la mthode Sarkozy qui consiste
     faire diversion,  semer la confusion".
 
 
    Selon Jean-Marc Ayrault, prsident du groupe socialiste de l'Assemble
    nationale, le pas de deux entre l'ex-premier ministre britannique et la
    droite franaise ne saurait se rduire  "un coup" du chef de l'Etat.
    "Tony Blair prpare, avec la complicit active de Nicolas Sarkozy, sa
    candidature  la future prsidence de l'Union europenne", assure le
    parlementaire qui, inform par " des camarades sociaux dmocrates
    allemands", dit avoir "t le premier  tirer la sonnette d'alarme".
    "Il faut dire tout de suite que nous sommes opposs  cette
    candidature, inacceptable compte tenu de l'atlantisme et de la
    conception de l'Europe a minima qui est celle de Tony Blair" s'indigne
    M. Ayrault.
 
    Devenus tous deux chefs de gouvernement au printemps 1997, Tony Blair
    et Lionel Jospin ont vite diverg en raison des incompatibilits
    manifestes entre la "troisime voie" de l'un et le "rformisme de
    gauche" de l'autre. "Les socialistes franais, malgr l'orientation de
    plus en plus librale de leurs politiques, ont maintenu le clivage
    idologique central avec le libralisme conomique ; pour eux,
    l'identit de la gauche demeure lie  cette vision binaire" rappelle
    Grard Grunberg, directeur de recherche au Cevipof. "Au contraire,
    poursuit-il, Tony Blair a rompu ouvertement avec ces reprsentations et
    est all encore plus loin en appelant  la fusion des traditions
    socialiste et librale, supprimant ainsi la figure traditionnelle de
    l'adversaire." La russite de l'un et les checs lectoraux rpts de
    l'autre ont galement pes sur les rapports entre les deux partis. "Les
    travaillistes prtendent - avec, parfois, une forme d'arrogance -
    exporter le modle de la troisime voie", constate Laurent Baumel,
    responsable national du Parti socialiste aux tudes et souvent accus
    de "blairisme" au sein de son parti. Au printemps 2007, lors d'un dbat
    tlvis sur France 24, M. Baumel avait formul des rserves sur le
    bilan de M. Blair. "Mais vous n'avez rien compris... C'est pour cela
    que vous avez perdu les lections !", lui avait rtorqu un dput
    travailliste.
 
    Pourtant, les ponts ne sont pas coups. La Fondation Jean-Jaurs,
    proche du PS, entretient des relations avec certains think tanks - dont
    le John Smith Institute, proche de Gordon Brown - et envisage de
    constituer un groupe de travail mixte. "Lors de la campagne
    prsidentielle, la fascination des travaillistes pour Sarkozy tait
    manifeste, se souvient Gilles Finchelstein, dlgu gnral de la
    fondation. En fait, ce qui les intressait, c'tait l'ide mme du
    mouvement, de la rforme, surtout aprs l'immobilisme chiraquien. Pour
    eux, l'essentiel en politique, c'est de bouger."
 
<article-nb="2008/01/11/19-9">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9">  Il est difficile de sparer l&#38;#39;hritage de Tony Blair de celui de son successeur, Gordon Brown, principal architecte du modle conomique du New Labour en tant que chancelier de l&#38;#39;Echiquier entre 1997 et juin 2007.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9">      I l est difficile de sparer l'hritage de Tony Blair de celui de son
    successeur, Gordon Brown, principal architecte du modle conomique du
    New Labour en tant que chancelier de l'Echiquier entre 1997 et juin
    2007. L'accent mis sur le secteur tertiaire, en particulier celui de la
    finance, a t au coeur d'une "troisime voie" longtemps cite en
    exemple par les autres pays europens. L'actuelle crise du crdit, qui
    a frapp brutalement la City, a mis en vidence les lzardes d'une
    exprience au bilan trs mitig.
 
 
    Quand il vient au pouvoir, Tony Blair hrite des conservateurs une
    conomie qui profite d'un march du travail drglement et qui est
    sortie du cercle vicieux du dclin conomique.
 
    En dix ans, le "blairisme" a incontestablement apport la stabilit au
    pays, aprs les cahots des annes 1989-1990 : forte croissance moyenne
    annuelle de 2,8 % malgr les ralentissements de 2000 et 2005, chmage
    faible avec 2,7 millions d'emplois crs, mais aussi matrise de
    l'inflation, de la livre et des taux d'intrt. Sur le plan social, le
    grand succs du New Labour reste l'instauration d'un salaire minimum en
    1999, malgr l'hostilit du patronat. Choye par le pouvoir, la City a
    prospr au point de dpasser Wall Street en 2007. Les seigneurs de
    l'argent ont su tirer profit de l'explosion du transport arien et des
    tlcommunications, d'une fiscalit lgre et du laisser-faire
    rglementaire. Les primes de fin d'anne verses aux banquiers ont t
    ainsi multiplies par six.
 
    DFICIT PUBLIC
 
    Le modle travailliste a t fond sur quatre lments moteurs :
    l'octroi de l'indpendance  la Banque d'Angleterre, l'essor de la
    consommation, les importants investissements publics dans les
    transports, l'ducation et la sant, ainsi que l'afflux d'immigrants.
 
    Cependant, la banqueroute de la caisse hypothcaire Northern Rock, en
    septembre 2007, a mis en vidence les lacunes de la rforme de
    l'institut d'mission. L'accs facile au crdit pour financer l'essor
    de la consommation et le boom immobilier ont port la dette prive  un
    niveau devenu insupportable. Si les services publics se sont amliors,
    cette manne a cr le plus haut dficit des finances publiques depuis
    1994. Le nombre de fonctionnaires a augment de 1,3 million. Enfin
    l'immigration, issue principalement des pays de l'Est, a cr des
    tensions au sein d'une socit multiculturelle dj fragile.
 
    Londres est plus que jamais le fief des "gagnants". Leurs salaires et
    bonus stimulent un cot de la vie de plus en plus lev, qui chasse les
    classes moyennes appauvries dans les banlieues. Trois quarts de la
    richesse cre depuis une dcennie sont revenus aux foyers les plus
    aiss. Malgr la hausse du salaire hebdomadaire moyen, le pourcentage
    de personnes vivant en dessous du seuil de pauvret est rest plus ou
    moins le mme.
 
    Par ailleurs, la domination des services a creus l'cart entre le sud
    de l'Angleterre et le reste du pays. Si, contrairement aux ides
    reues, l'industrie manufacturire a prospr, c'est grce aux
    multinationales britanniques ou aux investissements trangers. Les PME,
    surtout dans les vieilles zones ouvrires du Nord et des Midlands, ont
    souffert de l'aggravation de la ponction fiscale et des lourdeurs
    administratives. De surcrot, l'accent sur le tout-financier s'est fait
    au dtriment de l'investissement en recherche-dveloppement et de la
    productivit de la main-d'oeuvre, qui demeure faible malgr les
    milliards engloutis dans l'ducation et la formation professionnelle.
 
<article-nb="2008/01/11/19-10">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10">  L&#38;#39;ex-premier ministre britannique se rend pour la premire fois devant une formation politique europenne.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10">      L e premier est fascin par les hommes de droite, le second par les
    figures de la gauche. Ils taient donc fait pour se plaire. Samedi 12
    janvier, Tony Blair sera l'invit du conseil national de l'UMP auquel
    participera galement Nicolas Sarkozy. L'ancien premier ministre
    britannique parlera d'Europe, le nouveau prsident de la Rpublique
    donnera le coup d'envoi de la campagne pour les municipales.
 
 
    La prsence  Paris du fondateur du New Labour tmoigne de son penchant
    pour les dirigeants europens de l'autre bord. Hier l'Espagnol
    Jos-Maria Aznar, l'Italien Silvio Berlusconi, ou Jacques Chirac ;
    aujourd'hui Nicolas Sarkozy. Signe des rapports troits entre celui qui
    avait gouvern le Royaume-Uni entre 1997 et 2007 et l'hte de l'Elyse,
    c'est la premire fois que M. Blair s'adresse  une instance politique
    trangre. M. Sarkozy, lui, souhaite tmoigner de son esprit
    d'ouverture.
 
    "Au niveau personnel, Blair a toujours t plus proche de leaders  son
    image, pragmatiques, modernes, prnant  la fois libralisme conomique
    et protection sociale, hostiles  l'Europe fdraliste. Ces convictions
    sont aujourd'hui partages par les dirigeants de droite, pas de gauche.
    Cette proximit avec Sarkozy apporte la preuve de sa continuit dans ce
    domaine", souligne Antony Seldon, auteur de Blair Unboun, la biographie
    de rfrence de l'ancien chef de gouvernement (Simon & Schuster, 2007).
    "Sarkozy a littralement fait l'amour (rires)  Blair, qui en tait
    flatt, ajoute cet historien rput. Le premier tait fascin par le
    succs de Blair aux urnes, trois victoires lectorales d'affile, et
    par son rayonnement de star internationale. Ils ne se sont gure connus
    au pouvoir mais ils sont devenus amis."
 
    Les mauvaises langues affirment que les deux hommes ont les mmes
    dfauts : une hyper-mdiatisation et un soin minutieux  peaufiner leur
    image, la frquentation des grosses fortunes et le got des vacances de
    luxe payes par d'autres. Seule diffrence, le couple Blair, qui a
    quatre enfants, n'a jamais dfray la chronique. Blair est un moraliste
    trs croyant qui s'est rcemment converti au catholicisme.
 
    M. Blair a t nomm missaire du Quartet au Proche-Orient. Il vient
    d'tre embauch comme conseiller  temps partiel par la banque
    amricaine JP Morgan avec une rmunration annuelle de plus d'un
    million de dollars. Pour Anthony Seldon, le jeune retrait hyperactif
    de 54 ans se sent sous-employ : "Il ne peut pas retourner au barreau.
    La politique, c'est la seule chose qu'il sache faire. Et il n'y a pas
    de thtre international plus prestigieux que l'Europe pour rebondir."
 
    Sera-t-il le futur prsident de l'Union europenne comme le suggre,
    malgr les dmentis de l'intress, la presse anglaise ? M. Sarkozy,
    aurol de son succs sur le trait simplifi, pour lequel M. Blair l'a
    aid dans les derniers jours de son mandat, pourrait l'appuyer. De
    plus, l'ancien premier ministre a procd  un aggiornamento sur la
    question. "Sur le tard, en 2005, Blair a dvelopp une vision
    europenne trs diffrente de celle de 1997 consistant  mettre le
    Royaume-Uni au centre de l'Europe, analyse M. Seldon. Il croit en une
    Union dont le centre de gravit s'est dplac vers l'Est."
 
    Le prsident franais n'est pas mcontent de faire ainsi la leon au PS
    qui a toujours tenu le blairisme en suspicion. Il y a prs d'un an,
    Sgolne Royal avait dclench une polmique dans son parti en vantant
    dans le Financial Times la politique du premier ministre anglais en
    matire de services publics et d'emploi des jeunes. Par deux fois, M.
    Sarkozy lui avait rendu visite  Londres dans l'anne prcdant son
    lection : une "ouverture" avant l'heure. La prsence de M. Blair au
    conseil national de son parti est aussi l'illustration de la "rupture".
    Aux temps du RPR, les responsables politiques europens invits avaient
    pour nom Jos-Maria Aznar ou Silvio Berlusconi.
 
