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<article-nb="2008/01/11/19-1">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1">  La romancire conte l&#38;#39;itinraire lumineux d&#38;#39;Alice, du silence  la renaissance.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-1">      V ariations sur l'amour filial, maternel ou conjugal  l'preuve d'un
    drame, d'un deuil, d'une disparition... Depuis Comme un pre (Arla,
    2002), son premier roman - qui peut se lire comme le miroir invers de
    Rve d'amour -, les livres de Laurence Tardieu s'prouvent dans la
    douceur poignante d'une mlodie qui enveloppe autant qu'elle treint.
    Porte par la grce d'une criture pure et juste, la romancire a su
    parer cette mlodie d'une lumire nouvelle, plus vive et plus intense.
    Comme celle, blanche et presque aveuglante, qui semble entourer Alice,
    la narratrice de son nouveau et trs beau rcit (dont le titre est
    emprunt au Nocturne n^o 3 de Liszt). Un Rve d'amour dans lequel la
    romancire s'interroge avec acuit sur l'amour, l'absence, la mmoire,
    l'identit, mais aussi l'criture.
 
 
    "Je me demande ce que je suis, moi,  pleurer sur des fantmes, o est
    ma vie, o passe ma vie (...) trente ans  courir aprs des fantmes,
    trente ans  chercher celle dont je ne me remets pas de la disparition,
    trente ans  ne pas trouver les mots devant celui qui est rest. Il
    faudra bien, un jour, que je commence quelque chose, que je cesse de me
    laisser traverser par des absences, que je vive ma vie." Seule ou
    presque, fige dans la perte d'une mre qu'elle n'a gure connue, Alice
    se tient l, fragile, chancelante, incertaine, au bord de l'existence.
    Tout juste lui reste-t-il quelques lambeaux de souvenirs qui
    s'effilochent : une silhouette bleue et un prnom, Blandine, qu'elle
    ressasse comme un ssame qui n'ouvre que sur un vide, immense. Ronge
    par le silence de son pre qu'elle a fait sien et par le manque dont
    "elle ne sait dessiner l'origine et dont elle n'prouve que la
    violence", la jeune femme s'accroche  des rminiscences fugaces, des
    images (relles ou fantasmes) qu'elle recompose sans fin. Dans cette
    absence qui, depuis l'enfance, hante ses jours et ses nuits, creuse un
    abme, reviennent, lancinantes, les mmes interrogations. L, elle
    cherche la moindre trace, le moindre indice qui lui permettrait de
    savoir qui tait cette mre partie trop vite, trop tt, alors qu'elle
    n'avait que 5 ans.
 
    L'CRITURE  DFAUT D'AMOUR
 
    Dans "cette course lente et perdue" qu'anime le dsir de rendre enfin
    rel ce qui s'est effac avec le temps, la jeune femme aime aussi  se
    rfugier auprs d'Hannah, son amie et confidente - envers lumineux
    d'elle-mme -,  s'vader dans son travail de traductrice, dans la
    musique, et surtout dans l'criture, sa vritable compagne. "J'ai
    remplac la possibilit de l'amour par la possibilit de l'criture.
    J'ai peur, aussi, mais c'est une autre peur : je sais que l'criture ne
    m'abandonnera pas. J'ai mme l'espoir fou qu'elle me comble. Qu'elle
    comble les vides. Qu'elle comble l'enfance."
 
    Une enfance solitaire, silencieuse, auprs d'un pre aim et aimant,
    mais dsesprment enferm sur son deuil. Un pre au regard vide, au
    corps puis, dont Alice ne saura rien jusqu' ses derniers jours. Ni
    de sa tristesse, ni de ses souffrances, ni de sa douleur d'avoir aim
    une femme qui le trompait...
 
    Alors que la vie se retire peu  peu, elle se tient prs de lui,
    mutique et empche... "Peut-tre  cet instant aurais-je d lui dire
    que je l'aimais (...) Je n'ai pas pu : face  cet homme avec lequel
    j'avais partag un tel dsarroi et si peu de paroles, ces mots-l
    auraient t trop grands." Et soudain, dans un instant d'abandon, son
    pre lui confie le nom de l'ultime amour de sa mre.
 
    TOURBILLON D'INTERROGATIONS
 
    Un lien vient de se dfaire, un autre, fragile, incertain, singulier,
    se fait jour dans un tourbillon d'interrogations. Qui est cet homme, ce
    peintre, avec lequel elle partagea en secret la dernire anne de sa
    vie ? Comment se sont-ils rencontrs ? Aims ? Avec lui, Blandine
    tait-elle douce, fragile, sensuelle ? Qu'prouvait-elle encore pour
    son mari ? Et cet Emmanuel Basini, se souvient-il d'elle ? "En
    vingt-cinq ans, on a le temps de mourir plusieurs fois  ses
    souvenirs"... Surtout, acceptera-t-il de recevoir Alice et de lui
    parler de cette passion ? Tiraille entre la peur que la ralit soit
    en de de son rve d'amour et le dsir inextinguible de connatre
    cette mre - et, au-del, de se retrouver enfin en elle - Alice se
    lance  la recherche de cet homme. Et le retrouve.
 
    Mais, bien plus qu'une histoire (trop) intime pour tre raconte,
    celui-ci va lui offrir  travers deux tableaux - un paysage de mer,
    bleu et ocre, et un autoportrait avec sa mre - la matire mme pour
    renatre  la vie, aux autres,  l'amour. Dans la lumire douce et
    apaisante d'une fin d't.
      __________________________________________________________________
 
    RVE D'AMOUR de Laurence Tardieu. Stock, 160 p., 15,50 .
 
<article-nb="2008/01/11/19-2">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2">  Quittant la fiction autobiographique, ce spcialiste de boxe publie son &#38;#34;premier roman d&#38;#39;imagination&#38;#34; :  travers des Indiens, chasseurs de baleine, il rveille les mythes du Nouveau Continent.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-2">      D barrassons-nous du clich. Le truc qui lui colle  la peau. Frdric
    Roux est l'homme de plume qui connat la boxe sur le bout des gants.
    Quand on veut un texte clair sur les poids lourds du Madison Square
    Garden, c'est chez lui qu'on sonne. Cette rputation le poursuit. Les
    critiques lui trouvent du punch, saluent l'nergie avec laquelle il
    expdie le public dans les cordes. "Je trane a depuis des dcennies
    !"
 
 
    Un coup d'oeil sur sa bibliographie vous rappellera qu'il a publi un
    bouquin sur Mike Tyson, sign un roman intitul Ring. Il y a d'autres
    raisons. Les traces d'une passion paternelle, et ce dfi lanc il y a
    quarante ans : "Je faisais partie d'un groupe d'artistes contemporains,
    mouvement para-situ et post-dada nomm Prsence Pantchounet. Nous nous
    tions aperus que dans le milieu de l'art, comme partout, tout se
    ramne  des histoires de singes : qui est le plus fort ? qui est le
    mle dominant ? On a pris cela au pied de la lettre et on a organis un
    championnat du monde de boxe des artistes. Et pour ne pas avoir l'air
    trop cons (l'artiste franais est plutt chtif, l'amricain assez
    baraqu), on s'est tous inscrits dans une salle de boxe pour
    s'entraner. Les autres ont arrt, moi j'ai continu."
 
    De cette initiation pugilistique, Frdric Roux a hrit un pedigree
    pour CV littraire. Mais pas seulement. "C'est l o j'ai le plus
    appris sur moi, sur les autres, les relations humaines, la peur et
    comment l'apprivoiser. Car je ne suis pas plus courageux qu'un livre.
    J'ai appris  continuer  me battre mme aprs une dfaite, qu'on
    pouvait perdre mme face  pas meilleur que soi, enseignement qui me
    sert tout le temps, y compris dans le monde littraire. Cela a t plus
    formateur qu'une analyse."
 
    Adepte des arts plastiques (on lui doit L'Introduction de
    l'esthtique), ce lecteur de Debord et de Vaneigem truffe ses livres (
    la lecture on ne peut plus accessible) de procds comme le collage, le
    cut-up, le copier-coller... "Personne ne le remarque. Mais ma famille,
    c'est l'avant-garde." Il a aussi t pdicure mdical ("De vieilles
    femmes dpressives constituaient 90 % de ma clientle"), journaliste 
    Tl-Obs, il a fait des chantiers, il a appris  aimer "ce qu'on
    appelle les gens". "J'en ai fait partie. Ancien cancre, je respecte les
    petits commerants, les petits artisans perdus. J'ai arrt toutes ces
    activits, je me suis arrt souvent, comme j'ai arrt d'habiter
    Bordeaux, une ville avec laquelle j'ai toujours eu de mauvais rapports.
    Je suis toujours un tranger l o je suis n. On y vante ma
    "discrtion" ! On pourrait m'oublier comme un enfant dans la montagne
    ou penser que je suis d'ailleurs."
 
    Aujourd'hui, Frdric Roux gagne sa vie en publiant des livres. Il
    prfre nanmoins se promener : "Je suis enferm lorsque j'cris entre
    quatre murs o je me cogne la tte, crire ne me soigne pas, crire me
    rend malade." Autobiographiques, ses romans les plus marquants, Mal de
    pre (Flammarion, 1996), Et mon fils avec moi n'apprendra qu' pleurer
    (Grasset, 2005) charrient des blessures familiales, ce dernier plaant
    un couplet de Charles Trenet en exergue : "Je n'ai pas aim mon pre/Je
    n'ai pas aim mon sort/Je n'ai pas aim ma mre/Je n'ai pas aim la
    mort." Livres que ses parents ont rejets avec lui : "L'crivain qui
    mrite quelque considration dit toujours ce qu'il ne faut pas dire
    comme il ne faut pas le dire."
 
    L'Hiver indien ne ressemble  rien de ce qu'il a publi. "On y retrouve
    des thmes qui me sont chers, la fraternit, les rapports compliqus
    entre pre et fils, le drame des mondes qui s'arrtent, l'amour des
    dpossds, des laisss-pour-compte, de ceux qui n'ont pas la grce,
    mais c'est mon premier roman d'imagination." Rupture ? "On verra",
    dit-il, pas mcontent de dmontrer qu'il "possde un nouveau coup".
 
    C'est sa femme, adepte de "Thalassa", qui lui a signal un reportage
    sur les Indiens Makah. "Ils avaient t repousss jusqu'au bord du
    Pacifique. Personne n'entendrait plus parler d'eux sur cette terre qui
    leur appartenait, except dans les muses d'ethnographie..." Le roman,
    magistral, raconte comment six d'entre eux dcident, pour dfier
    l'Amrique blanche, de reprendre la chasse  la baleine abandonne par
    leurs anctres un demi-sicle plus tt. Et se heurtent aux colos de
    Sea Savers, dirigs par un prcheur dont les fondateurs de Greenpeace
    s'taient spars  cause de ses mthodes radicales. "Il faut aller sur
    leur site pour se rendre compte  quel point ils sont givrs ! Ce
    Watson (il s'appelle Holmes dans le roman) est un fondamentaliste
    dangereux qui considre l'homme et la moule  galit, comme deux
    organismes vivants !"
 
    L'criture de L'Hiver indien est aussi la consquence d'un agacement
    devant le "masochisme crtin" avec lequel on parle de la littrature
    franaise : "Elle est prtendument nombriliste, coupe du rel... Tout
    cela me fatigue ! Il parat que seuls les Amricains savent crire, eh
    bien j'ai voulu faire un livre comme ils savent en faire, et hsit 
    prendre un pseudo. Vous savez, dans certains de mes livres, il y a des
    pomes prts  des auteurs de l-bas que j'ai crits moi-mme ! Pas
    question de faire un pastiche ni de faire du roman amricain en moins
    bien, comme Hugues Aufray ou Johnny Hallyday dans la chanson. J'ai
    voulu aller sur leur terrain, c'est--dire traiter (de faon
    documente) un sujet amricain, en racontant une histoire sans ironie
    ni second degr."
 
    Frdric Roux aurait pu se trouver un patronyme anglo-saxon et faire
    croire  une traduction ; on n'y aurait vu que du feu. On aurait vant
    sa dextrit  rveiller les mythes du Nouveau Continent,  faire rugir
    les eaux de Moby Dick et  revaloriser les dclasss. On aurait - qui
    sait ? - parl d'un disciple de Jim Harrison, dfenseur comme lui d'une
    cause indienne  mille lieues de l'image d'Epinal. On aurait salu les
    rfrences cinmatographiques, en particulier  La Horde sauvage, de
    Sam Peckinpah. Et la qualit de la bande-son : ce roman est un hommage
     la country,  Johnny Cash, Bob Dylan, Kris Kristofferson, Willie
    Nelson, Tom Russell, Various Artists...
 
    "Tout le monde ne pouvait pas avoir la chance de faire partie d'une
    minorit visible victime de discrimination", lit-on, page 383. Un
    exemple de la causticit de l'auteur qui commente : "Mais oui, c'est
    une malchance, parfois, d'tre sexagnaire, blanc, n  Bordeaux,
    pdicure mdical, soutenu par aucun lobby, n'ayant pas t membre d'une
    organisation politique d'extrme gauche, et n'ayant pas fait
    Normale-Sup."
 
    Dernier dtail : L'Hiver indien est ddi aux espces en voie de
    disparition,  la mmoire de Martin Kippenberger (artiste contemporain
    allemand, capable de s'exprimer dans une multitude de styles), et de
    Marcel Cerdan : "Le seul boxeur franais que les Amricains
    respectent."
 
<article-nb="2008/01/11/19-3">
<filnamedate="20080111"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080111"><AAMMJJHH="2008011119">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3">  Quand le continent freudien devient le lieu du crime.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-3">      I ntrigue policire et psychanalyse semblent entretenir des rapports si
    troits qu'on pourrait les qualifier d'incestueux. N'ont-elles pas
    l'une et l'autre un air de famille assez prononc ? On a souvent
    soulign la similitude entre la dmarche de l'enquteur, appliqu 
    rassembler des indices et discerner des mobiles, et celle de
    l'analyste, et on pourrait admettre qu'au fond les deux activits
    partagent le mme souci de mieux comprendre les maladies de l'me. De
    l  dire qu'un psychanalyste serait le policier idal, il n'y a qu'un
    pas que franchit allgrement John Katzenbach dans L'Analyste ("Pocket
    thriller", Grand prix de littrature policire en 2004) ou Caleb Carr
    dans L'Aliniste (Pocket). Encore que, dans ce cas prcis, il ne s'agit
    pas encore  proprement parler de psychanalyse mais plutt des
    premires applications de la psychologie scientifique  l'investigation
    policire,  New York au dbut du XX^e sicle.
 
 
    Deux premiers romans, l'un amricain, l'autre anglais, illustrent de
    manire radicalement oppose des variantes possibles de ce mariage
    entre psychanalyse et roman policier.
 
    Dans la mme veine que Franck Tallis (La Justice de l'inconscient et Du
    sang sur Vienne, "10/18"), Jed Rubenfeld choisit de mler l'histoire
    mme de la doctrine freudienne  une intrigue criminelle : les
    principaux personnages de L'Interprtation des meurtres ne sont autres
    que Sigmund Freud, Carl Jung et Sandor Ferenczi.
 
    En aot 1909, accompagn de ses deux collgues et amis, le pre de la
    psychanalyse dbarqua  New York pour une srie de confrences 
    l'universit Clark. Celles-ci remportrent un grand succs et
    marqurent un vritable tournant dans l'histoire de la psychiatrie
    amricaine. Curieusement, Freud ne sembla pas s'en rjouir :  son
    retour en Europe, il afficha une mfiance qu'il qualifiait lui-mme
    d'"irrvocable" vis--vis des Etats-Unis. Que s'est-il donc pass au
    cours de cet unique voyage de Freud en Amrique ? Quel traumatisme y
    a-t-il subi ? C'est sur cette ide que Jed Rubenfeld btit son roman.
 
    AGRESSIONS SADIQUES
 
    Il s'agit d'abord d'identifier le coupable d'une srie d'agressions
    sadiques et de meurtres contre des jeunes filles de la haute socit
    new-yorkaise. Un jeune mdecin, mule de Freud, va s'y appliquer en
    analysant, sous la conduite du matre, Nora Acton, qui est parvenue 
    chapper aux griffes du sadique non sans avoir subi un violent
    traumatisme. Mais d'autres affaires se mlent  cette intrigue
    criminelle : tandis qu'un groupe influent de neurologues amricains a
    entrepris de saboter les confrences de Freud en le faisant passer pour
    un charlatan doubl d'un pervers sexuel, les rapports se tendent au
    sein de la famille freudienne, en particulier entre Freud et Jung.
 
    Dans le dcor tonnant d'un New York en pleine construction, le roman
    de Jed Rubenfeld mle habilement la fantaisie la plus dbride  une
    histoire authentique de la psychanalyse. L'auteur, professeur de droit
     l'universit de Yale, a soutenu une thse sur Freud. Mme s'il
    s'accorde quelques liberts, le soin qu'il prend de respecter la
    ralit historique donne  son roman une touche d'authenticit
    passionnante. L'histoire de Nora, l'hrone et principale victime du
    livre, est inspire du cas de Dora, une patiente que Freud eut
    effectivement  soigner.
 
    Chez Antony Moore, aucun psychanalyste ne mne l'enqute et les
    policiers eux-mmes n'ont pas le beau rle. Le hros, lui, semble se
    relever  peine du divan ou alors aurait bien besoin d'aller s'y
    tendre. Quand il avait 12 ans, dans sa petite ville de Cornouailles,
    Harvey a procd  un change qu'il ne cesse de regretter depuis. Il a
    cd  un de ses camarades le premier numro des aventures de Superman
    contre un vague morceau de plastique. Devenu adulte (enfin pas tant que
    a), il a compris la valeur inestimable de ce document d'autant qu'il
    tient  Londres une librairie de bandes dessines. Le Superman numro 1
    a-t-il t dtruit, revendu ou conserv par l'intress ? Cela tourne 
    l'obsession. A l'occasion d'une runion d'anciens lves, Harvey dcide
    de retourner dans sa province natale, de retrouver son ancien camarade
    et de rcuprer si possible le prcieux fascicule, bref d'affronter la
    ralit.
 
    Malheureusement, c'est prcisment ce pour quoi Harvey est le moins
    dou. Chacune de ses initiatives va l'enfoncer un peu plus dans un
    imbroglio o il se trouve confront  toutes ses nvroses. On ne sait
    si l'auteur, un psychanalyste anglais qui a crit ce premier roman sous
    pseudonyme, s'est inspir du cas d'un de ses patients. Mais chacun
    pourra reconnatre quelque trait personnel dans les tribulations de cet
    anti hros immature qui semble tout droit sorti d'une comdie de Woody
    Allen.
      __________________________________________________________________
 
    L'INTERPRTATION DES MEURTRES (THE INTERPRETATION OF MURDER) de Jed
    Rubenfeld. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau.
    Panama, 480 p., 22 .
 
    SWAP d'Antony Moore. Traduit de l'anglais par Jean Esch. Liana Levi,
    352 p., 20 .
 
