<FILE-date="2008/01/10/19">
<article-nb="2008/01/10/19-1">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-1">  Favorable aux pays producteurs, la flambe de l&#38;#39;or noir pse sur les conomies des pays consommateurs, surtout sur celles des plus pauvres. 
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-1">   
 
 
<article-nb="2008/01/10/19-2">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-2">  Avec le quiz Examens, testez votre connaissance de l&#38;#39;actualit de la semaine, tous les vendredis  18 heures.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-2">   
 
 
<article-nb="2008/01/10/19-3">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-3">  Avec l&#38;#39;entre de Malte et de Chypre dans la zone euro, c&#38;#39;est dsormais la majorit des pays de l&#38;#39;Union europenne qui partage la mme monnaie. Les pays entrs dans la zone de la monnaie unique le 1er janvier donnent une cohsion nouvelle   l&#38;#39;Union europenne. 
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-3">      A vec l'entre de Malte et de Chypre dans la zone euro, c'est dsormais
    la majorit des pays de l'Union europenne qui partage la mme monnaie,
    preuve de son succs s'il en est. Paradoxalement, l'euro n'a jamais t
    aussi critiqu : l'apprciation forte de la monnaie europenne au cours
    des derniers mois a suscit,  juste titre, des inquitudes en France
    et en Europe.
 
 
    L'euro s'apprcie parce qu'il continue  consolider ses positions
    internationales. Il est, depuis 2004, la premire devise mondiale sur
    les marchs obligataires, 47 % du stock de titres de dettes
    internationaux tant libells en euros contre un peu plus de 30 % en
    dollars. Sa part dans le libell des changes internationaux est
    croissante, grce notamment  son rle dominant dans les changes de
    l'Europe avec son voisinage. La part de l'euro dans les rserves
    officielles de change a atteint 25 % (contre encore 65 % pour le
    dollar). L'euro est devenu la deuxime monnaie mondiale. Ce sont ainsi
    40 pays qui ont tabli un lien montaire officiel avec l'euro, et les
    mouvements de la devise europenne face au dollar se retrouvent de plus
    en plus dans les propres variations de la livre sterling, mais aussi
    dans celles des devises du Canada, de l'Australie ou d'Amrique latine.
 
    Cette puissance montaire de l'Europe repose sur des fondements trs
    solides. Elle dcoule tout d'abord du poids conomique de la zone euro
    : 22 % du PIB mondial (27 % pour les Etats-Unis), 13 % du commerce
    mondial (hors changes intra-europens) et un march intgr de 320
    millions d'habitants aujourd'hui (300 millions d'habitants aux
    Etats-Unis). L'euro s'appuie galement sur un systme financier
    puissant et comptitif, notamment son secteur bancaire, dont
    l'intgration a notablement progress dans les dernires annes. Enfin,
    les investisseurs du monde entier ont confiance dans la stabilit 
    long terme de la valeur de l'euro.
 
    L'euro est donc un succs. La forte demande dont notre monnaie fait
    l'objet est structurelle sur le march des changes face  un dficit
    courant amricain qui sera long  rsorber et  une volont des pays
    mergents de diversifier leurs rserves en devises. En outre, dans un
    monde financier en turbulence, la zone euro apparat comme un ple de
    stabilit attractif.
 
    On ne le dit pas assez, cette apprciation de l'euro n'a pas que des
    effets ngatifs. Elle protge significativement le pouvoir d'achat des
    Europens face  la monte des prix des matires premires, en
    particulier du ptrole, et renforce ce pouvoir d'achat  l'extrieur.
 
    L'euro est une monnaie mondiale et l'Europe doit s'adapter  cette
    nouvelle donne. Sur la scne internationale, elle a commenc  se
    mobiliser. Elle exerce une pression grandissante, avec ses partenaires
    du G7, sur les autorits chinoises afin d'obtenir une apprciation
    acclre du yuan, dont la gestion administre a des consquences
    conomiques de plus en plus ngatives, tant pour l'Europe que pour la
    Chine. Dans ce contexte, les grandes banques centrales ont un rle-cl.
    Mais il ne faut pas surestimer leur capacit  inflchir efficacement
    et durablement les tendances structurelles sur les marchs des changes.
    Et ce d'autant plus que la BCE doit agir dans un contexte de retour de
    tensions inflationnistes, de forte apprciation de l'euro et
    d'incertitudes  la suite des turbulences financires de l't. Enfin
    et surtout, l'Europe a fait le choix de la stabilit des prix et du
    refus des facilits des stratgies de monnaie faible pour assurer la
    comptitivit. Ce choix est un des fondements de la cration de l'euro,
    inscrit dans le trait et sur lequel il n'est pas question de revenir.
 
    En Europe mme, cette adaptation passe d'abord par la conduite de
    rformes structurelles. Ce constat est au coeur de la stratgie de
    l'Union europenne pour assurer sa croissance et ses emplois  long
    terme. Les rformes doivent permettre d'assouplir nos structures
    conomiques afin de mieux mobiliser le travail en Europe. Elles doivent
    galement permettre de dvelopper l'conomie de la connaissance
    (recherche, innovation, universits) et de renforcer l'ducation et la
    formation.
 
    Sur ces grands chantiers, l'Europe avance : Galileo, la nouvelle
    politique industrielle, le soutien aux secteurs d'avenir dans le cadre
    des Initiatives technologiques conjointes, la cration de l'Institut
    europen d'innovation et de technologies. Cette stratgie
    d'investissement dans l'conomie de la connaissance est la bonne et
    devra tre conforte, notamment lors de la rvision des politiques
    communes et de leur financement.
 
    Au niveau national, les rformes que conduisent les Etats membres sont
    aussi dcisives. C'est parce qu'ils ont su nous devancer dans
    l'adaptation de leur systme productif que nos partenaires allemands
    rsistent mieux aujourd'hui  l'apprciation de notre monnaie commune.
 
    La conduite de ces rformes ne sera cependant pas en elle-mme
    suffisante tant que l'Europe n'aura pas compris tout le parti qu'elle
    pouvait tirer d'une "monnaie monde". L'horizon de notre politique
    conomique n'est plus le mme et nous devons donc changer d'chelle. Ce
    message politique, peu entendu aujourd'hui  Bruxelles, devra tre
    port par la France  l'occasion des 10 ans de l'euro.
 
    Nos gouvernements continuent trop souvent  concevoir la politique
    conomique avec des lunettes de petites conomies ouvertes qui visent
    prioritairement  assurer l'ancrage extrieur de la devise nationale.
    Cette poque est rvolue. Le taux de change nominal de l'euro face aux
    autres grandes devises n'est plus un objectif aussi central compte tenu
    de la taille de la zone euro et de son nouveau statut mondial.
 
    La zone euro doit aussi davantage prendre conscience du fait que son
    poids conomique considrable lui permet de peser, si elle s'en donne
    les moyens, sur les grands quilibres mondiaux au mme titre que les
    Etats-Unis, le Japon ou la Chine. De mme qu'il y a une diplomatie du
    dollar, nous devons avoir une diplomatie de l'euro. C'est un autre
    grand changement de perspective pour nos pays, qui, pris
    individuellement, n'taient pas, peu ou plus en mesure de peser seuls
    sur la scne internationale. Pour pleinement assumer son rle, la zone
    euro doit donc se doter d'instruments dcisionnels efficaces : une
    meilleure gouvernance afin de renforcer le dialogue entre les
    diffrents ples chargs de la conduite de la politique conomique et
    la coordination entre les gouvernements ; une meilleure reprsentation
    extrieure au sein des organes de coordination internationale, au
    premier rang desquels le G7 et le Fonds montaire international.
 
    En 2008, nous clbrons le succs de la cration de l'euro. La
    prsidence franaise du Conseil de l'Union europenne sera, au second
    semestre, l'occasion de mieux prendre conscience des opportunits
    nouvelles qu'apporte la monnaie unique. C'est  cette condition que
    nous concrtiserons collectivement toutes les promesses de l'euro.
      __________________________________________________________________
 
    Jean-Pierre Jouyet, secrtaire d'Etat charg des affaires europennes
 
<article-nb="2008/01/10/19-4">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-4">  La Chine est une bndiction. Certes, pas pour les droits de l&#38;#39;homme ou pour l&#38;#39;environnement ; mais pour l&#38;#39;conomie mondiale, si.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-4">      L a Chine est une bndiction. Certes, pas pour les droits de l'homme
    ou pour l'environnement ; mais pour l'conomie mondiale, si. C'est
    pourtant la ptition de principe inverse qui a cours en Occident.
    Interrogs du 10 au 24 septembre 2007 par l'institut TNS Opinion pour
    le compte du German Marshall Fund, une fondation amricaine, 51 % des
    Amricains et 55 % des Europens peroivent la croissance chinoise
    comme une menace. Ce pourcentage grimpe  57 % chez les Allemands,  60
    % chez les Italiens et  64 % chez les Franais.
 
 
    Parce que les usines textiles et les fabricants de jouets ont dsert
    leurs vieilles conomies, les habitants des pays industrialiss sont
    persuads que la Chine est la grande responsable des destructions
    d'emplois qui en ont rsult. Faute de pouvoir lui reprocher les
    salaires misrables de ses travailleurs, ils ont fait de la monnaie
    chinoise, le yuan, leur bte noire. Ainsi 63 % des Amricains et 55 %
    des Europens interrogs par TNS Opinion jugent qu'une rvaluation du
    yuan contribuerait  protger leurs emplois contre la concurrence venue
    d'Asie.
 
    C'est dire si les responsables occidentaux qui, en novembre et dcembre
    2007, se sont rendus en foule  Pkin pour rclamer un yuan plus fort,
    taient les porte-parole de leurs salaris. La chancelire Angela
    Merkel, le prsident Nicolas Sarkozy, le gouverneur de la Banque
    centrale europenne Jean-Claude Trichet, le commissaire europen
    Joaquin Almunia et le secrtaire d'Etat amricain Henry Paulson ont
    tenu au prsident Hu Jintao et  ses ministres  peu prs le mme
    discours. "Nous ne pouvons plus supporter que vous nous infligiez des
    dficits commerciaux aussi normes : 158 milliards d'euros pour les
    Etats-Unis et 112 milliards pour l'Europe des Vingt-Sept en 2006, et
    sans aucun doute beaucoup plus en 2007, se sont-ils laments. Nos
    industries traditionnelles ont t mises  mal par votre concurrence
    effrne. Il faut que vous cessiez d'exporter dans de telles
    proportions. Pour cela, vous devez rendre vos produits plus coteux en
    alourdissant vos salaires avec une protection sociale minimale et,
    surtout, en rvaluant votre monnaie. Son niveau est infrieur de 20 %
     30 %  son cours normal, ce qui vous confre un avantage anormal."
 
    Les dirigeants de Pkin leur ont rpondu : "Pas question que nous
    acclrions le train de nos rformes, au risque de tuer la croissance
    annuelle  deux chiffres dont nous avons besoin pour tirer au plus vite
    de la misre notre population de 1,3 milliard d'habitants ! Nous
    faisons dj de notre mieux."
 
    Et c'est vrai. Pour atteindre la "socit harmonieuse" prne par le
    prsident Hu Jintao, Pkin serre mthodiquement les boulons montaires
    et financiers, depuis des mois. Le 21 dcembre, la banque centrale a
    relev ses taux pour la sixime fois depuis le dbut de l'anne, soit
    7,47 % pour les prts et 4,14 % pour les dpts,  un an. Il est
    question de rduire le taux de croissance des prts bancaires  12 %,
    cette anne, contre 22 % raliss en 2007. Le yuan s'en est mieux port
    puisque son cours face au dollar a progress de prs de 7 % en un an,
    contre 3,3 % en 2006. Le gouvernement tudie la possibilit d'largir
    la bande de fluctuation du yuan.
 
    Ses efforts ne sont pas moins rels pour doper la demande. En 2008,
    dans trois provinces, des dizaines de millions de paysans profiteront
    d'un rabais exprimental de 13 % sur les tlviseurs, les tlphones
    portables, les rfrigrateurs et les climatiseurs. Le seuil  partir
    duquel un Chinois est imposable sur son revenu serait relev de 1 600
    yuans (150 euros)  2 000 yuans, ce qui permettrait d'exempter 70 % des
    salaris, contre 50 % aujourd'hui.
 
    Mieux encore, est entre en vigueur, le 1^er janvier, une vraie
    lgislation sur le travail, qui rduit la prcarit des salaris,
    prvoit des indemnits de licenciement et oblige enfin l'employeur 
    payer des charges sociales (retraite, chmage, sant) sur les salaires.
    Les pnalits prvues laissent  penser que ces normes finiront par
    s'appliquer. Le cot du travail et les prix des exportations de la
    Chine s'en trouveront automatiquement alourdis,  la satisfaction
    gnrale.
 
    RECONNAISSANCE OFFICIELLE
 
    L'hystrie antichinoise, aggrave par la campagne lectorale aux
    Etats-Unis, n'est donc pas fonde. Les cris d'orfraie pousss par les
    parlementaires amricains, qui veulent taxer les produits venus de
    Chine tant que le cours du yuan ne sera pas fortement relev, ont t
    contredits, le 19 dcembre, par le rapport biannuel du Trsor sur les
    changes, o il est reconnu que Pkin ne manipule pas sa monnaie pour en
    tirer des bnfices commerciaux. Ce rapport juge "bienvenue"
    l'acclration du yuan et se flicite des "progrs en cours ou
    attendus". Il va mme jusqu' affirmer que "la forte performance
    conomique de la Chine a insuffl de la vigueur  l'conomie mondiale".
 
    Cette reconnaissance officielle n'est que justice venant d'un pays qui
    aurait pu, cet t, faire basculer dans la rcession l'conomie de la
    plante en raison de la dfaillance de son systme bancaire, incapable
    de contrler ses prts hypothcaires  risque. Qui empche le taux de
    croissance mondiale de tomber sous les 4,5 % ? Pas les Etats-Unis, qui
    frlent la rcession en ce dbut d'anne, ni l'Europe, avec ses 2 %
    anmiques, mais la locomotive chinoise, qui continuera  la cadence de
    11 %.
 
    Qui empche le dollar de s'effondrer dramatiquement, sinon la Chine,
    qui place en bons du Trsor amricain environ 70 % de sa gigantesque
    rserve en devises de 1 400 milliards de dollars (955 milliards
    d'euros) ? Qui apporte de l'argent frais aux banques amricaines Bear
    Stearns ou Morgan Stanley pour leur permettre de surmonter d'normes
    dficits dus  leurs erreurs de gestion ? Pas les fonds de pension
    cots  Wall Street ou  Londres, mais le fonds souverain de Pkin.
 
    En Occident, les bas prix chinois ont contribu  maintenir, jusqu'
    prsent, une inflation modre et, donc,  prserver le pouvoir d'achat
    des habitants des pays industrialiss. La Chine achte massivement 
    l'Afrique ses matires premires, contribuant  faire monter les cours
    des mtaux comme des produits agricoles. Non seulement elle apporte
    ainsi des devises  des conomies fragiles, mais elle y vend des
    produits manufacturs moins coteux et souvent plus adapts que ceux
    des pays riches.
 
    Enfin, elle fournit des prts et des dons pour construire les ports,
    les coles, les hpitaux et les lignes lectriques en souffrance. L
    encore, elle supple les dfaillances occidentales : elle a annonc 5
    milliards de dollars d'aide de 2007  2009 qui seront les bienvenus
    puisque les pays du G7 se montrent incapables d'apporter  l'Afrique,
    chaque anne, les 25 milliards de dollars qu'ils ont promis en 2005.
    Oui, tout bien pes, merci la Chine !
 
<article-nb="2008/01/10/19-5">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-5">  Les caucus de l&#38;#39;Iowa ont vu le jeune snateur noir de l&#38;#39;Illinois devancer John Edwards et Hillary Clinton dans le camp dmocrate. Chez les rpublicains, Mike Huckabee est arriv en tte.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-5">      E n montant sur scne, le 1er janvier, pour l'un de ses derniers
    meetings avant le vote des militants de l'Iowa, Barack Obama tait
    accompagn de ses filles Malia et Sasha, 8 et 6 ans. " Les stars de la
    famille Obama, ce sont elles ", expliquait-il. Jeudi 3 janvier, le
    snateur de l'Illinois, 46 ans, a pris rang de superstar, en dtrnant
    Hillary Clinton dans la premire tape de la course  l'investiture
    dmocrate pour l'lection prsidentielle de novembre. Du ct
    rpublicain, l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, a pris
    le dessus sur le favori Mitt Romney, grce aux vangliques, nombreux
    dans l'Iowa. Les " candidats du changement " ont t plbiscits par
    les lecteurs de l'Iowa, les premiers  se prononcer dans la
    perspective de la succession de George Bush. Les deux vainqueurs sont
    aussi des hommes qui affirment vouloir dpasser l'atmosphre de culture
    war (guerre culturelle) qui imprgne les Etats-Unis depuis la fin de la
    guerre du Vietnam.
 
 
 
 
           Les rsultats dans l'Iowa, candidat par
    candidat
 
 
 
    Selon les rsultats officiels, le dcompte s'tablit ainsi :
    Du ct dmocrate :
    Obama, 37,6 %
    Edwards, 29,7 %
    Clinton, 29,5 %
    Richardson, 2 %
    Biden, 1 %
    Autres, 0 %
    Du ct rpublicain :
      Huckabee, 34,4 %
    Romney, 25,2 %
    Thompson, 13,4 %
    McCain, 13,1 %
    Paul, 10 %
    Giuliani, 3 %
    Autres, 0 %
      232 000 dmocrates ont particip aux caucus, 93 000 rpublicains.
    Joseph Biden et Chris Dodd ont abandonn la course  l'investiture.
 
    Dans l'Iowa, Barack Obama remporte les 57 dlgus dmocrates, Mike
    Huckabee, les 40 dlgus rpublicains.
 
                                                              
 
 
 
    M. Obama a remport les caucus de l'Iowa avec une confortable avance (8
    points). Sa candidature a galvanis les militants, qui se sont
    appropri un processus largement tenu, jusqu'alors, par l'appareil du
    parti  : 239.000 dmocrates ont pris part au vote, soit presque deux
    fois plus qu'en 2004. L'afflux de jeunes lui a donn l'avantage. Alors
    que Mme Clinton avait beaucoup courtis les femmes, elle n'a rassembl
    que 30 % d'entre elles, contre 35 % pour M. Obama.
 
    L'ancienne First Lady est arrive en troisime position, derrire
    l'ancien candidat  la vice-prsidence de 2004 John Edwards, qui avait
    jou son va-tout sur l'Iowa et qui va pouvoir poursuivre sa campagne,
    ravi d'avoir " battu la Clinton machine ", selon son entourage.
    " Hillary " n'a pas eu l'air le moins du monde affecte par sa dfaite.
    Entoure de Bill Clinton, de Madeleine Albright, l'ancienne secrtaire
    d'Etat, et de Wesley Clark, l'ancien gnral qui passe pour tre l'un
    de ses choix possibles pour la vice-prsidence, elle s'est rjouie du
    succs des candidats dmocrates. " Nous allons tout de suite emmener
    cet enthousiasme dans le New Hamsphire ", l'Etat o se droulent des
    primaires le 8 janvier. Avant mme le verdict de l'Iowa, elle avait
    annonc qu'elle resterait dans la course jusqu'au 5 fvrier, date 
    laquelle se tiennent des primaires dans 22 Etats dont les grands Etats
    de Californie et de New York, o elle est en tte selon les sondages.
    Son angle d'attaque semble devoir rester le mme  : l'exprience. " Qui
    sera le meilleur prsident ds le premier jour ?" M. Obama a t
    l'vnement de la campagne. " On nous disait que ce jour ne viendrait
    jamais, a-t-il lanc  ses partisans aprs la victoire. Que nous
    mettions la barre trop haut. Que ce pays tait trop divis "
 
    Il y a moins d'un an qu'il a fait acte de candidature sur les marches
    du capitole de Springfield, la capitale de l'Illinois, en invoquant
    Abraham Lincoln. Il est devenu une rfrence, un candidat
    " transformationnel ", invoqu jusque dans les rangs adverses. Alors
    qu'il a dpens 4 millions de dollars de plus que Mme Clinton dans
    l'Iowa (pour un total de 44 millions de dollars, 30 millions d'euros),
    il a russi  se dmarquer de Washington et des " matres d'un systme
    cass ". Il n'a pas le soutien de certains syndicats, qui ne croient
    pas  ses propositions consensuelles pour rgler la question de
    l'assurance sant en partenariat avec l'industrie prive.
 
    Depuis qu'il sait qu'il est en tte, il a ajout,  ses critiques
    contre l'administration Bush et contre sa rivale dmocrate, un projet
    de rassemblement. " Nous ne sommes pas une collection d'Etats rouges
    (rpublicains) et d'Etats bleus (dmocrates),a-t-il proclam jeudi.
    Nous sommes les Etats Unis d'Amrique. " Le 1er janvier, il avait
    expliqu qu'il voulait " redessiner la carte lectorale" du pays et
    obtenir un vrai mandat, non pas celui d'un pays divis  : "47 % pour
    ceci, 47% pour cela et 5 % au milieu, en Floride et dans l'Ohio". M.
    Obama compte sur l'effet d'entranement de sa victoire pour emporter,
    le 8 janvier, la primaire du New Hamsphire, o les sondages le donnent
     galit avec Mme Clinton ou devant elle. S'il emporte cet Etat, il
    espre qu'il aura convaincu la communaut afro-amricaine du Sud qu'il
    lui est possible de gagner la prsidence. Ds jeudi soir, le snateur
    est parti pour Portsmouth, dans le New Hampshire, o il devait atterrir
     3 heures du matin pour tenir un rassemblement  9 heures. Mme
    Clinton, elle aussi, partait immdiatement pour cet Etat du Nord-est
    avec un avion de journalistes. La bataille ne fait que commencer.
 
 
<article-nb="2008/01/10/19-6">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-6">  L&#38;#39;anne 2007 fut au Pakistan celle du soixantime anniversaire de sa fondation, sur les ruines sanglantes de la partition de l&#38;#39;Empire britannique des Indes. Cette sinistre anne 2007 est la manifestation d&#38;#39;une crise autochtone profonde. 
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-6">      C ela aurait d tre une anne tmoin. L'anne 2007 fut au Pakistan
    celle du soixantime anniversaire de sa fondation, sur les ruines
    sanglantes de la partition de l'Empire britannique des Indes. Ce fut
    plutt une anne accusatrice, un terrible rquisitoire, une
    interminable squence o s'grenrent jusqu' la caricature les preuves
    de la faillite de cet Etat conu, rv, pour tre le refuge des
    musulmans de l'ancien Raj britannique tragiquement dmembr l't 1947.
    Triste commmoration, sur fond d'insurrection islamiste dans les tribus
    pachtounes, de rbellion sparatiste dans la province du Baloutchistan,
    de manoeuvres d'un gnral-prsident rsolu  s'accrocher au pouvoir,
    d'tat d'urgence visant  rprimer un mouvement libral. Et de vague
    sans prcdent d'attentats-suicides dont Benazir Bhutto, grie ambigu
    d'un camp dmocrate divis, est la victime la plus rcente.
 
 
    Pointer Al-Qaida et ses complots plantaires ne suffit pas  prendre
    toute la mesure du gchis pakistanais. Cette sinistre anne 2007 est la
    manifestation d'une crise autochtone profonde, multiforme, nourrie par
    les jeux dangereux de l'Etat, l'arme et l'lite, sous l'oeil complice
    d'un Occident - Amrique en tte - aveugl par les calculs  courte vue
    de la realpolitik.
 
    L'islamisme radical ne tombe pas du ciel au Pakistan. Il fleurit depuis
    des dcennies sur un terreau idologique qui a t ensemenc par l'Etat
    lui-mme. La drive tait-elle fatale, le pige tait-il inluctable
    ds lors que cet Etat se dfinissait ds le dpart comme musulman ? Les
    pres fondateurs du Pakistan, Ali Jinnah en tte, taient pourtant
    plutt laques. Mais ses hritiers n'ont pas tard  jouer de la corde
    islamique dans l'espoir de conjurer l'usure du pouvoir. A partir du
    moment o la rfrence  l'islam tait le seul facteur d'unit dans un
    pays fractur en ethnies rivales - Pendjabis, Sindis, Baloutches,
    Pachtounes, Mohajirs (rfugis d'Inde) -, ils n'ont pas hsit 
    l'instrumentaliser pour recharger leur lgitimit dfaillante.
 
    Mme le pre de Benazir Bhutto, le "progressiste" Zulficar Ali Bhutto,
    qui prsida aux destines du Pakistan dans les annes 1970, tomba dans
    le travers. Il exalta le "socialisme islamique", s'investit avec
    nergie dans l'Organisation de la confrence islamique (OCI), ostracisa
    la secte des ahmadis en les dclarant apostats, pour finir par
    proclamer la charia loi du pays. Son successeur, le gnral putschiste
    Zia-ul-Haq, qui le fit pendre en 1979, continua dans la mme veine. Il
    rendit obligatoire la zakat - l'aumne musulmane - et parraina
    l'expansion foudroyante des madrassas, ces coles religieuses qui
    devinrent plus tard des ppinires d'islamistes radicaux. A court
    terme, ces concessions pouvaient se justifier par la ncessit
    d'intgrer des partis religieux dans le jeu institutionnel, afin de les
    neutraliser. Mais,  plus long terme, c'est le contraire qui s'est
    produit : l'islamisation, valide au plus haut niveau, a gagn les
    institutions et les esprits. Et ce dans un contexte gostratgique o
    l'arme pakistanaise couvait de sa sollicitude des groupes djihadistes
    envoys comme "chair  canon" au Cachemire - pomme de discorde avec
    l'Inde rivale - et en Afghanistan.
 
    Ce thtre afghan a t la deuxime source de dvoiement de la
    politique pakistanaise. L encore, il faut remonter  la partition de
    l'Empire britannique des Indes pour en saisir l'enjeu. En 1947,
    l'Afghanistan vote contre l'admission du Pakistan aux Nations unies.
    C'tait l'poque o la monarchie afghane, furieuse que le nouvel Etat
    et conserv sur son flanc occidental les zones pachtounes dont les
    Britanniques l'avaient dj ampute, attisait sur ses frontires
    l'irrdentisme de ces tribus fires et ombrageuses.
 
    Pour le Pakistan, dj confront  la menace indienne sur son flanc
    oriental, cette hostilit de Kaboul constituait un scnario cauchemar.
    Il fallait imprativement la rduire en installant dans la capitale
    afghane des affids. Les dirigeants pakistanais n'ont cess ds lors de
    chercher  "finlandiser" l'Afghanistan afin d'ouvrir dans ce pays une
    profondeur stratgique vitale dans son conflit avec l'Inde. Pour
    Islamabad, les matres de Kaboul devaient prsenter une double
    caractristique : ils devaient tre issus de l'ethnie pachtoune (cette
    dernire, contrlant la capitale afghane, tait cense ainsi se
    dtourner de l'irrdentisme des frontires) et se rclamer du
    pan-islamisme (conu comme antidote au nationalisme ethnique
    pachtoune). Mme Benazir Bhutto, pourtant tombe en victime de
    l'islamisme radical, s'est prte  ce jeu. C'est sous son deuxime
    gouvernement (1993-1996) que le mouvement des talibans afghans a
    merg, encourag par son ministre de l'intrieur d'alors, Nasirullah
    Babar.
 
    Un troisime facteur de crise, qui nourrit le chaos actuel, rside
    incontestablement dans l'irresponsabilit des lites dirigeantes du
    Pakistan. Le nouvel Etat a trs vite t domin par les Mohajirs
    (rfugis d'Inde), puis le pouvoir est pass entre les mains des
    Pendjabis, qui contrlaient l'appareil militaro-bureaucratique. Faut-il
    rappeler que c'est le refus de cette caste dirigeante pendjabie de
    respecter les rgles de la dmocratie lectorale qui avait accul les
    Bengalis du Pakistan oriental  dclencher la guerre d'indpendance
    ayant enfant du Bangladesh en 1971 ? L'arrive de la dynastie des
    Bhutto au pouvoir - le pre Zulficar Ali Bhutto puis sa fille Benazir -
    consacrait l'entre en scne d'un nouveau groupe : les Sindis, censs
    ouvrir le jeu. Pourtant, en dpit d'une rhtorique populiste, ils se
    sont comports en fodaux.
 
    Durant ses deux mandats de premier ministre, Benazir Bhutto se
    compromit dans une corruption honte au profit de son clan. Icne
    clbre par ses partisans, elle dirigea aussi sur un mode autocratique
    sa propre formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), dont elle
    fut intronise prsidente  vie. La faiblesse de la tradition politique
    librale au Pakistan, qui fait aujourd'hui le lit de l'islamisme, a t
    aussi nourrie par cet accaparement du pouvoir par des castes gostes.
 
    Reste une dernire cl de la crise : la complicit de l'Occident, en
    particulier des Etats-Unis. Alors que leur mission aurait d tre de
    promouvoir une socit civile librale, les dmocraties occidentales
    n'ont cess de soutenir des rgimes militaires ds lors que le Pakistan
    apparaissait comme une "ligne de front" : d'abord sous Zia-ul-Haq
    durant la guerre antisovitique en Afghanistan des annes 1980, puis
    sous le gnral Pervez Musharraf au nom de la lutte contre Al-Qaida.
    Ils ont ainsi prt la main  la coalition de turpitudes qui plonge
    aujourd'hui le Pakistan dans le chaos.
 
<article-nb="2008/01/10/19-7">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3404,1-0,0-7">  Dans les bidonvilles de Nairobi, politique, gangstrisme et tensions ethniques s&#38;#39;entremlent. Ce sont les ingrdients de la violence dclenche par la rlection conteste du prsident Kibaki.
<filname="PROF-0,2-3404,1-0,0-7">      E n cet aprs-midi d'meutes, de violence et de mort, la surface lisse
    du Kenya continue de crever, rvlant la face cache du pays des
    safaris. Une face d'ingalits, de misre dure comme la vie dans les
    bidonvilles, dure comme les coups qu'y assnent les gangs  composition
    ethnique, dure aussi comme la violence manipule par les responsables
    politiques en temps d'lection.
 
 
    Depuis l'annonce trs conteste des rsultats du scrutin prsidentiel,
    le 30 dcembre 2007, ce mlange a explos, bousculant les prouesses de
    l'conomie, le dynamisme national et les perspectives allchantes de la
    Bourse de Nairobi. Depuis que les partisans de Raila Odinga, le chef de
    l'opposition, ont entam des meutes de protestation contre la
    "victoire vole" de leur candidat face au prsident Mwai Kibaki, la
    querelle politique a pris une tournure  la fois gnrale, violente et
    ethnique. Soudain, le Kenya, tourdi par sa croissance des annes
    passes, redcouvre ses tensions, dont un certain nombre recoupe les
    lignes de partages ethniques.
 
    Le prsident Mwai Kibaki appartient au groupe des Kikuyu, le plus
    important numriquement du pays (20 % de la population), influent
    depuis la priode coloniale, fort d'entrepreneurs prospres qui
    finiraient presque par faire oublier que ses rangs comptent aussi des
    hordes de misreux. En face, l'opposition est mene par Raila Odinga,
    un Luo de l'ouest du pays. Depuis l'indpendance, les Luo attendent
    impatiemment le jour o l'un des leurs deviendra prsident, offrant aux
    siens la promesse d'accder, accrochs  une gigantesque corde,  la
    corne d'abondance du pouvoir. Pour l'anecdote, le pre de Barack Obama,
    le candidat dmocrate amricain, est un Luo.
 
    Autour gravitent de nombreuses autres ethnies, dont les leaders jouent,
    depuis quatre dcennies, un jeu complexe d'alliances et de trahisons au
    gr de leurs fortunes personnelles, maquilles sans vergogne en
    confrontations ethniques. Et la manipulation fonctionne, comme l'ont
    analys les auteurs, David Throup et Charles Hornsby, d'un livre de
    rfrence sur la politique knyane (Multi-Party Politics in Kenya) :
    "Depuis le dbut du multipartisme au Kenya, l'appartenance ethnique
    s'est rvle nettement plus importante que les idologies pour
    dterminer les loyauts politiques."
 
    Le bidonville de Mathare,  l'est de Nairobi, constitue une
    illustration tragique de cette remarque. Jeudi 3 janvier, il a des airs
    de champ de bataille. La nourriture manque, la peur est partout. Des
    hommes circulent, arms de machettes et de rungus (casse-tte), tous
    partisans de l'opposition. Devant eux s'tend un champ de tles
    noircies et entremles, le reste d'un quartier habit majoritairement
    par des Kikuyu. "Il a fallu brler tout ce quartier que vous voyez,
    c'tait le repre des Kikuyu", explique tranquillement Collins.
 
    "KIBAKI VEUT DU SANG"
 
    Des rafales d'armes automatiques se font entendre du ct du quartier
    voisin d'Huruma. "Les Kikuyu nous attaquent. Il faut bien qu'on se
    dfende", crie un homme, bonnet enfonc jusqu' des yeux rougis par le
    bangi (marijuana). Geoffrey Ndjeka, pais gourdin en main, l'interrompt
    : "Quand ils tombent sur un Luo, ils lui coupent la tte. Si Raila ne
    devient pas prsident pour arrter tout a, le chaos va vraiment
    commencer. Kibaki veut du sang ? Il va en avoir !"
 
    Un peu plus loin, Dick Odhiambo Seya, sinistre, promet encore des morts
    : "Vous partez dj ? Descendez plutt vers la rivire, il y a deux
    morts. Sinon, revenez bientt, vous verrez, nous allons faire toutes
    sortes de choses merveilleuses." Il devient difficile, dsormais, de
    distinguer les simples citoyens des membres des gangs  composition
    ethnique, qui se livrent depuis longtemps des batailles ranges pour le
    contrle des bidonvilles, o ils prlvent des taxes hontes sur les
    toilettes, les robinets collectifs et les transports en commun.
 
    Au sein des Kikuyu, majoritairement chrtiens comme les autres Knyans,
    est n dans les annes 1990 un culte, les Mungiki, qui vnrent un dieu
    ancestral. A l'origine concentrs sur le retour  leurs racines
    pr-coloniales, les Mungiki versent aussi dans le banditisme. Ils
    manient la machette dans des groupes de miliciens engags discrtement
    par des responsables politiques.
 
    Comme l'innocence et la neutralit,  Mathare, ne sont pas des concepts
    opratoires, l'closion des troubles a entran un sisme ethnique.
    Puisque la guerre avec les Mungiki est dclare, la chasse aux Kikuyu
    est ouverte pour les miliciens des ethnies rivales. Les rares commerces
    qui leur appartenaient ont t pills et incendis. Les derniers Kikuyu
    du quartier sont en train de fuir, des ballots sur la tte. Ailleurs,
    dans d'autres quartiers, c'est l'inverse exactement qui se produit et
    chaque communaut commence  ouvrir des "camps de dplacs".
 
