<FILE-date="2008/01/10/19">
<article-nb="2008/01/10/19-1">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1">  Franois Nourissier a dmissionn pour &#38;#34;raisons de sant&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-1">      F ranois Nourissier en a dcid ainsi. L'crivain, g de 80 ans, a
    dmissionn de l'acadmie Goncourt "pour raisons de sant". Membre,
    depuis 1977, du plus prestigieux jury littraire, qui dcerne le fameux
    Goncourt, il en a t le secrtaire gnral puis le prsident de 1996 
    2002. A cette date, il avait prfr cder cette lourde charge - en
    raison des nombreux voyages, bourses d'crivains  attribuer et
    diverses reprsentations qui lui sont lis -  Edmonde Charles-Roux.
 
 
    Au cours de leur djeuner mensuel, mardi 8 janvier, c'est Edmonde
    Charles-Roux qui a lu la lettre de dpart de Franois Nourissier aux
    six membres prsents sur les dix qui constituent l'acadmie Goncourt
    (Franoise Mallet-Joris et Michel Tournier taient absents). "Quand on
    aime avec passion les livres, le rle d'acclrer leur lecture n'est
    pas si modeste", a-t-il crit, avant de conclure : "Matres, cadets,
    vieux camarades, confidents, complices innocents et complices farceux
    -, que de souvenirs ! Nous nous sommes bien amuss."
 
    Pour Franois Nourissier, souvent dsign comme le parrain des lettres,
    l'ide de partir avant de mourir, comme l'avait fait prcdemment Jean
    Cayrol, a chemin depuis l'automne. Elle s'est impose  lui comme une
    vidence, aprs la remise du prix Goncourt, le 5 novembre 2007, 
    Gilles Leroy, pour Alabama Song (Mercure de France), qui tait son
    favori. "Mes jambes ne peuvent plus me porter. Je pense qu'une limite
    d'ge pour les jurs peut tre une bonne mesure", dit-il aujourd'hui.
 
    Franois Nourissier tire sa rvrence au moment o le jury Goncourt
    traverse "une crise d'ge",  l'instar de l'Acadmie franaise. Jamais
    la moyenne d'ge des jurs littraires n'a t aussi leve. Ce
    faisant, il apporte une dernire fois son soutien  Edmonde
    Charles-Roux, qui souhaite une rforme de l'institution pour la
    dtourner de toute critique. "Chaque anne, les prix littraires sont
    sous les feux de la rampe, et nous nous devons d'tre irrprochables
    pour le public", explique t-elle. Ses efforts portent sur deux points :
    assurer la transparence des votes et rendre possible une limite d'ge
    pour les jurs.
 
    En ce qui concerne la transparence des votes, les sept jurs prsents
    ont adopt, mardi 8 janvier, deux modifications de leur rglement
    intrieur. Dornavant, seul le vote des membres du jury prsents sera
    pris en considration lors de la dsignation du laurat pour le prix
    Goncourt. Les votes par correspondance ou par tlphone ne seront plus
    autoriss.
 
    "DONNER UN SIGNE FORT"
 
    En second lieu, le jour du scrutin, le vote ne pourra se porter que sur
    des ouvrages figurant sur la dernire slection. Pour Edmonde
    Charles-Roux, le principal objectif de ces changements est de permettre
     l'acadmie de mieux accomplir son travail. Sur la question de la
    limite d'ge - pour l'instant, il n'y en a pas -, les jurs ont dcid,
    mardi 8 janvier, "d'engager une rforme des statuts" qui rendra lgal
    "un passage automatique  l'honorariat  partir d'un certain ge."
 
    Jorge Semprun, autre jur, a lanc le dbat, le 4 dcembre 2007, sur ce
    sujet. Il prconise aujourd'hui des mesures radicales pour assurer un
    rajeunissement en profondeur de l'institution. Il propose  ses pairs
    une dmission collective de tous les membres ayant dpass l'ge de 80
    ans,  l'exception d'Edmonde Charles-Roux, cette dernire devant
    assurer la continuit. D'aprs Semprun, le jury Goncourt doit
    "disparatre pour mieux renatre", et "Franois Nourissier a donn un
    signe fort". En pratique, sur les dix membres actuels, seuls quatre ne
    sont pas concerns (Franoise Mallet-Joris, Franoise Chandernagor,
    Didier Decoin et Bernard Pivot).
 
    La proposition de Jorge Semprun a toutefois peu de chances d'aboutir
    rapidement. Daniel Boulanger et Robert Sabatier, autres jurs du
    Goncourt, n'y sont pas favorables. Il en va de mme pour Michel
    Tournier : "Nous sommes trop vieux, constate-t-il, il faudrait un
    renouvellement avec une lection de membres de moins de 40 ans." Mais,
    dans le mme temps, l'auteur du Roi des Aulnes estime que "les jurs
    doivent tre lus pour la vie". Dernire difficult, le changement des
    statuts impose une majorit qualifie, la consultation du Conseil
    d'Etat et l'agrment des deux ministres de tutelle (culture et
    intrieur).
 
    Conformment  ses usages, ce n'est qu'aprs plusieurs mois que
    l'acadmie Goncourt entamera un processus de slection pour lire un
    successeur au couvert de Franois Nourissier. "C'est  lui de casser le
    morceau", explique un des jurs. A lui de suggrer un successeur.
 
<article-nb="2008/01/10/19-2">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2">  La romancire conte l&#38;#39;itinraire lumineux d&#38;#39;Alice, du silence  la renaissance.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-2">      V ariations sur l'amour filial, maternel ou conjugal  l'preuve d'un
    drame, d'un deuil, d'une disparition... Depuis Comme un pre (Arla,
    2002), son premier roman - qui peut se lire comme le miroir invers de
    Rve d'amour -, les livres de Laurence Tardieu s'prouvent dans la
    douceur poignante d'une mlodie qui enveloppe autant qu'elle treint.
    Porte par la grce d'une criture pure et juste, la romancire a su
    parer cette mlodie d'une lumire nouvelle, plus vive et plus intense.
    Comme celle, blanche et presque aveuglante, qui semble entourer Alice,
    la narratrice de son nouveau et trs beau rcit (dont le titre est
    emprunt au Nocturne n^o 3 de Liszt). Un Rve d'amour dans lequel la
    romancire s'interroge avec acuit sur l'amour, l'absence, la mmoire,
    l'identit, mais aussi l'criture.
 
 
    "Je me demande ce que je suis, moi,  pleurer sur des fantmes, o est
    ma vie, o passe ma vie (...) trente ans  courir aprs des fantmes,
    trente ans  chercher celle dont je ne me remets pas de la disparition,
    trente ans  ne pas trouver les mots devant celui qui est rest. Il
    faudra bien, un jour, que je commence quelque chose, que je cesse de me
    laisser traverser par des absences, que je vive ma vie." Seule ou
    presque, fige dans la perte d'une mre qu'elle n'a gure connue, Alice
    se tient l, fragile, chancelante, incertaine, au bord de l'existence.
    Tout juste lui reste-t-il quelques lambeaux de souvenirs qui
    s'effilochent : une silhouette bleue et un prnom, Blandine, qu'elle
    ressasse comme un ssame qui n'ouvre que sur un vide, immense. Ronge
    par le silence de son pre qu'elle a fait sien et par le manque dont
    "elle ne sait dessiner l'origine et dont elle n'prouve que la
    violence", la jeune femme s'accroche  des rminiscences fugaces, des
    images (relles ou fantasmes) qu'elle recompose sans fin. Dans cette
    absence qui, depuis l'enfance, hante ses jours et ses nuits, creuse un
    abme, reviennent, lancinantes, les mmes interrogations. L, elle
    cherche la moindre trace, le moindre indice qui lui permettrait de
    savoir qui tait cette mre partie trop vite, trop tt, alors qu'elle
    n'avait que 5 ans.
 
    L'CRITURE  DFAUT D'AMOUR
 
    Dans "cette course lente et perdue" qu'anime le dsir de rendre enfin
    rel ce qui s'est effac avec le temps, la jeune femme aime aussi  se
    rfugier auprs d'Hannah, son amie et confidente - envers lumineux
    d'elle-mme -,  s'vader dans son travail de traductrice, dans la
    musique, et surtout dans l'criture, sa vritable compagne. "J'ai
    remplac la possibilit de l'amour par la possibilit de l'criture.
    J'ai peur, aussi, mais c'est une autre peur : je sais que l'criture ne
    m'abandonnera pas. J'ai mme l'espoir fou qu'elle me comble. Qu'elle
    comble les vides. Qu'elle comble l'enfance."
 
    Une enfance solitaire, silencieuse, auprs d'un pre aim et aimant,
    mais dsesprment enferm sur son deuil. Un pre au regard vide, au
    corps puis, dont Alice ne saura rien jusqu' ses derniers jours. Ni
    de sa tristesse, ni de ses souffrances, ni de sa douleur d'avoir aim
    une femme qui le trompait...
 
    Alors que la vie se retire peu  peu, elle se tient prs de lui,
    mutique et empche... "Peut-tre  cet instant aurais-je d lui dire
    que je l'aimais (...) Je n'ai pas pu : face  cet homme avec lequel
    j'avais partag un tel dsarroi et si peu de paroles, ces mots-l
    auraient t trop grands." Et soudain, dans un instant d'abandon, son
    pre lui confie le nom de l'ultime amour de sa mre.
 
    TOURBILLON D'INTERROGATIONS
 
    Un lien vient de se dfaire, un autre, fragile, incertain, singulier,
    se fait jour dans un tourbillon d'interrogations. Qui est cet homme, ce
    peintre, avec lequel elle partagea en secret la dernire anne de sa
    vie ? Comment se sont-ils rencontrs ? Aims ? Avec lui, Blandine
    tait-elle douce, fragile, sensuelle ? Qu'prouvait-elle encore pour
    son mari ? Et cet Emmanuel Basini, se souvient-il d'elle ? "En
    vingt-cinq ans, on a le temps de mourir plusieurs fois  ses
    souvenirs"... Surtout, acceptera-t-il de recevoir Alice et de lui
    parler de cette passion ? Tiraille entre la peur que la ralit soit
    en de de son rve d'amour et le dsir inextinguible de connatre
    cette mre - et, au-del, de se retrouver enfin en elle - Alice se
    lance  la recherche de cet homme. Et le retrouve.
 
    Mais, bien plus qu'une histoire (trop) intime pour tre raconte,
    celui-ci va lui offrir  travers deux tableaux - un paysage de mer,
    bleu et ocre, et un autoportrait avec sa mre - la matire mme pour
    renatre  la vie, aux autres,  l'amour. Dans la lumire douce et
    apaisante d'une fin d't.
      __________________________________________________________________
 
    RVE D'AMOUR de Laurence Tardieu. Stock, 160 p., 15,50 .
 
<article-nb="2008/01/10/19-3">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3">  Quittant la fiction autobiographique, ce spcialiste de boxe publie son &#38;#34;premier roman d&#38;#39;imagination&#38;#34; :  travers des Indiens, chasseurs de baleine, il rveille les mythes du Nouveau Continent.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-3">      D barrassons-nous du clich. Le truc qui lui colle  la peau. Frdric
    Roux est l'homme de plume qui connat la boxe sur le bout des gants.
    Quand on veut un texte clair sur les poids lourds du Madison Square
    Garden, c'est chez lui qu'on sonne. Cette rputation le poursuit. Les
    critiques lui trouvent du punch, saluent l'nergie avec laquelle il
    expdie le public dans les cordes. "Je trane a depuis des dcennies
    !"
 
 
    Un coup d'oeil sur sa bibliographie vous rappellera qu'il a publi un
    bouquin sur Mike Tyson, sign un roman intitul Ring. Il y a d'autres
    raisons. Les traces d'une passion paternelle, et ce dfi lanc il y a
    quarante ans : "Je faisais partie d'un groupe d'artistes contemporains,
    mouvement para-situ et post-dada nomm Prsence Pantchounet. Nous nous
    tions aperus que dans le milieu de l'art, comme partout, tout se
    ramne  des histoires de singes : qui est le plus fort ? qui est le
    mle dominant ? On a pris cela au pied de la lettre et on a organis un
    championnat du monde de boxe des artistes. Et pour ne pas avoir l'air
    trop cons (l'artiste franais est plutt chtif, l'amricain assez
    baraqu), on s'est tous inscrits dans une salle de boxe pour
    s'entraner. Les autres ont arrt, moi j'ai continu."
 
    De cette initiation pugilistique, Frdric Roux a hrit un pedigree
    pour CV littraire. Mais pas seulement. "C'est l o j'ai le plus
    appris sur moi, sur les autres, les relations humaines, la peur et
    comment l'apprivoiser. Car je ne suis pas plus courageux qu'un livre.
    J'ai appris  continuer  me battre mme aprs une dfaite, qu'on
    pouvait perdre mme face  pas meilleur que soi, enseignement qui me
    sert tout le temps, y compris dans le monde littraire. Cela a t plus
    formateur qu'une analyse."
 
    Adepte des arts plastiques (on lui doit L'Introduction de
    l'esthtique), ce lecteur de Debord et de Vaneigem truffe ses livres (
    la lecture on ne peut plus accessible) de procds comme le collage, le
    cut-up, le copier-coller... "Personne ne le remarque. Mais ma famille,
    c'est l'avant-garde." Il a aussi t pdicure mdical ("De vieilles
    femmes dpressives constituaient 90 % de ma clientle"), journaliste 
    Tl-Obs, il a fait des chantiers, il a appris  aimer "ce qu'on
    appelle les gens". "J'en ai fait partie. Ancien cancre, je respecte les
    petits commerants, les petits artisans perdus. J'ai arrt toutes ces
    activits, je me suis arrt souvent, comme j'ai arrt d'habiter
    Bordeaux, une ville avec laquelle j'ai toujours eu de mauvais rapports.
    Je suis toujours un tranger l o je suis n. On y vante ma
    "discrtion" ! On pourrait m'oublier comme un enfant dans la montagne
    ou penser que je suis d'ailleurs."
 
    Aujourd'hui, Frdric Roux gagne sa vie en publiant des livres. Il
    prfre nanmoins se promener : "Je suis enferm lorsque j'cris entre
    quatre murs o je me cogne la tte, crire ne me soigne pas, crire me
    rend malade." Autobiographiques, ses romans les plus marquants, Mal de
    pre (Flammarion, 1996), Et mon fils avec moi n'apprendra qu' pleurer
    (Grasset, 2005) charrient des blessures familiales, ce dernier plaant
    un couplet de Charles Trenet en exergue : "Je n'ai pas aim mon pre/Je
    n'ai pas aim mon sort/Je n'ai pas aim ma mre/Je n'ai pas aim la
    mort." Livres que ses parents ont rejets avec lui : "L'crivain qui
    mrite quelque considration dit toujours ce qu'il ne faut pas dire
    comme il ne faut pas le dire."
 
    L'Hiver indien ne ressemble  rien de ce qu'il a publi. "On y retrouve
    des thmes qui me sont chers, la fraternit, les rapports compliqus
    entre pre et fils, le drame des mondes qui s'arrtent, l'amour des
    dpossds, des laisss-pour-compte, de ceux qui n'ont pas la grce,
    mais c'est mon premier roman d'imagination." Rupture ? "On verra",
    dit-il, pas mcontent de dmontrer qu'il "possde un nouveau coup".
 
    C'est sa femme, adepte de "Thalassa", qui lui a signal un reportage
    sur les Indiens Makah. "Ils avaient t repousss jusqu'au bord du
    Pacifique. Personne n'entendrait plus parler d'eux sur cette terre qui
    leur appartenait, except dans les muses d'ethnographie..." Le roman,
    magistral, raconte comment six d'entre eux dcident, pour dfier
    l'Amrique blanche, de reprendre la chasse  la baleine abandonne par
    leurs anctres un demi-sicle plus tt. Et se heurtent aux colos de
    Sea Savers, dirigs par un prcheur dont les fondateurs de Greenpeace
    s'taient spars  cause de ses mthodes radicales. "Il faut aller sur
    leur site pour se rendre compte  quel point ils sont givrs ! Ce
    Watson (il s'appelle Holmes dans le roman) est un fondamentaliste
    dangereux qui considre l'homme et la moule  galit, comme deux
    organismes vivants !"
 
    L'criture de L'Hiver indien est aussi la consquence d'un agacement
    devant le "masochisme crtin" avec lequel on parle de la littrature
    franaise : "Elle est prtendument nombriliste, coupe du rel... Tout
    cela me fatigue ! Il parat que seuls les Amricains savent crire, eh
    bien j'ai voulu faire un livre comme ils savent en faire, et hsit 
    prendre un pseudo. Vous savez, dans certains de mes livres, il y a des
    pomes prts  des auteurs de l-bas que j'ai crits moi-mme ! Pas
    question de faire un pastiche ni de faire du roman amricain en moins
    bien, comme Hugues Aufray ou Johnny Hallyday dans la chanson. J'ai
    voulu aller sur leur terrain, c'est--dire traiter (de faon
    documente) un sujet amricain, en racontant une histoire sans ironie
    ni second degr."
 
    Frdric Roux aurait pu se trouver un patronyme anglo-saxon et faire
    croire  une traduction ; on n'y aurait vu que du feu. On aurait vant
    sa dextrit  rveiller les mythes du Nouveau Continent,  faire rugir
    les eaux de Moby Dick et  revaloriser les dclasss. On aurait - qui
    sait ? - parl d'un disciple de Jim Harrison, dfenseur comme lui d'une
    cause indienne  mille lieues de l'image d'Epinal. On aurait salu les
    rfrences cinmatographiques, en particulier  La Horde sauvage, de
    Sam Peckinpah. Et la qualit de la bande-son : ce roman est un hommage
     la country,  Johnny Cash, Bob Dylan, Kris Kristofferson, Willie
    Nelson, Tom Russell, Various Artists...
 
    "Tout le monde ne pouvait pas avoir la chance de faire partie d'une
    minorit visible victime de discrimination", lit-on, page 383. Un
    exemple de la causticit de l'auteur qui commente : "Mais oui, c'est
    une malchance, parfois, d'tre sexagnaire, blanc, n  Bordeaux,
    pdicure mdical, soutenu par aucun lobby, n'ayant pas t membre d'une
    organisation politique d'extrme gauche, et n'ayant pas fait
    Normale-Sup."
 
    Dernier dtail : L'Hiver indien est ddi aux espces en voie de
    disparition,  la mmoire de Martin Kippenberger (artiste contemporain
    allemand, capable de s'exprimer dans une multitude de styles), et de
    Marcel Cerdan : "Le seul boxeur franais que les Amricains
    respectent."
 
