<FILE-date="2008/01/10/19">
<article-nb="2008/01/10/19-1">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  Une exposition gratuite et  succs  l&#38;#39;Htel de Ville.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">      Q ue retient Walter Dreizner, soldat allemand et photographe amateur,
    du Paris entre 1942 et 1944 ? Ni les tickets de rationnement ni les
    toiles jaunes. Mais les filles ! Les culs fminins penchs sur la
    Seine, ou les belles plantes en maillot  la piscine Deligny.
 
    Le contraste avec les images d'Andr Zucca - mme lieu, mmes dates -
    est saisissant. Ce dernier, qui travaille pour le magazine de
    propagande nazie Signal, montre des Parisiens sinistres sous des
    affiches de propagande du marchal Ptain. Les deux auteurs ont juste
    en commun d'avoir photographi Paris en couleurs, alors que les
    pellicules taient introuvables et les prises de vue contrles.
 
 
    Ces deux ensembles tonnants sont prsents dans l'exposition "Paris en
    couleurs, des frres Lumire  Martin Parr". Pour cette nouvelle
    exposition gratuite  l'Htel de Ville, la mairie a choisi  son
    habitude un thme rassembleur. Et, chaque jour, la file de spectateurs
    s'allonge devant le btiment. Mais, parmi les 300 images et films
    exposs, on trouve nombre de documents mconnus ou indits, qui font
    l'intrt de l'exposition.
 
    Car la photo couleur, aujourd'hui dominante, a longtemps t une raret
    : coteuse, complexe  produire, elle a aussi t mprise, cantonne 
    la mode et  la publicit. C'est d'autant plus vrai  Paris, o l'cole
    humaniste, dans l'aprs-guerre, a impos la vision d'une capitale
    plonge dans un noir et blanc nostalgique.
 
    Dans le parcours chronologique, la premire partie consacre 
    l'autochrome est la plus riche. Au dbut du XX^e sicle, les photos de
    Lon Gimpel, collaborateur au magazine L'Illustration, ou les Archives
    de la plante, cet immense fonds collect par le banquier utopiste
    Albert Kahn (Le Monde du 15 novembre 2007), ressuscitent une capitale
    vivante, rendue plus proche encore par ses couleurs clatantes : les
    nons de l'Olympia scintillent, les pubs de liqueurs couvrent les murs,
    les commerces dbordent d'animation.
 
    LE RLE DES TRANGERS
 
    En 1919, les restes de la guerre sont encore omniprsents dans les rues
    lourdement pavoises en souvenir de la victoire sur l'Allemagne.
    L'intrt esthtique, ici, le dispute  l'historique. Il est d'autant
    plus dommage que l'norme quantit d'images exposes rende le parcours
    pnible.
 
    Aprs 1945, la couleur va laisser indiffrente l'cole humaniste ; les
    photos colores de Robert Doisneau n'apportent pas grand-chose de plus
    que ses vues en noir et blanc. A croire que seuls les trangers
    peroivent l'intrt de la couleur : dans les annes 1950, l'Autrichien
    Ernst Haas cultive le romantisme de la capitale par des ambiances
    pastel. L'Amricain Saul Leiter traite les touches de couleur  la
    manire d'un peintre. L'exposition consacre aussi une salle  un
    Allemand oubli, Peter Cornelius (1913-1970), qui livre de Paris une
    vision chaude et sensuelle.
 
    C'est  la fin du parcours que le concept de l'exposition trouve ses
    limites. Dans l'avalanche de couleurs qui caractrise la cration
    contemporaine, l'exposition ne sait pas choisir. Elle runit ple-mle
    photojournalisme, documentaire et mise en scne, dans des oeuvres o la
    capitale est souvent moins un sujet qu'un dcor. Coincs dans un
    couloir au premier tage, les grands formats de Stphane Couturier,
    Martin Parr ou Pierre et Gilles en sont rduits  un minimum commun :
    des teintes vives et dcoratives.
      __________________________________________________________________
 
    "Paris en couleurs", Htel de Ville, salle Saint-Jean, 5, rue Lobau,
    Paris-4^e. M Htel-de-Ville. Jusqu'au 31 mars. Paris en couleurs, d.
    Seuil, 216 p., 39 .
 
<article-nb="2008/01/10/19-2">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  Omar Porras offre au Thtre des Abbesses une dlicieuse version de &#38;#34;Matre Puntila et son valet Matti&#38;#34;.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">      I l y a des jours o le thtre vous berce, comme une histoire qu'on
    vous raconterait, juste avant la nuit, pour nourrir les rves. Il ne
    s'agit pas toujours de grand thtre, mais peu importe : son charme
    vous rend docile, vous vous laissez porter par un doux sentiment
    d'enfance. C'est le cas pour Matre Puntila et son valet Matti, mis en
    scne par Omar Porras : un joli cadeau d'un soir pour commencer 2008.
 
 
    Pourtant, on ne peut pas dire que Puntila soit une "jolie" pice.
    Bertolt Brecht l'a crite quand il tait en exil en Finlande, en 1940.
    Si ce pays y apparat comme un dcor de rve - avec bouleaux, sauna
    dans la fort, rivire  crevisses -, l'histoire repose sur un thme
    nettement politique : la lutte des classes, ouverte entre Puntila,
    riche propritaire, et Matti, son chauffeur.
 
    Dans une Finlande o l'on boit comme on respire, Puntila est un cas
    d'alcoolisme. Il est humain uniquement quand il est ivre. Mais, une
    fois par trimestre, il a un "accs de sobrit insense" et devient
    monstrueux : il ne pense plus qu' ses intrts. Face  lui, Matti est
    un miroir lucide de la conscience de classe. Assez lucide pour refuser,
     la fin de la pice, d'pouser la fille de Puntila, qui s'offre  lui
    : l'argent ne peut combler l'abme qui les spare.
 
    Tout cela, qui a nourri nombre de mises en scne de Matre Puntila et
    son valet Matti, n'est pas ce qui intresse Omar Porras. Il n'y a pas
    de ligne de partage politique dans sa mise en scne, mais un tableau de
    groupe, avec des hommes et des femmes, des riches et des pauvres qui
    prservent leurs intrts ou tentent de survivre, tout simplement.
 
    LIBERT DE TON
 
    Ils le font avec une allgresse qui emprunte  la commedia dell'arte.
    Masqus, grims, les comdiens voluent dans un dcor de Jean-Marc
    Stehl qui se dploie comme un livre dont les pages cartonnes
    inventent en relief un village, une fort ou une maison. C'est
    dlicieux, comme est dlicieuse la libert de ton de la mise en scne
    d'Omar Porras.
 
    Le thtre de ce Colombien install en Suisse possde une qualit toute
    personnelle : il est enracin dans la terre, et en mme temps exalt
    par une vision baroque. Son Puntila n'chappe pas  la rgle, mme s'il
    est plus sage que certaines mises en scne prcdentes. Il y manque
    cette part vnneuse qui accompagnait, par exemple, Noces de sang, de
    Lorca.
 
    Mais les performances des acteurs sont extraordinaires, surtout celles
    de Puntila et de Matti. Et puis, on ne sait trop comment, la fin du
    spectacle dgage une mlancolie, loin de Brecht, sans doute, mais si
    proche de la vie qu'on se retrouve tout mu.
      __________________________________________________________________
 
    Matre Puntila et son valet Matti, de Brecht. Mise en scne : Omar
    Porras. Avec Delphine Bibet, Jean-Luc Couchard, Camille Figuro, Louis
    Fortier, Stphanie Gagneux, Pierre-Yves Le Louarn, Fabiana Medina,
    Juliette Plumecocq-Mech, Emiliano Suarez.
    Thtre des Abbesses, 31, rue des Abbesses, Paris-18^e. M^o Abbesses.
    Tl. : 01-42-74-22-77. Du mardi au samedi,  20 h 30 ; dimanche  15
    heures. Dure : 2 h 20. Jusqu'au 26 janvier. De 16,50  23 .
 
<article-nb="2008/01/10/19-3">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Une exposition  Lille sur la mmoire ouvrire du Nord.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">      A ttention, une exposition peut en cacher une autre. A Lille, au Muse
    d'histoire naturelle, on prsente un panorama de l'ancien bassin minier
    du Nord-Pas-de-Calais, de sa formation depuis les temps gologiques les
    plus anciens (300 millions d'annes) jusqu' l'exploitation de la
    houille - le dernier puits d'extraction, celui d'Oignies, a ferm en
    1990.
 
 
    La premire partie, monte  l'conomie, est fort convenue. Elle se
    borne  quelques reconstitutions peu convaincantes de la fort du
    carbonifre, avec ses fougres gantes et ses fossiles trouvs dans les
    veines de charbon.
 
    La seconde partie est radicalement diffrente. Et elle est
    passionnante. Il s'agit de montrer la transformation d'une rgion, d'un
    pays vert agricole  un pays noir industriel. Cerner l'volution des
    techniques et la vie des populations,  travers des tableaux, des
    objets, des maquettes de machines ou de btiments.
 
    La vedette de l'exposition est une gigantesque maquette : elle
    reprsente une usine sidrurgique leve  Denain  la fin du XIX^e
    sicle, difice aujourd'hui disparue. Ce plan-relief, retrouv au fond
    d'un grenier, est l'un des symboles de la mutation de cette rgion, 
    partir du moment o le gisement commence  tre exploit, ds la fin du
    XVIII^e sicle.
 
    TMOIGNAGE PRCIEUX
 
    La reproduction au 1/20^e des anciennes aciries de Denain est haute de
    3 mtres, longue de 6, large de 4. Elle fut conue d'aprs les plans de
    l'usine sidrurgique, au moment de sa construction, pour l'Exposition
    universelle d'Amsterdam de 1883, puis celle de Paris de 1889 (qui vit
    la naissance de la tour Eiffel).
 
    Le plan-relief est d'ailleurs plus complet que ce qui fut jamais
    ralis puisqu'on peut voir quatre hauts-fourneaux en rduction, alors
    que seulement deux d'entre eux ont t construits. Cette acirie
    miniature, aprs avoir t oublie en morceaux dans une rserve du
    Muse industriel et commercial de Lille, aujourd'hui disparu, a t
    soigneusement remonte. Ce tmoignage est d'autant plus prcieux qu'il
    nous donne, avec un luxe de prcisions ingal, une vision de ce
    "btiment-machine" dont il ne reste plus de traces sinon  l'tat de
    fragments incomprhensibles.
 
    Les tableaux de peintres mconnus (Etienne Bouhot, Constantin Meunier,
    Pierre Paulus, Lucien Jonas) qui accompagnent l'exposition tmoignent
    du quotidien des ouvriers aux prises avec la matire  extraire et 
    transformer. Le charbon est en effet  la source de plusieurs types
    d'industries : la sidrurgie, qui s'installe dans l'est du bassin
    minier, mais aussi la chimie ou le gaz. Une toile, L'Usine  gaz de
    Courcelles, par Ernest Jean Delahaye, est d'ailleurs hallucinante. Elle
    rappelle les abominables conditions de travail de plusieurs gnrations
    qui y ont laiss leur sant en contrepartie de maigres salaires.
 
    De chaque ct de la maquette de l'usine de Denain sont disposs deux
    tableaux. Sur le premier, on peut voir les reprsentants du Comit des
    forges de l'poque, costumes noirs, faux cols blancs, posant autour
    d'une table. Sur le second, des ouvriers  moiti nus sont en train de
    pousser une pice mtallique chauffe  blanc sous un marteau-pilon
    afin qu'elle soit forge. Dans l'une et l'autre toile, deux
    collectivits antagonistes sont  l'oeuvre. On peut y voir une
    manifestation de la lutte des classes selon Marx, ou un raccourci du
    collectif social avant le triomphe de l'individualisme.
      __________________________________________________________________
 
    "Pays'ges", Muse d'histoire naturelle de Lille, 19, rue de Bruxelles.
    Tl. : 03-28-55-30-80. Lundi, jeudi et vendredi, de 9 h 30  18 heures
    ; mercredi, nocturne jusqu' 21 heures, samedi et dimanche, de 11
    heures  18 heures. De 3  5 .
    Catalogue, 108 p., 10 .
 
<article-nb="2008/01/10/19-4">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4">  La socit du spectacle a tout contamin, les ides et les hommes, tel est le message glan lors de cette qute sur le sens de la vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4">      A pproch par un impresario  la fin de l'ultime reprsentation de sa
    pice, le metteur en scne Luigi (Edouard Baer) est sollicit pour le
    premier rle d'un film produit par monsieur Castang. D'o le titre de
    cette revue foutraque, Looking for Mister Castang,  La Cigale, 
    Paris. L'insaisissable producteur sera comme le lapin d'Alice au pays
    des merveilles aprs lequel Luigi court de pays en pays, de ville en
    jungle, d'un tableau scnique  l'autre, au gr d'accords de musique de
    Nino Rota ou de chansons originales.
 
 
    On chante beaucoup, on joue de la guitare et du piano (Grard Daguerre,
    l'accompagnateur de Barbara, est au clavier). Mme les rvolutionnaires
    entonnent leur dsir de changement sur un air de varits. Luigi, lui,
    pourrait reprendre le leitmotiv : "En retard, en retard j'ai
    rendez-vous quelque part." Sur sa route allonge par les dtours, seme
    d'embches, il croise un humoriste canadien, un gourou spirituel, un
    Pygme, des vampires obscnes, une claqueuse de fouet, un gurillero en
    cagoule rose, un griot africain...
 
    Tout le monde joue son rle ou plusieurs et en sort  sa guise. Rien
    n'est srieux ni pour de vrai. La socit du spectacle a tout
    contamin, les ides et les hommes, tel est le message glan lors de
    cette qute sur le sens de la vie. Emberlificote et
    grand-guignolesque, l'histoire ? Pas grave. La verve fantaisiste fait
    son effet.
 
    Dommage que cette troupe  14, au lieu de 27 pour le spectacle
    prcdent de Baer - La Folle et Vritable Histoire de Luigi Prizzoti -,
    dispose de si peu de moyens dans un genre thtral qui en requiert bien
    davantage pour dployer extravagance et beaut plastique dans les
    numros et les dcors rduits, ici, au strict minimum.
      __________________________________________________________________
 
    Looking for Mister Castang, d'Edouard Baer et sa troupe. La Cigale,
    124, bd Rochechouart, Paris-9^e. M Pigalle. Tl. : 08-92-68-36-22.
    Jusqu'au 14 fvrier. Du mardi au dimanche,  20 h 30. De 32  42 .
 
<article-nb="2008/01/10/19-5">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5">  Chaque mercredi, retrouvez une slection d&#38;#39;artistes qui font ou feront l&#38;#39;actualit musicale sur la Toile.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5">      C haque mercredi, retrouvez une slection d'artistes qui font ou feront
    l'actualit musicale sur la Toile.
 
    Radiohead
    Aprs  avoir secou l'industrie du disque en   distribuant
    exclusivement par Internet In Rainbows, le quintet rock britannique a
    sorti son album CD le 31 dcembre dernier. Pour l'vnement, une
    performance d'une   heure a t retransmise sur CurrentTV.com, la
    chane tlvise d'Al Gore. Les ttes de radio y interprtent pour la
    1^re fois en studio l'intgralit d'In Rainbows.
 
 
    REM
    Le groupe d'Athens, men par le charismatique Michael Stipe, prpare le
    compte--rebours. Son nouvel album annonc pour mars publie
    quotidiennement une srie de vidos exprimentales. A voir sur le site
    ninetynights.com.
 
    The Black Cab Sessions
    Aprs les "Concerts  emporter" et les "Ukulele sessions", voil un
    nouveau concept de concert qui nous vient de Grande-Bretagne, les Black
    Cab Sessions. Un artiste interprte un morceau dans un clbre taxi
    londonien. Lancs sur les chapeaux de roue, Les Kooks, Raveonettes, St
    Vincent se sont dj laisss sduire.
 
    Bernard Lavilliers
    De la Jamaque  Beyrouth, il n'y a qu'un pas franchi allgrement par
    Bernard Lavilliers. Le baroudeur nous revient avec Samedi soir 
    Beyrouth.  Dans l'intimit des sances en studios, des "webisodes" 
    dcouvrir.
 
     Nick Cave & The Bad Seeds
 
    Aprs la parenthse vaudou rock Diggerman, l'Australien annonce son
    grand retour avec ses lgendaires Bad Seeds en mars prochain. Son site
    officiel fait peau neuve et propose en coute "Dig !!! Lazarus Dig
    !!!", morceau qui donne le nom  ce 14^e album.
 
    Alela Diane
    A tout juste 23 ans, la protge du label Fargo s'impose comme la
    rvlation 2007 country/folk. Elle dvoile sur un site ddi 4 titres
    de son premier album en coute, accompagns d'une vido et d'un
    portfolio.
 
    Willowz
    Repre par le ralisateur Michel Gondry, cette prcoce formation
    amricaine mlange esthtique rock garage et essence blues rock du
    bayou. En vido, le trs roots single Jubilee tir de leur dernier
    album, Chautauqau.
    
 
    Vincent Delerm
      Le chanteur fan de Fanny Ardant runit sur son nouvel album
    l'intgralit des seize duos donns lors de ses concerts  La   Cigale
    en 2007. On se dlecte sur YouTube de quelques vidos   de ses
    prestations dont "Les Gens qui doutent" avec Jeanne Cherhal et
    Albin de la Simone.
 
 
