<FILE-date="2008/01/10/19">
<article-nb="2008/01/10/19-1">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1">  Quelque 47 % des socits franaises du secteur des technologies de l&#38;#39;information et de la communication cres entre 1998 et 2001 ont t vendues  des socits trangres
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1">      A prs avoir soutenu l'investissement en capital-risque, le
    gouvernement serait bien inspir de favoriser l'mergence de PME de
    grande taille, pour aider les plus petites  natre, estime Olivier
    Passet, auteur d'une Note sur l'efficacit des incitations publiques en
    faveur du capital-risque, publie mardi 7 janvier par le Centre
    d'analyse stratgique (ex-Commissariat au Plan).
 
 
    Dans certains cas, en effet, David peut avoir besoin d'un Goliath pour
    vivre. Ainsi en est-il des petites socits innovantes. Un petit nombre
    d'entre elles arrivent  crotre par elles-mmes,  l'instar de
    Microsoft ou de Google, qui ont pu trouver  la Bourse les moyens de
    grandir. Mais, en Europe continentale, o la Bourse n'accueille que
    parcimonieusement les socits innovantes, elles n'ont souvent d'autres
    solutions que de se vendre  une entreprise de plus grande taille. Or
    le tissu de grandes socits innovantes faisant dfaut en Europe, de
    nombreuses start-up cres sur le Vieux Continent finissent par se
    vendre  des groupes amricains souvent, japonais parfois, et
    dornavant aussi indiens ou chinois.
 
    Prs de la moiti (47 %) des socits franaises du secteur des
    technologies de l'information et de la communication cres entre 1998
    et 2001 ont t vendues  des socits trangres, et 31 %  des
    socits non europennes, a calcul Jean Redis, enseignant-chercheur 
    l'Institut suprieur de technologie et management (ISTM). Les rsultats
    d'une tude globale, tous secteurs confondus, qu'il est sur le point de
    terminer, seraient quivalents. La quasi-totalit des acteurs s'en
    meut. " Quand on met sur le march une socit technologique ayant un
    bon savoir-faire et des brevets, les grands groupes franais
    n'enchrissent pas. Ils prfrent acheter plus cher, plus tard. Alors
    que les socits amricaines sont  l'afft", constate Philippe
    Capdevielle, prsident du directoire de la socit de capital-risque
    Emertec Gestion.
 
    Son collgue Herv Schricke, prsident de XAnge, constate que le
    phnomne prend de l'ampleur. Aux offres amricaines s'ajoutent celles
    des pays mergents. D'Inde en particulier, " parce que,  la diffrence
    du dollar, la roupie est forte et que le march domestique indien n'est
    pas suffisant pour amortir les cots de dveloppement", explique M.
    Schricke. Rcemment, il a vendu Vox Nobili, une socit de logiciels de
    synchronisation pour assistants personnels,  une socit indienne,
    OnMobile. "Celle-ci s'est prsente spontanment. Son offre tait
    financirement suprieure  celles des groupes europens. En outre, ses
    dirigeants ont su crer un climat de confiance avec les fondateurs de
    Vox Nobili. Le dynamisme des Indiens, leur dtermination, leur rapidit
    d'action, mais aussi leur souplesse" leur ont permis de remporter la
    mise.
 
    Globalement, quand des acqureurs europens se prsentent, leur offre
    est en moyenne de 25 %  35 % infrieure  celle des groupes
    amricains, estime Philippe Grand, associ chez Ernst & Young : "La
    diffrence dpend des secteurs. Elle est plus importante dans les
    biotechnologies."
 
    L'EUROPE MORCELE
 
    Plusieurs raisons expliquent ce phnomne. Tout d'abord, "les groupes
    franais ne voient pas les profits qu'ils peuvent tirer d'une
    acquisition, mais plutt les investissements passs. Les Amricains
    font le contraire, analyse Daniel Kahn, avocat rompu aux ngociations
    de socits technologiques. Les Franais savent que la socit a t
    cre avec des bouts de ficelle, grce  des crdits impts recherche,
    des aides d'Oso (l'tablissement public d'aide aux PME). Ils ne
    peuvent envisager de la payer 30 millions de dollars ! Alors qu'un
    groupe amricain est prt  mettre le prix pour acqurir une quipe de
    dix ingnieurs issus d'un grand centre de recherche comme l'Inria, qui
    ont cr leur socit et dpos des brevets. Ils calculent ce que a
    leur aurait cot de faire la mme chose aux Etats-Unis et le temps
    qu'ils vont ainsi gagner".
 
    Les dirigeants des grands groupes amricains, comme Microsoft, Google
    ou Oracle, ont un pass de crateurs d'entreprises. "Ils ont fait leurs
    classes dans des start-up. Ils savent que la proprit intellectuelle
    et le savoir-faire font la valeur de l'entreprise, et non le chiffre
    d'affaires ou l'excdent brut d'exploitation. Ils ne nous envoient pas
    cinq bataillons d'experts pour nous expliquer pourquoi la socit ne
    vaut rien", rsume M. Capdevieille. En Europe,  part dans quelques
    entreprises comme Nokia, peu de dirigeants de groupes ont cette
    culture, constatent les intresss. "250 socits de logiciels sont
    cotes aux Etats-Unis, et la plupart ont une capitalisation boursire
    suprieure  0,5 milliard de dollars. En Europe, une vingtaine
    seulement ont cette dimension", explique Julie Langley, directrice
    gnrale de Jefferies International, banque d'investissement amricaine
    trs implique dans les entreprises technologiques.
 
    La taille du march amricain permet aussi de rentabiliser les cots
    d'acquisition plus rapidement qu'en Europe, o l'on n'a encore qu'une
    addition de marchs morcels. C'est particulirement vrai dans le
    domaine des biotechnologies : " Le systme de sant allemand est
    diffrent des systmes italien ou espagnol. Les cots de mise sur le
    march sont plus levs qu'aux Etats-Unis", explique M. Grand. Mais
    c'est aussi le cas dans les technologies de l'information et de la
    communication (TIC).
 
    S'il semble trs difficile de rsoudre ce problme d'oeuf et de poule
    dans les TIC et les biotechnologies, les places sont encore  prendre
    dans les technologies propres, les clean-tech, qui suscitent une vague
    de crations d'entreprises dans le monde.
 
<article-nb="2008/01/10/19-2">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2">  Ptrole cher, euro fort, insuffisante comptitivit des entreprises : le dficit de la France en 2007 pourrait s&#38;#39;lever  40 milliards d&#38;#39;euros.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2">      A vec un solde ngatif de 4,792 milliards d'euros en novembre,
    suprieur de 30 % au prcdent record mensuel, en octobre, la France
    s'apprte  pulvriser en 2007 tous ses records de dficit commercial.
    Pour les douze derniers mois, ont annonc, mercredi 9 janvier, les
    douanes, il atteint 37,967 milliards d'euros en cumul, ce qui ne s'est
    jamais vu.
 
 
 
 
           L'impt sur les socits est plutt bien
    rentr
 
 
 
    Malgr les turbulences financires lies  la crise du march des
    crdits hypothcaires  risque (subprime) aux Etats-Unis et au
    ralentissement conomique, les recettes de l'impt sur les socits
    (IS) ont plutt bien rsist. Elles ont atteint 50,8 milliards d'euros
    en 2007, a annonc, mercredi 9 janvier, le ministre du budget. Ce
    rsultat, lgrement infrieur au montant inscrit dans le collectif
    budgtaire (51,1 milliards d'euros), mais suprieur de quelque 5
    milliards  la loi de finances initiale pour 2007 (46,1 milliards), a
    t accueilli avec une certaine satisfaction  Bercy. Pendant le dbat
    budgtaire de l'automne, l'UMP, par la voix du rapporteur gnral de la
    commission des finances de l'Assemble, Gilles Carrez, s'tait
    inquite d'une possible survaluation des rentres de cet impt.
 
                                                              
 
 
 
    Dans un entretien aux Echos du 10 janvier, le secrtaire d'Etat aux
    entreprises et au commerce extrieur, Herv Novelli, reconnat le
    caractre "historique" de cette contre-performance franaise, d'autant
    plus spectaculaire que son principal partenaire commercial,
    l'Allemagne, a affich en novembre un excdent de 19,3 milliards
    d'euros, sans prcdent depuis dix-sept ans, selon l'Office fdrale
    des statistiques.
 
    "Nous finirons l'anne 2007 avec un solde entre - 35 et - 40 milliards
    d'euros qui rsulte, pour les trois quarts du solde nergtique. Notre
    dficit est historique parce que le prix du ptrole est historique",
    fait valoir M. Novelli. Le dficit franais avait atteint 28,2
    milliards d'euros en 2006 et 22,9 milliards en 2005.
 
    Le point de vue de M. Novelli ne rsiste gure  l'analyse. Le
    renchrissement du prix de l'nergie plombe le solde commercial
    franais, et les importations d'hydrocarbures naturels ont connu une
    nouvelle hausse de plus de 200 millions d'euros en novembre. Mais
    l'euro fort et surtout le manque de comptitivit des exportateurs
    franais ont jou un rle dans la dtrioration sans prcdent et trs
    rapide de la balance commerciale.
 
    Les exportations franaises, qui s'lvent sur douze mois  33,304
    milliards d'euros, n'ont progress que de 2,9 % sur un an, tandis que
    les importations (38,096 milliards d'euros) augmentaient de 8,4 %.
    Presque tous les secteurs de l'conomie affichent des soldes ngatifs.
    Le dficit industriel se creuse et dpasse les 2 milliards d'euros. Les
    ventes d'Airbus n'ont rapport que 895 millions d'euros en novembre. Il
    s'agit de "la deuxime plus mauvaise performance depuis aot 2006",
    crit Alexandre Law (Xerfi) qui souligne le caractre proccupant de
    "la baisse de rgime de deux ples d'excellence traditionnels de
    l'industrie franaise : l'aronautique et l'automobile".
 
    De fait, cette dernire industrie affiche, selon les douanes, "un
    premier dficit consquent" de 300 millions d'euros, en raison de la
    baisse des exportations et de la hausse des importations en provenance
    d'Allemagne, d'Italie, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des pays de
    l'largissement.
 
    Mais les autres secteurs industriels sont touchs : les exportations de
    biens de consommation marquent le pas depuis deux mois, du fait du
    flchissement des ventes de produits pharmaceutiques vers les
    Etats-Unis et la Suisse. Les exportations de biens intermdiaires
    demeurent "globalement stables" et l'agroalimentaire flchit.
 
    Le dficit commercial de la France avec l'Union europenne atteint en
    novembre 2,3 milliards d'euros. Ses changes avec l'Amrique diminuent.
    Tel est le cas galement des exportations vers la Chine.
 
    Hors nergie, analyse l'conomiste Philippe Waechter (Natixis Asset
    Management), le commerce extrieur a t, en novembre, dficitaire pour
    la premire fois depuis 1991. "A la fin du mois de novembre 2006,
    crit-il, le solde (hors nergie) cumul depuis janvier 2006 tait
    excdentaire de 17,3 milliards d'euros (... ). En novembre 2007, le
    mme calcul fait ressortir un excdent de 5,1 milliards cumul depuis
    janvier". "En un an, l'excdent a fondu de 12 milliards", ce qui,
    prcise M. Waechter, "reflte probablement une dgradation de
    comptitivit lie au manque d'innovation, aux prix, mais aussi
    srement  la spcialisation gographique". Le commerce extrieur
    franais est "trop prsent sur la zone euro et trop peu actif sur les
    zones  forte croissance" (Asie, Europe centrale), conclut
    l'conomiste.
 
 
<article-nb="2008/01/10/19-3">
<filnamedate="20080110"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080110"><AAMMJJHH="2008011019">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3">  Le prsident des enseignes Systme U est un hyperactif. En premire ligne dans le dbat sur le pouvoir d&#38;#39;achat, il s&#38;#39;est panoui comme porte-parole officieux de la grande distribution.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3">      A u dbut, il tait ttanis. Lui, l'ancien ado rebelle, l'autodidacte
    diplm d'un BEP de commerce, sur les plateaux de tlvision pour
    parler au nom de la grande distribution ? Et puis, au fil du temps, il
    les a tous faits. Il est mme devenu ces derniers mois ce que les
    mdias appellent "un bon client", toujours disponible pour dbattre du
    pouvoir d'achat ou dfendre la grande distribution face aux
    fournisseurs. "Pas toujours, corrige-t-il immdiatement. Je ne prends
    la parole que si a peut rendre service  la communaut de commerants
    que je reprsente. Je n'irai jamais chez Ruquier ou chez Ardisson, par
    exemple."
 
 
 
 
           Parcours
 
 
 
    1955
    Naissance  Saint-Gilles- Croix-de-Vie (Vende).
 
    1972
    BEP de commerce.
 
    1976
    Entre chez Systme U.
 
    1981
    Achte son premier magasin Super U.
 
    2004
    Prend la direction gnrale des enseignes Systme U.
 
    2005
    Devient PDG du groupement.
 
                                                              
 
 
 
    Serge Papin est un homme de communication. Mais il est aussi, depuis
    2005, le PDG des "nouveaux commerants" (Hyper U, Super U, March U),
    un groupement de 876 magasins indpendants. Chiffre d'affaires : plus
    de 16 milliards d'euros. Part de march : prs de 9 %. La cinquantaine
    fringante, le tutoiement facile, le capitaine du bateau a de la
    tchatche.
 
    L'invitable comparaison avec son concurrent Michel-Edouard Leclerc a
    le don de l'irriter. "Je ne fais pas la course avec Michel." Chez
    Carrefour ou Auchan, certains trouvent qu'il en fait un peu trop. Mais
    les mmes louent son courage, son art de dfendre la profession.
    Michel-Edouard Leclerc lui-mme relve un mimtisme certain. Mais
    considre que sa prsence dans les mdias est une bonne chose : "Je
    commenais  me sentir un peu seul. Et puis, au fil du temps, son
    discours s'est structur, il n'est plus seulement en dfense ou en
    attaque. Serge a mri."
 
    L'un est breton dans l'me, l'autre est un amoureux inconditionnel de
    la Vende, dont il peut raconter l'histoire pendant des heures. Mais la
    comparaison a ses limites. Car si Serge Papin a baign ds sa naissance
    dans la distribution alimentaire, il n'est pas un "fils de". Son
    enfance n'a pas t trs gaie. Ses parents tenaient un petit magasin
    d'alimentation. "Il y avait peu d'intimit familiale. Le client passait
    avant tout... C'est une priode un peu douloureuse de ma vie." Pour
    arrondir les fins de mois, son pre chine dans les campagnes. "A 3 ans,
    il m'asseyait dans un grand cageot profond comme dans un couffin, dans
    son camion-magasin", se souvient-il. A 10 ans, c'est le grand
    dmnagement... La famille quitte Saint-Gilles-Croix-de-vie, s'installe
    dans le bocage pour reprendre un magasin Codec. C'est un dchirement -
    "J'ai vcu a comme un changement de pays, de culture."
 
    L'adolescence n'est gure plus joyeuse. Envoy en pension chez les
    jsuites  son entre en 6^e, il ne supporte pas de devoir se taire.
    "C'tait horrible. Tout tait interdit. Cela m'a forg une mentalit de
    rebelle." Sa scolarit se dgrade vite, il se fait exclure en 3^e et
    entame une anne de comptabilit, le temps d'apprendre  taper avec ses
    dix doigts et  prendre en stno. Il n'a qu'un BEP de commerce en
    poche, mais il a lu Boris Vian, Albert Camus et Ren Char.
    Manutentionnaire,  17 ans, dans un Intermarch, il aurait pu virer
    syndicaliste s'il y tait rest. "On tait mal considr, mal pay..."
 
    Naturellement, c'est dans le secteur de la communication qu'il a
    commenc sa carrire chez Systme U. En mme temps, il devient
    propritaire d'un magasin  Fontenay-le-Comte, toujours en Vende. Sans
    grande conviction. "J'avais le sentiment de reproduire un modle que je
    refusais dans ma jeunesse, mais je me suis laiss entraner." A
    l'poque, il a du mal  faire des choix. Il hsitera longtemps 
    prendre le pouvoir chez Systme U, alors qu'il est le dauphin naturel
    de Jean-Claude Jaunnay.
 
    Lorsque le groupe est en discussion avec Leclerc en vue d'un
    rapprochement, il prfre partir plutt que de s'opposer  cette
    solution. Mais il reviendra et, en interne, on lui fera payer ce
    retour. "Les mecs ne m'attendaient pas. Moi j'tais dtermin 
    prserver l'indpendance de Systme U." Il espre avoir, en 2010, 1 000
    magasins, 10 % de parts de march et un chiffre d'affaires de 10
    milliards d'euros.
 
    "Il a une influence extrmement positive sur son groupe, reconnat
    Olivier Desforges, prsident de l'ILEC, une association qui reprsente
    les plus grands fournisseurs. Il est  l'coute de son mouvement. C'est
    un type sain." Le patron de la Fnac, Denis Olivennes, voit en lui
    "quelqu'un de sympathique, de chaleureux, d'abordable, qui ne se prend
    pas la tte". Bref, le pouvoir l'a peu chang. "Il y a des choses que
    je ne pourrais pas faire", dit-il : jouer au golf, rouler en Mercedes,
    habiter dans le 16^e arrondissement, faire partie du Rotary Club. "Ce
    sont des signes de conventions bourgeoises."
 
    Il revendique son ct provincial. Il a gard un magasin en Vende,
    dont il a dlgu l'exploitation  un cousin. "Parfois, quand je suis
    dans certains milieux, je fais un effort." Ses rseaux ne sont pas du
    ct des patrons du CAC 40, mais plutt de ses collgues qui grent des
    magasins U. Il raconte volontiers qu'il tait le seul  ne pas porter
    de cravate lors de sa visite avec les autres distributeurs, en octobre,
     l'Elyse, pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Et en profite pour glisser
    dans la conversation que "Sarko" n'tait pas son candidat, mais qu'il
    espre qu'il russira. Il cultive volontiers un petit ct mal lev :
    "Une fois, j'tais invit dans un club de patrons pour prendre la
    parole, c'tait tellement chiant, je me suis lev et je suis parti."
 
    S'il habite Saint-Germain-des-Prs - et bientt le 7^e arrondissement -
    c'est parce que "franchement, si tu habites Paris, c'est l qu'il faut
    tre". Ce quartier lui rappelle ses auteurs prfrs, habitus des
    lieux. Comme Ren Char, qu'il met au-dessus de tous les autres, et
    qu'il cite : "Emerge  ta propre surface. Que le risque soit ta
    lumire, comme un vieux rire dans une entire modestie." Il assure que
    c'est une phrase-cl pour lui. "Il faut que les jeunes n'hsitent pas 
    prendre des risques, s'enflamme ce pre de quatre filles. Aujourd'hui,
    on vit dans une socit o l'on s'affranchit de tous les risques, dans
    une socit anxiogne."
 
    Lui-mme mange bio et, s'il fume, il se limite aux cigarettes sans
    additif. Ancien triathlte, il court le week-end au jardin du
    Luxembourg ou sur les quais de la Seine. Il dit ne pas se projeter dans
    l'avenir et vivre au jour le jour. "Quand on n'est pas occup  natre,
    on est occup  mourir", disait Bob Dylan. Qu'il vnre.
 
 
