<FILE-date="2008/01/01/19">
<article-nb="2008/01/01/19-1">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-1">  Dans ce sud peu frquent de l&#38;#39;Amrique, la traverse se fait entre fjords abrupts et volcans de neige ternelle.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-1">   
    L a Patagonie chilienne est mal connue, au contraire de l'autre
    Patagonie, l'Argentine, trs  la mode. Coince entre la cordillre des
    Andes et l'ocan Pacifique, elle sduit les amateurs de grands espaces,
    de solitude et de paysages grandioses. Parfois inhospitalire et
    inquitante, elle est aussi envotante que devaient l'tre les terres
    vierges au lendemain du Big Bang.
 
 
 
 
           Carnet de route
 
 
 
    Accs. Vol quotidien direct entre Paris et Santiago du Chili par Air
    France  partir de 948 euros (tl. : 3654). De Santiago, des compagnies
    ariennes locales assurent quotidiennement plusieurs correspondances
    pour Puerto Montt (entre 110 et 145 euros).
 
    Par bateau, les croisires se font de septembre  fin avril  bord du
    Skorpios-II, qui part tous les samedis (matin) de Puerto Montt pour une
    croisire de six jours. Confortable avec plusieurs types de cabine :
    single ou suite le prix de la croisire oscille entre 690 et 1 174
    suivant la saison (chambre, consommations et repas compris), et 50 % de
    rduction pour les moins de 12 ans s'ils partagent la cabine des
    parents. La taxe portuaire d'embarquement est de 12 dollars (8,30 ). La
    compagnie Skorpios offre d'autres croisires, dont une de six jours,
    encore plus au sud de la Patagonie chilienne, de Puerto Natales
    jusqu'au glacier Pio XI.
 
    Gastronomie. Cuisine raffine, idale pour faire une cure de poissons
    et de fruits de mer, le tout arros d'excellents vins chiliens. Plat
    typique, le "curanto",  base de fruits de mer, viande de porc,
    saucisses et pommes de terre. Un peu lourd, mais efficace pour
    affronter le vent et le froid ! Ct cocktail, le traditionnel "pico
    sour".
 
    Lecture. Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde. Fait
     bord du navire le Beagle de 1831  1836 (d. La Dcouverte, 2006, 552
    p., 14,50 ). Antonio Pigafetta, Magellan. Le Premier Tour du monde (d.
    Tallandier, 2005, 25 ) et Le Voyage de Magellan, 1519-1522 (d.
    Chandeigne, 2007, 2 vol., 68,50 ). Romans et nouvelles de l'crivain
    chilien Francisco Coloane, qui ont t traduits en franais. Les Terres
    de dcembre (Lucien Souny ditions, 2007, 16 ), d'Olivier Page, un beau
    rcit sur la Patagonie chilienne par un rdacteur du Guide du routard.
 
    Artisanat. Castro abrite un des plus beaux marchs artisanaux du Sud
    chilien : objets en bois, cramiques, paniers de fibre vgtale,
    tissus, chandails et poupes en laine.
 
    Informations. L'ambassade du Chili en France, www.amb-chili.fr. Pour
    les croisires, www.skorpios.cl. Agence de voyage : Mer et Voyages,
    9, rue Notre-Dame-des-Victoires, 75002 Paris,
    www.mer-et-voyages.com.
 
                                                              
 
 
 
    Une des faons de la dcouvrir est de naviguer dans cette "mer
    intrieure" qui s'tend de Puerto Montt,  1 000 km au sud de Santiago
    du Chili, jusqu'au cap Horn. "C'est le royaume du vent, du froid et de
    la pluie", avertit Luis Antonio Kochifas, le capitaine du bateau
    Skorpios-II en route pour une croisire de 800 milles jusqu'aux Campos
    de Hielo Norte (Champs de glace Nord)  travers les archipels de
    Llanquihue, Chilo, Chonos et Aysn. Un labyrinthe de lacs et de canaux
    aux eaux limpides et calmes. Pas de danger pour ceux qui n'ont pas le
    pied marin. La traverse se fait entre lots sauvages, fjords abrupts,
    volcans de neige ternelle et sombres forts. Le crachin de ce bout du
    monde dcouvert en 1520 par Fernand de Magellan se rvle vivifiant.
 
    Il fait bon rver sur le pont balay par les rafales du vent austral.
    Les claircies sont nombreuses. Le ciel est alors d'un bleu cristallin.
    La mer prend une couleur turquoise digne des Carabes et les couchers
    de soleil sur la cordillre des Andes sont poustouflants. A tout
    moment, il est possible de rendre visite au capitaine dans la cabine de
    pilotage. C'est le meilleur poste d'observation. Les compagnons de
    voyage sont nombreux : phoques, dauphins, baleines bleues, plicans,
    cormorans et albatros chers  Charles Baudelaire.
 
    On comprend pourquoi le milliardaire amricain Douglas Tompkins, ancien
    businessman pris d'cologie, s'est offert le parc Pumalin, 250 000
    hectares de nature sauvage que l'on aperoit  bbord en traversant le
    golfe d'Ancud. Un achat qui a suscit une violente polmique au Chili,
    certains accusant Tompkins de vouloir s'approprier une des rserves
    d'eau douce les plus importantes de la plante.
 
    Le haut lieu du voyage est le glacier San Rafael, vieux de 30 000 ans
    et situ sur le 46^e parallle. On s'en approche  bord de petites
    embarcations, en naviguant parmi des icebergs, vritables sculptures
    flottantes finement ciseles de cristaux bleu indigo ou vert meraude.
    Spectacle magique et silence imposant, rgulirement bris par le bruit
    assourdissant des pans entiers de la muraille de glace qui s'effondrent
    et s'engouffrent dans les eaux froides comme des monstres marins se
    retournant sur eux-mmes jusqu' ce qu'ils trouvent leur quilibre.
 
    "Aujourd'hui, la richesse c'est le ptrole, mais demain l'eau sera la
    ressource la plus prise du monde", pointe le guide Fernando Huichaman
    qui rappelle que la Patagonie est la troisime rserve d'eau de la
    plante aprs l'Antarctique et l'Arctique. "Il faut se dpcher de
    venir admirer le glacier, car il est menac de disparition", soupire le
    guide. A cause du rchauffement climatique, la fonte s'est acclre
    ces dernires annes et le glacier recule de 60  80 mtres par an.
 
    La lagune de San Rafael a t dcouverte en 1674 par l'Espagnol
    Bartolom Diaz Gallardo. Une expdition de jsuites s'y aventura en
    1766 et 1767  la recherche de la mythique cit des Csars qui, selon
    une lgende, abritait des trsors d'or et de pierres prcieuses,
    rescaps du naufrage d'un navire espagnol.
 
    Pendant toute la traverse, on aperoit au large des levages de
    saumon. Le Chili en est le deuxime producteur au monde aprs la
    Norvge. Les escales sont les bienvenues pour les marcheurs. A Puerto
    Aguirre, des enfants se proposent comme guides du petit port de pche.
    Sur fond de collines verdoyantes, le village est de toute beaut, avec
    ses humbles maisons en bois peintes de couleurs vives qui semblent
    dfier le gris du ciel. A Quiltraco, les thermes s'inscrivent au milieu
    d'une vgtation exubrante, piscines couvertes ou  l'air libre, eau 
    36 degrs.
 
    Chilo, l'le aux 150 chapelles, est la terre natale de l'crivain
    Francisco Coloane, le Jack London chilien. En la visitant en 1835, le
    naturaliste anglais Charles Darwin s'tait merveill de la varit de
    la faune et de la flore. Aprs le port de Queilen, pourvu de relais
    pour les portables et Internet, une escale de plusieurs heures permet
    de visiter Castro, la capitale de l'le.
 
    Fonde en 1567, Castro, maintes fois occupe par de redoutables
    corsaires, est un lieu de lgendes. C'est la troisime ville la plus
    ancienne du Chili, aprs Santiago et La Serena. Depuis 1988, elle
    abrite un Muse d'art moderne (MAM), riche de la plus importante
    collection d'art contemporain du pays, et un muse rgional dot d'une
    collection d'objets et d'instruments musicaux illustrant la culture du
    bois. Castro possde les derniers exemplaires de "palafitos", typiques
    maisons en bois construites sur pilotis au bord de l'eau. Il faut
    gravir les ruelles escarpes pour visiter l'glise San Francisco, de
    style nogothique, construite tout en bois par des bnistes locaux,
    entre 1910 et 1912, et qui a t dclare patrimoine de l'humanit. En
    redescendant sur les quais, il faut se perdre dans les ddales du grand
    march artisanal, le plus important du Sud chilien.
 
    De retour  Puerto Montt, avant de remonter dans l'avion pour Santiago,
    prendre le temps de flner  travers le pittoresque march de fruits de
    mer et de poissons d'Angelmo, qui approvisionne les petits restaurants
    voisins ayant vue sur la baie surplombe de volcans. Le port, qui
    abrite aujourd'hui 160 000 habitants, fut au XIX^e sicle la terre
    d'asile de milliers d'immigrants allemands. Mais aussi celle d'une
    aventurire bretonne originaire de Riec-sur-Belon (Finistre), Laurence
    de Solminihac, qui implanta l'ostriculture au Chili et fit fortune.
    Elle avait retrouv le crachin de son pays natal.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-2">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-2">  A Mitte et Prenzlauer Berg, dans les anciens quartiers de l&#38;#39;Est, parcours branch de cafs en galeries et discothques.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-2">   
    S es habitants la surnomment avec humour la Castingallee. La
    Kastanienallee, en franais l'alle des marronniers, est devenue la
    vitrine des quartiers branchs de Mitte et Prenzlauer Berg, situs 
    l'est de Berlin. Dans cette large rue, o se succdent boutiques de
    mode et cafs tendance, les passants marchent comme s'ils dfilaient
    sur un podium : vtements fashion, dmarche nonchalante et ordinateur
    portable sous le bras.
 
 
 
 
           Accs et forfaits
 
 
 
    Accs. Vols quotidiens Air France,  partir de 104 euros, de Paris,
    aprs le 6 janvier (www.airfrance.fr et tl. : 3654). Egalement vols
    Lufthansa, de Paris et province (Tl. : 0826-10-33-34,
    www.lufthansa.fr) et Easyjet en "low cost" (www.easyjet.com).
 
    Forfaits. Avion ou train et htels chez les voyagistes : notamment DB
    France (sur www.dbfrance.fr), Europauli et Nouvelles Frontires, en
    agences.
 
                                                              
 
 
       (fl-sq.gif)    Adresses  Mitte
 
 
 
    Htels. Honigmond, Invalidenstrasse 122 ; Knstlerheim Luise,
    Luisenstrasse 19 ; Circus, Weinbergsweg 1a : charmante auberge de
    jeunesse.
 
    Bars, restaurants. Keyser Soze, bistrot bar avec spcialits allemandes
    Tucholskystrasse 33 ; Caf cinma, Rosenthaler Strasse 39 ; Strandbad
    Mitte, Kleine Hamburger Strasse 16 : l'intrieur rappelle une piscine ;
    Monsieur Vuong, Indochina Cafe, Alte Schnhauser Strasse 46 : la
    cantine vietnamienne de Mitte ; Weinerei Stumpf & Gross, Veteranstrasse
    14 : caf restaurant o chaque boisson ou quiche cote 1 euro ; Bar
    103, Kastanienallee 103 : le bar branch de Mitte ; Grill Royal,
    Friedrichstrasse 105 b : le restaurant le plus branch du moment.
 
    Discothques. Rodeo Club, Augustrasse 5 a, restaurant-discothque trs
    tendance ; Kaffee Burger, Torstrasse 60 : la discothque russe la plus
    connue de Berlin ; Magnet, Veteranenstrasse 26 : un bar ; Cookie,
    Friedrichstrasse, Unter den Linden : discothque tendance.
 
    Galeries d'art. Kicken, Linienstrasse 155 ; C/O, Linienstrasse 144.
    Pour louer des peintures ou photographies : Artothek, Chausseestrasse
    128-129.
 
 
                                                             
 
 
       (fl-sq.gif)    Adresses  Prenzlauer Berg
 
 
 
    Htels. East Seven, Schwedter Strasse 7 : sympathique auberge de
    jeunesse ; Kastanienhof, Kastanienallee 65 : un htel sur la mythique
    Kastanienallee ; Myer's, Metzerstrasse 26 ; Greifwald, Greifswalder
    Strasse 211 ; Entweder-Oder, Oderbergerstrasse 15 : caf  l'ambiance
    conviviale ; Sowohl als Auch, Kollwitzstrasse 88 : parfait pour le
    petit djeuner ou le goter, excellents gteaux et viennoiseries. ;
    Toast, Raumerstrasse12 : pour boire un jus de fruits frais et dguster
    un sandwich ; Wohnzimmer, Lettestrasse 6 : caf trs convivial ; Si An,
    Rykestrasse 36 : le meilleur vietnamien de Prenzlauer Berg ; Weinstein,
    Lychener Strasse 33 : bar  vins qui sert d'excellents plats.
 
    Spectacles. Pfefferberg, Fehrbelliner Strasse 92 : concerts, festival ;
    Le Prater, Kastanienallee 7-9 : restaurant, thtre, salle de concerts,
    un site incontournable ; Haliflor, Schwedter Strasse 26 : bar trs
    apprci par les tudiants ; Schwarzsauer : Kastanienallee 13, caf-bar
    souvent bond.
 
    Guides. Berlin, collections "Un grand week-end " (Hachette), en
    Cartoville (Gallimard), et chez Autrement et Lonely Planet.
 
    Information. Office allemand du tourisme :
    www.allemagne-tourisme.com.
 
 
                                                             
 
 
 
    A l'image de ces badauds, la population de cette partie de la capitale
    allemande est incroyablement homogne : la moyenne d'ge n'excde gure
    35 ans et les mtiers de l'art ou de la communication y sont monnaie
    courante. On n'y rencontrera ni tranger ni personne ge. "C'est un
    ghetto de jeunes  projets multiples", ironise Kristina, une juriste de
    29 ans, originaire de Hambourg et qui habite  Berlin depuis cinq ans.
 
    Depuis la runification, la jeunesse ouest-allemande et les artistes
    ont envahi ces deux quartiers. Les designers et les galeristes se sont
    plutt installs  Mitte, tandis que les tudiants et les jeunes
    familles ouest-allemandes ont t sduits par les immeubles de rapport,
    les Mietkasernen de Prenzlauer Berg, relativement peu endommags par
    les bombardements ariens de la seconde guerre mondiale. Le jour, il
    est difficile de faire un pas  Prenzlauer Berg sans croiser une femme
    enceinte ou un trentenaire accompagn d'une poussette. On les retrouve
    le week-end sur le march du Kollwitzplatz rput pour ses produits bio
    ou sur les places ombrages du Helmholtzplatz ou du Wasserturm. La
    nuit, les vitrines colores des bars attirent une joyeuse population
    estudiantine ou simplement clibataire.
 
    Avant la chute du Mur, Prenzlauer Berg offrait un tout autre visage.
    Les faades taient grises, menaaient de s'effondrer et certaines
    portaient les traces d'impacts de balles de la guerre. En quelques
    annes, les btisses de l'poque wilhelmienne ( partir de 1880)
    retrouvaient les couleurs d'antan, les appartements terrasses - un must
     Berlin - poussaient comme des champignons, tandis que cafs et bars
    jalonnaient les rues.
 
    Un peu plus au sud,  Mitte, les crateurs ont lu domicile dans les
    arrire-cours en enfilade, tmoins de l'histoire artisanale et
    industrielle de ce quartier, ou dans les rues alentours, Alte
    Schnhauser Strasse et Mnzstrasse. C'est l, dans l'euphorie de la
    chute du Mur, qu'une mode jeune issue des mouvements techno des annes
    1990 s'est dveloppe : streetwear, urbanwear, et sportwear.
 
    COMME DANS UN VILLAGE
 
    D'autres rues ont t colonises par les galeries d'art. L'Augustrasse
    ou la Linienstrasse sont devenues incontournables pour les acheteurs.
    Ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir une photographie ou une
    peinture, pourront louer une oeuvre d'art pour quelques euros 
    l'Artothek.
 
    Avant-guerre, Mitte rassemblait une importante communaut juive venue
    de l'Est. Un pass que rappellent la synagogue de la
    Oranienburgerstrasse ou les pavs en bronze sur le sol,  la mmoire
    des habitants dports. Dans ce quartier se dissimulent les maisons les
    plus anciennes de Berlin, des XVIII^e et XIX^e sicles, ainsi que la
    Sophienkirche, l'unique glise baroque de Berlin  avoir survcu  la
    seconde guerre mondiale.
 
    Malgr le succs, on continue  y vivre comme dans un village. "Tous
    mes amis habitent dans ce quartier", explique Philipp, un
    assistant-metteur en scne de 31 ans. Les visiteurs qui dcouvrent
    l'endroit sont surpris par le calme qui y rgne, particulirement 
    Prenzlauer Berg, quartier par excellence des pauses-caf : les petits
    djeuners se prolongent tard dans la matine, en semaine.
 
    Mme  Mitte, qui attire de nombreux touristes, on peut "dormir
    fentres ouvertes la nuit", assure Marcel, un tudiant en mdecine de
    29 ans, originaire de Berlin-Ouest. La faible hauteur des btiments,
    qui n'excdent souvent pas plus de quatre tages, contribue  rendre
    l'atmosphre conviviale. "Nous connaissons tous les locataires de notre
    immeuble", raconte Karolina, ge de 32 ans, dcoratrice de thtre et
    mre de trois enfants.
 
    Rputs pour ses soires techno et ses clubs illgaux dans les annes
    1990, ces deux quartiers ont beaucoup chang, notamment  la faveur du
    dmnagement du gouvernement fdral de Bonn  Berlin  partir de 1999
    et des rnovations successives. Les prix du loyer ont augment sans
    pour autant atteindre le niveau d'autres capitales europennes, mais
    suffisamment pour dcourager de jeunes dsigneurs et les obliger 
    s'installer vers le nord de Prenzlauer Berg  Pankow ou plus  l'est
    encore vers Friedrichhain. Les nombreux espaces semi-lgaux qui se
    concentraient autrefois dans Mitte s'implantent aujourd'hui dans
    d'autres quartiers.
 
    DES LIEUX POUR LES TOURISTES
    
    "Il y a des endroits tels que le Kollwitzplatz o je ne vais plus",
    raconte le jeune assistant de thtre. Pour lui comme pour d'autres
    rsidents du quartier, "certains lieux sont devenus compltement
    banals, adapts aux touristes". A Mitte, c'est l'arrive des grands
    noms de la mode internationale ou du sportswear qui inquite. "Le
    Berlin des annes 1990 se fait de plus en plus rare", dplore Karolina.
 
    "Je ne vais quasiment plus jamais sur la Oranienburgerstrasse (l'une
    des grandes artres de Mitte), trop colonise  mon got par les
    restaurants asiatiques pour touristes", renchrit Marcel. Aussi, pour
    conserver une certaine atmosphre, certaines discothques de Mitte
    prennent garde de ne laisser entrer que des Berlinois dans leurs
    locaux.
 
    Autre tendance, les anciens habitants d'avant-1989 ont peu  peu
    dsert les lieux. Les vagues de rnovations et les hausses de prix qui
    en ont dcoul ont pouss beaucoup d'Allemands de l'Est  partir. "Il
    ne reste plus qu'un seul locataire d'avant-1989", dplore Philip, qui
    habite dans une rue parallle  la Kastanienallee. "Il y a une
    vritable viction culturelle", rsume Thomas, un musicien originaire
    de Halle, en ex-RDA, et install  Prenzlauer Berg depuis 1997.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-3">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-3">  Les savoir-faire comme la tradition textile de qualit perdurent autour de Grardmer.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-3">   
    L es Boucicaut, propritaires du Bon March, avaient fait construire,
    en 1910, un grand htel, le Luttia, pour que leurs clientes de
    province puissent venir faire leurs courses dans leur magasin et se
    loger non loin. Un sicle plus tard, dans un mouvement inverse, des
    Parisiennes se rendent le week-end  Grardmer, au coeur des hautes
    Vosges, sjourner dans l'un de ses quelque trente htels (dont deux
    quatre-toiles proches du lac, et dix trois-toiles) pour s'y procurer,
    entre autres, du trs beau linge de maison vendu dans des magasins
    d'usine.
 
 
    Car, dans le haut de gamme, le textile vosgien a tenu bon. Il vit mme
    depuis quelques annes une seconde jeunesse, dans des valles o l'on
    blanchissait autrefois "sur pr" : de longs rubans de draps lavs 
    l'eau des lacs et rivires acidifis par les sapins schaient en virant
    au blanc clatant.
 
    A FAIRE PLIR D'ENVIE
 
    "Les gens d'ici se sont battus pour ne pas avoir le chemin de fer et
    ses fumes noires", rappelle Paul de Montclos, aux commandes de l'une
    des rares entreprises textiles, Garnier-Thibaut, qui persiste 
    raliser toutes ses oprations sur place : ennoblissement des fils,
    teinture, tissage de damasss (spcialit maison), confection de
    nappes, draps et serviettes de toilette et expdition. Dans une vaste
    usine qui se visite sur rendez-vous (03-29-60-30-30), plus de 75
    mtiers entrecroisent  la vitesse de l'clair les fils de coton, mtis
    ou lin.
 
    Garnier-Thibaut, qui a quip les palaces et les grands noms de la
    restauration depuis 1833, a failli disparatre au dbut des annes
    1990. Aprs rinvestissement, de nouveaux stylistes ont ajout  sa
    gamme des collections grand public aux couleurs vives, remettant la
    marque en selle.
 
    L'usine du Jacquard franais, qui damasse les mmes matires, a, elle
    aussi, connu des difficults avant de s'associer en 1978  la clbre
    styliste Primerose Bordier, et de tisser une partie des nappes
    proposes en location par la socit Elis. Le tout lui a permis de se
    relever firement.
 
    De leur ct, les tissages Franois Hans, rests familiaux depuis 1843,
    ont offici pour des dcorateurs trangers comme le Britannique
    Sanderson, avant de reprendre leur expansion. Leur linge de maison se
    vend aussi depuis peu sous l'enseigne Blanc des Vosges. A proximit de
    l'ancienne gare de Grardmer, l'entreprise Linvosges a, elle, dlaiss
    le tissage dans ses murs pour dvelopper la vente via Internet et par
    correspondance, qu'elle pratique depuis 1923.
 
    Dans les environs de Grardmer, deux dtours s'imposent avant les
    ftes. Au Val-d'Ajol, la sixime gnration de la famille de Buyer
    fabrique des ustensiles de cuisine et de ptisserie  faire plir
    d'envie tous les gastronomes. Fidle  la pole noire en tle qui a
    fait sa renomme en 1830, l'entreprise aligne en rangs serrs, dans sa
    boutique, les cuivres, fontes, inox, acier que des professionnels se
    font expdier jusqu'en Chine. Avec les derniers succs de la maison :
    des mandolines coupe-lgumes "pro" et un ventail de moules en
    silicone.
 
    On se rendra ensuite  Epinal pour complter sa panoplie festive dans
    l'usine Bragard. "Grand couturier" du vtement professionnel, Bragard
    habille la plupart des chefs depuis que Paul Bocuse a aid son
    fondateur  concevoir une veste blanche en coton d'Egypte, aussi chic
    que pratique, vendue au magasin de l'usine. Les prtentieux ou
    factieux iront jusqu' acheter la haute toque assortie, en guise de
    touche finale.
      __________________________________________________________________
 
    Accs.
    En TGV, via Remiremont ou Epinal, chacune  une trentaine de kilomtres
    de Grardmer (navettes de certains htels). Par l'A4 en voiture, sortie
    Nancy puis Epinal.
 
    Etape.
    Grand Htel (trois-toiles), place du Tilleul  Grardmer : accueil
    chaleureux dans un cadre raffin, piscines, hydromassage et jacuzzi. De
    75  138 la chambre double en demi-pension. 143  283 en suite dans un
    luxueux chalet de bois.Tl. : 03-29-63-06-31 et
    www.grandhotel-gerardmer.com.
 
    Restaurant.
    Le Calmosien, route d'Epinal  Chaumousey (03-29-66-80-77), cuisine
    originale et dlicate du chef Jean-Marc Bati.
 
    Information-rservation.
    Office de tourisme de Grardmer (03-29-27-27-27 et
    www.gerardmer.net). Comit dpartemental de tourisme des Vosges
    (03-29-82-49-93 et www.tourismevosges.fr).
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-4">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-4">  L&#38;#39;espace, le silence, l&#38;#39;eau, le ciel, les oiseaux et le luxe de la solitude pour dcouvrir des paysages de lgende.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-4">   
    L e soir, quand la nuit tombe tt sur les rues frileuses et vides,
    bordes de maisons de briques aux volets clos en attendant les
    vacances, mal claires par de rares lampadaires, il rgne au Crotoy
    "une ambiance  la Simenon", comme le dit Jacques Bal, journaliste au
    Courrier picard, crivain et familier des lieux. De l'autre ct de la
    baie de Somme, dans le parc ornithologique du Marquenterre, l aussi,
    "l'hiver, on vient chercher une ambiance", rsume Philippe Carruette,
    ornithologue et responsable pdagogique du parc.
 
 
 
 
           Accs et visite
 
 
 
    Accs. En voiture, de Paris : A16, jusqu' Abbeville. Depuis Lille :
    A1, A29 et A16. Depuis la Normandie : A28. En train : Corail Intercits
    Paris-Boulogne jusqu' Abbeville, Rue (puis voiture de location ou
    taxi) ou Noyelles-sur-Mer (taxi).
 
    Visite. Le parc ornithologique du Marquenterre, ouvert tous les jours
    (sauf Nol et Jour de l'an) de 10 heures  17 heures. Visites
    individuelles (circuits de deux  trois heures de marche). Restauration
    lgre (soupes, crpes...) sur place (tl. : 03-22-25-68-99 ; sur
    Internet : www.parcdumarquenterre.com).
 
                                                              
 
 
       (fl-sq.gif)    Promenades et logement
 
 
 
    Promenades. Association Promenade en baie, tous les jours (tl. :
    03-22-27-47-36). Les rgles de scurit sont strictes pour s'aventurer
     pied dans la baie : il n'est pas question de traverser seul.
    Monter des chevaux henson, Marcanterra Sea Ranch (tl. :
    03-22-25-03-06).
 
    Logement. L'htel Les Tourelles, au Crotoy, est l'tablissement
    emblmatique de la baie de Somme. Il faut rserver longtemps 
    l'avance, tl. : 03-22-27-16-33. Nombreuses chambres d'htes, notamment
    au Crotoy et  Saint-Valery-sur-Somme. Le comit du tourisme de la
    Somme propose des forfaits dans l'ensemble du dpartement : jusqu'au 28
    fvrier, pour deux nuits d'htel, la seconde est  moiti prix (hors
    ftes de fin d'anne). Rens. : 03-22-71-22-70 et sur Internet :
    www.somme-vacances.com.
 
 
                                                              
 
 
       (fl-sq.gif)    Renseignements et lecture
 
 
 
    Renseignements. Comit du tourisme de la Somme, tl. : 03-22-71-22-71
    et sur Internet : www.somme-tourisme.com.
 
    Lecture. Le Marquenterre en baie de Somme, de Sonia Lesot et Henri Gaud
    (photos), d. Gaud, 2006, 168 p., 29 euros, trs complet  la fois sur
    la rserve ornithologique et sur la vie et l'histoire de la baie.
 
 
                                                             
 
 
 
    La baie de Somme en hiver : l'espace, le silence, des instants fugaces
    et des lumires magiques. Comme ce coucher de soleil sur la pointe du
    Hourdel,  quelques kilomtres des murailles mdivales de
    Saint-Valery-sur-Somme. Une ambiance, encore, de bout du monde cette
    fois. Une plage dserte, sans fin, du sable couleur grge, une bande de
    ciel bleu tendre sous une masse immobile de nuages violacs, souligns
    de reflets mordors. Seule l'eau bouge, avec la mare descendante qui
    vide l'estuaire vers la mer. Nul tre vivant  l'horizon, sinon les
    golands et la colonie de phoques gris et de veaux de mer, qui
    flemmardent sur les lots au milieu du courant.
 
    Et puis ce dbouch soudain, au sortir d'une fort de pins enveloppe
    de brume, sur l'anse Bidard baigne par un tide soleil d'hiver, avec
    ses dunes piquetes de bouquets verts d'oyats et, au-del du cordon
    dunaire, sa plage. Immense et dserte, large, longue, droite comme une
    rgle, sans une construction jusqu'aux maisons de Quend, vers le nord,
    et de Fort-Mahon.
 
    L'eau, le ciel, les oiseaux, les lumires changeantes. Et le luxe de la
    solitude pour savourer des paysages de lgende, en cette priode o
    quelquefois "on a les quatre saisons dans la mme journe", dit-on ici.
    Jean-Michel Doliger, de l'association Promenade en baie, accompagne les
    touristes dans des sorties  thme  travers la baie, les bottes
    enduites de slikke, cette argile ultra-glissante qui tapisse le fond.
    En hiver, il a ses habitus, qui se rgalent, une fois rentrs au sec,
    de l'couter raconter, en costume du XIXe sicle, les belles heures du
    Crotoy.
 
    Ces touristes dcals viennent jouir des lumires sur le front de mer,
    comme les peintres impressionnistes et les ralisateurs de cinma qui
    leur ont succd. En t, le soleil est trop cru. C'est maintenant la
    saison des lumires douces et rasantes qui, d'un coup, allument les
    toits verts et les tourelles rouges de l'htel du mme nom : elles
    signalent de loin qu'on est bien au Crotoy. L'htel a t le premier 
    ouvrir l'hiver, dans le scepticisme gnral. Il n'a pas  s'en
    plaindre.
 
    Le parc ornithologique a fait la mme exprience. C'est sa quatrime
    saison d'ouverture hivernale : "On nous a dit, vous tes fous", se
    rappelle Philippe Carruette. Aujourd'hui, 17 % de la frquentation du
    parc se fait de novembre  fvrier. Et le chiffre augmente d'anne en
    anne.
 
    Le Marquenterre, c'est la quintessence de la baie. Quelque 3 000
    hectares de rserve naturelle,  cheval entre terre et mer. "Sans la
    baie de Somme, nous n'aurions pas autant d'oiseaux sur le parc, et
    inversement", rsume M. Carruette, littraire de formation et passionn
    d'oiseaux depuis l'enfance.
 
    La partie terrestre de la rserve est la plus petite (200 ha), mais "la
    plus visuelle". Y compris en hiver : de 8 000  10 000 oiseaux, d'une
    quarantaine d'espces, s'y partagent prairies et marais d'eau douce,
    roselires et dunes couvertes d'argousiers et de sureaux. Sans oublier
    la fort : le pin laricio, venu de Corse, s'est acclimat  la cte
    picarde.
 
    Les visiteurs ne sont pas l par hasard. "On a des gens qui cherchent
    le calme, la tranquillit. Ils viennent chercher le silence. 200
    hectares pour eux tout seuls", rsume l'ornithologue. Au printemps,
    l'ambiance du parc est "hyper bruyante". Pendant l'hiver, les oiseaux
    venus depuis la Pologne, la Russie ou la Scandinavie sont plus calmes.
    On entend jusqu'au frlement d'ailes d'un cygne qui passe. Un nuage
    blanc et noir aux contours mouvants se forme au-dessus d'un plan d'eau
    : des milliers de vanneaux hupps et de pluviers dors s'envolent, sans
    doute effrays par un rapace.
 
    Les oies cendres au bec et aux pattes orange voisinent avec les
    sarcelles et les foulques noires, les cigognes et les rares spatules
    blanches qui se toilettent mutuellement comme des chevaux au pr, les
    canards de toutes les catgories : colverts, mais aussi canards
    siffleurs  la tte rousse et au petit bec bleu, fuligules morillons 
    l'oeil jaune.
 
    Ici, la pension est bonne. Cela fait trente-quatre ans, depuis la
    cration du parc, qu'il n'y a pas de chasseurs. Des moutons et des
    chevaux pturent les prairies pour maintenir l'herbe rase, plus
    scurisante pour les oiseaux. Parmi ces chevaux, des hensons, un
    produit local en quelque sorte. Ces petits chevaux  la robe isabelle
    (beige clair) forment une race spcifique, cre ici  partir des
    annes 1970, pour obtenir un cheval d'extrieur rustique et tranquille.
    Elevs  l'air libre, ils peuplent les ptures autour du domaine bois,
    en grande partie plant sur les dunes, qui jouxte le parc
    ornithologique.
 
    Le visiteur n'est jamais au bout des surprises et des merveilles de la
    baie. Une promenade  henson dans le domaine forestier rserve des
    rencontres improbables : quelque 200... mouflons corses, transplants
    dans les bois et les dunes picardes, y prosprent, parfois installs au
    beau milieu des pistes cavalires. Si peu drangs en cette saison
    qu'ils s'cartent  peine pour laisser passer les chevaux...
 
    Y a-t-il ailleurs en France un autre endroit o les phoques descendus
    du Nord et les mouflons venus des montagnes de Mditerrane vivent leur
    vie sauvage presque cte  cte,  peine spars par quelques
    kilomtres d'eau vive et de bancs de sable ?
 
 
