<FILE-date="2008/01/01/19">
<article-nb="2008/01/01/19-1">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1">  Crateur de la clbre machine  crire &#38;#34;Valentine&#38;#34; pour Olivetti, il est dcd lundi matin 31 dcembre  l&#38;#39;ge de 90 ans  Milan, dans le nord de l&#38;#39;Italie, a annonc l&#38;#39;agence Ansa.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1">   
    L e "pape du design" et architecte italien Ettore Sottsass est dcd
    lundi matin 31 dcembre  l'ge de 90 ans  Milan,  dans le nord de
    l'Italie.N  Innsbruck, en Autriche, le 14 septembre 1917, il a fait
    des tudes d'architecture  Turin et a ouvert sa premire agence 
    Milan en 1947. Il a particip  divers mouvements artistiques dont le
    plus clbre, le groupe Memphis, qu'il a fond en 1981.
 
 
 
 
           Rtrospective  Trieste
 
 
 
    Une exposition d'Ettore Sottsass se tient depuis dbut dcembre 
    Trieste,  l'occasion du 90^e anniversaire du designer. Elle fermera
    ses portes le 2 mars. Intitule "Je voudrais savoir pourquoi", cette
    rtrospective prsente 130 de ses crations. "J'aimerais que les
    visiteurs en sortent en pleurant, c'est--dire avec une motion",
    avait-il dclar avant l'inauguration.
 
                                                              
 
 
 
    Designer consultant pour Olivetti entre 1958 et 1980, il avait
    notamment cr la clbre "Valentine", une machine  crire portative
    en plastique rouge qui devait devenir une icne du design."Le rsultat
    heureux d'une erreur. Devant l'arrive de petites chinoises bon march,
    on cherchait un modle allg (...) et puis on a eu l'ide de la
    couleur, on a choisi une belle matire, et ce fut un succs",
    racontait-il dans Le Monde en juin 2003. Le designer  la natte de
    cheveux gris, qui a notamment travaill aux Etats-Unis o il devint ami
    avec le pote de la beat generation Allen Ginsberg, regrettait que
    cette machine qu'il voulait "populaire" soit "devenue la machine de
    tous les intellos du monde". Pour Olivetti, il a aussi conu des
    machines  calculer ainsi qu'une dizaine d'objets de table pour le
    groupe italien d'accessoires de cuisine Alessi.
 
    Il avait fait don d'une partie de ses archives au Centre Pompidou, 
    Paris, de centaines de dessins et de photographies.
 
    Jusqu' la fin, il a continu  travailler dans son studio de Milan,
    dessinant notamment des maisons pour des particuliers. Le ministre de
    la culture italien Francesco Rutelli a salu "un talent qui a dur un
    sicle" et un designer "qui n'a cess de nous tonner jusqu'aux
    derniers jours de sa vie".
 
    Selon ses dernires volonts, Ettore Sottsass sera incinr mercredi et
    il n'y aura pas de funrailles religieuses.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-2">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2">  La profession gote les avantages du mixage digital.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2">   
    L es DJ avaient sauv le disque vinyle  la fin des annes 1980. Ils
    sont les premiers  l'enterrer dfinitivement le disque en ce nouveau
    sicle. Alors que les ventes de musique digitale peinent  dcoller,
    les disc-jockeys se sont eux massivement convertis  la musique en
    fichiers. "Tout a vraiment bascul cet t, raconte DJ Chlo, dix ans
    de carrire entre Paris, Cologne, Londres ou Lisbonne. Jusqu'alors
    j'avais pu rsister  la tendance du tout-numrique, mais c'est devenu
    impossible. Je ne reois tout simplement presque plus de disques, CD ou
    vinyles."
 
 
    Lors de l'dition 2007 du festival des Transmusicales de Rennes, dbut
    dcembre, le vinyle tait d'ailleurs port disparu, ou presque. De Girl
    Talk, jeune DJ arm de son seul ordinateur portable, aux deux gamins
    italiens de Bloody Beetroots qui brandissaient leurs rares CD comme des
    reliques, il n'y en avait que pour le mixage numrique.
 
    A l'origine de ce mouvement, le passage au digital de nombreux labels
    face  la baisse des ventes depuis le dbut des annes 2000. Presser
    des quantits de vinyles pour assurer la promotion d'un maxi qui se
    vendra en moyenne  1 500 exemplaires devenait suicidaire. Sans compter
    les frais postaux. Le tlchargement permet de faire couter le titre 
    tous les DJ du monde, en un clic.
 
    Etienne de Crcy, DJ et producteur indpendant, s'est offert le plaisir
    d'une dernire pochette au format vinyle pour son nouveau maxi, Funk.
    "C'est la dernire fois, dit-il. Dsormais, je me contenterai du
    fichier. Le support physique, mme CD, n'est plus rentable. Et puis la
    musique en ligne permet aussi de sortir des projets qui n'auraient
    jamais vu le jour." Il vient ainsi de publier un concert de trente
    minutes qu'il a donn au chteau de Versailles en juin 2007. "Six
    titres, c'tait trop court pour esprer sortir en CD. En
    tlchargement, a vaut le coup."
 
    Les DJ ont leurs boutiques en ligne : Beatport est la plus clbre.
    L'quivalent des magasins trs spcialiss qu'ils frquentaient avant.
    Les morceaux ne sont pas en fichiers MP3, mais en MP4 ou WAV, des
    formats plus lourds, mais de meilleure qualit sonore. "La diffrence,
    c'est qu'on ne croise plus les copains", regrette Chlo.
 
    "ON SE NOIE"
 
    Elle tlcharge beaucoup. A 2 ou 3 euros le morceau, c'est plus
    avantageux que les maxi vinyles qui contenaient pour 8 ou 10 euros
    trois ou quatre titres, dont certains ne plaisaient pas forcment. "Le
    plus perturbant, au dpart, c'est la quantit de musique qui nous
    arrive sur l'ordinateur. Entre ce qu'on tlcharge et ce que les labels
    envoient. On se noie vritablement, et pourtant notre mtier nous
    apprend  couter vite. Je commence tout juste  trouver mes repres."
 
    La transition ne s'est pas faite sans douleur pour les plus anciens,
    mais le passage au CD avait prpar les esprits. Longtemps tabou dans
    la profession, le mix avec les CD s'est gnralis ces dernires
    annes. Les DJ "commerciaux" ont t les premiers convertis.
 
    Moins encombrant, le CD a aussi bnfici des avances techniques des
    platines professionnelles qui, tout en reproduisant les sensations d'un
    mix avec des disques vinyles, l'ont libr de ses contraintes en lui
    ajoutant quelques atouts : possibilit de scratcher (une technique a
    priori indissociable du vinyle puisqu'il s'agit de faire crisser le
    diamant sur le sillon), calage au tempo automatique, possibilit de
    faire des boucles, de ralentir la vitesse sans changer de tonalit (et
    donc de mlanger des disques incompatibles auparavant).
 
    LA BONNE OREILLE
 
    Le mix numrique va encore plus loin. Le DJ peut sparer les pistes
    audio d'un morceau ou mlanger un nombre infini de sources sonores. Les
    platines sont dsormais virtuelles, sur l'cran de l'ordinateur,
    pilotes par une petite console autonome.
 
    "La vritable difficult, explique Etienne de Crcy, c'est de se
    reprer dans sa discothque numrique. Avec les vinyles ou les CD, on
    ne retenait pas les noms de morceaux, mais la couleur du disque, sa
    pochette. On crivait des choses sur l'tiquette centrale, des
    aide-mmoire. Avec l'ordinateur c'est impossible. J'ai encore du mal 
    passer  cette tape."
 
    Ct hip-hop, on ne rencontre gure de rsistances. Des techniques qui
    ncessitaient des annes d'apprentissage sont accessibles au premier
    venu. Reste  avoir la bonne oreille. Bien sr, il y a les
    rfractaires, comme Jeff Mills, pionnier de la techno de Detroit, qui
    dclare rgulirement qu'il ne mixera jamais de CD, encore moins de
    fichiers numriques.
 
    Figure du deejaying, Jeff Mills peut encore imposer ses choix, mais
    comme l'a remarqu Etienne de Crcy, les clubs ne renouvellent mme
    plus les platines vinyles. "Souvent, elles sont ranges dans le
    placard, il faut demander de remplacer le diamant. A force, a lasse."
 
    Surtout, le mix numrique a un ultime alli de choix : la sciatique
    chronique qui fait des ravages chez les DJ  l'approche de la
    trentaine. Un sac de disques trop lourd vient encore d'avoir raison de
    Manu le Malin, grand nom de la techno hardcore, clou au lit cet
    automne.
 
<article-nb="2008/01/01/19-3">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3">  Une exposition sur l&#38;#39;image rciproque des Allemands et des Russes de 1800  2000 montre que les rapports entre les deux peuples ont toujours t un mlange de peur et d&#38;#39;attirance, de rpulsion et de fascination, de haine et d&#38;#39;admiration.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3">   
    A u moment o les relations entre l'Allemagne et la Russie traversent
    une passe dlicate, une exposition sur l'image rciproque des Allemands
    et des Russes de 1800  2000 montre que les rapports entre les deux
    peuples ont toujours t un mlange de peur et d'attirance, de
    rpulsion et de fascination, de haine et d'admiration. Les divergences
    politiques actuelles entre Berlin et Moscou, qui se rpercutent au sein
    mme du gouvernement entre Angela Merkel et son ministre des affaires
    trangres, comme entre la chancelire et les hommes d'affaires trs
    engags en Russie, ont certes des causes immdiates. Elles ne se jouent
    pas moins sur ce fond historique.
 
 
    "Unsere Russe, unsere Deutschen, les images de l'autre, 1800-2000",
    l'exposition organise jusqu'au 2 mars au chteau de Charlottenburg par
    le Muse germano-russe de Karlshorst  Berlin et le Muse historique de
    Moscou ne prtend pas donner  voir l'histoire des relations entre les
    deux pays pendant deux sicles. Elle s'attache  l'image que l'un a eue
    - et a toujours -, de l'autre, avec les clichs et les prjugs,
    positifs ou ngatifs. Elle les montre  l'aide de quelque 400 objets,
    dont les trois cinquimes viennent de muses allemands : instruments de
    la vie quotidienne, affiches, peintures, caricatures, ditions
    originales des auteurs allemands ou russes publis dans l'autre pays...
 
    "Au commencement tait Napolon." La phrase de l'historien Thomas
    Nipperdey pour caractriser le XIX^e sicle allemand vaut aussi pour
    les relations germano-russes. Les "guerres de libration" contre les
    Franais dans les premires annes 1800 ont rapproch les deux peuples
    sans effacer pour autant la dialectique du "barbare" et du "civilis".
    Cette ambivalence a t brise deux fois au cours de l'histoire.
    Pendant la guerre de 1914 et surtout pendant la priode
    nationale-socialiste, quand s'est impose l'image de l'ennemi, et  la
    fin des annes 1980, o au contraire la politique de Mikhal Gorbatchev
    a dessin une image entirement positive du Russe chez les Allemands.
 
    Des nuances devraient toutefois tre apportes que l'exposition a
    tendance  gommer. La coopration entre les armes allemandes et
    sovitiques, commence sous la Rpublique de Weimar, est passe sous
    silence quand elle se poursuit sous le III^e Reich. L'effet que le
    pacte germano-sovitique de 1939 a pu avoir sur l'image rciproque des
    Allemands et des Russes est ignor. Sans doute ces diverses facettes
    apparatront-elles dans les confrences (et les manifestations
    artistiques) qui doivent complter l'exposition en janvier et en
    fvrier.
 
    Dans les annes 1920, 300 000 Russes vivaient  Berlin, qui tait la
    plus grande ville russe entre Moscou et Paris. Surtout dans le quartier
    de Charlottenburg, rebaptis alors Charlottengrad. Ils taient des
    migrs politiques, des artistes, des intellectuels. Aujourd'hui, il y
    a officiellement 14 200 citoyens russes dans la capitale allemande et
    sans doute une centaine de milliers non dclars. Ce sont,  quelques
    exceptions prs, des hommes d'affaires, de toutes sortes d'affaires.
 
<article-nb="2008/01/01/19-4">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4">  Premire institution culturelle prive  but non lucratif dans ce pays, elle est aussi la premire ouverte par un tranger.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4">   
    C 'est le nouvel horizon de l'art contemporain : la Chine, ses milliers
    d'artistes et ses centaines de milliers de millionnaires. Avec pour
    symbole, dsormais, l'Ullens Center for Contemporary Art (UCCA), qui a
    ouvert ses portes le 2 novembre. Cadeau du baron belge Guy Ullens  la
    communaut chinoise, ce luxueux centre d'art se veut pionnier : c'est
    la premire institution culturelle prive qui, en ce pays, se rclame
    tre  but non lucratif ; la seule qui rponde aux exigeantes normes
    musales internationales ; la premire ouverte par un tranger.
 
 
    A la tte d'une des plus grosses collections d'art chinois au monde,
    Guy Ullens explique son geste par sa passion pour l'empire du Milieu,
    o ses affaires l'ont frquemment amen. Aujourd'hui  la retraite, g
    de 72 ans, il se consacre tout entier  sa collection, estime 
    environ 1 300 oeuvres, et  son amour pour sa femme Myriam, qui
    participe  ses aventures esthtiques.
 
    L'ouverture de l'UCCA, en plein coeur de la friche industrielle de
    Dashanzi surnomme 798, a t accueillie avec un consensus tonnant :
    des apparatchiks aux amateurs d'art asiatique venus du monde entier,
    tous se disaient pats par ce prcieux outil. D'une ancienne usine
    d'armement, l'architecte Jean-Michel Wilmotte a fait un crin tout de
    blanc et de bton cir.
 
    "Dans un tel pays, o il est parfois si difficile de travailler, tre
    parvenu si vite  crer un tel lieu tient du miracle", relve un
    observateur de l'art en Chine. "Au dbut, pour convaincre les
    autorits, nous avons t obligs de nous mettre tout nus, de montrer
    tout ce que nous faisions, raconte Guy Ullens d'un air amus. Mais ce
    pays est trs en demande, et nous tions trs motivs. Quand on aime,
    on ne compte pas. Du moins tant qu'on peut."
 
    UN BAIL DE SEPT ANS
 
    On n'en saura gure plus sur les sommes alloues au projet par ce
    tycoon qui a hrit de la fortune familiale labore dans le sucre,
    avant de racheter la firme Weightwatcher : tout juste que les travaux
    ont cot 5 millions d'euros, et que le couple s'est spar rcemment
    de quelques dessins de Turner (contre 15 millions d'euros) pour
    financer son initiative.
 
    Il l'espre financirement autonome d'ici cinq ans : grce aux revenus
    du restaurant gastronomique install l, de la librairie et 
    l'intervention de mcnes internationaux (la Chine, en ce domaine, a
    encore tout  apprendre). En dpit de ces jolies sommes, le pari reste
    risqu : "communisme" oblige, il est impossible ici d'tre propritaire
    d'un btiment. Les Ullens se sont donc engags sur un bail de sept ans.
    Mais ils ont trs bon espoir de voir le lieu perdurer au-del.
 
    D'autant que les autorits municipales voient en lui plus d'un atout :
    l'UCCA leur permet d'officialiser dfinitivement ce quartier qu'elles
    ont longtemps considr d'un mauvais oeil. Squat alternatif investi par
    les artistes il y a une dizaine d'annes, cet immense terrain mle
    aujourd'hui usines de puces lectroniques et galeries branches ; mais
    aussi restaurants et boutiques de mode.
 
    Longtemps menac par les bulldozers, Dashanzi jouit depuis un an d'une
    reconnaissance officielle, en se voyant class "district dvolu aux
    entreprises de cration". Mais la victoire semble amre aux artistes
    pionniers, vacus depuis peu. Coriaces, ils se sont dlocaliss vers
    le district de Caochangdi. Pour certains, c'est nanmoins l'esprit
    mercantile qui a gagn.
 
    RECORDS D'ENCHRES
 
    Car l'art est, aux yeux de beaucoup de Chinois, une affaire d'argent
    plus que de plaisir. Avec leurs artistes qui battent chaque semaine de
    nouveaux records aux ventes aux enchres  coups de millions d'euros,
    la frange la plus riche de la socit commence  voir dans l'art de
    belles perspectives de spculation.
 
    Une alternative aux jeux immobiliers qui tentait d'abord surtout les
    Chinois de Tawan et de Singapour, mais qui sduit chaque jour un peu
    plus ceux du continent. En cinq ans, les prix de l'art contemporain
    chinois ont progress de 440 %. Dans la mesure du possible, l'UCCA
    tente de s'inscrire contre cette obsession spculative. Certes, ce
    projet est un superbe outil de valorisation pour la collection Ullens
    (qui y sera expose  l't 2008, pendant les Jeux olympiques).
 
    Mais "notre but est de traiter de l'art chinois de faon musale, non
    conditionne par le march", insiste Jan Debbaut, conseiller du projet.
    "Dans une situation chinoise compltement spculative, nous voulons
    offrir une vritable rflexion esthtique, duquer le public chinois 
    l'art de son pays, mais aussi  l'art international et, un peu plus
    tard, aider  former des commissaires d'exposition chinois. Mme si,
    bien sr, de telles initiatives ne peuvent manquer d'avoir une
    influence sur le march."
 
