<FILE-date="2008/01/01/19">
<article-nb="2008/01/01/19-1">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1">  Chaque matin ou presque se produit dans les entreprises un petit attroupement autour d&#38;#39;un ordinateur. Un salari vient de ferrer sur le Web un petit ou gros poisson.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1">   
    C 'est dsormais un rituel. Chaque matin ou presque se produit dans les
    entreprises un petit attroupement autour d'un ordinateur. Un salari
    vient de ferrer sur le Web un petit ou gros poisson - tout dpend du
    courant et du ressac de l'actualit - et fait admirer  ses collgues
    sa prise du jour : un chat tout tonn d'entendre des sons en marchant
    sur le clavier, le dhanchement frntique d'un danseur amateur, un
    photomontage o la tte de Nicolas Sarkozy remplace toutes celles de
    ses ministres sur la photo de famille gouvernementale devant le perron
    de l'Elyse...
 
 
    Variante  ce phnomne social : un employ s'esclaffe tout seul devant
    son cran, tout portant  croire qu'il en a vu une "bien bonne" reue
    dans sa bote mail par un ami soucieux d'gayer sa journe au travail.
    Le fait est l : aux traditionnelles blagues colportes devant les
    distributeurs de caf ont succd par messagerie lectronique le
    partage de fichiers vido mis en ligne sur YouTube, DailyMotion ou
    MySpace.
 
    Comme un clusier enregistrant mthodiquement les mouvements de
    batellerie, l'internaute compulsif capte quotidiennement le flot de
    pastiches et parodies en tout genre consultables sur les pages
    d'accueil de ces sites communautaires. Ceux-ci disposent d'un
    hit-parade : sur YouTube, la vido d'un bb pris d'un fou rire
    inextinguible a t visionne 24 millions de fois, "Evolution of dance"
    par l'imitateur Judson Laipply 60 millions de fois ! Ces clips, ces
    bvues, ces extraits d'missions tlvises o un play-back a chou,
    une langue a fourch, ont t posts par un concitoyen ou un habitant
    des antipodes. Ils datent d'une semaine, quelquefois de la veille. Tous
    forment une actualit prissable.
 
    Ce btisier renouvel grce aux innombrables envois d'anonymes et
    augment des trouvailles de tlphages rompus aux nouvelles
    technologies n'est que la forme la plus contemporaine de circulation
    propre  l'humour comme  la chanson. Des arts populaires dont les
    crations - le pire comme le meilleur - courent les rues sont reprises
    en refrain et en boucle. Avec, dans le lot, quelques (rares) artistes
    auxquels le Net a offert une diffusion et une notorit immdiates. En
    tmoignent la clbrit du rappeur franais Kamini, celle des tubes
    interprts par le duo de la Chanson du dimanche, ou encore "Ttes 
    claques", cres dans le sous-sol d'un pavillon de Montral par le
    Qubcois Michel Beaudet, des petites figurines animes en pte 
    modeler et rendues trs expressives grce au numrique. Ses premires
    sayntes ont t expdies par courriel le 16 aot 2006  quelques amis
    qui les ont propages. En dcembre, le site de Michel Beaudet, visit
    par trois millions d'internautes par mois, est devenu le premier site
    francophone au Canada. En janvier, Canal+ diffusera ces crations
    graphiques, rigolotes dans le fond, inventives dans la forme.
 
    Rien de neuf apparemment : le rire est universel, du moins la satire
    politique, les cocasseries et absurdits de l'existence, le burlesque,
    l'esprit de rsistance incarn dans la causticit, l'ironie. Bref,
    l'humaine condition. Voltaire, Molire ont travers les sicles et les
    frontires. Les films de Charlie Chaplin et Jacques Tati ont t
    unanimement applaudis et compris partout. Seuls les dictatures et les
    intgristes de tout poil sont, de tout temps, demeurs rfractaires 
    la drision, jusqu' la censure. Pis,  l'emprisonnement et aux menaces
    de mort adresses  ceux qui dnonaient, par des moqueries ou des
    caricatures, la tartufferie et l'injustice des pouvoirs.
 
    Universel certes, mais il s'agit d'autre chose. Comme d'autres champs
    culturels ou secteurs de l'conomie, le rire s'est mondialis.
    Mondialisation acclre dans les salles de cinma, sur les chanes de
    tlvision, par Internet. "Nous sommes tous des Amricains", a coutume
    de dire, comme un gimmick, depuis deux ans, Jamel Debbouze, matre de
    crmonie du "Jamel Comedy Club" o il produit et parraine une
    gnration de comiques urbains, tous adeptes du stand-up. Signifiant
    "debout" en anglais, le stand-up est apparu aux Etats-Unis dans les
    annes 1960, afin de divertir des clients de cabarets. Ce genre a eu
    ses tnors : Lenny Bruce, Jerry Seinfeld, Robin Williams, Richard
    Pryor, David La Chapelle, Eddie Murphy, Jim Carrey ; des artistes que
    le cinma a courtiss ou auxquels la tlvision a offert sitcoms ou
    talk-shows.
 
    INOFFENSIVE, RECYCLABLE  L'INFINI
 
    Nombreux sont les jeunes comiques franais  revendiquer explicitement
    une filiation avec leurs ans d'outre-Atlantique, les thmes sociaux
    qu'ils ont dvelopps, le style rythm et direct qu'ils ont impuls.
    Cette inspiration a t cultive par le visionnage des cassettes vido,
    des DVD achets aux Etats-Unis ou par correspondance. Ce genre comique
    a mme conquis la Hongrie, avec les reprsentations mensuelles donnes
    par des comdiens anglophones. Depuis, les soires BuDuCS (Budapest
    Stand-up Comedy Shows) connaissent un vif succs.
 
    Le tout-venant des squences amateur sur Internet relve bien entendu
    d'une autre catgorie, celle qui constitue le fonds de commerce d'une
    mission de TF1, "Vido gag". Futile, inoffensive, recyclable 
    l'infini. Sur le Web, la peau de banane - le gag de la glissade
    inopine - devient le rgime (normatif). Ce faisant, elle restreint le
    temps et la place laisss aux autres registres d'humour moins visuels,
    plus narratifs, davantage discursifs. D'autant que les genres
    privilgis sur les sites Internet sont ceux que les divertissements
    tlviss promeuvent partout dans le monde : des canulars, des sketchs
    qui s'exportent vite et bien.
 
    Distributeur mondial de "Surprise sur prise" et "Farce attaque",
    Gilbert Rozon, PDG de la manifestation Juste pour rire, au Qubec,
    lancera en marge de la 26^e dition du festival, en 2008, un march
    mondial de l'humour,  l'instar de ce qui se fait dj pour le cinma
    et la tlvision  Cannes. Cela afin de formaliser des changes
    commerciaux qui, jusqu'ici, se droulaient en coulisse et dans les
    chambres d'htel entre producteurs, programmateurs de salle et
    d'antenne, producteurs, directeurs de casting. En juillet, ils
    bnficieront de confrences sur la convergence des mdias. Ils
    disposeront d'une vidothque pour faciliter leurs acquisitions et
    assisteront  des pitchs (rsums succincts) d'humoristes.
 
    Depuis l'invention du concept, les camras caches de Juste pour rire,
    diffuses dans les avions, ont t achetes par 140 pays dans le monde.
    Par son volume de programmes et son poids conomique, la lgret est
    en passe de devenir une industrie lourde.
 
<article-nb="2008/01/01/19-2">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2">  Aprs le 11 septembre, deux groupes s&#38;#39;opposaient : les tenants de la thse &#38;#34;Iraq first&#38;#34; et ceux de la thse &#38;#34;Afghanistan first&#38;#34;. 
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2">   
    A prs les attentats du 11 septembre 2001, la discussion avait t vive
    entre les conseillers du prsident George W. Bush. Deux groupes
    s'opposaient : les tenants de la thse "Iraq first" et ceux de la thse
    "Afghanistan first". Autrement dit ceux qui, depuis longtemps, voyaient
    en Saddam Hussein le plus grand danger pour la scurit des Etats-Unis
    et ceux qui voulaient frapper Oussama Ben Laden et ses allis talibans.
 
 
    Les seconds l'ont emport. A l'automne 2001, de nombreux arguments
    plaidaient en leur faveur. Le responsable des attentats contre le World
    Trade Center et le Pentagone paraissait bien se trouver en Afghanistan
    ; le rgime des talibans tait dnonc par l'ensemble de la communaut
    internationale, en tout cas par les pays qui la reprsentent au Conseil
    de scurit des Nations unies ; tout le monde, ou presque, tait
    d'accord pour frapper un grand coup, tout de suite, en rponse  la
    tragdie amricaine. Autant cette communaut internationale tait
    enlise depuis la premire guerre du Golfe en 1990-1991 dans l'affaire
    irakienne, autant il lui tait facile de raliser son unit pour
    "librer" l'Afghanistan. Non seulement les Russes approuvaient
    l'opration "Libert prenne", mais ils avaient le sentiment que les
    Amricains agissaient dans leur propre intrt, car eux-mmes
    craignaient la contagion islamiste sur leurs frontires mridionales.
    Parce qu'elle tait prsente comme une "guerre de ncessit",
    l'intervention en Afghanistan suscitait une large approbation,
    bnficiant de la lgitimit internationale confre par l'ONU.
 
    Tout le contraire de la guerre en Irak. En 2003, l'intervention
    amricaine contre Saddam Hussein est apparue comme une "guerre de
    choix", dicte non par des impratifs de scurit internationale
    partags par l'ensemble des puissances, mais par la seule volont du
    prsident amricain et de son entourage. Elle a suscit l'opposition de
    trois membres permanents du Conseil de scurit, dont deux - la France
    et la Russie - ont form avec l'Allemagne un front du refus, dsastreux
    pour Washington. Les Etats-Unis ont court-circuit l'ONU, privant leur
    action de lgalit, sinon de lgitimit, internationale. L'enlisement
    dont ils peinent  sortir en Irak paraissait inscrit dans cette
    conjonction de facteurs ngatifs.
 
    Est-ce  dire que la guerre en Afghanistan, commence sous de meilleurs
    auspices, a plus de chances de se terminer par un succs ? L'incapacit
    des Amricains  mettre Oussama Ben Laden hors d'tat de nuire et de la
    coalition mene par l'OTAN  venir  bout des talibans, qui se sont
    rinstalls dans leurs bastions, laisse penser qu'il n'en est rien.
    L'assassinat de Benazir Bhutto souligne un triple chec de la politique
    amricaine : l'radication manque d'Al-Qaida, le vain soutien au
    rgime autoritaire de Pervez Musharraf et l'effondrement de la
    stratgie concocte autour d'un partage du pouvoir entre le
    gnral-prsident et la reprsentante de l'opposition dmocratique au
    Pakistan.
 
    Pour autant, il est difficile d'imaginer un dsengagement des
    Occidentaux d'Afghanistan. Pour des raisons qui tiennent aux conditions
    dans lesquelles l'intervention a t engage, au constat qu'aucun de
    ses objectifs n'a t encore atteint et au rle essentiel attribu 
    l'OTAN qui joue sa crdibilit dans sa premire opration hors
    d'Europe. Avant son lection, Nicolas Sarkozy avait envisag une
    rduction de la prsence franaise, voire un retrait complet. Il est
    revenu sur cette ide qui aurait t dans ses relations avec les
    Etats-Unis ce que le non  la guerre en Irak avait t pour Jacques
    Chirac.
 
    Le problme reste entier. Il ne suffit pas d'invoquer, comme en Irak,
    une "solution politique"  la place d'une "solution militaire" pour le
    rsoudre. Soutenir que cette solution politique pourrait se rvler
    plus facile  Bagdad qu' Kaboul n'est pas pousser trop loin le
    paradoxe.
 
<article-nb="2008/01/01/19-3">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3">  Lisez l'intgralit de l'article pour plus d'information.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3">   
    L es cyber-marchands ne sont toujours pas revenus du cadeau empoisonn
    que le gouvernement leur a fait pour Nol. Pour renforcer la protection
    du consommateur, la loi Chatel pour "le dveloppement de la concurrence
    au service du consommateur", adopte le 20 dcembre, comprend deux
    amendements concernant le commerce lectronique.
 
 
    Le premier interdit l'utilisation des numros surtaxs pour le suivi
    des commandes et les demandes de rtractation. Jusqu' prsent, les
    services clients sont gnralement facturs 0,34 euro la minute. Mais
    certains sites y ajoutent une somme forfaitaire. Le second amendement
    permet dsormais au client de se faire rembourser ses frais de
    livraison au cas o il se rtracterait dans les sept jours de dlais
    lgaux.
 
    L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a applaudi des deux
    mains : "Toutes ces mesures vont dans le bon sens. Il existe encore
    trop de litiges avec les sites d'e-commerce." Selon elle, les sites
    d'e-commerce devront faire des efforts sur la qualit du service,
    justement afin d'viter les appels vers l'assistance tlphonique ou
    les retours de commandes.
 
    "On nous sort du chapeau des amendements qui auront un impact
    extrmement important pour notre secteur", s'est insurg Marc Lolivier,
    dlgu gnral de la fdration de l'e-commerce et de la vente 
    distance (Fevad), dplorant que ces amendements aient t dposs par
    les snateurs  la dernire minute. Ces mesures ne figuraient en effet
    nulle part : ni dans l'avant-projet de loi, ni dans le projet, ni dans
    aucun des 300 amendements dposs  l'Assemble nationale. Plus grave,
    souligne la Fevad, qui fdre 600 sites marchands : aucun reprsentant
    du secteur du commerce en ligne n'a t auditionn au Snat alors que
    la grande distribution et les fournisseurs industriels ont t reus
    par Luc Chatel, secrtaire d'Etat  la consommation, et Christine
    Lagarde, ministre de l'conomie. Les courriers de la fdration sont
    rests lettre morte.
 
    La Fevad juge cette "stigmatisation" d'autant plus "incomprhensible"
    qu'un groupe de travail sur ces questions devait dmarrer ses travaux
    le 17 dcembre 2007. Sans avoir prcisment chiffr l'impact de ces
    mesures, la Fevad l'estime dj  plusieurs millions d'euros. Elle
    craint que certains sites n'utilisent plus les services de livraison
    express - pourtant de plus en plus demands par les clients - de peur
    d'avoir  les rembourser. Elle redoute aussi qu'ils soient obligs
    d'embaucher des salaris pour leurs centres d'appels. Devenus gratuits,
    les appels de clients risquent en effet de se multiplier. Des surcots
    pour les sites qu'ils pourraient rpercuter... sur les clients.
 
<article-nb="2008/01/01/19-4">
<article-nb="2008/01/01/19-5">
<article-nb="2008/01/01/19-6">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6">  Certes, le tabagisme passif est une question de sant publique. Mais dmarrer sa voiture n&#38;#39;est-il pas plus criminel que d&#38;#39;allumer une cigarette ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6">   
    L 'interdiction de fumer dans les lieux publics est donc gnrale et
    absolue et sont dj mises au point les procdures de contrle. Cette
    interdiction, en France comme en Europe, est bien reue : personne pour
    protester ou s'en mouvoir, fumeur comme non-fumeur. Les
    "bien-pensants", non-fumeurs, ex-fumeurs heureux d'avoir russi et
    antifumeurs sont soulags. Quant aux autres, les fumeurs, ils sont
    ttaniss : comment faire dsormais pour vivre fautif donc coupable,
    sans pour autant tre exclu de la socit dsenfume ?
 
 
    Cet espace public est pourtant le lieu des convivialits, des
    croisements et des rencontres, c'est l que l'autre nous apparat dans
    sa diffrence. Il est donc pour le moins inquitant qu'une diffrence,
    dans cet espace ouvert  tous, soit stigmatise. Pourquoi renoncer
    maintenant  ce qu'est le dialogue et l'ducation ? Pourquoi ne pas
    faire confiance  ceux qui sauront demander "est-ce que la fume vous
    drange ?" et n'allumeront pas la cigarette qu'ils s'apprtaient 
    fumer par gard, respect, coute de l'autre.
 
    Que penser de cette socit qui s'esquisse ainsi et impose  l'individu
    de se cantonner dans l'espace priv, donnant  la valeur "libert
    publique" le seul sens de "pratique prive" ? Pratique prive ou
    plaisir solitaire...
 
    C'est faire bien peu de cas, direz-vous, de cet impratif de sant
    (publique, elle...) : rappelons simplement que si la premire cause de
    mortalit en France est bien la maladie cardio-vasculaire, le tabac
    n'en est qu'un des facteurs parmi d'autres, tels que, et dans l'ordre,
    l'hrdit, l'hypertension artrielle, le diabte sous toutes ses
    formes, les dyslipidmies. Autrement dit, "natre tue", "boire tue",
    "se mal nourrir tue" aussi. Certes, le tabagisme passif est une
    question de sant publique. Mais dmarrer sa voiture n'est-il pas plus
    criminel que d'allumer une cigarette ?
 
    A quand, ds lors, la taxe supplmentaire sur le patrimoine
    hrditaire, l'alcool et autres consommations d'existence - manire de
    TVA pidmiologique -  l'instar de la taxe que paye le fumeur 
    l'achat de son arme fatale ?
 
    Jusqu' quand le lgislateur autorisera-t-il les "menus  la carte"
    dans les restaurants ou cafs ou salons de th ou brasseries... ? On
    pourrait ainsi continuer - en toute impunit ! -  dbuter un dner par
    un foie gras (arros bien sr), le poursuivre avec un steak  la sauce
    barnaise ou roquefort (et son vin), enchaner avec ces "rondes des
    fromages" (on sait qu'un fromage sans vin est au moins aussi triste
    qu'un jour sans pain) pour achever ces agapes sur un vacherin nimb de
    beaumes-de-venise et un caf et son petit alcool de poire. Mais que
    fait la Loi ? Quand nous imposera-t-elle, et pour notre bien, des menus
    dittiques dont les composants seront garantis "non gntiquement
    modifis" et - sur demande - traables ? Quand nous garantira-t-elle
    par ces repas - sans sel, sans alcool ni graisses mlanges - une
    tension artrielle stable, une stabilit basse du taux des
    triglycrides, du cholestrol et de la glycmie ? Comment tolre-t-on
    encore dans ces lieux publics la prsence d'hypertendus, d'obses,
    parce que "ces gens-l" ont de toute vidence trich avec la qualit et
    la quantit. Qu'ils se goinfrent chez eux - manger tue - et pas dans
    l'espace public !
 
    Et ne serait-il pas quitable que les non-fumeurs, les non-buveurs et
    les sains mangeurs puissent obtenir rparation des dommages causs 
    eux-mmes ou  leurs proches par fume, alcool, alimentation trop
    riche. Alors ? Couverture-dommages universelle ? Mutuelle, avec ou sans
    franchise ? Si le fumeur ne doit plus se placer  ct d'un non-fumeur,
    l'alcoolique ne doit pouvoir croiser le chemin d'un non-buveur, et le
    gourmet gourmand tenter le sain mangeur...
 
    Une socit sans l'Autre, le diffrent, qu'il soit fumeur heureux,
    buveur dtendu ou bien gourmet, est une socit totalitaire...
      __________________________________________________________________
 
    Docteur Micheline Benatar, mdecin
 
<article-nb="2008/01/01/19-7">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7">  L&#38;#39;information sur les enjeux europens reste trique et ne permet pas de comprendre nos voisins.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7">   
    P ourquoi parler d'Europe ? Parce que l'histoire des nations se
    termine, et que l'histoire de l'Europe est  peine commence. La
    souverainet nationale, conomique, commerciale comme financire et,
    mme si elles s'en dfendent, la souverainet militaire, c'est termin.
    Ces renoncements sont dfinitifs, irrversibles, et c'est tant mieux.
 
 
    La jeunesse d'Europe ne connat pas, ne veut pas connatre les
    frontires des nations. Elle voyage sans passeport, avec une monnaie
    unique, usant d'un espranto commode, l'anglais. Elle s'installe chez
    les uns, chez les autres, comme dans une auberge espagnole. L'Europe
    est son terrain de jeu, c'est une vidence.
 
    Mais ce qui manque avant tout  cet ensemble, c'est une conscience. Une
    conscience qui rflchisse sur elle-mme, qui porte des desseins, qui
    entreprenne et qui ose. Bien sr, on en trouve un embryon  Bruxelles,
    dans ce lieu miraculeusement multiculturel o des intelligences se
    consacrent  l'Europe. De droite ou de gauche, quelle que soit leur
    couleur politique, les bonnes volonts s'y retrouvent, s'unissent,
    essayent de faire progresser la conscience europenne.
 
    Mais Bruxelles est un ghetto, attaqu de toutes parts : par les
    nations, par les classes politiques nationales, et surtout par les
    mdias nationaux. Car les mdias nationaux ne veulent pas de l'Europe.
    Elle les menace dans leur confort intellectuel comme dans leur statut.
    Elle les gne dans l'ide qu'ils se font de leur tche quotidienne :
    conforter chaque peuple dans l'ide reue que son pays est le plus
    grand, le plus beau, le plus fort, le plus aimable. Les autres ? Ils
    sont, sinon des ennemis, du moins des concurrents, des adversaires, des
    menaces.
 
    La couverture par les mdias nationaux de l'Europe est insuffisante.
    Elle ne reprsente gure plus de 5 %  10 % du temps d'antenne des
    journaux tlviss, pas plus et parfois moins que la couverture des
    affaires amricaines par les mmes mdias, moins que la couverture des
    affaires europennes par certains mdias non europens.
 
    Cette information trique ne permet pas de comprendre les vrais enjeux
    de socit de nos voisins immdiats. Elle couvre, au mieux, leur
    actualit politique de base : les lections, les faits divers
    spectaculaires, de faon rarissime leur volution sociale et
    conomique, et encore moins les enjeux idologiques lis au
    rgionalisme, aux religions,  l'immigration, aux droits civiques ou 
    l'cologie...
 
    Chaque citoyen d'Europe est surinform sur ce qui se passe chez lui,
    dans son jardin, dans sa nation ternelle, mais sous-inform sur ce qui
    se passe chez son voisin de palier europen. A fortiori, il ne peut
    gure saisir le pourquoi et le comment de ce qui se dcide  Bruxelles
    et qui est toujours le fruit d'un compromis laborieux entre les
    priorits de chacun des membres de l'UE.
 
    Il est vrai que de l'avis gnral des professionnels de la
    communication l'Europe n'attire pas le regard du tlspectateur, mais
    que lui offre-t-on ? des images de dirigeants en runion, des poignes
    de main, des portires qui claquent et des portes qui se ferment...
    Tout cela avec un contenu ditorial obscur. Pourtant, paradoxe
    mdiatique, rien n'est secret  Bruxelles : dossiers, ngociations,
    perspectives, tout est ouvert au public et aux professionnels. Mais
    cette maison de verre n'est que trop transparente : elle manque de
    chair, elle n'attire pas la lumire. Le monde mdiatique n'a cure des
    exposs ex cathedra, il veut des images. Des images qui parlent aux
    peuples : des figures de l'Union qui soient accessibles, humaines,
    chaleureuses, qui parlent leur langage.
 
    Or les dirigeants de l'Union semblent prendre un malin plaisir  tre
    absents l o on les attendrait. Lors de l'inauguration de l'Airbus A
    380  Toulouse, vnement emblmatique de l'Europe industrielle s'il en
    est, quatre chefs d'Etat ont pris la parole. Trois commissaires taient
    l, chacun reprsentant une politique de l'Union indispensable au
    succs d'Airbus, aucun n'a parl.
 
    Lors du soixantime anniversaire de la libration du camp d'Auschwitz,
    vnement fondateur de ce que Michel Rocard appelle "un espace de paix
    rgi par le droit", des survivants et des reprsentants confessionnels
    ont prononc des discours terriblement mouvants, des dirigeants
    nationaux se sont exprims, on n'a entendu aucune voix de l'Union. Les
    dirigeants des Etats-nations, avec leurs cohortes de reprsentants
    nationaux et locaux, passent avant les reprsentants de l'Union dans
    les manifestations publiques, o quand ils parlent, c'est en dernier.
 
    Comment les peuples d'Europe peuvent-ils, s'ils ne les voient pas,
    s'ils ne les entendent pas, accorder aux dirigeants de l'Union cette
    aura mdiatique qui est aujourd'hui, qu'on le veuille ou non,
    indispensable non seulement  la notorit publique, mais aussi 
    l'identification ncessaire des citoyens europens  ces dirigeants ?
    Sans responsables europens clairement connus et reconnus comme
    premires personnalits d'Europe, pas de possibilit de crer une
    conscience europenne, pas de sentiment, d'empathie proeuropenne, pas
    de nouvel lan europen.
 
    Puisse la diplomatie franaise tre pionnire en ce domaine, et faire
    bouger les lignes  l'occasion de la prochaine prsidence franaise de
    l'Europe. Les mdias se chargeront du reste.
      __________________________________________________________________
 
    Philippe Cayla, PDG d'EuroNews
 
