<FILE-date="2008/01/01/19">
<article-nb="2008/01/01/19-1">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1">  Devant des centaines de milliers de manifestants, des responsables catholiques ont fustig la politique sociale et familiale de M. Zapatero,  deux mois des lections.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1">   
    A deux mois des lections lgislatives du 9 mars, l'Eglise catholique
    espagnole est de facto entre dans la campagne lectorale, dimanche 30
    dcembre 2007, en tenant des propos trs virulents contre le
    gouvernement du socialiste Jos Luis Rodriguez Zapatero, qui brigue un
    second mandat.
 
    Devant des centaines de milliers de fidles venus de toute l'Espagne,
    dont beaucoup de familles nombreuses, des responsables religieux se
    sont succd sur une grande scne pour dfendre le modle de "la
    famille chrtienne" et fustiger la politique sociale du gouvernement,
    qui aboutit  la "dissolution de la dmocratie".
 
 
    Mariage homosexuel, introduction de l'ducation civique dans les
    programmes scolaires, lois facilitant les procdures de divorce ou
    permettant aux transsexuels de changer d'tat civil sans se faire
    oprer : l'Eglise a trembl depuis l'lection en 2004 de M. Zapatero
    aprs huit ans de gouvernement conservateur.
 
    Dimanche, certains archevques parmi les plus conservateurs de l'Eglise
    espagnole ont dnonc un gouvernement qui "fait vaciller les bases de
    la famille avec des lois iniques et injustes", selon les mots de
    l'archevque de Tolde, Antonio Canizares. "La culture de la lacit
    radicale est une tromperie qui ne conduit qu' l'avortement et au
    divorce express (et) mne  la dissolution de la dmocratie", a affirm
    l'archevque de Valence, Agustin Garcia-Gasco.
 
    Les mesures sociales du gouvernement reprsentent "un retour en arrire
    des droits de l'homme", a estim l'organisateur du premier
    rassemblement de ce genre, l'archevque de Madrid, Antonio Maria Rouco
    Varela.
 
    Il s'tait pourtant pralablement dfendu de vouloir prparer un acte
    politique contre le gouvernement de M. Zapatero, affirmant qu'il
    s'agissait simplement d'une "proclamation publique" face  une
    "situation extrmement grave" dans "une socit o le nombre de
    divorces a explos, pour quasiment dpasser le nombre de mariages".
 
    Face  ces attaques, les socialistes se sont dfendus lundi. "Le
    national-catholicisme est entr en campagne lectorale", a dnonc le
    ministre de la justice, Mariano Fernandez Bermejo. Le numro deux du
    Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Jos Blanco, a aussi vol au
    secours du gouvernement, en exigeant la "rectification" des propos
    "mensongers" et "extrmement graves" des archevques.
 
    "Certaines choses que j'ai entendues m'ont sembl intolrables", il
    s'agit "d'une immixtion directe dans la campagne lectorale, j'ai eu
    l'impression qu'il s'agissait d'un acte du Parti populaire (droite)
    prsid par des cardinaux", a poursuivi Jos Blanco.
 
    Pourtant, un seul responsable national du PP, le dput europen Jaime
    Mayor Oreja, a assist au rassemblement, le reste des dirigeants
    prfrant rester discrets, leur tte de liste aux prochaines lections,
    Mariano Rajoy, en tte.
 
    La presse de gauche a galement voqu un rassemblement surtout
    politique. Le journal Publico l'a qualifi de "messe de campagne"
    lectorale et, selon El Pais, ce grand rassemblement "cens tre un
    acte en faveur de la famille" s'est "transform en meeting politique".
    A droite, le journal El Mundo estime que l'Eglise "a parfaitement mis
    en scne son dsaccord avec le gouvernement".
 
    La manifestation a connu son point d'orgue  la mi-journe avec une
    connexion en direct avec le Vatican, o le pape Benot XVI s'est
    adress en castillan aux fidles espagnols lors de son Angelus, leur
    rappelant que le socle de la famille tait "l'union indissoluble d'un
    homme est d'une femme".
 
    "Cela vaut la peine de travailler pour la famille", a soulign Benot
    XVI, immdiatement applaudi par les milliers de fidles espagnols
    runis sur la Plaza de Colon et ses alentours.
 
<article-nb="2008/01/01/19-2">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2">  Cette loi qui transpose une directive europenne impose aux fournisseurs de tlphonie et d&#38;#39;Internet d&#38;#39;enregistrer les donnes de communication pendant six mois.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2">   
    C 'est du jamais-vu dans l'histoire de la Rpublique fdrale
    allemande. Prs de 30 000 personnes veulent saisir la Cour
    constitutionnelle de Karlsruhe pour stopper une lgislation sur le
    stockage des donnes de communication, qui doit entrer en vigueur le
    1^er janvier 2008. Un recours a t dpos lundi 31 dcembre par un
    avocat berlinois  l'initiative du Cercle de travail sur la sauvegarde
    des donnes, un regroupement de citoyens et de membres de diverses
    associations et organisations.
 
 
    Cette loi qui transpose une directive europenne impose aux
    fournisseurs de tlphonie et d'Internet d'enregistrer les donnes de
    communication pendant six mois. Pour faciliter la recherche de
    criminels et de terroristes, les pays de l'Union europenne avaient
    dcid en fvrier 2006 de modifier leurs lgislations dans ce sens.
 
    Le texte vot le 9 novembre 2007 par le Bundestag, la chambre basse du
    Parlement allemand, prvoit le stockage des numros de tlphone,
    adresses Internet, date et heure des changes tlphoniques ou
    lectroniques et non pas l'enregistrement du contenu des conversations
    tlphonique ou des courriers lectroniques. Ces informations pourront
    tre mises  la disposition de la police, des tribunaux et des services
    de renseignements.
 
    Ce texte de loi suscite une vague de protestations depuis plusieurs
    mois. En Allemagne, le renforcement du pouvoir des services de scurit
    reste un sujet dlicat en raison du pass nazi puis communiste. En
    novembre, juste avant l'adoption de la lgislation par le Bundestag,
    plusieurs milliers de personnes avaient manifest dans plus de quarante
    villes  l'appel du Cercle de travail sur la sauvegarde des donnes.
    D'autres manifestations ont suivi, dont la dernire a eu lieu 
    Hambourg lundi 31 dcembre. Un cortge de quelques centaines de
    personnes a dfil aux cts d'un cercueil pour faire le "deuil de la
    sphre prive".
 
    "L'ETAT QUI SURVEILLE"
 
    "Il s'agit d'une grave atteinte au systme de valeurs de l'Etat de
    droit", souligne le communiqu du Cercle. Pour la majorit des
    opposants, cette lgislation constitue d'abord un pas de plus vers
    "l'Etat qui surveille". De leur ct, les mdecins, journalistes et
    avocats dnoncent un texte qui remet en cause le respect du secret
    professionnel. Des reprsentants du parti libral (FDP) ont galement
    annonc qu'ils porteraient plainte devant la Cour constitutionnelle.
 
    Les entreprises de tlcoms se plaignent pour leur part des cots
    engendrs par la nouvelle lgislation. Les entreprises ont jusqu' la
    fin de l'anne 2008 pour se mettre en conformit. De fortes amendes
    s'appliqueront ensuite  partir de 2009.
 
    La Cour constitutionnelle a indiqu qu'elle n'examinera pas le recours
    des 30 000 plaignants avant le 2 janvier. Si les juges acceptent la
    requte, l'entre en vigueur sera bloque jusqu' ce que la Cour se
    prononce sur le contenu de cette loi. Dans le cas contraire, la
    lgislation continuera  s'appliquer jusqu' ce que les juges rendent
    leur dcision sur le fond.
 
<article-nb="2008/01/01/19-3">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3">  En prennant le relais du Portugal  la tte de l&#38;#39;Union europenne, mardi 1er janvier, la Slovnie est devenue le premier ancien pays du bloc communiste, ainsi que le premier nouveau membre,  prsider l&#38;#39;UE.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3">   
    E n prennant le relais du Portugal  la tte de l'Union europenne,
    mardi 1er janvier, la Slovnie est devenue le premier nouveau membre 
    prsider l'UE. Pendant les six mois pendant lesquels elle dirigera les
    destines de l'Union, Ljubljana entend en priorit s'occuper de la
    situation dans les Balkans, et notamment de l'indpendance du Kosovo,
    ainsi que d'une ratification rapide du trait de Lisbonne.
 
 
    "La prsidence de l'UE se dplace de l'Atlantique vers la mer
    Mditerrane, vers la cte Adriatique de la Slovnie, de l'ouest vers
     l'est", a dclar le ministre des affaires trangres slovne,
    Dimitrij Rupel, lors de la prise en charge officielle de la prsidence.
    "Devant   nous se prsente un dfi majeur, l'un des plus grands de ceux
    auxquels   la Slovnie a t confronte depuis son accession 
    l'indpendance", en 1991, a prcis le premier ministre, Janez Jansa.
 
    Pour le secrtaire d'Etat aux affaires europennes, Janez Lenarcic, le
    but sera galement d'"acclrer le processus d'adhsion"  l'UE de
    toutes les anciennes rpubliques yougoslaves : "Nous   ne demandons pas
    un rabotage des critres d'adhsion, mais nous   souhaitons que
    l'Europe soit plus volontariste dans l'assistance  ces   pays et ne se
    contente pas d'attendre passivement".
 
    Cependant, la Slovnie, qui n'a adhr qu'en 2004 et est membre de la
    zone euro depuis le 1^er janvier 2007, sait que sa marge de manuvre
    sera limite. Le calendrier dont elle a hrit est prtabli, et
    Ljubljana sera suivi au second semestre   par un poids lourd de l'UE,
    la France. "C'est une conscration pour un pays qui n'tait pas encore
      indpendant il y a dix-sept ans et qui, depuis, a russi sa
    dmocratisation   et son intgration a l'UE", veut quand mme croire M.
    Lenarcic, qui espre que son pays sera capable de relever "cet norme
    dfi".
 
<article-nb="2008/01/01/19-4">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4">  Une exposition sur l&#38;#39;image rciproque des Allemands et des Russes de 1800  2000 montre que les rapports entre les deux peuples ont toujours t un mlange de peur et d&#38;#39;attirance, de rpulsion et de fascination, de haine et d&#38;#39;admiration.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4">   
    A u moment o les relations entre l'Allemagne et la Russie traversent
    une passe dlicate, une exposition sur l'image rciproque des Allemands
    et des Russes de 1800  2000 montre que les rapports entre les deux
    peuples ont toujours t un mlange de peur et d'attirance, de
    rpulsion et de fascination, de haine et d'admiration. Les divergences
    politiques actuelles entre Berlin et Moscou, qui se rpercutent au sein
    mme du gouvernement entre Angela Merkel et son ministre des affaires
    trangres, comme entre la chancelire et les hommes d'affaires trs
    engags en Russie, ont certes des causes immdiates. Elles ne se jouent
    pas moins sur ce fond historique.
 
 
    "Unsere Russe, unsere Deutschen, les images de l'autre, 1800-2000",
    l'exposition organise jusqu'au 2 mars au chteau de Charlottenburg par
    le Muse germano-russe de Karlshorst  Berlin et le Muse historique de
    Moscou ne prtend pas donner  voir l'histoire des relations entre les
    deux pays pendant deux sicles. Elle s'attache  l'image que l'un a eue
    - et a toujours -, de l'autre, avec les clichs et les prjugs,
    positifs ou ngatifs. Elle les montre  l'aide de quelque 400 objets,
    dont les trois cinquimes viennent de muses allemands : instruments de
    la vie quotidienne, affiches, peintures, caricatures, ditions
    originales des auteurs allemands ou russes publis dans l'autre pays...
 
    "Au commencement tait Napolon." La phrase de l'historien Thomas
    Nipperdey pour caractriser le XIX^e sicle allemand vaut aussi pour
    les relations germano-russes. Les "guerres de libration" contre les
    Franais dans les premires annes 1800 ont rapproch les deux peuples
    sans effacer pour autant la dialectique du "barbare" et du "civilis".
    Cette ambivalence a t brise deux fois au cours de l'histoire.
    Pendant la guerre de 1914 et surtout pendant la priode
    nationale-socialiste, quand s'est impose l'image de l'ennemi, et  la
    fin des annes 1980, o au contraire la politique de Mikhal Gorbatchev
    a dessin une image entirement positive du Russe chez les Allemands.
 
    Des nuances devraient toutefois tre apportes que l'exposition a
    tendance  gommer. La coopration entre les armes allemandes et
    sovitiques, commence sous la Rpublique de Weimar, est passe sous
    silence quand elle se poursuit sous le III^e Reich. L'effet que le
    pacte germano-sovitique de 1939 a pu avoir sur l'image rciproque des
    Allemands et des Russes est ignor. Sans doute ces diverses facettes
    apparatront-elles dans les confrences (et les manifestations
    artistiques) qui doivent complter l'exposition en janvier et en
    fvrier.
 
    Dans les annes 1920, 300 000 Russes vivaient  Berlin, qui tait la
    plus grande ville russe entre Moscou et Paris. Surtout dans le quartier
    de Charlottenburg, rebaptis alors Charlottengrad. Ils taient des
    migrs politiques, des artistes, des intellectuels. Aujourd'hui, il y
    a officiellement 14 200 citoyens russes dans la capitale allemande et
    sans doute une centaine de milliers non dclars. Ce sont,  quelques
    exceptions prs, des hommes d'affaires, de toutes sortes d'affaires.
 
<article-nb="2008/01/01/19-5">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5">  La contestation contre le prsident Saakachvili, qui se reprsente  l&#38;#39;lection du 5 janvier, est alimente par un malaise social, en dpit de la croissance.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5">   
    E n sept ans, Benot Fil a appris beaucoup de choses  Telavi, au pied
    de la chane montagneuse du Caucase, dont les cimes enneiges se
    dessinent si prs des vignes, presque  porte de main : la langue
    gorgienne, la patience et les pesanteurs de l'administration. Mais il
    a surtout dcouvert  quel point l'conomie du pays tait dpendante
    des soubresauts politiques. Dbut 2006, 250 salaris travaillaient pour
    Georgian Wines and Spirits (GWS), un des plus gros producteurs et
    ngociants de vins en Gorgie, dont Benot Fil est le directeur
    industriel. Ils ne sont plus que 110 dans l'entreprise de Telavi, la
    capitale de la rgion.
 
 
    L'origine de la crise que traverse ce secteur cl de l'conomie se
    trouve dans l'embargo dcrt en juin 2006 par la Russie sur les
    produits gorgiens, en particulier le vin et l'eau minrale. Une tape
    spectaculaire dans la dgradation des relations entre les deux pays,
    depuis l'arrive au pouvoir de Mikhal Saakachvili au terme de la
    "rvolution des roses", fin 2003. "Nous sommes passs de 3 millions de
    litres par an  un million", explique Benot Fil, en faisant visiter
    les installations quasi dsertes. La chane de mise en bouteille est
    immobilise, en attendant la prochaine commande. Le remplacement des
    cuves en inox a t interrompu. "Avant, prs de 80 % des vins gorgiens
    se vendaient en Russie, rappelle Chota Kobelia, directeur commercial de
    GWS. Nous avons donc d trouver de nouveaux dbouchs, en Pologne, en
    France ou encore en Turquie."
 
    GWS bnficie du soutien et des rseaux de son actionnaire principal
    (90 % des parts), le groupe Pernod Ricard. De quoi tre plus serein que
    d'autres face  la crise, et mme d'envisager une sortie par le haut.
    "A court terme, l'embargo est un mal pour un mal. Mais  long terme, il
    va permettre d'assainir le march, explique Benot Fil. Il y a un gros
    problme de contrefaon. Sans parler des particuliers, beaucoup de
    caves font du vin sans raisins : elles mlangent du marc de raisin, de
    l'eau et du sucre, puis font fermenter. Quand le march russe rouvrira,
    il y aura forcment des normes plus strictes."
 
    Le vin, mais aussi l'eau minrale ou les produits agricoles : l'embargo
    a fait souffrir l'conomie gorgienne, qui ne peut s'appuyer sur de
    grandes ressources naturelles. Ce climat n'est pas propice aux
    affaires, tandis que la forte inflation enregistre en 2007 - 11,6 % en
    novembre - provoque l'exaspration populaire. A l'approche de
    l'lection prsidentielle du 5 janvier, Mikhal Saakachvili joue une
    double partition pour tre rlu : il dfend le bilan de ses rformes
    librales ; mais en mme temps il axe sa campagne sur les questions
    sociales, en promettant de revaloriser les faibles salaires et
    pensions. L'Etat deviendrait-il dispendieux ? En ralit, c'est la
    manifestation du 2 novembre, dense et lourde de ressentiment contre le
    rgime, qui a pouss M. Saakachvili  inflchir son discours.
 
    Le 10 novembre, alors que l'tat d'urgence tait toujours en vigueur,
    le prsident gorgien s'est adress  l'lite conomique dans un grand
    htel de la capitale,  huis clos, pour tenter de la rassurer. Parmi
    ces hommes d'affaires acquis au pouvoir mais inquiets se trouvait Lado
    Gourguenidze, prsident de la Banque de Gorgie, nomm premier ministre
    six jours plus tard. Ce jour-l, nous avait-il confi, il avait trouv
    injustifies les critiques mises contre M. Saakachvili par une partie
    des manifestants, qui dnonaient les traumatismes causs par les
    rformes. "Les Gorgiens ne forment pas le peuple le plus rationnel du
    monde, disait-il. Les chiffres ne mentent pas. Notre PIB par habitant
    se situe au niveau de la Russie en 2001, de la Bulgarie en 2002 ou de
    l'Ukraine en 2006. Ces quatre derniers mois, plus d'un million de
    comptes bancaires individuels ont t ouverts. Le pessimisme est sans
    fondement."
 
    Maintenir le cap, et peu importent les chardes : telle est l'unique
    aspiration du milieu des affaires. Revenu en Gorgie au moment de la
    "rvolution des roses", aprs avoir longtemps travaill en Russie,
    Guela Nakopia, directeur gnral de la puissante compagnie minire
    Madneuli, fait partie de ces entrepreneurs qui ne jurent que par la
    stabilit politique, quitte  ngliger les frustrations populaires. "Je
    pense que le destin du pays doit se rgler  la table des ngociations,
    et pas dans la rue", rsume-t-il.
 
    Compagnie privatise en novembre 2005, Madneuli est localise  80 km
    de Tbilissi dans la zone frontalire avec l'Armnie et l'Azarbadjan.
    "Il y a deux ans, nous avions 840 employs. Aujourd'hui, ils sont 1 500
    et nous nous dveloppons sans cesse, explique M. Nakopia. Le salaire
    moyen se situe  650 dollars (prs de 440 euros) par mois, ce qui est
    lev." Les grands groupes industriels s'en sortent bien. Soutenus par
    le pouvoir, ils sont les principaux moteurs de la croissance qui, selon
    les prvisions du Fonds montaire international (FMI), atteindra 11 %
    en 2007 et 9 % en 2008. Mais le taux de chmage s'levait  13,6 % en
    2006. C'est sans doute le terreau le plus fertile de la contestation
    contre Mikhal Saakachvili.
 
<article-nb="2008/01/01/19-6">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6">  C&#38;#39;est  l&#38;#39;Est que l&#38;#39;ancrage de la foi reste le plus solide, estime un frre de Taiz.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6">   
    A genoux ou en tailleur, des dizaines de milliers de jeunes, venus de
    toute l'Europe, chantent et prient dans l'immense hall Palexpo de
    Genve transform, avec ses icnes, ses jeux de lumire et de
    peintures, en cathdrale. La 30^e rencontre des jeunes de Taiz a lieu
    pour la premire fois, du 28 dcembre 2007 au 1^er janvier, dans la
    ville du rformateur Jean Calvin (1509-1564). Soit un retour aux
    sources. C'est de Genve que Roger Schutz, jeune pasteur suisse, est
    parti, en 1940, fonder sa communaut de "frres"  Taiz
    (Sane-et-Loire). Malgr sa mort - assassin en 2005 -, le nom de Taiz
    reste identifi  l'oeuvre de rapprochement des Eglises.
 
 
    Les jeunes les plus nombreux sont venus de l'Est, de Pologne (10 000)
    et de Croatie (2 300), de pays orthodoxes comme l'Ukraine (1 160), la
    Roumanie (2 200) ou la Serbie (1 500) et des pays baltes. C'est  l'Est
    que l'ancrage de la foi reste le plus solide, commente un frre de
    Taiz. Prs de 200 paroisses protestantes, vangliques et catholiques
    se sont unies pour les accueillir. "On a besoin de vous !", clament des
    affiches dans les rues, comme pour exprimer l'espoir de rveil de ces
    Eglises assoupies derrire des divisions - historiques et doctrinales -
    devenues archaques, ignores de la plupart de ces jeunes qui se disent
    "chrtiens", avant d'tre "protestants", "catholiques", "orthodoxes" ou
    "anglicans".
 
    "RCONCILIATION URGENTE"
 
    La division des Eglises est, pour eux, un scandale. "Nous n'avons pas
    de stratgie de runification", leur rpond Frre Alos, nouveau prieur
    de Taiz, qui met en garde contre le dcouragement et le repli sur les
    identits. "Pour que les Eglises soient crdibles dans leurs
    engagements pour la paix et la justice, la rconciliation est une
    urgence." Il prche un "chemin simple" : celui de la rencontre, de la
    "prire commune".
 
    Les jeunes vivent ce rassemblement comme "une exprience magique". A
    l'heure de l'office, samedi, le silence crasait le hall. Seul
    s'levait la voix de Frre Alos : "Si, face aux institutions
    europennes, s'exprime une certaine fatigue, se manifeste ici une
    volont de dpasser particularismes et rgionalismes. Alors
    retrouvons-nous pour de bon, au-del de nos diffrences nationales et
    confessionnelles."
 
