<FILE-date="2008/01/01/19">
<article-nb="2008/01/01/19-1">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1">  La guerre pour l&#38;#39;investiture rpublicaine dans l&#38;#39;Iowa, dont le caucus du 3 janvier est capital, fait rage entre les deux hommes. M. Huckabee, qui a effectu une perce inattendue, est en tte selon les derniers sondages.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1">   
    L e candidat rpublicain Mike Huckabee a bien fait rire la presse
    rassemble un 31 dcembre 2007  Des Moines, dans l'Iowa, par moins 8
    degrs centigrades. "Je vais tenir une confrence de presse trs
    diffrente de celle que j'avais prvue", a-t-il commenc. Autour de
    lui, la pice tait dcore d'autocollants "Assez, c'est assez". M.
    Huckabee en avait assez des attaques "malhonntes" de son principal
    adversaire pour l'investiture rpublicaine, Mitt Romney.
 
 
    A l'approche du vote des militants, runis en caucus jeudi 3 janvier,
    jour du coup d'envoi des primaires dsignant les candidats 
    l'investiture des deux grands partis pour l'lection prsidentielle de
    novembre, M. Romney s'est mis  diffuser des publicits en noir et
    blanc. On y voit un bagnard qui sort de prison grce  M. Huckabee,
    l'homme qui a accord "1 033 grces et commutations de peine" lorsqu'il
    tait gouverneur de l'Arkansas.
 
    Les journalistes avaient t convis par M. Huckabee  voir le produit
    de sa colre : une publicit ngative qui allait montrer que M. Romney
    n'avait pas toujours t le pur et dur qu'il prtend. Un projecteur
    tait prt. M. Huckabee a pris l'air sombre de l'homme qui vient
    d'opter pour une dcision impopulaire. "J'ai dcid de retirer la
    publicit", a-t-il dit. Le candidat, un ancien pasteur baptiste, a
    expliqu qu'il avait choisi de ne pas succomber  la tentation de
    rendre coup pour coup. "Nous parlons souvent de changer le ton de la
    politique et puis nous faisons la mme chose, s'est-il justifi. Il
    n'est pas trop tard pour bien faire."
 
    ATTIRER LES MDIAS
 
    L-dessus, il a invit la presse  visionner cette publicit qu'il
    avait dcid de ne pas montrer. "Nous ne vous donnerons pas de copie.
    C'est votre seule chance de la voir", a-t-il averti. Le pasteur n'a pas
    la fortune de son adversaire. Il compense en attirant les mdias, en
    les invitant  aller avec lui chez le coiffeur, comme lundi, ou 
    l'couter jouer de la guitare avec son groupe de rock. Il a dmenti
    avoir essay de diffuser gratuitement son message. "J'espre que c'est
    une publicit que l'on ne verra pas dans l'Iowa", a-t-il rpt sous
    les exclamations mi-amuses, mi-indignes des journalistes...
 
    Entre Mike Huckabee et Mitt Romney, la guerre pour l'investiture
    rpublicaine fait rage dans l'Iowa. Le dernier sondage du quotidien
    local, le Des Moines Register, redonne  M. Huckabee une avance qu'il
    avait perdue dans le prcdent sondage... Pour M. Huckabee, qui a
    effectu une perce inattendue en quelques semaines, l'enjeu des caucus
    du 3 janvier est capital. Il doit montrer qu'il peut largir son
    audience au-del des chrtiens conservateurs. Pour M. Romney, c'est une
    tape qui doit l'amener  l'affrontement suivant, dans le New Hampshire
    contre le snateur John McCain, puis dans le Sud, contre Rudolph
    Giuliani, l'ancien maire de New York.
 
    LE BILAN DE GEORGE BUSH, UN TABOU
 
    Les deux rivaux de l'Iowa incarnent deux visages trs diffrents du
    Parti rpublicain. Mitt Romney, gouverneur, fils de gouverneur, issu
    d'une grande famille de mormons, est l'homme de l'establishment
    rpublicain. Il sduit particulirement les protestants des catgories
    suprieures. Mike Huckabee rassemble plutt dans la petite classe
    moyenne. "Les gens qui ont deux jobs, qui souffrent d'anxit
    conomique et aussi sociale car le taux de divorce dans ces catgories
    est deux fois plus lev que parmi les diplms d'tudes suprieures",
    indique le chroniqueur conservateur David Brooks.
 
    Les deux hommes ont aussi fait des choix diffrents sur l'un des tabous
    de la campagne rpublicaine : le bilan du prsident George Bush. M.
    Romney a choisi d'afficher son soutien  l'quipe au pouvoir. Il a reu
    le soutien tacite de la famille Bush et du pre de l'actuel prsident.
    M. Huckabee est le seul  avoir bris le silence qui convenait  la
    plupart des candidats (aucun d'entre eux ne souhaite l'intervention de
    M. Bush mais le prsident reste un formidable collecteur d'argent). Il
    a attaqu "l'arrogance" de la politique trangre de la Maison Blanche,
    ce qui lui a valu de se faire remettre  sa place par la secrtaire
    d'Etat, Condoleezza Rice.
 
    Pour l'ditorialiste de la droite classique George Will, M. Huckabee
    prsente un dfaut majeur pour le parti : il menace l'quilibre
    traditionnel des factions, en se montrant "activement hostile" aux
    prceptes rpublicains de gouvernement rduit et de "respect des
    marchs et du monde des affaires".
 
<article-nb="2008/01/01/19-2">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2">  Devant des centaines de milliers de manifestants, des responsables catholiques ont fustig la politique sociale et familiale de M. Zapatero,  deux mois des lections.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2">   
    A deux mois des lections lgislatives du 9 mars, l'Eglise catholique
    espagnole est de facto entre dans la campagne lectorale, dimanche 30
    dcembre 2007, en tenant des propos trs virulents contre le
    gouvernement du socialiste Jos Luis Rodriguez Zapatero, qui brigue un
    second mandat.
 
    Devant des centaines de milliers de fidles venus de toute l'Espagne,
    dont beaucoup de familles nombreuses, des responsables religieux se
    sont succd sur une grande scne pour dfendre le modle de "la
    famille chrtienne" et fustiger la politique sociale du gouvernement,
    qui aboutit  la "dissolution de la dmocratie".
 
 
    Mariage homosexuel, introduction de l'ducation civique dans les
    programmes scolaires, lois facilitant les procdures de divorce ou
    permettant aux transsexuels de changer d'tat civil sans se faire
    oprer : l'Eglise a trembl depuis l'lection en 2004 de M. Zapatero
    aprs huit ans de gouvernement conservateur.
 
    Dimanche, certains archevques parmi les plus conservateurs de l'Eglise
    espagnole ont dnonc un gouvernement qui "fait vaciller les bases de
    la famille avec des lois iniques et injustes", selon les mots de
    l'archevque de Tolde, Antonio Canizares. "La culture de la lacit
    radicale est une tromperie qui ne conduit qu' l'avortement et au
    divorce express (et) mne  la dissolution de la dmocratie", a affirm
    l'archevque de Valence, Agustin Garcia-Gasco.
 
    Les mesures sociales du gouvernement reprsentent "un retour en arrire
    des droits de l'homme", a estim l'organisateur du premier
    rassemblement de ce genre, l'archevque de Madrid, Antonio Maria Rouco
    Varela.
 
    Il s'tait pourtant pralablement dfendu de vouloir prparer un acte
    politique contre le gouvernement de M. Zapatero, affirmant qu'il
    s'agissait simplement d'une "proclamation publique" face  une
    "situation extrmement grave" dans "une socit o le nombre de
    divorces a explos, pour quasiment dpasser le nombre de mariages".
 
    Face  ces attaques, les socialistes se sont dfendus lundi. "Le
    national-catholicisme est entr en campagne lectorale", a dnonc le
    ministre de la justice, Mariano Fernandez Bermejo. Le numro deux du
    Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Jos Blanco, a aussi vol au
    secours du gouvernement, en exigeant la "rectification" des propos
    "mensongers" et "extrmement graves" des archevques.
 
    "Certaines choses que j'ai entendues m'ont sembl intolrables", il
    s'agit "d'une immixtion directe dans la campagne lectorale, j'ai eu
    l'impression qu'il s'agissait d'un acte du Parti populaire (droite)
    prsid par des cardinaux", a poursuivi Jos Blanco.
 
    Pourtant, un seul responsable national du PP, le dput europen Jaime
    Mayor Oreja, a assist au rassemblement, le reste des dirigeants
    prfrant rester discrets, leur tte de liste aux prochaines lections,
    Mariano Rajoy, en tte.
 
    La presse de gauche a galement voqu un rassemblement surtout
    politique. Le journal Publico l'a qualifi de "messe de campagne"
    lectorale et, selon El Pais, ce grand rassemblement "cens tre un
    acte en faveur de la famille" s'est "transform en meeting politique".
    A droite, le journal El Mundo estime que l'Eglise "a parfaitement mis
    en scne son dsaccord avec le gouvernement".
 
    La manifestation a connu son point d'orgue  la mi-journe avec une
    connexion en direct avec le Vatican, o le pape Benot XVI s'est
    adress en castillan aux fidles espagnols lors de son Angelus, leur
    rappelant que le socle de la famille tait "l'union indissoluble d'un
    homme est d'une femme".
 
    "Cela vaut la peine de travailler pour la famille", a soulign Benot
    XVI, immdiatement applaudi par les milliers de fidles espagnols
    runis sur la Plaza de Colon et ses alentours.
 
<article-nb="2008/01/01/19-3">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3">  Un document confidentiel, que s&#38;#39;est procur &#38;#34;Le Monde&#38;#34;, trace les contours du dsastre entran par le scrutin du 27 dcembre, qui vient de plonger le Kenya dans une vague de violences.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3">   
    U n document confidentiel de sept pages, que s'est procur Le Monde,
    trace les contours du dsastre entran par le scrutin du 27 dcembre
    2007, qui vient de plonger le Kenya dans une vague de violences. Le
    texte recense les irrgularits constates par les observateurs des
    partis. Il a t annot par un participant lors d'une runion discrte
    rassemblant des partis en lice. Cette runion s'est tenue au cours de
    la nuit du samedi 29 au dimanche 30 dcembre, celle prcdant l'annonce
    des rsultats de la prsidentielle.
 
 
 
 
           Au moins 15 personnes brles vives dans un
    glise dans l'ouest du Kenya
 
 
 
    L'incendie criminel d'une glise dans laquelle s'taient rfugis
    plusieurs centaines de personnes cherchant  fuir les violences
    post-lectorales a fait entre quinze et trente morts  Eldoret, mardi
    1er janvier, selon les sources. "Une foule norme a attaqu l'glise",
    a expliqu un tmoin  l'agence AP, faisant tat "de 15  20 corps". Un
    commandant de police cit anonymement par l'AFP a quant  lui affirm
    qu'"au moins 30 personnes sont mortes brles". Eldoret est l'une des
    villes les plus touches par les meutes qui ont fait au moins 299
    morts depuis les lections gnrales contestes du 27 dcembre. (Avec
    AFP, Reuters et AP.)
 
 
                                                              
 
 
       (fl-sq.gif)    M. Kibaki, lu en 2002 pour lutter contre la
    corruption
 
 
 
    Ministre depuis 1965, lu une premire fois prsident de la Rpublique
    en 2002, aprs deux checs successifs, le prsident Mwai Kibaki a fait
    campagne sur le thme de la continuit avec l'appui de la puissante
    Eglise catholique et des milieux d'affaires. Il a favoris le
    dveloppement conomique du Kenya grce  l'agriculture et au tourisme
    , mais dans un climat de corruption gnralis. Il avait pourtant fait
    de la lutte contre ce flau un thme central de sa campagne en 2002.
    Ag de 76 ans, dot d'une solide fortune mais d'une sant prcaire, le
    prsident Kibaki n'est pas rput tre un grand travailleur. Il a
    refus tout dbat  la tlvision avec son adversaire  la
    prsidentielle, Raila Odinga, son ancien alli en 2002.
 
                                                              
 
 
 
    Le bilan en est atterrant. Juxtaposes, les irrgularits dans le
    processus de dcompte dmontrent que l'tendue des fraudes est si vaste
    qu'elle remet en question le rsultat final. Les premiers rsultats
    partiels donnaient l'opposant Raila Odinga en tte, avec une avance
    atteignant,  un moment donn, un million de voix (sur 8 millions de
    votants). Au tout dernier moment, un revirement a subitement fait
    fondre cette avance.
 
    Sur un exemplaire de la liste complte des circonscriptions, un
    participant a recens tous les cas litigieux, assortis de commentaires.
    Dans plus de dix cas, les fonctionnaires chargs de l'acheminement des
    rsultats compils dans les circonscriptions ont purement et simplement
    disparu. Selon un participant anonyme  la runion inter-partis, ces
    reprsentants de la commission lectorale ont prfr s'enfuir plutt
    que de devoir signer, comme on le leur demandait depuis Nairobi, des
    bordereaux o les chiffres du parti du prsident Kibaki avaient t
    gonfls.
 
    Dans 88 circonscriptions (sur 210 au total), une anomalie entache le
    formulaire officiel recensant les rsultats de la circonscription. Soit
    ce document a disparu, soit il n'est pas sign, soit un exemplaire
    postrieur, non sign par les autorits comptentes, a t introduit 
    la dernire heure sous forme de photocopie ou de faux grossier.
 
    Dans une circonscription de la province centrale, bastion du prsident
    sortant, Mwai Kibaki, l'ensemble des bordereaux issus des diffrents
    bureaux de vote sont signs par la mme personne. A Kieni, dans la mme
    rgion, on enregistre une diffrence de 20000 voix entre le nombre de
    votants pour les lgislatives et pour la prsidentielle, cart
    irraliste tmoignant d'un "gonflage" du premier chiffre.
 
    Toujours dans cette rgion, un bureau de vote o taient enregistres
    1200 personnes est devenu, aprs l'adjonction d'un zro opportun, un
    bureau o 12000 personnes ont vot, de manire crasante en faveur du
    prsident Kibaki. Plusieurs dizaines de circonscriptions ont vu leurs
    chiffres gonfls jusqu' 70000 voix en plus entre le moment du dcompte
    en public, de la signature par tous les agents lectoraux et l'arrive
    de chiffres diffrents au centre national de dcompte.
 
    Les distorsions les plus patentes sont observes dans des
    circonscriptions aux rsultats favorables au prsident sortant mais le
    camp de l'opposition n'est pas pargn par les irrgularits graves.
    Dans l'ouest du pays, son bastion, les agents lectoraux du parti
    prsidentiel ont mis en vidence des cas de fraude avrs. Ils ne
    semblent pas,  la lecture du document synthtique, atteindre l'ampleur
    de ceux du camp prsidentiel.
 
    Au terme de cette nuit d'"audit", les participants se sont spars en
    semblant admettre que l'annonce de rsultats tait impossible en
    l'tat. C'est pourtant ce qui a t fait le lendemain. Le Kenya s'est
    embras.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-4">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4">  Le diplomate amricain, qui travaillait pour l&#38;#39;Agence des Etats-Unis pour le dveloppement international (Usaid), a t attaqu par des inconnus arms mardi matin. Les autorits soudanaises n&#38;#39;taient pas en mesure d&#38;#39;affirmer s&#38;#39;il s&#38;#39;agit d&#38;#39;une attaque politique ou d&#38;#39;un crime isol.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4">   
    U n diplomate amricain et son chauffeur soudanais ont t tus, mardi
    1^er janvier, aprs avoir t attaqus par des inconnus arms alors
    qu'ils se dplaaient en voiture  Khartoum. Selon l'ambassade des
    Etats-Unis, un officiel amricain travaillant pour "l'Agence des
    Etats-Unis pour le dveloppement international, Usaid", a t bless
    par   des tirs et "a succomb  ses blessures", mardi aprs-midi. "Nous
    travaillons de prs avec les autorits locales pour enquter sur cet
    incident", prcise le texte diffus par l'ambassade.
 
 
    Les autorits soudanaises se sont gardes de   parler d'attentat, mais
    la description de l'assaut faite par le ministre de l'intrieur semble
    pourtant accrditer la thse d'une attaque dlibre. Selon celui-ci,
    le diplomate, identifi comme tant John Michael Granfield, se
    dplaait  bord d'un vhicule de type Land Cruiser. Il aurait   t
    intercept peu avant 4 heures, heure locale (2 heures, heure de Paris)
    par   des inconnus en voiture, qui auraient alors "ouvert le feu du
    ct du chauffeur", blessant le diplomate amricain "de cinq balles 
    la main,  l'paule droite et au ventre".
 
    Le ministre des affaires trangres soudanais a en revanche donn une
    autre version de   l'attaque affirmant que le diplomate aurait t pris
    dans une dispute   qui a dgnr au moment o les Soudanais taient
    nombreux  clbrer dans les rues l'avnement du Nouvel An et qu'il
    s'agit d'"un incident isol qui n'a pas de connotation politique".
    ANTI-AMRICANISME
 
    L'attaque   intervient sur fond de sentiments anti-amricains exacerbs
    au Soudan,   o les autorits et les mdias officiels ne cessent de
    dnoncer la   position de Washington sur la crise du Darfour. Les
    Etats-Unis accusent les autorits de se livrer  "un gnocide"   dans
    cette rgion de l'ouest du pays, o 200 000 personnes sont mortes   du
    conflit en prs de cinq ans selon les organisations internationales, un
    chiffre contest par Khartoum, qui   parle de 9 000 morts.
 
    Le prsident amricain George W. Bush a   sign lundi 31 dcembre une
    loi visant  renforcer la pression conomique sur   Khartoum et a
    raffirm sa "profonde inquitude" devant la poursuite des violences au
    Darfour. L'attaque   coincide galement avec la prise officielle de
    fonction, lundi, de la   force conjointe des Nations unies et de
    l'Union africaine au Darfour   (Minuad).
 
<article-nb="2008/01/01/19-5">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5">  Une ressortissante franaise a t tue et une autre grivement blesse, lundi, quand le vhicule dans lequel elles circulaient a t mitraill, selon la police locale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5">   
    U ne ressortissante franaise travaillant pour l'ONG Action contre la
    faim a t tue et une autre a t grivement blesse par balle au
    Burundi, lundi 31 dcembre, selon un porte-parole de la police locale.
    "Trois Franaises travaillant pour Action contre la faim taient en
    train de reconduire deux collgues burundaises au chef-lieu de la
    province de Ruyigi ( l'est de la capitale Bujumbura) ; tout  coup un
    homme a surgi et mitraill leur vhicule, blessant deux Franaises
    parmi ces expatries", a dclar un porte-parole de la police
    burundaise, ajoutant qu'"une des deux jeunes femmes a succomb  ses
    blessures. La deuxime blesse a t transfre de Gitega (dans le
    centre du pays)  Bujumbura ce matin".
 
 
    Sur son site, Action contre la faim confirme qu'une psychologue
    d'une trentaine d'annes travaillant pour l'ONG "est dcde de la
    suite de ses blessures  l'arrive  l'hpital de Gitega". "On n'avait
    aucune indication de problmes de scurit dans cette rgion",   a
    dclar sur l'antenne de LCI Franois Danel, directeur gnral
    d'Aaction contre la faim, soulignant qu'il ne s'agissait apparemment
    pas d'un crime crapuleux.
 
    Les autorits burundaises n'taient pas en mesure de donner davantage
    de dtails sur l'affaire, mardi, affirmant qu'"une enqute est en cours
    pour identifier et retrouver cet assassin".
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-6">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6">  Le juriste belge est devenu procureur du Tribunal pnal international pour l&#38;#39;ex-Yougoslavie (TPIY) le 1er janvier. La promotion fulgurante de ce spcialiste du droit international a provoqu de vives ractions.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6">   
    L e procureur aspire dsormais  des joies simples : cuisiner chez lui,
    sortir entre amis, faire un footing sans se soucier des snipers... Non
    pas que son nouveau poste,  la tte du Tribunal pnal international
    pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), soit sans danger. Serge Brammertz a pour
    mission de traduire en justice Radovan Karadzic et Ratko Mladic, deux
    fugitifs serbes accuss de gnocide. Les gardes du corps, il s'y est
    rsign, feront toujours partie de son quotidien. Mais compare aux
    deux annes qu'il vient de passer au Liban, la fonction exsude un
    parfum de normalit.
 
 
 
 
           PARCOURS
 
 
 
    1962
 
    Naissance  Eupen
 
    (Belgique).
 
    1985
 
    Licence de droit
 
     l'universit
 
    de Louvain-la-Neuve.
 
    2002
 
    Procureur fdral
 
    du Royaume de Belgique.
 
    2003
 
    Procureur adjoint, charg des enqutes,  la Cour pnale
    internationale.
 
    2006
 
    Dirige la commission d'enqute sur
 
    l'assassinat de Rafic Hariri.
 
    2008
 
    Procureur du Tribunal pnal international pour l'ex-Yougoslavie.
 
                                                              
 
 
 
    Retranch, prs de Beyrouth, dans un htel mdiocre transform en
    forteresse, Serge Brammertz a dirig, de janvier 2006  dcembre 2007,
    la commission d'enqute internationale charge d'lucider l'assassinat
    de l'ancien premier ministre, Rafic Hariri, et les attentats qui ont
    ensanglant le pays depuis. Sur les bords de la Mditerrane, sous la
    protection tatillonne de centaines de militaires, le magistrat belge,
    g de 45 ans, a got  une forme de vie carcrale. Le paradoxe le
    fait sourire, lui qui s'est surnomm "le prisonnier de Monteverde", du
    nom de l'tablissement o il a travaill, mang et dormi durant prs de
    700 jours.
 
    Serge Brammertz n'ignorait pas qu'il serait un homme  abattre pour les
    tueurs qui terrorisent le Liban. Mais Kofi Annan l'avait convaincu de
    quitter un prestigieux poste de procureur adjoint  la Cour pnale
    internationale (CPI), dans la paisible ville de La Haye. "Je me suis
    dit que si moi, non mari, sans enfants, je refusais ce genre de job,
    qui le ferait ?" L'arrive au Liban est un choc : les cohortes de
    journalistes, les convois blinds - le sien et les autres - censs
    faire diversion. Son prdcesseur, l'Allemand Detlev Mehlis, avait trs
    publiquement mis en cause des responsables des services syriens et
    libanais. Mais Serge Brammertz constate que le dossier est maigre.
 
    Juriste mthodique et minutieux, Serge Brammertz procde  un
    changement de style radical. La presse et le Conseil de scurit ne
    sauront plus rien de l'enqute, tant, dit-il, pour viter de "donner un
    avantage  l'adversaire" que pour ne pas "crer un risque pour ceux qui
    cooprent". Son objectif est de ficeler un dossier qui tienne devant un
    tribunal international, notamment en respectant la prsomption
    d'innocence. "Les personnes qui sont vises ont aussi des droits."
 
    Le procureur, qui,  l'ge de 16 ans, voulait devenir policier,
    s'attache  tablir les faits. Un an aprs l'attentat contre Rafic
    Hariri, une tente est jete sur la scne du crime, qu'il dcide de
    "repasser au peigne fin". En creusant 1 mtre sous le cratre de
    l'explosion, son quipe retrouve une bote de vitesses et tablit que
    la bombe n'avait pas t enterre sous la chausse, mais avait bien t
    place dans un vhicule pig. En "soulevant chaque pierre", il
    retrouve des fragments humains, des cheveux, des os, des dents, autant
    de "cartes de visite" qui lui permettent d'baucher un portrait du
    kamikaze.
 
    Peru comme un technicien, respectueux de ses interlocuteurs, le
    procureur normalise les relations de la commission avec les autorits
    syriennes. "Il tait important que la manire dont nous travaillions
    ft respecte par tout le monde." Cela lui permet d'enquter en Syrie,
    o il s'entretiendra avec le prsident Bachar Al-Assad. Pour sa
    premire visite dans l'ancienne puissance tutlaire, l'arme libanaise
    l'escorte jusqu' la frontire dans un convoi tapageur d'une vingtaine
    de vhicules et deux hlicoptres. Le discret magistrat, adepte des
    voitures banalises, est furieux, se souvient un collaborateur.
    L'enqute est complexe. Il faut lier les auteurs  la scne du crime,
    les commanditaires aux auteurs.
 
    Serge Brammertz se dbat avec la bureaucratie onusienne pour recruter
    son quipe. Selon des proches, c'est un patron "accessible,
    consciencieux, travailleur, dou", qui retourne au bureau aprs dner
    et y reste jusqu' minuit. Mais il est aussi "exigeant, strict, sr de
    lui" ou "jaloux de son pouvoir, plus flic que juge". Pour l'quipe qui
    vit  Monteverde, en quasi-rsidence surveille, les conditions sont
    difficiles. Certains craquent.
 
    Ct vie prive, c'est le dsert. S'il dne dans un restaurant, des
    tireurs d'lite sont posts sur les toits, des agents dans la cuisine
    et des soldats  l'entre. On lui reproche de snober les mondanits
    libanaises, mais il pense que sa libert est  ce prix. Il concde tre
    devenu "un peu asocial", mais assure "qu'on s'habitue" et que personne
    ne l'a forc. Les dsagrments "sont largement compenss par le dfi"
    et le sentiment d'tre utile.
 
    Deux ans de ce rgime usent un homme, et lorsque le bon soldat
    Brammertz demande  prendre la relve de Carla Del Ponte au TPIY, le
    secrtaire gnral de l'ONU, Ban Ki-moon, et le Conseil de scurit lui
    confient le poste. Au tribunal, une partie des personnels a fait
    campagne en faveur de l'adjoint de M^me Del Ponte, l'Amricain David
    Tolbert. Ils souponnent le Belge d'tre proche des grandes puissances
    qui pressent le coteux tribunal de clore ses travaux.
 
    Si Serge Brammertz a conserv de nombreux amis rencontrs dans les
    postes qu'il a occups, il a aussi ses dtracteurs, au rang desquels
    figure son ancien patron, le procureur de la CPI, Louis Moreno-Ocampo.
    Les deux hommes se sont livr une lutte fratricide dont aucun n'est
    sorti grandi.
 
    Dans le petit monde de la justice internationale, Serge Brammertz jouit
    du respect de ses pairs, mais on lui reproche parfois d'tre m par une
    ambition dvorante qui le fait grimper un peu vite de poste en poste,
    sans toujours finir ce qu'il a commenc. Certains voient en lui un
    "technocrate de la justice", efficace et comptent. Pas plus. Lui
    revendique cette approche modeste du mtier. N d'un pre menuisier et
    d'une mre au foyer, dans une famille nombreuse d'Eupen, dans la
    Belgique germanophone, il ne se pose pas en justicier et ne se drape
    pas dans son indpendance. "Il ne faut jamais s'identifier
    personnellement  une enqute."
 
    Serge Brammertz a-t-il quitt le Liban avec le sentiment d'avoir
    lucid le crime ? "Ce n'est pas si simple, c'est comme un puzzle avec
    beaucoup de pices, et j'ai un avis sur certaines pices", nuance-t-il.
    Il assure toutefois tre plus optimiste, car "certaines pistes, si
    elles se confirment, peuvent faire avancer considrablement l'enqute".
    Le procureur n'a certes pas men cette mission  son terme. Mais y
    avoir survcu est dj une victoire.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-7">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7">  Au moins sept Palestiniens sont morts dans la bande de Gaza dans des affrontements entre les mouvements rivaux du Hamas et du Fatah, aprs un appel au dialogue lanc par le prsident Abbas.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7">   
    A u moins sept Palestiniens sont morts dans la bande de Gaza lors
    d'affrontements entre les mouvements rivaux du Hamas et du Fatah, aprs
    une offre conditionnelle de dialogue du prsident Mahmoud Abbas. Au
    moins deux partisans du Fatah, le parti du prsident palestinien, un
    policier du Hamas et un sympathisant du mouvement islamiste ainsi qu'un
    garon de 12 ans figurent parmi les morts de lundi soir, selon des
    sources mdicales et des tmoins. Les heurts sont survenus alors que
    des activistes du Fatah clbraient, en bravant une interdiction
    dcide par la police du Hamas, le 43^e anniversaire de la rsistance
    arme lance par leur mouvement. Entre 45 et 85 personnes ont t
    blesses, selon les sources mdicales cites par l'AFP et Reuters.
 
 
    UN DIALOGUE SANS CONDITION
 
    La police du Hamas a en outre annonc avoir arrt des "dizaines" de
    membres du Fatah souponns d'tre impliqus dans les heurts. Une
    vingtaine d'hommes masqus du Hamas ont arrt chez lui un important
    dirigeant du Fatah dans la bande de Gaza, Ibrahim Abou Al-Naja, avant
    de le relcher deux heures plus tard, a indiqu sa famille. Un haut
    responsable du Fatah  Gaza, parlant sous couvert   d'anonymat, a fait
    assumer au Hamas la responsabilit des affrontements.
 
    Ces heurts ont clat peu aprs un appel lanc depuis Ramallah par le
    prsident Abbas  "ouvrir une nouvelle page" avec le Hamas,  condition
    que le mouvement islamiste renonce au pouvoir dont il s'est empar par
    la force dans la bande de Gaza en juin. M. Abbas s'en est svrement
    pris au Hamas et ses"agissements criminels contraires aux traditions de
    notre peuple", citant notamment "les arrestations, les meurtres, les
    tortures et les tentatives d'empcher par la force les rassemblements
    marquant l'anniversaire du coup d'envoi de notre rvolution
    (l'anniversaire du Fatah)". Le mouvement islamiste a rpondu qu'il est
    prt  un dialogue mais a rejet toute condition.
 
<article-nb="2008/01/01/19-8">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8">  La contestation contre le prsident Saakachvili, qui se reprsente  l&#38;#39;lection du 5 janvier, est alimente par un malaise social, en dpit de la croissance.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8">   
    E n sept ans, Benot Fil a appris beaucoup de choses  Telavi, au pied
    de la chane montagneuse du Caucase, dont les cimes enneiges se
    dessinent si prs des vignes, presque  porte de main : la langue
    gorgienne, la patience et les pesanteurs de l'administration. Mais il
    a surtout dcouvert  quel point l'conomie du pays tait dpendante
    des soubresauts politiques. Dbut 2006, 250 salaris travaillaient pour
    Georgian Wines and Spirits (GWS), un des plus gros producteurs et
    ngociants de vins en Gorgie, dont Benot Fil est le directeur
    industriel. Ils ne sont plus que 110 dans l'entreprise de Telavi, la
    capitale de la rgion.
 
 
    L'origine de la crise que traverse ce secteur cl de l'conomie se
    trouve dans l'embargo dcrt en juin 2006 par la Russie sur les
    produits gorgiens, en particulier le vin et l'eau minrale. Une tape
    spectaculaire dans la dgradation des relations entre les deux pays,
    depuis l'arrive au pouvoir de Mikhal Saakachvili au terme de la
    "rvolution des roses", fin 2003. "Nous sommes passs de 3 millions de
    litres par an  un million", explique Benot Fil, en faisant visiter
    les installations quasi dsertes. La chane de mise en bouteille est
    immobilise, en attendant la prochaine commande. Le remplacement des
    cuves en inox a t interrompu. "Avant, prs de 80 % des vins gorgiens
    se vendaient en Russie, rappelle Chota Kobelia, directeur commercial de
    GWS. Nous avons donc d trouver de nouveaux dbouchs, en Pologne, en
    France ou encore en Turquie."
 
    GWS bnficie du soutien et des rseaux de son actionnaire principal
    (90 % des parts), le groupe Pernod Ricard. De quoi tre plus serein que
    d'autres face  la crise, et mme d'envisager une sortie par le haut.
    "A court terme, l'embargo est un mal pour un mal. Mais  long terme, il
    va permettre d'assainir le march, explique Benot Fil. Il y a un gros
    problme de contrefaon. Sans parler des particuliers, beaucoup de
    caves font du vin sans raisins : elles mlangent du marc de raisin, de
    l'eau et du sucre, puis font fermenter. Quand le march russe rouvrira,
    il y aura forcment des normes plus strictes."
 
    Le vin, mais aussi l'eau minrale ou les produits agricoles : l'embargo
    a fait souffrir l'conomie gorgienne, qui ne peut s'appuyer sur de
    grandes ressources naturelles. Ce climat n'est pas propice aux
    affaires, tandis que la forte inflation enregistre en 2007 - 11,6 % en
    novembre - provoque l'exaspration populaire. A l'approche de
    l'lection prsidentielle du 5 janvier, Mikhal Saakachvili joue une
    double partition pour tre rlu : il dfend le bilan de ses rformes
    librales ; mais en mme temps il axe sa campagne sur les questions
    sociales, en promettant de revaloriser les faibles salaires et
    pensions. L'Etat deviendrait-il dispendieux ? En ralit, c'est la
    manifestation du 2 novembre, dense et lourde de ressentiment contre le
    rgime, qui a pouss M. Saakachvili  inflchir son discours.
 
    Le 10 novembre, alors que l'tat d'urgence tait toujours en vigueur,
    le prsident gorgien s'est adress  l'lite conomique dans un grand
    htel de la capitale,  huis clos, pour tenter de la rassurer. Parmi
    ces hommes d'affaires acquis au pouvoir mais inquiets se trouvait Lado
    Gourguenidze, prsident de la Banque de Gorgie, nomm premier ministre
    six jours plus tard. Ce jour-l, nous avait-il confi, il avait trouv
    injustifies les critiques mises contre M. Saakachvili par une partie
    des manifestants, qui dnonaient les traumatismes causs par les
    rformes. "Les Gorgiens ne forment pas le peuple le plus rationnel du
    monde, disait-il. Les chiffres ne mentent pas. Notre PIB par habitant
    se situe au niveau de la Russie en 2001, de la Bulgarie en 2002 ou de
    l'Ukraine en 2006. Ces quatre derniers mois, plus d'un million de
    comptes bancaires individuels ont t ouverts. Le pessimisme est sans
    fondement."
 
    Maintenir le cap, et peu importent les chardes : telle est l'unique
    aspiration du milieu des affaires. Revenu en Gorgie au moment de la
    "rvolution des roses", aprs avoir longtemps travaill en Russie,
    Guela Nakopia, directeur gnral de la puissante compagnie minire
    Madneuli, fait partie de ces entrepreneurs qui ne jurent que par la
    stabilit politique, quitte  ngliger les frustrations populaires. "Je
    pense que le destin du pays doit se rgler  la table des ngociations,
    et pas dans la rue", rsume-t-il.
 
    Compagnie privatise en novembre 2005, Madneuli est localise  80 km
    de Tbilissi dans la zone frontalire avec l'Armnie et l'Azarbadjan.
    "Il y a deux ans, nous avions 840 employs. Aujourd'hui, ils sont 1 500
    et nous nous dveloppons sans cesse, explique M. Nakopia. Le salaire
    moyen se situe  650 dollars (prs de 440 euros) par mois, ce qui est
    lev." Les grands groupes industriels s'en sortent bien. Soutenus par
    le pouvoir, ils sont les principaux moteurs de la croissance qui, selon
    les prvisions du Fonds montaire international (FMI), atteindra 11 %
    en 2007 et 9 % en 2008. Mais le taux de chmage s'levait  13,6 % en
    2006. C'est sans doute le terreau le plus fertile de la contestation
    contre Mikhal Saakachvili.
 
<article-nb="2008/01/01/19-9">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9">  C&#38;#39;est  l&#38;#39;Est que l&#38;#39;ancrage de la foi reste le plus solide, estime un frre de Taiz.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9">   
    A genoux ou en tailleur, des dizaines de milliers de jeunes, venus de
    toute l'Europe, chantent et prient dans l'immense hall Palexpo de
    Genve transform, avec ses icnes, ses jeux de lumire et de
    peintures, en cathdrale. La 30^e rencontre des jeunes de Taiz a lieu
    pour la premire fois, du 28 dcembre 2007 au 1^er janvier, dans la
    ville du rformateur Jean Calvin (1509-1564). Soit un retour aux
    sources. C'est de Genve que Roger Schutz, jeune pasteur suisse, est
    parti, en 1940, fonder sa communaut de "frres"  Taiz
    (Sane-et-Loire). Malgr sa mort - assassin en 2005 -, le nom de Taiz
    reste identifi  l'oeuvre de rapprochement des Eglises.
 
 
    Les jeunes les plus nombreux sont venus de l'Est, de Pologne (10 000)
    et de Croatie (2 300), de pays orthodoxes comme l'Ukraine (1 160), la
    Roumanie (2 200) ou la Serbie (1 500) et des pays baltes. C'est  l'Est
    que l'ancrage de la foi reste le plus solide, commente un frre de
    Taiz. Prs de 200 paroisses protestantes, vangliques et catholiques
    se sont unies pour les accueillir. "On a besoin de vous !", clament des
    affiches dans les rues, comme pour exprimer l'espoir de rveil de ces
    Eglises assoupies derrire des divisions - historiques et doctrinales -
    devenues archaques, ignores de la plupart de ces jeunes qui se disent
    "chrtiens", avant d'tre "protestants", "catholiques", "orthodoxes" ou
    "anglicans".
 
    "RCONCILIATION URGENTE"
 
    La division des Eglises est, pour eux, un scandale. "Nous n'avons pas
    de stratgie de runification", leur rpond Frre Alos, nouveau prieur
    de Taiz, qui met en garde contre le dcouragement et le repli sur les
    identits. "Pour que les Eglises soient crdibles dans leurs
    engagements pour la paix et la justice, la rconciliation est une
    urgence." Il prche un "chemin simple" : celui de la rencontre, de la
    "prire commune".
 
    Les jeunes vivent ce rassemblement comme "une exprience magique". A
    l'heure de l'office, samedi, le silence crasait le hall. Seul
    s'levait la voix de Frre Alos : "Si, face aux institutions
    europennes, s'exprime une certaine fatigue, se manifeste ici une
    volont de dpasser particularismes et rgionalismes. Alors
    retrouvons-nous pour de bon, au-del de nos diffrences nationales et
    confessionnelles."
 
<article-nb="2008/01/01/19-10">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10">  En prennant le relais du Portugal  la tte de l&#38;#39;Union europenne, mardi, la Slovnie est devenue le premier ancien pays du bloc communiste, ainsi que le premier nouveau membre,  prsider l&#38;#39;UE.-
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10">   
    E n prennant le relais du Portugal  la tte de l'Union europenne,
    mardi 1er janvier, la Slovnie est devenue le premier nouveau membre 
    prsider l'UE. Pendant les six mois pendant lesquels elle dirigera les
    destines de l'Union, Ljubljana entend en priorit s'occuper de la
    situation dans les Balkans, et notamment de l'indpendance du Kosovo,
    ainsi que d'une ratification rapide du trait de Lisbonne.
 
 
    "La prsidence de l'UE se dplace de l'Atlantique vers la mer
    Mditerrane, vers la cte Adriatique de la Slovnie, de l'ouest vers
     l'est", a dclar le ministre des affaires trangres slovne,
    Dimitrij Rupel, lors de la prise en charge officielle de la prsidence.
    "Devant   nous se prsente un dfi majeur, l'un des plus grands de ceux
    auxquels   la Slovnie a t confronte depuis son accession 
    l'indpendance", en 1991, a prcis le premier ministre, Janez Jansa.
 
    Pour le secrtaire d'Etat aux affaires europennes, Janez Lenarcic, le
    but sera galement d'"acclrer le processus d'adhsion"  l'UE de
    toutes les anciennes rpubliques yougoslaves : "Nous   ne demandons pas
    un rabotage des critres d'adhsion, mais nous   souhaitons que
    l'Europe soit plus volontariste dans l'assistance  ces   pays et ne se
    contente pas d'attendre passivement".
 
    Cependant, la Slovnie, qui n'a adhr qu'en 2004 et est membre de la
    zone euro depuis le 1^er janvier 2007, sait que sa marge de manuvre
    sera limite. Le calendrier dont elle a hrit est prtabli, et
    Ljubljana sera suivi au second semestre   par un poids lourd de l'UE,
    la France. "C'est une conscration pour un pays qui n'tait pas encore
      indpendant il y a dix-sept ans et qui, depuis, a russi sa
    dmocratisation   et son intgration a l'UE", veut quand mme croire M.
    Lenarcic, qui espre que son pays sera capable de relever "cet norme
    dfi".
 
<article-nb="2008/01/01/19-11">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11">  Aprs l&#38;#39;assassinat de Benazir Bhutto, la commission lectorale pakistanaise prvoit de reporter les lections lgislatives du 8 janvier au mois suivant. La date devrait tre fixe mercredi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11">   
    L a tenue des lections lgislatives et provinciales au Pakistan comme
    prvu le 8 janvier est "impossible",  en raison des violences
    conscutives  l'assassinat de Benazir Bhutto   jeudi, a annonc mardi
    1^(er) janvier le porte-parole de la commission lectorale. Des hauts
    responsables   du gouvernement et de la commission ont indiqu sous
    couvert d'anonymat que le scrutin aurait lieu en fvrier, "mais pas
    au-del". La nouvelle date doit tre annonce mercredi, "aprs
    consultation avec les partis   politiques", a prcis Kanwar Dilshad.
    Le secrtaire de la commission a ajout que le mois de Moharram, sacr
      pour les musulmans, et qui s'achve vers le 8 fvrier, "doit tre
    pris en   compte" dans la dcision.
    Le parti de M^me Bhutto s'est oppos lundi  un quelconque report,
    remettant cependant sa dcision finale  une runion de son comit
    excutif. Dans l'entourage de la famille Bhutto, qui a repris dimanche
    les rnes du Parti du peuple pakistanais (PPP), on laissait quand mme
    entendre qu'un dlai "raisonnable" pourrait tre accept. Le dirigeant
    du deuxime parti d'opposition, l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, a
    galement rejet l'ide d'un report, mais un membre de son mouvement a
    estim qu'un "lger dlai" serait "acceptable". Quant au prsident
    Pervez Musharraf, son porte-parole a annonc qu'il prononcera un
    discours  la nation mercredi soir  20 heures (16 heures, heure de
    Paris).
 
 
 
 
           Mme Bhutto comptait dvoiler comment le
    gouvernement pakistanais voulait "truquer" les lections
 
 
 
    Le jour de sa mort, Benazir Bhutto allait "prouver" publiquement que le
    camp du prsident Pervez Musharraf comptait "truquer" les prochaines
    lgislatives pour se maintenir au pouvoir, a assur, mardi 1^er
    janvier, un membre de sa formation politique, le Parti du peuple
    pakistanais (PPP). D'aprs Latif Khosa, un snateur du PPP, M^me
    Bhutto devait remettre le soir de son assassinat, jeudi 27 dcembre,
    "un document   contenant les preuves de l'existence d'un plan pour
    truquer les   rsultats du scrutin par la commission lectorale et les
    services de   renseignement (ISI)"  deux parlementaires amricains en
    visite au Pakistan.
 
    Ce rapport de 160 pages, co-crit avec M. Khosa, dcrit en particulier
    comment   plusieurs candidats du PPP aux lgislatives se sont vu
    refuser leur   candidature par des membres de la commission lectorale.
    "Il y a trucage de la part de l'ISI, de la commission lectorale et
    du prcdent gouvernement, qui continue d'exercer une influence", a
    expliqu M. Khosa. Le rapport s'appuie galement   sur des sources
    confidentielles au sein de l'ISI pour expliquer comment le
    gouvernement comptait frauder aux prochaines lections, a-t-il indiqu.
    La prsidence pakistanaise a qualifi mardi ces accusations de
    "ridicules".     (Avec AFP, AP et Reuters.)
 
 
                                                              
 
 
 
    LES TATS-UNIS RCLAMENT UNE DATE PRCISE
    
    Les lections prennent une importance particulire dans ce pays de 160
    millions d'habitants, la seule puissance nuclaire connue du monde
    musulman, au bord du chaos politique. Le prsident Musharraf a t
    rlu pour un second mandat le 6   octobre lors d'une lection au
    suffrage   indirect des Assembles nationales et provinciales
    sortantes, qui lui   taient tout acquises. Son pouvoir, de plus en
    plus contest, serait   rendu inoprant si l'opposition remportait les
    lgislatives.
 
    Les Etats-Unis, qui ont perdu une carte matresse avec la   disparition
    de M^me Bhutto, devraient continuer de soutenir le chef de l'Etat
    pakistanais, dont ils ont fait leur alli principal dans la rgion dans
    leur "guerre contre le terrorisme" aprs les   attentats du 11
    septembre 2001. Washington pourrait ainsi juger acceptable un report
    des lections   lgislatives mais veulent qu'une nouvelle date prcise
    soit fixe, a   dclar lundi un porte-parole du dpartement d'Etat,
    Tom Casey.
 
    Le chef de la diplomatie franaise, Bernard Kouchner, est attendu mardi
    soir  Islamabad, pour"tmoigner de (la) solidarit" de la France.
 
 
<article-nb="2008/01/01/19-12">
<article-nb="2008/01/01/19-13">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13">  Officiellement, la religion musulmane n&#38;#39;est ni &#38;#34;l&#38;#39;ennemie&#38;#34; ni &#38;#34;la concurrente&#38;#34;. Mais plutt un modle  imiter, parce qu&#38;#39;elle a su canaliser un besoin de spiritualit.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13">   
    D es glises et des temples qui se vident, des mosques qui sortent de
    terre, des garages et des coles o les "nouvelles croyances"
    s'expriment avec enthousiasme : dans toutes les villes nerlandaises,
    le paysage religieux est semblable. Et cette volution inquite les
    Eglises chrtiennes traditionnelles, qui passent  la contre-offensive.
    "Protestants et catholiques, nous devons tous redevenir des
    missionnaires", a expliqu Grard de Korte, vque auxiliaire
    d'Utrecht,  la veille de Nol.
 
 
    En lanant une campagne en vue de recruter de nouveaux fidles, ces
    Eglises esprent enrayer la dsertion des lieux de culte. Et ragir
    contre la progression de l'islam, qui pourrait devenir la religion la
    plus populaire dans certaines grandes villes d'ici  2020. Des
    dmographes avancent mme des prvisions - contestes - qui affirment
    qu'elle pourrait, dans le mme dlai, devenir la plus populaire du
    pays.
 
    "L'islam lance aux chrtiens le dfi de nous exprimer d'une seule voix
    dans le dbat public", explique le Conseil nerlandais des missions.
    Officiellement, la religion musulmane n'est ni "l'ennemie" ni "la
    concurrente". Mais plutt un modle  imiter, parce qu'elle a su
    canaliser un besoin de spiritualit. "Il existe, chez beaucoup de
    chrtiens, une vague angoisse que les musulmans supplantent leurs
    glises", a expliqu Wout van der Laar, porte-parole du Conseil, au
    quotidien De Volkskrant.
 
    SUCCS DES VANGLISTES
 
    Les responsables des Eglises chrtiennes disent vouloir raffirmer leur
    identit, jouer un rle renouvel dans la vie quotidienne et s'adresser
    aux non-croyants. L'Eglise catholique entend mieux utiliser les mdias
    audiovisuels, les calvinistes veulent veiller la curiosit par le
    biais, par exemple, de "cafs spirituels".
 
    Catholiques et calvinistes affirment galement vouloir s'inspirer du
    succs des prcheurs vanglistes, qui ont su capter l'attention des
    800 000 immigrs de confession chrtienne. Ils admettent dsormais les
    expressions enthousiastes de la foi, la "relation personnelle" avec
    Dieu ou les gurisons prsumes miraculeuses. Mieux : retenant surtout
    le rle d'"veil" jou par ces Eglises, ils leur prsentent leurs
    excuses officielles pour le "ddain" avec lequel ils les ont traites.
 
    L'ide selon laquelle cette campagne ne serait que la traduction d'une
    aspiration des Nerlandais  "plus de religiosit" suscite un certain
    scepticisme. Une enqute officielle intitule "Dieu aux Pays-Bas",
    publie en 2007, a confirm la tendance  la scularisation. Elle a
    aussi montr que la frquentation des mosques - comme le nombre
    d'enfants - tait en baisse parmi les communauts musulmanes les plus
    importantes, les Marocains et les Turcs.
 
    Pour certains observateurs, la campagne manifeste surtout le malaise
    croissant de la socit face  toutes les manifestations de l'islam.
    Les milieux athes et agnostiques expriment eux aussi une inquitude.
    "Ils taient jusqu' rcemment certains de porter les valeurs d'une
    incontournable modernit et se sentent dsormais menacs", crivait
    l'ditorialiste du Volkskrant le 24 dcembre. Mais "les Pays-Bas
    sculariss doivent accepter que certains citoyens aient des ides trs
    loignes du courant libral dominant", poursuivait-il.
 
    Ce point de vue n'est plus unanimement partag dans un pays qui, depuis
    2001, dveloppe des crispations qui se sont notamment traduites par un
    bouleversement de la reprsentation politique.
 
<article-nb="2008/01/01/19-14">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14">  Deux marines ont t renvoys en cour martiale, dont un pour homicide volontaire, dans l&#38;#39;affaire de la tuerie d&#38;#39;Haditha fin 2005, le pire crime reproch  l&#38;#39;arme amricaine en Irak, a annonc lundi 31 dcembre la justice militaire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14">   
    D eux marines ont t renvoys en cour martiale, dont un pour homicide
    volontaire, dans l'affaire de la tuerie d'Haditha fin 2005, le pire
    crime reproch  l'arme amricaine en Irak, a annonc lundi 31
    dcembre la justice militaire. Le sergent Frank Wuterich est accus
    notamment d'"homicide, agression aggrave, mise en danger par
    imprudence, manquement au devoir et obstruction  la justice". Le Camp
    Pendleton, en Californie, o se tiendra le procs  une date encore
    indtermine, a annonc que le chef du corps de marines, le gnral
    Samuel Helland, "a rejet les accusations de meurtre sans
    prmditation,  incitation d'autrui  commettre un dlit et fausse
    dclaration". Le lieutenant Andrew Grayson devra lui rpondre, entre
    autres, de parjure et d'entrave  la justice.
 
 
    Vingt-quatre civils avaient t tus le 19 novembre 2005, lorsqu'un
    militaire amricain participant  une patrouille avait t tu par une
    bombe artisanale dans le village d'Haditha,  260 km  l'ouest de
    Bagdad. Selon les avocats des marines, des insurgs cachs dans des
    maisons civiles ont alors commenc  tirer, et un combat s'est engag,
    dans le respect des rgles d'ouverture du feu fixes par le haut
    commandement. L'accusation estime pour sa part qu'il n'y avait pas
    d'insurgs, et que les militaires ont voulu venger leur camarade, tuant
    mme les cinq occupants d'un taxi qui s'approchait du quartier. Dix des
    victimes taient des femmes ou des enfants, tus  bout portant.
 
    HUIT INCULPS  L'ORIGINE
 
    L'affaire avait t rvle par l'hebdomadaire Time en mars 2006,
    obligeant l'arme  ouvrir deux enqutes internes, dont l'une a abouti
     la procdure judiciaire. Au total, ce sont quatre marines qui devront
    rpondre du drame devant une cour martiale. Le lieutenant-colonel
    Jeffrey Chessani, qui commandait l'unit de marines prsente dans le
    village, comparatra pour avoir "manqu  son devoir d'officier" et ne
    "pas avoir excut un ordre lgal" (il lui est notamment reproch de ne
    pas avoir rapport avec exactitude les faits  sa hirarchie et de ne
    pas avoir enqut sur ceux-ci). Le caporal Stephen B. Tatum est lui
    poursuivi "pour homicide involontaire, mise en danger de la vie
    d'autrui et agression avec circonstances aggravantes".
 
    Deux autres marines du rang qui avaient t inculps pour leur
    participation prsume  la tuerie, et deux officiers souponns de ne
    pas avoir enqut ont depuis bnfici de non-lieux. Dans la mme
    affaire, un gnral amricain deux toiles et deux autres officiers du
    corps des marines ont rcemment reu des blmes mais ne seront pas
    poursuivis.
 
<article-nb="2008/01/01/19-15">
<filnamedate="20080101"><AAMM="200801"><AAMMJJ="20080101"><AAMMJJHH="2008010119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15">  Pendant que certains dpartements dclarent leur autonomie, le prsident Morales impose une rforme foncire. A Santa Cruz, Indiens, propritaires et migrants prennent position. Rencontres.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15">   
    D eux policiers protgent nonchalamment l'entre de la Confdration
    des peuples indignes de Bolivie (Cidob), Villa n^o 1 de Mayo, un
    quartier de la priphrie de Santa Cruz de la Sierra. Loin du
    centre-ville, la municipalit ne se soucie gure de goudronner les
    rues. A chaque averse tropicale, le passage devient impraticable. Le
    sige du Cidob est nanmoins spacieux et bien bti, avec un immense
    patio o des jeunes Indiennes allaitent leur enfant pendant que des
    garons jouent au football. L'ensemble,  la fois bureaux et lieu
    d'hbergement, a t financ par le gazoduc Bolivie-Brsil en 1999,
    rappelle une plaque sur le mur.
 
 
    La Confdration est plus ancienne, elle vient de fter ses 25 ans. Son
    prsident, Adolfo Chavez, est un Indien Tacana. "Le rveil indien est
    parti d'ici, de l'Orient (l'est de la Bolivie)", affirme-t-il. Des 36
    peuples indignes rpertoris dans le pays, 34 se trouvent dans le
    dpartement de Santa Cruz, mme si on entend parler davantage des
    Aymara depuis qu'un des leurs, Evo Morales, est devenu prsident de la
    Rpublique, en 2006. "Ils sont branchs sur la politique, alors qu'ici
    on a davantage les pieds sur terre, confie M. Chavez. Nous revendiquons
    l'autonomie des terres indignes pour que nos frres ne deviennent pas
    des mendiants ou des esclaves dans les villes."
 
    Son nom figure dans une liste de "tratres et ennemis  abattre"
    dresse par l'extrme droite de Santa Cruz. Et, pourtant, M. Chavez
    pense que "l'autonomie indigne est tout  fait compatible avec
    l'autonomie dpartementale" rclame par l'opinion de Santa Cruz et de
    trois autres dpartements, Tarija, Beni et Pando.
 
    L'Assemble constituante a adopt, dans des conditions controverses,
    des droits nouveaux pour les peuples indignes, dont celui de "se
    gouverner eux-mmes". Cartes  l'appui, le prsident du Cidob pointe
    les "terres communautaires d'origine", c'est--dire les territoires
    indiens dj dlimits, et insiste : "Nous n'empitons ni sur les
    proprits prives ni sur les rserves forestires."
 
    Au Comit civique pro-Santa Cruz, Carlos Dabdoub, mdecin d'origine
    libanaise, est d'accord avec M. Chavez sur la compatibilit entre
    l'autonomie des Indiens et l'autonomie du dpartement. A la tte de
    l'opposition au prsident Morales, le Comit civique regroupe les
    forces vives de la mtropole. Son sige se trouve dans un quartier
    rsidentiel, o les rues sont goudronnes. Passe en un demi-sicle de
    simple bourgade  une ville de 1,5 million d'habitants, la population
    de Santa Cruz connat la valeur symbolique et pratique de l'asphalte
    urbain.
 
    "Le problme est l'articulation avec les autres niveaux d'autonomie, la
    municipale, dj existante, et la provinciale et rgionale, que la
    nouvelle Constitution vote par les partisans du prsident Morales
    prtend instaurer, prcise M. Dabdoub. Cinq niveaux d'autonomie, c'est
    trop." En outre, le texte, qui doit tre soumis  un rfrendum en
    2008, menacerait la proprit prive, car il limite l'extension des
    proprits rurales et leur exige "une fonction sociale".
 
    Selon Antonio Soria Galvarro, "le conflit sur la terre explique
    l'opposition de Santa Cruz au gouvernement Morales". L'Observatoire de
    la rvolution agraire partage avec la fondation Tierra un petit
    appartement au centre-ville. Dotes d'quipements modernes, ces
    organisations non gouvernementales (ONG) bnficient d'aides qui leur
    permettent de mener de front recherche et expertise.
 
    A en croire M. Soria, 391 proprits dpassent les 10 000 hectares dans
    ce dpartement plus grand que l'Allemagne. La plupart sont consacres 
    l'levage. "Je n'y crois pas beaucoup", avoue-t-il, en voquant les
    "vaches touristes" trimballes d'un domaine  l'autre pour justifier
    qu'ils servent bien au pturage.
 
    M. Soria estime toutefois qu'aucune expropriation de terres prives ne
    serait ncessaire, d'autant que la pression sociale est quasi
    inexistante. Le Mouvement des paysans sans terre a suspendu toute
    occupation pour s'en remettre entirement au gouvernement.
 
    "La rforme agraire a progress davantage avant Evo Morales qu'aprs",
    renchrit Carlos Hugo Molina, ancien prfet centriste de Santa Cruz,
    dsormais  la tte d'une ONG, le Centre pour la participation et le
    dveloppement humain durable (Cepad). En dpit de l'affrontement
    politique entre le gouvernement de gauche et les dpartements acquis 
    la droite, "rien n'empche un accord ngoci entre les deux parties",
    assure-t-il.
 
    Alors, comment expliquer les rumeurs rcurrentes de confrontations
    violentes, voire de guerre civile ? "L'information quilibre a t
    victime de la polarisation", affirme M. Molina. "Les mdias n'ont pas
    vit la tentation partisane", acquiesce Tuffy Ar Vazquez, rdacteur
    en chef  El Deber, le principal quotidien de la rgion.
 
    Aux soires huppes du Country Club, on joue  se faire peur, raconte
    Antonia Sandez, directrice de l'Alliance franaise. A l'entendre, la
    bourgeoisie de Santa Cruz est typiquement une classe de "nouveaux
    riches".
 
    Rien  voir avec l'oligarchie terrienne traditionnelle d'autres pays
    d'Amrique latine. La rforme agraire promulgue par la rvolution
    nationaliste de 1952 a t assez radicale. "A Santa Cruz, nous venons
    presque tous d'autres rgions et, une minorit, d'autres pays, rappelle
    Silverio Marquez, recteur de l'universit prive Domingo-Savio. Cette
    mtropole a absorb des migrants boliviens en nombre suprieur 
    l'Argentine, l'Espagne ou le Brsil."
 
    La plupart des migrants en provenance de l'Altiplano andin et des
    valles du centre du pays s'tablissent  Villa n^o 1 de Mayo ou  Plan
    3000. Cette dernire agglomration s'est forme en 1983,  la suite
    d'inondations. Aujourd'hui, elle regroupe 250 000 mes. Fatigue
    d'attendre l'asphalte, Plan 3000 veut former une municipalit spare
    de Santa Cruz.
 
    Un march entoure la rotonde de Plan 3000. A l'heure du repas, les
    plats sont pleins, souvent du riz avec du poulet ou du porc. Les
    dirigeants des gremiales, les travailleurs autonomes ou informels, y
    disposent d'un minuscule local, encombr de coupes de tournois de
    football et d'un portrait d'Evo Morales. Julio Almendra et Roberto
    Luques ont essay d'organiser un comit civique populaire pour contrer
    l'influence du comit domin par les opposants. "Mais peu de gens sont
    prts  s'engager", confient-ils.
 
    Interrogs sur ce que le gouvernement Morales a apport  leur
    communaut, ils commencent par la dignit acquise par ceux d'en bas,
    reus aussi bien  la prfecture que dans les banques, "mme si nous ne
    portons pas de cravate". Ensuite, ils citent le bon "Juancito Pinto"
    destin aux coliers et la rente attribue aux personnes ges. Enfin,
    l'emploi en hausse, mme si de nombreux Boliviens prfrent s'tablir 
    leur compte.
 
    Santa Cruz offre beaucoup d'opportunits, ils ne regrettent pas d'tre
    venus : "Ici, nous sommes toujours en Bolivie, le climat tropical est
    agrable", ajoutent-ils. Pas plus  Plan 3000 qu' Villa n^o 1 de Mayo,
    ils ne connaissent personne qui songe  solliciter un lopin de terre.
 
